Le 9 novembre, anniversaire de la Nuit de cristal : des nazis hongrois ont brûlé des livres un peu partout dans le pays. C’est ainsi que les membres d’un groupuscule, « Magyar Nemzeti Arcvonal » (Front National Hongrois) ont jeté au feu – entre autres – un livre du poète d’origine juive mort en déportation Miklós Radnóti. Ils ont appelé leur autodafé « la nuit de la purification ». Aucune réaction officielle…

Six jours plus tôt, des nostalgiques avaient inauguré un grand buste de l’amiral Horthy sur le parvis d’un temple réformé, à l’issue d’un office religieux. Entouré d’hommes au garde-à-vous en tenue militaire de la Seconde guerre mondiale…  Rappelons que c’est Horthy qui signa les lois antisémites, livra 27 000 juifs aux SS de Galicie et ferma les yeux sur la déportation des 437 000 Juifs hongrois.

Et pour célébrer l’anniversaire du régent, défilé – le week-end du 16 novembre – de « gardes nationaux » en tenue paramilitaire (pourtant en principe interdite) portant des insignes rappelant le régime des Croix fléchées (milice pronazie hongroise au pouvoir fin 44-début 45). Voulant filmer la scène depuis un bus, un témoin a été durement pris à partie et s’est fait molester par un passager lui criant : « Casse-toi sinon je te casse, avec ta tête de juif !”. Et le chauffeur du bus d’approuver !!!

Le même week-end, une statue du poète d’origine juive Rádnóti (cf. plus haut) a été défoncée par une voiture bélier (en province, près de Győr).

Toujours ce même week-end, lors d’un match de handball féminin, des supporters font le salut nazi et déploient une banderole à la gloire d’un criminel nazi hongrois responsable de l’envoi à la mort de 17 000 juifs (László Csatáry, décédé récemment, responsable du camp de Kassa/Kosice, notamment réputé pour son sadisme envers les femmes.)

Là encore, pas de réaction du gouvernement hongrois. Rien qu’une protestation timide contre l’inauguration du buste d’Horthy par le président du groupe parlementaire du parti d’Orban, Antal Rogán. Mais celui-ci a aussi pris soin de se désolidariser d’une contre-manifestation anti-Horthy, arguant que cette action était condamnable, car nuisible à la bonne réputation du pays…

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