En défense de saint Julien le riche

Le lynchage extra-judiciaire de Julien Dray a dépassé les bornes

Publié le 12 mai 2009 à 7:31 dans Politique

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Dans le martyrologe actuel des victimes de l’acharnement politico-judiciaire de la France sarkozyste, notre compassion est invitée à se manifester envers deux Julien : saint Julien le pauvre (Coupat), embastillé depuis plus de six mois par les juges antiterroristes, et saint Julien le riche (Dray), poursuivi par les limiers de Tracfin, la brigade anti-blanchiment du ministère des Finances.

Le premier ne manque pas de supporters, y compris dans ce salon, de pétitionnaires en sa faveur, de rédacteurs de tribunes publiées par les grands journaux. On est bien content pour lui, même si on estime que le sabotage de lignes TGV, crime dont il est accusé, mérite une sanction appropriée si l’on arrive à établir sa culpabilité. Sa sortie du trou faciliterait, de plus, l’utilisation du destop polémique pour renvoyer les théories tarnaciennes au rebut des idées stupides engendrées dans les orgies intellectuelles de la petite bourgeoisie postmoderne et post n’importe quoi.

En revanche, très peu nombreux, à compter sur les doigts d’une seule main d’un menuisier maladroit, sont ceux qui se sont levés publiquement pour dénoncer les misères faites au député de l’Essonne Julien Dray. Au mois de décembre dernier, la France entière a appris, dans les journaux, que l’ancien porte-parole de Ségolène Royal avait eu des comportements financiers peu compatibles avec la transparence et l’honnêteté que l’on est en droit d’attendre des élus de la nation: mouvements d’argent vers son compte personnel en provenance d’associations amies, comme les parrains (sic) de SOS-Racisme ou la FIDL, une organisation lycéenne proche du PS. Etaient également étalées dans la presse, relevés de cartes de crédit à l’appui, les dépenses de luxe effectuées par Julien Dray pour des montres et des stylos d’une valeur représentant, pour certaines pièces, plusieurs années de SMIC. Nul ne s’est offusqué, à l’époque, que ces informations aient été jetées en pâture à la presse, non pas à la suite d’une mise en examen par un juge d’instruction – ce qui est déjà une atteinte grave à la présomption d’innocence devenue, hélas, monnaie courante –, mais sur la base de la seule enquête préliminaire décidée par le Parquet de Paris à la suite du signalement des faits suspectés par Tracfin.

La totalité du rapport (à l’exception de la page de garde où sont nommés les “informateurs”) se retrouve sur le site internet du quotidien L’Est Républicain. Le signal est donné : tout organe de presse qui se respecte entend ajouter sa petite pierre à la lapidation de Julien. On le soupçonne de corruption, d’avoir reçu des chèques suspects d’entrepreneurs de sa circonscription, ou encore d’en avoir fait endosser d’autres pour son compte à un schmattologue1 éminent exerçant sur les marchés de Provence.

Au PS, c’est “tous aux abris !”, à la notable exception de Jean-Paul Huchon, président de la Région Ile-de-France, dont Dray est un des vice-présidents. Cette désertion des camarades rend d’autant plus savoureuse la déclaration du pitbull de l’UMP, Frédéric Lefebvre, qui prend position en pleine tourmente, à la veille de Noël 2008, en déclarant : “La présomption d’innocence, ça compte. Il n’est pas très agréable de voir ce déchaînement aujourd’hui sur Julien Dray alors même que personne ne connaît la réalité et que des juges font leur travail. Je m’abstiendrai de tout commentaire négatif à un moment où ce parlementaire que je connais bien est en train de vivre des moments difficiles. La justice dira s’il a des choses à se reprocher ou non. En tout cas pour moi, tant que la justice ne s’est pas prononcée, Julien Dray est innocent.”

Pendant six mois, Dray, qui n’a même pas eu l’occasion de s’expliquer devant les juges, puisqu’il n’est pas mis en examen, choisit de faire profil bas, de ne plus intervenir dans le débat politique national, de se consacrer discrètement à ses mandats de député et de vice-président de région. Que pouvait-il faire d’autre ? Le temps judiciaire et le temps médiatique étant ce qu’ils sont, faits de cette lenteur dont la prétendue sagesse peut vous tuer à petit feu pour le premier, et d’emballements collectifs brefs et violents pour le second, la stratégie hibernante de l’ours est la moins dommageable pour celui qui se trouve coincé entre les deux. Le printemps venu, et avec lui une condamnation de L’Est Républicain pour avoir publié in extenso le rapport Tracfin, Dray est repassé à l’offensive dans un entretien au Parisien. Après avoir rejeté toutes les accusations portées contre lui il conclut : “J’ai retrouvé toute la radicalité de mes vingt ans et je vais me battre !” Méfie-toi, Juju, tu risques de te retrouver dans la même cellule que Coupat !

  1. On ne dit pas “Je vends des fripes sur les marchés”, mais “Je suis docteur en schmattologie”. (Pour ceux qui n’auraient pas poussé assez loin leurs études de yiddish, schmattes signifie tissu et par extension, la fringue. EL

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  • 18 May 2009 à 23h11

    xly dit

    Y’a plus personne ici.
    Alors j’éteindre la lumière.
    Faudrait pas gaspiller l’électricité pour rien.

    L’éteigneur de réverbères.

  • 15 May 2009 à 23h57

    Régis dit

    Le problème de Julien Dray est qu’il a été le grand inquisiteur de l’antiracisme pendant très longtemps. Il peut dire qu’il en a instruits, des procès médiatiques, contre des partis ou des individus, à seules fin électoralistes…
    Aujourd’hui il se trouve victime des méthodes qui lui et ses amis antiracistes ont usées jusqu’à la corde, voilà pourquoi l’acharnement – réel – dont il fait l’objet ne fait guère pleurer…

  • 14 May 2009 à 0h36

    nadia comaneci dit

    Que de questions ! Les hommes, le mariage, les amies… Ma vie vous intéresse donc ? vous êtes surprenante Alice.

  • 14 May 2009 à 0h12

    Alice dit

    Nadia Com, vous voulez parler de Mitterrand «parrain» de SOS racisme ? Ouais, bon, en même temps, comme blague, ce n’est pas irrésistible. Vous avez plus d’esprit avec les autres, et, en particulier, avec Patrick… Normal, moi aussi, il m’inspire. Vous vous défendez bien, d’ailleurs, vous me faites penser à une amie, perdue de vue. Elle a poursuivi ses études, elle, des études de maths. Et puis elle s’est mariée, elle a eu deux enfants. On s’écrivait. C’est drôle comme ça sépare deux amies le mariage ! Moi, je ne suis vraiment pas faite pour le mariage. Un petit bonheur tranquille, toujours le même homme. Oh là, je déraille, je vais me faire éjecter (ça m’arrivera sans doute). Vous, je vous vois bien mariée avec deux enfants. Avez-vous quand même conservé une amie ancienne ?

  • 13 May 2009 à 20h43

    Three piglets dit

    “Sinon 6 permanents du PS et de SOS viennent d’être entendus par la police, aujourd’hui c’est plutôt aux antiracistes d’avoir à répondre aux questions.”

    “Cela ne vous rappelle rien?”

  • 13 May 2009 à 18h11

    Gwendan dit

    Sinon 6 permanents du PS et de SOS viennent d’être entendus par la police, aujourd’hui c’est plutôt aux antiracistes d’avoir à répondre aux questions.

  • 13 May 2009 à 17h29

    Franklin D. dit

    Ce n’est pas son neveu quoique la longueur des dents puisse amener à confusion.

  • 13 May 2009 à 17h28

    Franklin D. dit

    Julien a fait comme Bedos qui a soutenu la loi Hadopi, il dit des conneries grandiloquentes qui font du bien entre la poire et le fromage, et puis s’arrange pour s’en mettre plein les fouilles entre deux, comme tout le monde. Lui c’est les montres, Roland Dumas c’était les pompes à 11000 balles.
    Cher Max Bigaro, la malhonnêteté des uns n’excuse pas celle des autres.

  • 13 May 2009 à 17h22

    phil34 dit

    Luc Rosenzweig va-t-il écrire un article toutes les semaines pour sauver le camarade Dray ou va-t-il s’inquiéter systématiquement de TOUTES les atteintes à la présomption d’innocence même et surtout lorsqu’il ne s’agit pas d’un bon pote à lui? Dans ce cas là, il risque d’avoir du pain sur la planche et je crains que l’on ait droit à une quinzaine d’articles de ce genre par semaine ! C’est beau l’amitié mais cette insistance devient réellement gênante!

  • 13 May 2009 à 12h15

    nadia comaneci dit

    “Qu’aurait pu faire le précieux Mitterrand de ce gros joufflu maladroit ?”

    Il me semble qu’il est son neveu… Me trompe-je ?

  • 13 May 2009 à 11h58

    Three piglets dit

    “Dans la vie civile (cad non virtuelle) considérez vous que vous êtes raciste ou pas ? Avez vous déjà voté Le Pen ? Etes vous antisémite ?”

    Vous êtes encore trop timoré: etes vous nazi?
    Allez y carrément mon vieux, depuis Dray, on n’a aucun scrupule à ressortir les galons nazis si l’on pose trop de question sur le réel…

    J’ai une question pour ma part: êtes vous stupide ou mal-faisant?

  • 13 May 2009 à 11h54

    Three piglets dit

    Enfin; Dray, Tibéri, bien que la différence de traitement soulève bien des questions dont les réponses pourraient nous étonner (enfin, les derniers naïfs, pas moi ni Alice), c’est dans le même sac que je mets ces baltringues d’irresponsables politiques.

  • 13 May 2009 à 11h53

    a2lbd dit

    @Gwendan

    Dray aurait pu invoquer ce droit. Pour l’heure,je trouve que son comportement ressemble beaucoup à celui de ses protégés: “Ouah,m’sieur, c’est pas moi,j’ai pas volé, tout le monde m’en veut, c’est la faute à la société”.

    Comme je suppose qu’ici, l’utilisation du mot “protégés” fait référence aux potes de SOS Racisme, qu’à l’époque ces potes étaient plutôt des gens basanés voire carrément noirs, le fait que vous les amalgamiez tous en une phrase comme étant des voleurs et des pleutres je vous pose trois questions : Dans la vie civile (cad non virtuelle) considérez vous que vous êtes raciste ou pas ? Avez vous déjà voté Le Pen ? Etes vous antisémite ?

  • 13 May 2009 à 11h26

    Bibi dit

    @Alice,
    Ce n’est pas de “ce salopard de gardien de camp de la mort” que je parle mais de son procès et du cas de conscience que juger des salopards plus ou moins présumés/avérés peut poser.

  • 13 May 2009 à 10h07

    Alice dit

    Cher Bibi, avant de filer, je prends connaissance de votre réponse. Et je vous répond à mon tour. Je me suis mal exprimée, hier, lorsque je me suis adressée à vous en premier. Je ne vous incluais que dans la partie «Dray», mais pas du tout pour les Tiberi, ni pour le reste.
    Pour Dray, j’ai compris ce matin, grâce à votre réponse (un peu dure) votre point de vue, que je partage. Mais il est vrai que Jean Tiberi n’a pas du tout bénéficié d’une telle sympathie, lorsqu’il a souffert d’un harcèlement bien pire. Et puis Tiberi, lui, il n’a jamais donné des leçons de morale. L’article de Luc Rosenzweig, au lieu d’être la défense des principes de la justice (que vous rappelez), fait «copinage». Il a consacré un autre article complaisant à ce joufflu. En résumé, je ne veux pas que disparaisse en France des principes de secret de l’instruction, que Dray et ses amis ont fait valser quand ils étaient au pouvoir.
    Pour le reste, vraiment Bibi, je ne sais pas ce que vient faire ce salopard de gardien de camp de la mort. C’est à moi de vous dire que vous avez dérapé. Mais je ne vous en tiens pas rigueur et je dépose sur vos joues deux baisers qui laissent deux belles traces de lèvre rouge.

  • 13 May 2009 à 9h18

    Bibi dit

    Alice chérie,

    Et qu’est-ce qui vous permet d’inférer que j’ai des sentiments ou un jugement différents voire opposés aux vôtres par rapport à Dray?
    Pourquoi supposez-vous que je le défends? Et davantage que d’autres? D’où connaissez-vous ma position vis-à-vis de Tiberi, et des traitements judiciaire et médiatique de son cas?
    Je trouve que vous m’attribuez pas mal de positions sans aucun élément qui vous permette de fonder celles-ci.

    Par ailleurs, il est fort intéressant de voire surgir, dans votre commentaire, le sionisme comme élément potentiellement déformateur d’évaluation des faits. Double couche d’attributions là: d’une part, songer même que ce type de considération (sioniste donc pas si mauvais/ donc très mauvais) puisse intervenir et, d’autre part, attribuer plus de penchants sionistes à Dray qu’à Tiberi (parce que le second va à l’église?).
    Attention, Alice, aux procès d’intention que vous instruisez ici.

    Il se trouve que (a) Tiberi m’a inspiré beaucoup de respect à plus d’une occasion, Dray – jamais. (b) même si je partageais votre envie de voir tel ou tel pendu par ses c… comme disait l’autre, je désapprouve ces méthodes. Est-ce que, d’après vous, parce qu’il faisait partie de ceux qui ont tenté de réformer notre façon d’envisager la société et la justice qu’il faut lui donner raison, cèder au relativisme, et lui faire subir un traitement “réformé” selon des critères auxquels nous n’adhérons point?
    Qu’est-ce qui gouverne votre idée de justice, votre évaluation de l’homme et de son œuvre ou celle du délit/crime spécifique dont on l’accuse?

    Que pensez-vous d’un autre cas de conscience/morale/justice – le cas Demjanjuk? Il a été jugé en Israël, dans les années 1980, pour des crimes commis en tant que gardien Nazi à Treblinka. Mais, lors du procès, le doute planait sur son identité. Ce salaud est très probablement Ivan le tortionnaire de Sobibor, pas Ivan le tortionnaire de Treblinka. Evidemment, on ne l’a pas condamné pour les crimes qu’un gars du même genre que lui a commis. Il a donc été relâché, et la justice israélienne a renoncé à lui faire un second procès, pour les crimes qu’il a vraisemblablement commis ailleurs. Il vient d’être expulsé des E.U. et va être jugé en Allemagne. Fallait-il, parce que c’est un salaud, tordre la justice et le pendre quand même? Le laisser croupir en prison (une quinzaine d’années) jusqu’à ce qu’on constitue le dossier suffisamment solide pour un second procès?

  • 13 May 2009 à 0h59

    Alice dit

    Bibi, Threpiglets a raison. Ce gros Dray (je ne l’aime pas du tout, et, en plus, je le trouve laid, je ne suis donc pas objective) est responsable, avec beaucoup d’autres de l’état de repentir dans lequel se trouve la France aujourd’hui. Dray a conduit des milliers de jeunes gens dans les rues de Paris et de province, pour gagner un poste de ministre auprès de Mitterrand, qui se moquait de ce gros garçon ambitieux et balourd. Qu’aurait pu faire le précieux Mitterrand de ce gros joufflu maladroit ?
    Mais il y a autre chose ; M. Rosenzweig ne s’est pas ému du tout du traitement par les journaux et les télés de Jean Tibéri, livré aux chiens par les deux derniers journaux auxquels il a collaborés. Deux poids deux mesures. Ne fais pas aux Tiberi ce que tu ne supportes pas qu’on fasse !à ton ami Dray. Quand un juge d’instruction pratiquait une honteuse délation des Tiberi en faxant les procès verbaux à Libération, M. Rosenzweig n’a pas bronché. Quand on prétend avoir des principes moraux, on ne les applique pas seulement à ses amis. Quand un sioniste fait une connerie, il drvait d’abord être considéré comme un con, y compris par les sionistes

  • 13 May 2009 à 0h56

    MAX BIGARO dit

    Encore un de plus : coupable, mais “présumé innocent”. Pourquoi SEUL Julien Dray (shopping-alcoolique, certes) doit-il payer pour certaines dérives bling-bling ? Y en a pleins d’autres…
    Voyez immédiatement
    http://www.telegraph.co.uk
    RIRE ASSURE . (triste France en comparaison)
    35 pences de note de frais de député remboursé !!! avec photo et nom du coupable etc
    Pauvre Julien, ton cas ici n’est rien.

  • 13 May 2009 à 0h06

    Bibi dit

    Three Pees,
    Sur quoi étayez-vous vos affirmations?

  • 12 May 2009 à 23h59

    Three piglets dit

    Cela vous gêne lorsque Dray est visé.
    Sinon, c’est silence radio.