Emmanuel Macron et le précédent israélien | Causeur

Emmanuel Macron et le précédent israélien

En Marche!, un Kadima français?

Auteur

Philippe Karsenty et Pierre Lurçat
Elu de Neuilly / avocat et écrivain

Publié le 28 avril 2017 / Monde

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Emmanuel Macron en 2017 à gauche et Tzipi Livni en 2009 à droite. Photos: SIPA 00803613_000038 / 00574518_000004

La victoire d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle est largement celle d’un candidat au visage aussi lisse que son programme politique. Celui qu’on présente déjà comme le « plus jeune président » de la Ve République et que nous pourrions qualifier de premier candidat postmoderne, est aussi l’incarnation d’un phénomène politique récent. Par sa stratégie politique, par son programme et par sa personnalité, Macron illustre en effet une évolution que l’on retrouve dans d’autres pays occidentaux. La comparaison avec Israël, où on se plaît à surnommer Emmanuel Macron le « Yaïr Lapid français », est instructive à plusieurs égards.

« Kadima » en hébreu signifie « En avant »

Le phénomène du mouvement En Marche ! qui a amené Macron au second tour, ressemble étrangement au phénomène Kadima, éphémère parti politique israélien qui avait remporté les élections législatives de 2005, après une apparition fulgurante sur la scène politique, suivie d’une disparition tout aussi rapide. Ajoutons que « Kadima », en hébreu, signifie « En avant ». Dans les deux cas, il s’agit d’une organisation politique sui generis, sans identité bien définie. En Marche ! est un mouvement populaire se revendiquant comme étant « de droite et de gauche ». Kadima était un parti formé d’anciens membres du Likoud (droite) et d’Avoda (gauche travailliste), qui se définissait comme centriste et dont les dirigeants, à l’instar d’Emmanuel Macron, affirmaient rejeter les « clivages droite-gauche dépassés ».

En réalité, Kadima incarnait surtout l’arrivée au pouvoir des idées post-sionistes, en vogue dans les milieux universitaires et intellectuels israéliens depuis le début des années 1990. Après une ascension rapide, le parti Kadima obtint 28 sièges dans la 18ème Knesset (ce qui en faisait le premier parti, devançant le Likoud et réduisant le parti travailliste à la portion congrue). Mais ce succès spectaculaire fut de courte durée : lors des élections législatives de 2013, Kadima a été pulvérisé et n’obtint que 2 sièges. Il a disparu de la scène politique israélienne à la suite de cet échec, et sa dirigeante Tsipi Livni créa un nouveau parti, au nom tout aussi vide de contenu idéologique : « Le mouvement » (Hatnua).

Le sociologue Shmuel Trigano a décrit le postmodernisme comme une idéologie dominante, caractérisée notamment par le rejet de la souveraineté de l’Etat et des frontières. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre la déconfiture des partis politiques traditionnels (UMP et PS en France, parti travailliste en Israël), qui va de pair avec l’émergence de nouvelles structures politiques, dont En Marche ! et Kadima sont les illustrations les plus marquantes. Dans les deux cas, ces nouvelles entités politiques sont marquées par un rejet des idéologies politiques traditionnelles (socialisme, travaillisme) et par le recours à des slogans qui relèvent plus du marketing que du discours politique.

Des électeurs « consommateurs »

En effet, au-delà de la similarité des noms, Kadima et En Marche ! se ressemblent surtout à un niveau plus fondamental : l’idéologie dominante post-moderniste, dont ils sont l’expression politique. Le post-sionisme (c’est-à-dire l’abandon des principes fondamentaux du sionisme politique) de Kadima trouve ainsi son semblant dans le post-modernisme incarné par En Marche !. Quant à leur rejet affiché des clivages politiques traditionnels, il recouvre, dans une large mesure, une absence de positionnement politique réel (socialistes ou libéraux? conservateurs ou réformistes?), que beaucoup décrivent comme une absence de programme.

La volonté proclamée de renouveau, (En Marche ! est l’émanation de l’Association pour le renouvellement de la vie politique) exprime ainsi la quintessence, sinon la totalité de leur programme. Mais derrière les slogans prometteurs, on a peine à déchiffrer quelle est l’identité véritable de ces mouvements politiques, dont les électeurs sont plutôt des « consommateurs » que des militants aux revendications bien définies. Leur rejet des idéologies classiques n’exprime sans doute pas tant une volonté de renouveau politique qu’un vide de contenu, que les efforts des conseillers en image et autres communicants peinent à masquer.

Tout comme l’ascension fulgurante du parti Kadima en Israël, la victoire d’En Marche ! au premier tour de l’élection présidentielle française est, plus encore que celle d’un appareil politique, celle d’un slogan et d’un appareil de communication, c’est-à-dire de publicité. Pour la première fois dans l’histoire politique française, les électeurs vont peut-être porter au pouvoir un mouvement qu’ils auront choisi non pas tant en raison de son programme et de son contenu, que de son « emballage »… En Israël, les années Kadima auront surtout été marquées par la catastrophique Deuxième guerre du Liban. L’avenir dira si le mouvement En Marche ! saura laisser une trace plus durable et positive dans la vie politique française.

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    • 3 Mai 2017 à 16h25

      Ligure dit

      Belle analyse, même si “comparaison n’est pas raison”… LR et PS, les deux “partis de gouvernement”, ont été zappés par EM dès le premier tour, parce qu’ils avaient renoncé au seul dogme républicain: la souveraineté du Peuple. En cela, ils étaient eux-mêmes devenus post-modernes.

    • 1 Mai 2017 à 17h58

      Pyrrhon dit

      La comparaison est hasardeuse. La société israélienne, entre la pression des rabbins et la menace permanente du terrorisme palestinien (faute de solution politique acceptée par les premiers) ne peut mettre en question “l’ordre établi”. Le nôtre, d’ordre établi, est un “immobilisme actif”, un principe de précaution étendu à la politique. Le clivage entre les électeurs, au second tour, s’ajuste à ce choix: bouger, ou ne rien faire. Il y a un terrorisme exogène en France. La police s’en occupe. Il y en a un autre, endogène, dont Macron voudrait nous débarrasser.

      • 1 Mai 2017 à 18h00

        steed59 dit

        les rabbins d’israel empêchent la paix avec les palestiniens ? voilà qui est intéressant

    • 1 Mai 2017 à 15h44

      Terminator dit

      Macron, c’est le faux-nez d’un système déjà failli. L’avenir de la France est ailleurs… avec Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et tous les républicains de bonne volonté !

    • 1 Mai 2017 à 12h41

      marcopes dit

      macron c’est la possibilité pour ceux qui ont gouverné de 2007 à 2017 de revenir au pouvoir tous ensemble pour la continuité d’une même politique ;le changement ce sera pour une prochaine fois

    • 29 Avril 2017 à 12h46

      politshouk dit

      “En réalité, Kadima incarnait surtout l’arrivée au pouvoir des idées post-sionistes, en vogue dans les milieux universitaires et intellectuels israéliens depuis le début des années 1990″ .????????
      N’importe quoi.
      Le fondateur de Kadima était Arik Sharon Shimon Peres y était membre avec tant d’autres sionistes fondateurs de l’état hébreu ..Arik Sharon post sioniste. Peres post sioniste.. ??
      Qu’est ce qu’il ne faut pas lire comme connerie.!!!!

      • 29 Avril 2017 à 17h06

        philgold dit

        Je confirme ne pas parler de Sharon comme père fondateur de Kadima c’est faire l’impasse sur le fondement et l’esprit du mouvement.
        Définir Kadima comme un mouvement post-sioniste des universitaires et intellectuels c’est vider de son sens l’expression “post-sioniste” qui désigne bien des intellectuels et des universitaires mais ceux-ci s’opposent à la vision patriotique de Sharon.
        Post-sionisme est une idéologie anti-sioniste qui est une négation de la légitimité et du droit d’exister d’Israël tout le contraire de Kadima.
        Sharon était un pragmatique il ne voulait pas se laisser enfermer dans les opposition Likud et parti Travailliste, là est la similarité avec En Marche.
        Les auteurs de cet article font de Kadima un mouvement d’extrême gauche altermondialiste, anti-nationaliste dans le style de Meretz … quelle ignorance.

    • 29 Avril 2017 à 10h59

      Bibi dit

      Une analyse de la distribution des votes franco-arabes sera davantage pertinente.

      • 29 Avril 2017 à 11h15

        steed59 dit

        très pro-JLM

        • 29 Avril 2017 à 11h24

          Bibi dit

          Y compris chez les chrétiens? Ce n’est pas un bloc, il y a plusieurs segments différents.

        • 29 Avril 2017 à 14h34

          ji dit

          Des franco-arabes chrétiens ?

        • 29 Avril 2017 à 18h16

          Bibi dit

          Libanais, par ex.

        • 30 Avril 2017 à 8h07

          ji dit

          Bien sûr!
          Ceux que je connais en France n’ont pas voté JLM, c’est évident.

        • 30 Avril 2017 à 8h39

          eclair dit

          les libanais chrétiens ne sont pas des arabes

    • 29 Avril 2017 à 9h46

      dov kravi דוב קרבי dit

      On comprend bien le parallèle tenté par Karsenty et Lurçat entre postsionisme et postmodernisme.
      Mais dans des contextes historiques, géographiques, géopolitiques, politiques et sociaux tellement différents que ceux de la France et d’Israël, ce rapprochement n’a pas grand sens — si on excepte les connotations bougistes (vers un avenir forcément radieux) du nom de ces mouvements).

      • 29 Avril 2017 à 15h19

        i-diogene dit

        Pour une fois, on est d’ accord..!^^

      • 29 Avril 2017 à 17h58

        ZOBOFISC dit

        Les “bougistes” sont-ils des gens qui cherchent leur chemin avec une bougie, par opposition aux “lampistes” ou aux “torchistes” ?
         

    • 28 Avril 2017 à 23h57

      Charles Lefranc dit

      Voilà un rapprochement grotesque ; La France n’ a aucun souci stratégique ni de menace existentielle ; Israel est sur la brêche militaire depuis toujours . Macron est piloté pour renforcer le pouvoir de l’ oligarchie ; L’ Oligarchie déjà détentrice du capital économique , et du capital culturel , vise avec Macron , a pulvériser les dernières citadelles du capital social par la privatisation
      des entreprises d’ Etat , syndicats , fonction publique , et le statut du salariat .Le salariat va passer du rapport direct patrons-employés ( qui implique des contraintes sociales ) a celui d ‘ actif ( l’ ex-salarié ) mobile , nomade , porté par une structure intérmédiaire ( entre l’ agence d’ intérim et le conseiller en travail rémunéré ) , donc perte de tout acquis capitalisé sur la durée de l’ emploi . Si Macron représente une menace stratégique , c’est par sa volonté affichée d’ absorber une immigration encore plus nombreuse .
      La passivité de la population française , le morcellement politique en 4 courants ou chacun s’ oppose futilement à son voisin , rend l’ aggression du programme Macron , inéluctable . Le post-moderne est un camouflage habile de cet assaut de l’ oligarchie . Les 3/4 de la bourgeoisie de ” droite ” ( cf . Le Figaro ) votent Macron . Il faut sauver sa rente , le reste est ” littérature “…
      Israel a d’ autres soucis , et d’ autres contraintes militaires, culturelles, sociales , qui font que le couches sociales sont plus résistantes à l’ érosion économique et que le devenir de la nation juive reste un enjeu primordial . L’ épisode post- sioniste -1992/2012 – vient de se clore avec la mort de Shimon Pérés . Le pays revient aux valeurs de l’ époque moderne , la valeur de la Nation est à nouveau au centre du débat . L’ expérience post-sioniste fut négative, mais hormis quelques franges marginales ( le journal Ha Aretz , les ONG anti-sionistes ..) et une Cour Sûpréme ” activiste-impérialiste ” le coeur du pays reste héroïque .

      • 29 Avril 2017 à 10h25

        ji dit

        Merci pour ce développement. L’article me semblait à la fois trop spécialisé et pas assez développé, sans prise en compte de la différence entre la France et Israël.
        Le propos des auteurs perd alors de son intérêt puisque ce qui s’est passé en Israël n’augure pas ce qui se passera en France.

      • 29 Avril 2017 à 11h10

        Bibi dit

        Charly,
        N’oubliez pas que l’économie israélienne est en bien meilleure position que celle de la France. Le chômage est à ~4%.
        Et l’on résiste pas mal aux tentatives de subversion euro-obamiennes.

        • 1 Mai 2017 à 15h32

          rolberg dit

          La France n’est pas soutenue financièrement par les États-Unis comme l’est Israël. Ça fait une différence ?

      • 29 Avril 2017 à 11h22

        steed59 dit

        Charles je ne suis pas tout à fait d’accord. Certes l’article est quelque peu grotesque, ce qui est étonnant de la part de Karsenty et Lurçat qui valent mieux que ça, mais faut pas oublier que le système politique est très largement inspiré du modèle anglo-saxon (britannique hier, américain aujourd’hui) et “subit” toutes les modes venues d’outre-atlantique. Pas oublier notamment que netanyahu est israélo-américain et que tout transpire en lui les méthodes politiques venues d’outre-atlantique, et notamment du parti républicain. Le vieux parti travailliste, ou du moins ce qu’il en reste, mute à toute vitesse vers un parti démocrate à l’américaine – d’ailleurs en y repensant s’il fallait trouver un macron israélien, je penserais plutôt à herzog. Le vieux ben gourion doit s’en retourner dans sa tombe. Des vieilles spécificités de la démocratie israélienne, il ne reste guère que les partis religieux et arabes.

        • 29 Avril 2017 à 11h23

          steed59 dit

          quant au risque de menace existentielle, si elle existe en France. Notre pays a de vraies chances de disparaitre dans les années à venir, pris entre le marteau islamiste et l’enclume européiste.

        • 29 Avril 2017 à 11h28

          Bibi dit

          On attribue l’éclatement du parti travailliste “tradi” à Ehud Barak, brillantissime général.

      • 29 Avril 2017 à 18h03

        ZOBOFISC dit

        Vous oubliez un élément essentiel : les Français ne sont majoritairement pas circoncis !

        • 29 Avril 2017 à 18h20

          Bibi dit

          Une moitié d’israéliens non plus!

    • 28 Avril 2017 à 20h32

      IMPERIALYUNAN dit

      Comme le p’tit JF Kennedy, 3 p’tits  tours (qui font des dégâts remarquables)…..et puis s’en vont (ça fait pchittt).

    • 28 Avril 2017 à 19h11

      Bibi dit

      Messieurs,
      Vous poussez l’analogie trop loin.
      Kadima est née fin 2005 par la seule volonté d’Ariel Sharon de se donner une nouvelle plate-forme afin de poursuivre sa politique post-désengagement de Gaza. Au parti qu’il a précédemment créé, Likoud, il rencontrait trop d’opposition et donc, il a emmené les soutiens et facilement trouvé les opportunistes travaillistes pour le joindre. L’AVC a empêché Sharon de se présenter aux élections en tête de parti et Olmert, par défaut, l’a remplacé. Et la dérive post-sioniste “de gouvernement” a commencé avec l’élection en 2006.
      La démocratie israélienne (y compris le décrié système de coalition parlementaire) a amorti pas mal des dégâts que ce parti a promis. Et c’est là aussi (surtout) que comparaison n’est pas raison, mais alors pas du tout.
      En revanche, je suis sûr que la Livni aurait été très heureuse de jouer un rôle dans la campagne française.

      • 3 Mai 2017 à 14h57

        Theodule dit

        Il y a donc au moins une autre analogie, c’est que dans les deux cas le parti tiens essentiellement autour d’une allégeance personnelle.

    • 28 Avril 2017 à 17h39

      isa dit

      Pas Nadia ” kadima”

    • 28 Avril 2017 à 17h39

      IMHO dit

      La France n’est pas une fanaticocratie et n’est pas en guerre avec ses voisins .

      • 28 Avril 2017 à 18h16

        Schlemihl dit

        J’ en conviens . c’ est pourquoi des comparaisons avec Israël peuvent être pertinentes , ce qui ne serait pas le cas avec Gaza .

      • 28 Avril 2017 à 18h17

        steed59 dit

        ce n’est pas très gentil pour les palestiniens

        • 28 Avril 2017 à 19h01

          Schlemihl dit

          Je ne parle pas de la population de Gaza mais de son effroyable gouvernement .

        • 28 Avril 2017 à 19h22

          Bibi dit

          Ni pour les voisins jordaniens et égyptiens.

        • 28 Avril 2017 à 20h06

          Schlemihl dit

          les gouvernements égyptien et jordanien ne m’ enthousiasment pas mais ça vaut mieux que le Hamas

          Espérons ! l’ avenir réalise les rêves des philosophes et confirme les prédictions optimistes des fous et des imbéciles .

    • 28 Avril 2017 à 17h38

      isa dit

      Oui Nadia monsieur Macron!
      Vous auriez préféré l’antisemite blondasse? 

    • 28 Avril 2017 à 17h27

      joke ka dit

      recentrons nous sur les législatives … ce sera sans moi le 07 mai

    • 28 Avril 2017 à 17h23

      Carol Langloy dit

      Mais que nous ont apporté les idéologies, à part les guerres et les injustices ? Un parti concret qui prend ses décisions en fonction des circonstances passées, présentes et futures, avec une vraie politique (progresser vers un bien-être mondial), me convient très bien. En ce qui concerne les stratégies et les tactiques, elles restent à bâtir, et c’est tant mieux, il ne faut pas enfermer les décideurs dans une vision idéologue.

      • 28 Avril 2017 à 17h38

        Philvar dit

        Vous avez une visiob qui dépasse de très peu 1 cm au-delà de vos yeux. Cela ne vous empêchera pas de marcher dans la bouse ! Bien au contraire pour imiter micron.

      • 28 Avril 2017 à 17h54

        gigda dit

        Sous la visière de l’idéologie du  progressismissus mondial, vous ne voyez donc pas s’avancer le bonheur pour les déjà heureux seulement ! 

    • 28 Avril 2017 à 17h22

      joke ka dit

      Macron le produit marketing poussé en avant par une caste élitiste afin de protéger ses intérêts …candidat des banquiers mondialistes des grands patrons de presse, du communautarisme, de la libre circulation des capitaux et des individus pour procurer aux multinationales une main d’oeuvre à bas coût,de la spéculation ..le pantin de l’Open Society de G Soros

    • 28 Avril 2017 à 17h14

      nardo dit

      “Kadima” et “En Marche” auraient en commun une absence de positionnement politique réel? Selon vous, il faudrait choisir entre être socialiste ou être libéral alors que ces deux concepts sont intimement liés dans toutes les sociales-démocraties prospères (pays scandinaves, Canada, Allemagne)qui utilisent un libéralisme très assumé pour l’économie de marché et une redistribution sociale ainsi que des choix sociétaux très avancés. Il faudrait aussi choisir entre conservatisme ou réformisme? Là encore, les derniers réformateurs connus venaient de partis conservateurs (Canada, certains pays scandinaves) ou progressistes (Schröder en Allemagne, Tony Blair en Angleterre).

      En fait, “En Marche” adopte un profil politique clair et net qui est social-démocrate comme beaucoup de ses voisins prospères. Quant à “Kadima”, ce parti a été confronté à l’absurde vote à la proportionnelle, soi-disant démocratique et qui fait, depuis longtemps, le jeu de l’extrême droite.

    • 28 Avril 2017 à 17h10

      Martini Henry dit

      “En marche”, “En avant”, “Le mouvement”… La principale préoccupation de ces partis semble donc bien ce fameux bougisme, si bien décrypté par P.A Taguieff. Vers quoi? Quel but? Avec quel véhicule et quels bagages? Mystère, l’essentiel semblant bien de bouger. Bouger pour se donner l’illusion qu’on vit? Comme ces touristes pathétiques qui passent leur vie d’une destination à l’autre pour “faire” le Vietnam, “faire” la Thaïlande, “faire” l’Argentine”, faire Berin ou Le Cap, dans le seul but d’accumuler les selfies de leurs têtes de cons vides.
      Un symptôme de plus de l’air du temps, l’ère du vide et du spectacle de soi-même. Comme l’autre avorton quand il se trimballe avec sa maman sur toutes les couvertures de magazines… Problème de faille narcissique et d’immaturité émotionnelle totale.

      • 28 Avril 2017 à 18h02

        gigda dit

        Votre comparaison avec le tourisme et son “faire” … me ravit !
        (

      • 28 Avril 2017 à 22h09

        Flo dit

        +1

    • 28 Avril 2017 à 16h26

      steed59 dit

      Parler de Kadima sans citer sharon faut le faire. Et oublier que Livni a pris le parti qu’après la “mort” de celui-ci et les scandales d’olmert. Et macron n’a rien à avoir avec Sharon, dans lequel il est difficile d’y trouver du post-sionisme. S’il fallait faire un comparatif avec israël, j’associerais plutôt EM avec le Shinoui de 2003

      • 28 Avril 2017 à 18h43

        Bibi dit

        :-)
        Shinuï de 1977.

        • 28 Avril 2017 à 18h51

          steed59 dit

          Kadima est un parti “bonapartiste” avec Sharon comme figure de proue. C’est en perdant son chef que ce parti s’est effondré.

          Quant au shinoui il a tellement muté dans son histoire qu’on peut lui associer toutes les modes politiques. Sa version de 1977 me fait plutôt penser au PSU

        • 28 Avril 2017 à 19h18

          Bibi dit

          Le modèle 1977 était un délicieux mélange d’intellectuels et de professionnels (militaires compris) de très haut niveau. Mais s’il faut une bonne dose d’intelligence, et un bon bagage intellectuel pour bien gouverner, et faire la politique, ce n’est pas suffisant. On a eu pas mal de super généraux illustres et très piètres politiques.

        • 28 Avril 2017 à 19h21

          Bibi dit

          Le parti Kadima s’est effondré en 2014, et la dernière cheftaine a laissé une énorme dette.

    • 28 Avril 2017 à 16h22

      A mon humble avis dit

      Parallèle intéressant.
      Il se pourrait que le météorite Macron soit encore plus éphémère que son précédent israélien: s’il n’a pas de majorité en juin, il sera un président impotent se faisant imposer une politique qu’il n’aura pas voulu, et il aura politiquement disparu quelques semaines après son entrée à l’Élysée.