Éloge des Grecs (anciens) | Causeur

Éloge des Grecs (anciens)

Un essai sous forme de bréviaire hellénique

Auteur

Christopher Gérard

Christopher Gérard
écrivain et critique littéraire belge

Publié le 26 novembre 2016 / Culture

Mots-clés : ,

Raphaël "L'école d'Athènes"

"L'école d'Athènes", Raphaël (Wikipédia)

Homines maxime homines ! Surhumains. Tels étaient les Grecs de jadis, aux dires du Romain Pline, que cite fort à propos Bernard Nuss dans son sympathique Eloge des Grecs. Sympathique et surtout impertinent, au sens précis du terme, tant les Grecs d’aujourd’hui se sont vus, il y a à peine deux ans, traîner dans la fange par tout ce que la presse mainstream compte de mercenaires, ceux-là mêmes qui, depuis, nous vendent le malheur des migrants et l’invasion du continent. Alors, l’Europe (allemande) pouvait bien exclure Athènes, mais elle devait, elle est encore sommée d’inclure des millions de miséreux, afghans ou nigériens, pakistanais ou libyens pour expier je ne sais quel crime – celui d’exister, sans doute.

Revenons aux Hellènes d’autrefois, « superficiels par profondeur », comme disait Nietzsche, qui furent le zénith de notre monde, et que Florence, Oxford et Versailles ont tenté d’égaler. Ancien diplomate, Bernard Nuss a voulu, par le biais d’un essai sur la Grèce éternelle, nous livrer quelques réflexions souvent toniques sur notre civilisation fatiguée, taraudée par le doute et la mauvaise conscience.

Le propre des Grecs, le fondement de la vision hellénique du monde étant de refuser avec passion toutes les tutelles, spirituelles (le Livre unique et son infaillible clergé) ou politiques (le monarque devant qui l’on se prosterne – une abomination absolue que les Grecs nommaient proskynésis), ils ont très tôt, dès Homère, dès les Physiciens d’Ionie, tenu à prendre leur destin en mains, en personnes autonomes – qui forgent elles-mêmes leurs lois, et qui remettent en question toute opinion (la doxa, jamais confondue avec la vérité, l’alètheia). La liberté du citoyen, le savoir désintéressé, la lucidité qui libère des illusions, l’ironie dévastatrice, la divine harmonie : autant de conquêtes grecques. Et le théâtre ! Malheur aux civilisations sans théâtre, condamnées à la barbarie !

Parfois péremptoire (mais pour la bonne cause), vif de ton et vigoureux dans sa dénonciation de notre présente décadence, le hoplite Nuss exalte nos Pères à nous. Idéalisés, ces hommes plus qu’humains dont parlait Pline ? Sans doute. Par exemple quand il passe un peu vite sur le procès de Socrate. Injuste, Bernard Nuss ? Peut-être dans sa vision, tronquée, d’Ulysse, et dans son jugement, discutable, sur l’Odyssée – décrite comme inférieure à l’Iliade. Un peu rapide sur le polythéisme et sur les mythes, qui entretiennent et sauvegardent pourtant ce climat mental, cette altitude qui vaccinent contre les miasmes du Dogme et du Péché.

Qu’importe, absolvons-le au nom d’Apollon et de Dionysos. Lisons son bréviaire hellénique : « La Grèce a toujours été un modèle incomparable et le contact des Grecs a rendu intelligents et moins vulgaires de nombreuses générations d’Européens. »

Bernard Nuss, Éloge des Grecs, Editions Pierre-Guillaume de Roux

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    • 30 Novembre 2016 à 21h49

      rolberg dit

      La démocratie grecque s’est bâti sur le dos des esclaves des riches démocrates. Rien n’a changé depuis. On cherche toujours la démocratie.

    • 30 Novembre 2016 à 19h03

      clorouk dit

      Timeo Danaos et dona ferentes.

      • 30 Novembre 2016 à 23h42

        Schlemihl dit

        Timeo Danaos , ce gentilhomme espagnol et son épouse dona Ferentes , ont possédé de vastes territoire en Morée et dans le Péloponnèse , mais c’ était au 17ème siècle et non au temps des cités grecques .

    • 30 Novembre 2016 à 16h50

      Vendéen dit

      Je ne suis pas sûr qu’on puisse traduire “homines maxime homines” par “surhumains”, bien au contraire; il vaudrait mieux dire “des hommes au sens le plus haut du terme”, mais des hommes quand même.
      Cela n’enlève rien à la pertinence des réflexions de M. Gérard.

    • 30 Novembre 2016 à 12h04

      René de Sévérac dit

      Les Grecs sont morts …
      et remplacés par les barbares du nord !
      Nous sommes sur la même voie.

      • 30 Novembre 2016 à 22h01

        himavat dit

        quels barbares du Nord?

    • 28 Novembre 2016 à 22h53

      Pierre Jolibert dit

      Bon. Je ne sais pas faire autre chose qu’en passer par les textes. Donc :
      après avoir raconté dans le détail comment le Roi perse Cambyse s’était fait emmener le taureau sacré Apis devant lui et l’avait blessé avec un couteau devant les prêtres égyptiens affolés, Hérodote ajoute en III-37 : “La folie fit commettre à Cambyse bien d’autres excès encore envers les Perses comme envers ses alliés : pendant son séjour à Memphis il fit ouvrir des sépultures anciennes et examina les corps qu’elles contenaient. Il pénétra aussi dans le temple d’Héphaistos et se gaussa fort de la statue du dieu : elle ressemble en effet beaucoup aux patèques, ces images que les Phéniciens promènent sur les mers à la proue de leurs vaisseaux (…). Cambyse pénétra encore dans le temple des Cabires, où le prêtre seul a le droit d’entrer ; il fit même brûler leurs statues, avec maintes railleries. Ces statues ressemblent aussi à celles d’Héphaistos, dont les Cabires, sont, dit-on, les fils.
      Bou diou : c’est le Perse qui fait la forte tête avec les religions (surtout celle des autres, apparemment) ! les gens auraient-ils raison ? devons-nous quelque chose aux anciens ? et sont-ce les Perses par le biais d’un Grec qui nous ont légué l’irrévérence, l’esprit d’examen et le refus passionné des tutelles spirituelles ?
      Ce serait le cas si le brave homme d’Halicarnasse (un Carien, donc, Schlemihl ?) ne poursuivait : “En définitive, il me semble absolument évident que ce roi fut complètement fou ; sinon, il ne se serait pas permis de railler les choses que la piété ou la coutume commandent de respecter.” Ah ben ça alors. “En effet, que l’on propose à tous les hommes de choisir, entre les coutumes qui existent, celles qui sont les plus belles et chacun désignera celles de son pays _ tant chacun juge ses propres coutumes supérieures à toutes les autres. Il n’est donc pas normal, pour tout autre qu’un fou du moins, de tourner en dérision les choses de ce genre.” Vous m’en direz tant.

      • 28 Novembre 2016 à 23h16

        Pierre Jolibert dit

        La tendance majoritaire à se préférer à tout autre fait justement que les Grecs n’ont jamais trop dû goûter Hérodote le disert. La curiosité et ce qu’on appellerait facilement aujourd’hui le relativisme de ce dernier ne le conduisent en tout cas pas plus loin que cette sorte de sagesse des nations faite d’un respect réciproque, avec au fonds la conscience que toutes les religions d’alors se ressemblent beaucoup.
        5 siècles plus tard, Hérodote aurait été choqué de l’irruption de Pompée dans le Temple de Jérusalem exactement dans les mêmes termes.
        Ah tiens en parlant de Jérusalem, il m’a fallu attendre 35 ans passés pour lire tout seul les Maccabées et m’extasier tout seul, n’en ayant jamais lu aucun commentaire nulle part, de la correspondance entre Sparte et Jérusalem. “En toute circonstance et de façon constante, aux fêtes et autres jours marqués, nous nous souvenons de vous, à l’occasion des sacrifices que nous offrons et dans nos prières, comme il est nécessaire et convenable de se souvenir de frères / nous nous réjouissons de votre gloire“. Très belle idée que cette amitié des petits dégoûtés par la proskynèse devant les monarques géants hellénistiques : nous avons été entourés de nombreuses tribulations et de nombreuses guerres, et les rois qui nous entourent nous ont fait la guerre“.
        L’éloge de Sparte sans l’éloge de Jérusalem et inversement, ne rime à rien.

      • 29 Novembre 2016 à 0h23

        Schlemihl dit

        Hérodote avait probablement des ancêtres cariens mais il écrivait en grec . Bien des gens adoptaient des noms grecs et la langue grecque , comme Zénon le Phénicien et Clitomaque le Carthaginois . Le comportement de Cambyse l’a choqué , ce n’ était pas de la libre pensée mais une tyrannie assez odieuse .

        Hé oui les Spartiate se sont trouvé sur le tard une origine abrahamique , et peut être bien les Arméniens aussi , les Arabes aussi et d’autres ….. ça ne fait du mal à personne .

        Terminons par une anecdote piquante . Le tyran de Sparte , le dernier connu , qui réussit à éviter à se cité le sort de Corinthe , il s’appelait Nabis . Ce qui pourrait bien être une forme hellénisé de l’ hébreu nabi ( prophète ) . Et il descendait fort possiblement des anciens rois de Sparte .

        Est ce lui qui a accueilli le Grand Prêtre de Jerusalem réfugié à Sparte ?  

        • 29 Novembre 2016 à 19h37

          Pierre Jolibert dit

          Tiens, donc ils s’y sont tenus à leur nouveau délire généalogique ? Passionnant.
          Oui, oui, bien sûr pour les peuples et individus hellénisés et tout ça. Je faisais un petit écho à mon désaccord très brièvement formulé tout en bas du fil.
          En fait j’aurais pu dire plus généralement que je ne supportais pas les éloges sélectifs, surtout quand ils s’inscrivent dans la filiation voltairienne le paganisme-c’est-super-ouvert-et-la-Bible-ça-pue.
          Du coup je voulais trouver des exemples qui voulaient dire tout à la fois :
          tous les peuples anciens ont des réflexes de fermeture et sont très à cheval sur leurs règles indissociablement politiques/religieuses (exemple-type : l’affaire des mutilations des Hermès des carrefours à Athènes en 415) ;
          mais justement ils fonctionnent de la même façon et communiquent énormément entre eux, et certains Grecs n’hésitent pas eux-mêmes à jouer du nous-devons-ces-connaissances-aux… Egyptiens, Phéniciens, etc. ;
          quant aux cités d’Ionie dont il est question dans l’article, on ne voit pas en quoi le fait de payer un tribut à Crésus puis aux Perses y a spécialement gêné l’essor des sciences. Leur révolte, la réaction puis la défaite perses les fait passer… sous la domination athénienne mais je veux bien croire que payer une cotisation pour une ligue entre gens de bonne compagnie (même avec sous les yeux assez vite l’exemple de cités insulaires punies à la mode de l’époque) est plus plaisant que le paiement d’un tribut à un souverain qui vit à 3 000 km et devant qui les émissaires se proskynent, le tout avant de ballotter entre différentes puissances tutélaires, le thème de la liberté grecque devenant le slogan préféré des conquérants romains.

        • 29 Novembre 2016 à 21h47

          Schlemihl dit

          Les croyances généalogiques ne sont pas des délires . Elles sont nécessaires . Les Français ont cru très longtemps descendre des Troyens par l’ intermédiaires des Francs , peuple troyen .

          L’empire athénien n’ était pas tout à fais une club de gentlemen , comme l’ ont constaté les habitants de Milo ( oui , l’ île à la Venus ) et de la ville des moules ( Mytilène ) . Passons .

          Je n’ai aucune envie de proskyner . C’est donner à ceux qui sont derrière vous un succès d’apothicaire .

          Ci git qui pour un quart d’ écu
          S’agenouillait devant un cul . 

        • 29 Novembre 2016 à 23h04

          Pierre Jolibert dit

          Où l’on en revient à Platon et au faux nécessaire ? faisons-leur croire qu’ils sont nés de la terre… mais enfin le gardien du gardien il sait que c’est faux, hein, sans quoi on va se mettre à croire n’importe quoi comme par exemple que nous descendons des Grecs à qui nous devons la tendance généralisée et également partagée entre eux tous à remettre en cause toute doxa.

        • 30 Novembre 2016 à 0h28

          himavat dit

          Bonsoir

          Schlemihl dit

          … Les Français ont cru très longtemps descendre des Troyens par l’ intermédiaires des Francs , peuple troyen .`
          peut-être quelques-uns et pas longtemps

          par contre le rôle des généalogies et des mythes fondateurs … ici, on voit Grèce = Athènes etc …
          on parle moins des Grecs d’ Asie Mineure , de ceux passés au service des Perses et autres Parthes et ayant fondé d’ intéressants royaumes aux portes du monde indien et en Asie Centrale …

    • 28 Novembre 2016 à 10h46

      Pierre Jolibert dit

      C’est toujours un grand plaisir de voir qu’il existe une longueur d’ondes sur laquelle plusieurs émettent (Schlemihl, Thalcave, et Quidam II aussi, et par dessus tous les désaccords partiels de détails), celle qui consiste en somme à ne pas s’en laisser conter.
      Durru : je veux bien voir de la continuité, mais pour cela je pense qu’il faut bel et bien pouvoir comparer, sinon comment peut-on voir la continuité là où elle est vraiment ?
      Qui est le plus anachronique de celui qui dit que les cités antiques inspirent les fascismes occidentaux modernes ou de celui qui affuble les religions/politiques antiques d’un attribut de tolérance conçu dans un système où religion et politique deviennent 2 choses qui vont se séparant toujours plus ? Pour moi c’est le 2ème.
      Je ne partage pas l’usage polémique que fait Quidam du mot fascisme, mais je pense qu’on ne peut que très tranquillement dire que les fascismes (pour moi = projet politique consistant à martialiser ou militariser complètement la vie) se sont vécus comme un retour à l’antique, avec une fidélité au modèle hélas bien plus efficacement telle que ne l’est l’illusion rétrospective d’une tradition humaniste tronquée qui refuse de voir que son goût de la tolérance et de la douceur a des origines plus récentes.
      Beaucoup de monde se questionne sur le sens et la place de l’humanité et sur la responsabilité individuelle. La réponse de la chrétienté d’Occident a été originale comme une autre, et douloureuse comme une autre. Mais c’est la réponse de la chrétienté d’Occident, qui n’est pas celle de la Grèce ancienne.

      • 28 Novembre 2016 à 11h10

        durru dit

        Ce que je mets en avant surtout c’est le questionnement lui-même. Et la “tolérance” est en rapport avec cet esprit d’ouverture, dans le sens que j’ai présenté. Je trouve que mon propos a été largement détourné. Le fil conducteur est par rapport à ce concept, pour lequel on peut constater, sans trop d’effort, une présence continue dans la culture occidentale. Serait-il, ce concept, inconnu au bataillon dans la Grèce antique, pour affirmer de manière aussi péremptoire que c’est le christianisme qui en est à l’origine, et pas la Grèce ancienne?
        Les fascismes sont un retour à la “tradition”, sans pour autant limiter cette tradition à l’antique (je dirais même que, à part une part du fascisme italien, il n’y a strictement aucun rapport avec l’antique dans les autres fascismes). Accuser une Grèce antique d’être à l’origine des fascismes modernes me semble tout à fait déplacé. Ou alors seulement dans le sens où tous les courants politiques ont la source dans les fondations mises en place à cette époque-là.
        Le problème n’est pas de “se laisser conter” (ou pas), mais de ne pas renverser les valeurs. Et la valeur première que l’antiquité grecque nous a légué n’est certainement pas le fascisme.

        • 28 Novembre 2016 à 13h01

          Pierre Jolibert dit

          J’ai bien dit que l’accusation n’était pas non plus mon fait. Et en effet tous les courants politiques essaient de se trouver des origines antiques, le fascisme pas plus que les autres.
          Pour la tolérance et le questionnement, nous ne sommes pas d’accord, j’y reviendrai.

    • 27 Novembre 2016 à 7h21

      QUIDAM II dit

      Athènes, mère de tous les fascismes…
      En ayant condamné Socrate à mort pour introduction de nouvelles divinités dans la cité, pour impiété, et pour corruption de la jeunesse, la sagesse des Athèniens polythéistes n’apparait tolérante ni en matière religieuse, ni en matière de moeurs.
      Platon a formé dans l’abstrait le projet d’une société autoritaire très fortement hiérarchisée, et mettant notamment en oeuvre une politique radicalement eugénique (les instances dirigeantes décidant souverainement de chaque union sexuelle) afin d’empêcher l’union d’un membre de l’élite avec un citoyen ordinaire.
      Aux yeux de Platon et d’Aristote, la femme n’est qu’un mâle déchu : “”des mâle raté, des erreurs de la nature, le résultat de défauts de fabrication” (Pandora, la première des femmes, l’Eve grecque, est responsable de tous les malheurs du monde).
      Ils enseignaient également qu’il existait “des esclaves par nature”… des untermenschen en quelque sorte. 

      • 27 Novembre 2016 à 10h11

        Schlemihl dit

        Quidam

        Une cité grecque , ou italienne , ou n’ importe quel état de ce genre , est un système politique totalitaire , une religion fermée aux étrangers , et les droits de l’ individu ne sont rien devant la Cité . La Cité idéale de Platon est pour nous un état de cauchemar .

        Mais dans l’ antiquité , la réunion de tous les pouvoir ( politique militaire religieux économique législatif exécutif police de la pensée police des moeurs etc ) entre les mains des prêtres magistrats , le totalitarisme , est légitime , il ne repose pas sur la force mais sur le droit . Un européen qui vit sous Staline ou Hitler ne souffre pas de la perte de la liberté ( la plupart des gens s’en foutent ) mais il sent bien qu’il obéit à la force , pas au droit , et que l’ Etat et son chef abusent de leur pouvoir . Un athénien spartiate romain phénicien pensait obéir au droit religieux et faire son devoir .

        Passant va dire à Sparte que nous sommes morts pour obéir à la Loi …. la Loi ( nomos ) ce n’est pas notre droit laïque , c’est exactement la Torah juive  . Ces vieilles sociétés se ressemblaient plus qu’on ne pense .

        L’ Antiquité n’ est pas finie . Ce qui ressemble aujourd’hui à une cité antique , c’ est l’ Islam ou la laïcité n’ existe pas et ou un pouvoir légitime ne peut être que religieux  . Et comme la religion a été conçue dans une société archaïque et qu’elle a cessé d’ évoluer très vite , le monde musulman ne réussit pas à se moderniser et la seule alternative aux pouvoir religieux civil et militaire tout à la fois , c’est la tyrannie .

        Inutile de blâmer ou d’admirer les institutions de Rome Athènes Sparte , inutile de parler de démocratie royauté loi citoyens droits civiques lois …… ces mots peuvent se traduire en hébreu ancien , pas en français . C’est devenu incompréhensible et impensable . Poil au râble  

        • 27 Novembre 2016 à 10h39

          Archebert Plochon dit

          Schlemihl : les religions antiques étaient extrêmement tolérantes, qui voyaient volontiers les autres comme des variantes d’elles-mêmes. Seuls les juifs et les chrétiens plus tard se refaisaient à assimiler leur système à celui des autres. 
          Je ne pense donc pas que l’Islam ait rien à voir avec les religions antiques : songez qu’à Rome on pouvait se moquer publiquement de Jupiter (amphitryon de Plaute) mais pas diffamer un homme vivant. 
          Quand aux mot “loi”, nous le disons “lex” et “nomos” ; la seule chose qui ressemblerait à une torah, c’est le politiquement correct.
          Pas les mêmes domaines d’application. Poil au ?? 

        • 27 Novembre 2016 à 10h56

          Schlemihl dit

          Archebert , à Rome , on pouvait plaisanter sur les Grands olympiens qui étaient pour tout le monde , pas sur les dieux romains , sur Quirinus , sur la divinité des Vestales , sur le dieu de Tusculum qui avait accepté les Romains , sur la déesse Venus ancêtre des Julii ( ce n’ était pas Aphrodite ) , sur les dieux des Claudii Fabii sur les dieux des murailles sur les dieux des chiottes ….. manquer de respect à ces dieux la ça aurait couté cher .

          nomos ou lex , ce n’ est pas correct : ça vient des dieux , et quand le peuple vote , c’est comme un concile . Un citoyen est un prêtre .

          et en Israël ça a été longtemps comme çà , le monothéisme c’est le résultat d’ une longue évolution et le judaïsme ça doit remonter au troisième siècle . La religion du temps de Salomon devait ressembler aux religions des Grecs .

          C’est du passé . 

        • 30 Novembre 2016 à 0h35

          himavat dit

          si c’ est pensable
          mais ça demande du temps et de la patience et de la prudence

          exemple nomos / nomoi est passé du grec ancien au mongol “nomon” au sens de “loi” / “loi religieuse”
          fort les grecs
          et un autre terme, le célèbre “canon” et passé via l’ arabe et le persan dans les langues modernes du Nord de l’ Inde – avec le sens de loi civile / pénale etc …

      • 27 Novembre 2016 à 10h29

        Archebert Plochon dit

        La République est une fiction poétique, Quidam : prendre tout cela pour un programme politique me paraît erroné. De plus, il faut imaginer le dégoût de Platon vis à vis de la démocratie qui avait condamné son maître Socrate. 
        Il est amusant que vous nommiez l’intelligence “fascisme” au passage. Votre intervention prouve en tout cas une chose : il est vain d’éduquer certaines personnes, qui devraient recevoir seulement l’instruction qu’elles peuvent supporter.

        • 27 Novembre 2016 à 11h20

          Schlemihl dit

          PS : application , poil au croupion .

        • 27 Novembre 2016 à 11h21

          QUIDAM II dit

          « il est vain d’éduquer certaines personnes, qui devraient recevoir seulement l’instruction qu’elles peuvent supporter. », dites-vous, de façon un brin méprisante sans rien connaître de mon parcours universitaire.
          Le mépris rend toujours stupide, vous venez d’en apporter un exemple, mais également aveugle : il semble que vous ne vous êtes pas avisé, d’une part que seuls les pays de traditions judéo-chrétiennes sont respectueuses, certes imparfaitement, du droit de la personne ; d’autre part que les dictatures les plus atroces du 20° siècle (et le fanatisme actuel) sont justement des forces dont l’objectif principal a été de détruire ces traditions.
          Vous ne devriez pas insulter votre intelligence en vous en tenant à des images d’Epinal sur la Grèce antique, et en dédaignant la leçon des conflits du siècle dernier.

      • 27 Novembre 2016 à 11h38

        durru dit

        Comparer les régimes politiques d’il y a deux mille ans ou plus avec les nôtres d’aujourd’hui est tout à fait anachronique. Les références à l’époque étaient complètement différentes.
        Par contre, comment ne pas voir que c’est la culture de le Grèce antique qui a fait naître (avec l’apport judéo-chrétien, certes) la civilisation occidentale telle qu’on la connaît aujourd’hui? Le questionnement continu sur le sens et la place de l’humanité, la responsabilité individuelle, le libre arbitre?
        Oui, il avait plein de choses qui allaient de travers. Socrate, justement, parlons-en. Il n’était pas obligé d’accepter la mort, mais il a fait un choix, et ce choix est connu jusqu’à nos jours. Si cela ne vous transmet rien comme idée de civilisation, il n’y a vraiment rien à faire. Mais je ne crois pas que ce soit le cas.
        Le “fascisme”? Ce sont justement les “progressistes” qui se réclament ainsi qui sont les premiers porteurs de l’intolérance et de la destruction des valeurs anciennes. Quelqu’un ouvert sur le monde (dans le sens d’essayer de comprendre le monde, pas dans le sens dévoyé par nos bien-pensants d’accueillir n’importe qui) ne peut pas être fasciste. Et il n’y avait rien de plus ouvert à l’époque qu’Athènes…
        Vous faites la même erreur que ceux qui battent la coulpe de la société occidentale à longueur de journée. Oui, il y a eu des erreurs, oui, il y a eu des abominations. Mais tout ça est largement inférieur à tout ce que cette civilisation a apporté de positif à ses membres, et même au reste du monde.

      • 28 Novembre 2016 à 10h58

        Pierre Jolibert dit

        Quidam,
        il me semble quand même que dans la République de Platon, en tout cas, les femmes qui font partie de la classe des gardiens sont à égalité avec les hommes et éduquées pour partager la fonction. Certes cela fait partie de ces choses qui ont rendu cet auteur insupportable à la plupart des Grecs, et plus facilement assimilable par d’autres systèmes nés par la suite mais qui auraient voulu marquer de la continuité avec ce qui précédait.
        D’autre part il me semble que dans ce projet, toujours, le fameux communisme du sexe et de l’élevage des enfants permet justement de tricher avec les apparences : des enfants de copulations mixtes des classes inférieures peuvent se retrouver dans le frai des gardiens, et, justement, audace qui ne s’est retrouvée explicitée dans aucune autre théorie aristocratique à ma connaissance (même si beaucoup dans la pratique, sans doute), des enfants du dessus sont ravalés au dessous. Je n’ai pas le temps de vérifier.
        D’autre part, la formule d’Aristote (c’est bien celle-là que vous citez ?) parle-t-elle vraiment d’esclaves par nature ? je pensais que c’était l’esclavage qui était naturel, mais sans fixer 2 groupes comme le fait le nazisme auquel vous faites allusion, si ?

    • 26 Novembre 2016 à 22h28

      Aristote dit

      Il ne faut pas confondre les apports de quelques grands penseurs (Platon, Aristote,…) avec la réalité politique de la Grèce. Socrate a été condamné à mort par la démocratie grecque et Platon a écrit son oeuvre contre ce qu’il considérait être la démagogie grecque. Idem avec les quelques grands penseurs musulmans (Averroès) et la réalité politique de l’Espagne musulmane, qui l’a condamné à l’exil !

      Il faut cependant nuancer de façon importante : Platon et Aristote ont été reconnus dans la Grèce antique où ils ont fondé des écoles qui ont duré, Averroès a été sauvé par les scolastiques chrétiens. 

    • 26 Novembre 2016 à 18h06

      Thalcave dit

      Cet éloge des Grecs (anciens) est à prendre au second degré de l’humour belge. Tout d’abord il confond allègrement Athènes et Sparte, une démocratie et une timocratie militaire. Alliés face aux Perses, ils ont fini par s’entretuer dans la guerre du Péloponnèse ce qui a permis au barbare Philippe de Macédoine de s’emparer de la Grèce et de mettre un terme à 170 ans de démocratie athénienne. Et encore, la démocratie d’Athènes n’a vécu que grâce à un impérialisme exercé sur les autres cités grecques, s’appuyant sur sa supériorité maritime militaire et commerciale, et le prolétariat des rameurs, une sorte d’OTAN alimenté par le Trésor de Délos. Profitant d’expéditions de diversion catastrophiques en Sicile, Sparte mit un terme à la domination athénienne en prenant le Pirée avec une petite flotte, ce fut la fin de la démocratie dont les derniers soubresauts s’illustrèrent par le procès de Socrate.
      Platon, Aristote et Polybe, un général rallié aux Romains, ont montré que la démocratie athénienne ne pouvait survivre, à cause de sa maladie congénitale, la démagogie qui la condamnait à la dégénérescence par l’ochlocratie.
      Au siècle des Lumières aucun philosophe ne vantait Athènes et sa démocratie vue comme un repoussoir. Quand on lit nos classiques du 17ème siècle, Corneille, Racine, il n’est jamais question d’Athènes; c’est Rome qui est considérée comme le modèle enviable.La formule bien connue de Churchill, “la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres”, déjà pas glorieuse du tout, s’ajoutait à celle d’Oscar Wilde :”La démocratie, c’est l’oppression du peuple, par le peuple, pour le peuple.” Guère plus encourageante!
      Ce qui a remis la démocratie à l’honneur ce furent les Etats Unis d’Amérique, et leur constitution, savamment et profondément discutée par les pères fondateurs, démocratie édifiée sur la table rase d’un pays sans aristocratie, sans besoins ni charges ni risques militaires et sur un système scrupuleux de check and balances.

      • 26 Novembre 2016 à 18h14

        Thalcave dit

        On va voir bientôt si cette construction résiste à Trump et à la colère populaire dont il est l’expression.
        Si on veut comprendre ce que fut le “miracle grec”, car miracle il y eut, ce n’est pas la prose d’un diplomate qu’il faut lire, même français, cultivant son otium (la France a le second le plus grand réseau diplomatique du monde après les USA), mais les bouquins de Claude Mossé, notre grande historienne qui vient de publier à 92 ans, un remarquable livre “Regards sur la démocratie athénienne” qui reprend la façon évolutive dont a été vue la démocratie athénienne au fil des siècles.

    • 26 Novembre 2016 à 16h58

      Habemousse dit

      « La liberté du citoyen, le savoir désintéressé, la lucidité qui libère des illusions, l’ironie dévastatrice, la divine harmonie : autant de conquêtes grecques. »

       Oui, le temps d’une civilisation, trois petits tours et puis s’en vont.

      Derrière les mots il y a des hommes : combien se sont servis du mot « liberté » pour ce qu’il voulait dire ?

      La plupart l’ont confondu, comme aujourd’hui, avec celui de « pouvoir » afin d’abaisser la liberté d’autrui au profit de la leur. Les idéologies l’ont bien compris, qui se servent des vocables comme machines de guerre.

      Le mot, s’il n’est pas aussi mortel que la flèche ou la balle à bout portant, peut, comme le poison, tuer à petit feu, ce qui arrive à notre civilisation, incapable de le dominer.

      L’exemple des grecs n’aura servi à rien d’autre qu’à nous policer, le temps de nous affaiblir et de disparaître, comme les copains.

      Quant à la « lucidité qui libère des illusions », c’est un chapitre de cette brillante civilisation qui aura échappé à nos penseurs et nos gouvernants, sinon nous n’en serions pas là. 

    • 26 Novembre 2016 à 14h59

      Schlemihl dit

      Il y avait aussi quelques menus défauts . Esclavage , servage , luttes sociales sauvages , guerres d’ extermination , supplices , torture judiciaire , inquisiteurs de la foi , censeurs des moeurs , réclusion de la femme voilée en public ( Béotie ) , totalitarisme , il est vrai légitime , ce qui le rendait supportable …. et ils n’ ont pas connu la démocratie , pas même à Athènes , car la demokratia ce n’ est pas la démocratie , et ils se sont très bien habitués au despotisme , et leur religion n’ était pas folâtre du tout , et leurs moeurs n’ étaient pas libres

      Mais ils ont donné Anaximandre Thucydide Pythagore Aristarque de Samos Archimède Zenon Eratosthène Hippocrate Lucien Phidias et quelques autres

      Faut bien avouer que les Perses Mèdes Samnites Cariens Ciliciens Odryses Carnutes Carthaginois Parisiens Orétans et Lémovices ne nous ont rien laissé de pareils , et les Carpétans non plus . Poil au doigt comme disait Hipparque ( l’ astronome pas le Pisistratide ) .

      • 28 Novembre 2016 à 11h00

        Pierre Jolibert dit

        Je ne suis pas d’accord avec les formules finales, mais je n’ai pas le temps pour l’instant.