Elles sont toutes belles, belles, belles
…comme un automne à Wall Street
Publié le 28 octobre 2011 à 14:30 dans ÉconomieMonde
Mots-clés : Indignées, New York, Steven Greenstreet, Wall Street
Wall Street étant au capitalisme mondialisé ce que le Kremlin était au bloc de l’Est, mais avec des dirigeants moins clairement identifiables, il était normal que ce Mur-là, symbole d’un autre système à vocation universelle en crise grave, qui se déclare également lui-même sans réplique et semble manifestement irréformable (on attend le Gorbatchev des marchés pour le prouver) connaisse à son tour quelques vicissitudes. Il est en effet devenu la cible privilégiée d’une génération que rien ni personne ne forcera à se résigner à la perspective de vivre moins bien que les précédentes, même les graphiques et les courbes de « ceux qui savent » mais qui manifestement n’ont pas compris que vingt ans n’est pas le plus bel âge de la vie dans les années 10 et que si on refusait de tomber amoureux d’un taux de croissance hier, ce n’est pas pour voir aujourd’hui dans la réduction des déficits une perspective historique exaltante.
Depuis plusieurs mois, donc, des jeunes gens venus de tout le pays campent sur les lieux où se décide le sort du monde. Une simple rue, en fait, où se concentrent banques et salles de marchés, avec dans le rôle du nouveau Veau d’Or, la statue d’un taureau aux testicules polis par les caresses des traders superstitieux. Ces jeunes gens ont déjà vu 700 d’entre eux arrêtés par les forces de l’ordre parce qu’ils bloquaient les ponts de Brooklyn. Néanmoins, leur colère reste bon enfant et non dénuée d’humour comme le montrent ces pancartes où l’on peut lire : « Obama n’est pas un socialiste noir anti guerre qui donne une aide médicale gratuite à tous, vous devez confondre avec Jésus ».
Ils insistent sur leur indépendance idéologique vis-à-vis du puissant syndicat AFL-CIO et ne veulent pas des subsides du milliardaire Georges Soros, Saint-Paul de l’altermondialisme qui, comme quelques autres, a découvert son chemin de Damas dans cette révolte mondiale, après une longue carrière de spéculateur. De même, le réseau activiste MoveOn.org, riche de ses cinq millions de militants, annonce qu’il soutient ce mouvement tout en regrettant de ne pas être appelé plus explicitement à la rescousse. Ce serait presque dangereux, une telle naïveté, si elle n’inspirait pas aussi une forme d’enthousiasme comme toute entreprise humaine refusant les fausses fatalités.
Sous nos latitudes, quand les média daignent en parler, c’est-à-dire pas souvent, on les présente comme des « indignés » américains, c’est-à-dire une variante d’Outre-Atlantique des mouvements sporadiques mais durables des Grecs, des Espagnols, des Italiens, des Portugais, des Islandais et même des Israéliens. C’est une façon bien commode de réduire la spécificité d’un mouvement en lui appliquant une grille de lecture « hesselienne » dont on ne niera pas les bonnes intentions (celles qui pavent l’enfer) mais dont on pourra douter de la pertinence politique.
En fait, ce mouvement de Wall Street s’apparente plutôt à un Tea Party de gauche, c’est-à-dire à un sursaut de masse où l’orgueil blessé se mêle à l’angoisse devant l’avenir. Mais ce sursaut vient de l’autre versant de l’histoire américaine, un versant souvent occulté, et il semble plutôt l’héritier des parti populistes étasuniens, ceux dont Howard Zinn a retracé l’histoire dans Une histoire populaire des Etats-Unis. Entre la fin de la guerre de Sécession et le début de la Première Guerre mondiale, des gens qui n’étaient pas communistes mais se réclamaient d’une liberté vraie face au darwinisme social qui constituait l’idéologie officielle des Wasp, se sont dressés contre le « Big Business » et ces « Barons Voleurs » (Morgan, Carnegie et consorts) s’enrichissant sans frein, usant à l’occasion de la violence et de l’intimidation, contrôlant de manière monopolistique les secteurs vitaux de l’économie et vivant des noces incestueuses avec ces autres capitalistes qui avaient tout compris de la concurrence libre et non faussée, et qu’on appelle encore aujourd’hui la mafia.
Pourtant, un vrai péril menace ce mouvement. Ce n’est ni la répression policière (en tout cas pas pour l’instant) ni la récupération politique, ni l’épuisement. Non, c’est l’esprit de sérieux. En l’occurrence celui de quelques néo-féministes qui ne supportent pas que la révolution soit un dîner de gala où les jolies filles sont à l’honneur.
Le cinéaste Steven Greenstreet en a fait l’amère expérience. Il s’est en effet avisé que décidément, comme le disait un slogan de 68 que l’on trouverait sans doute insupportablement machiste aujourd’hui, les jeunes femmes rouges étaient toujours plus belles. Et il a mis en ligne sur son site le petit film que voilà :
Hot Chicks of Occupy Wall Street from Steven Greenstreet on Vimeo.
L’alliance entre la douceur corrégienne, la sensualité rebelle et le charme fou de ces jeunes femmes, pour n’importe qui d’un peu sensé ou simplement pour un lecteur des surréalistes qui sait la force subversive du féminin en liberté, n’a absolument rien de phallocrate et est finalement le meilleur hommage qui soit à l’élégance morale du mouvement puisque le Beau, comme on le sait depuis Platon, renvoie toujours, d’une manière ou d’une autre, au Bien. Le problème est que Steven Greenstreet doit faire face à des sommations incessantes qui exigent le retrait de ce film jugé indigne et réducteur. On va même jusqu’à lui demander des excuses pour toutes les femmes offensées par ces images !
Pourtant, comment ne pas comprendre que le mouvement d’occupation de Wall Street n’est pas réduit, mutilé par ces images, mais au contraire profondément incarné, grâce une certaine beauté vivante, par ces jeunes femmes qui demeurent, quoiqu’en disent nos modernes puritaines, très éloignées des canons esthétiques en vigueur dans les publications de charme pour messieurs libidineux ou les magazines féminins pour décérébrées consuméristes.
Penser que la mise en scène de ces images contribuerait à transformer ces jeunes femmes en objets de concupiscence revient, de fait, à interdire toute représentation un peu sexy de la révolution. C’est bien dommage : si elles veulent vraiment en finir avec le monde ancien, marchand et patriarcal, la moindre des choses serait que ces féministes soi-disant libérées se débarrassent aussi de leur morale de dame chaisière et ne donnent pas l’impression que la société qu’elles souhaitent se résumerait à une caserne où patrouilleraient sans cesse des policières de la braguette.
Car, comme le remarquait un certain Ernesto Guevara dit le Che, qui s’y connaissait aussi en matière de belle gueule : « La beauté n’est pas fâchée avec la révolution »
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L'auteur
Jérôme Leroy est écrivain et journaliste. Dernière parution, Le Bloc (Gallimard)
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Sophie dit
Moi, il me fait rire, Bibi. Il a un talent remarquable pour dire “merde” dans un sourire.
nadia comaneci dit
J’aimerais bien rire. Encore faut-il que je comprenne. Le jargon pseudo-scientifique et la boursouflure du style me l’interdisent hélas trop souvent.
Bibi dit
La grande scientifique reconnue mondialement Elena Ceausescu se plaignait souvent du même trouble.
Les bornées et néanmoins ambitieuses ont la comprenette difficile.
nadia comaneci dit
Faites simple Bibi, faites simple. Ce qui se pense clairement s’énonce toujours clairement.
C’est un principe qu’on apprend… à Sciences-po (deux euros dans le juke box de Livia !).
Sinon, vous pouvez écrire sans éructer ?
gné… idiote du village
gné… bornée
gné… ceausescu
Dieu que vous êtes prévisible !
Bibi dit
Comment, pas de doctorat – même Honoris Causa – pour madame simplette?
On comprend mieux le vocabulaire réduit.
Pas de cours de raisonnement à Sciences-po, et pour cause. Ce sont des facultés auxquelles on a – ou pas – accès par ailleurs.
Peut-être Dieu peut aider, si l’on prie sincèrement.
livia dit
PS.
C’était vous celle du village Olympique ?
ben je n’avais pas compris, Bibi est si subbstil parfois que son humour me dépasse.
nadia comaneci dit
Je dirais plus abscons que subtil, mais c’est une question d’interprétation. Neuf fois sur dix je ne comprends pas sa prose, même en la retournant dans tous les sens. Alors son humour. Encore que “soleil des Carpates”, c’est assez drôle.
livia dit
Bon,
Chère Nadia ,
J’ai dis ce que je pensais du blog d’Eden.
Je suis arrivée après la bataille (sur Causeur) après vos règlement de compte .
Du moment qu’elle ne s’en prend pas à moi, c’est le principal, pour le reste je l’ai exprimé ci-dessous.
Quel rapport avec Bibi ?
Que voulez vous dire ? que les affinités entres les uns et les autres n’entrent dans aucunes cases ni grilles de lecture de vous connues apparemment.
Ceci vous trouble ma chère ?
Les affinités entre les uns et les autres sont mystérieuses aussi et ne sont jamais au programme d’enseignement de SPo. C”est ainsi .
nadia comaneci dit
“Du moment qu’elle ne s’en prend pas à moi, c’est le principal”
Et c’est tout à votre honneur chère Livia ! C’est une règle de vie des plus sages qui devrait vous valoir une longévité certaine.
Tiens, après mon métier sur un autre fil, Sciences po ! Voilà, vous avez casé vos deux marottes récurrentes à mon endroit ;)) Jusqu’à la prochaîne. Décidément, ça vous travaille.
Je n’ai pas à avoir d’affinité avec tel ou tel. Je demande simplement le respect de ma vie privée et une certaine correction. Eviter les injures gratuites et débiles, genre “idiote du village” ou autres. Ce n’est pas insurmontable il me semble.
Saul dit
“On court à la catastrophe.”
de suite les grands mots….
:-D
nadia comaneci dit
C’est l’effondrement ici bas ;)) Les mines graves et tout.
isa dit
Je ne trouve pas que Bibi écrive des horreurs, je le trouve parfaitement poli.
Comme vous n’avez pas démenti quand je vous ai dit qu’il y avait peut-être conflit d’intérêt à prendre systématiquement la défense de son mec, j’ai cru que c’était vrai.
Veuillez m’excuser de m’être trompée…Et de pousser un soupir de soulagement pour vous.
nadia comaneci dit
On ne doit pas donner le même sens au mot poli. Bibi dépasse très souvent les bornes. Je ne crois pas qu’idiote du village fasse partie du vocabulaire qu’on emploie habituellement entre gens de bonne compagnie. Et ce n’est qu’un exemple parmi de nombreux autres. C’est lassant.
Je n’ai ni à confirmer ni à infirmer quoique ce soit. Ce n’est pas exactement l’endroit. Et j’accepte très volontiers vos excuses.
livia dit
Un peu HS
J’ai fini par allez voir le blog “maudit :
-Eden semble règler ses comptes suite à son éviction de C avec plein de gens, elle crache , se venge et dit bcp de gros mots.;-)
Je peux dire que vue de l’extérieur , elle ne me semble pas plus cinglée malgré ses outrances verbales (?) on dit comme ça? que des Causeurs, qui s’expriment de façon SI civile et qui.. que.. bref.
nadia comaneci dit
L’inspiration d’Eden semble un peu tarie… Vous ne voulez pas en prendre la suite avec Bibi chère Livia ? A vous deux vous pourriez agréablement renouveler le genre. Il suffit de laisser parler son côté “je suis partout”, le reste suit tout seul.
isa dit
Vous êtes aussi mauvaise que votre mec, Nadia.
Enfin, ça doit être l’heure aussi…
nadia comaneci dit
Quel mec isa ? Vous aussi vous êtes prête pour Eden la suite ? Il vous arrive de lire les horreurs gratuites que bibi laisse ici (idiote du village, j’en passe et des meilleures). Un peu de décence plize.
l’oiseau bleu dit
J’espère qu’il n’est pas trop tard
http://www.wnd.com/index.php?fa=PAGE.view&pageId=362969
Bibi dit
http://www.nytimes.com/2011/10/30/fashion/guy-fawkes-mask-is-big-on-wall-street-and-halloween.html
Bibi dit
Au fait, un rapport de Washington D.C. raconte encore une autre “narrative” sur des occupants.
Bizarre que là bas aussi, Israël est encore discuté.
http://www.haaretz.com/blogs/focus-u-s-a/americans-occupy-for-change-1.389681
Bibi dit
Rotil,
En ce moment, ma seule source d’inquiétude est le Soleil des Carpates qui, à défaut d’être en mesure de polémiquer sur un thème, se lance dans des attaques ad pseudominem, en conformité avec la voix de son Maître.
Qu’est-ce qu’un Grad ou une bombinette à tête bactériologique par rapport à Sa Grace explosant de rage incontrôlée, répandant des gazouillis stupéfiants?
borgoloff dit
Déçu de chez déçu…
C’est vrai qu’elle m’a quelque fois fait rire, mais là…
C’est sûr, ça ressemble à du dépit amoureux.
nadia comaneci dit
Il y a de ça Borgoloff. A un point dont vous n’avez pas idée…
C’est triste.
isa dit
Je ne sais pas si Bibi et vous parlez de la même personne.
Saul dit
Isa, me suis posé la question aussi….(si vous parlez bien pour “l’idiote du village”)
borgoloff dit
Je serai donc le dernier qui ira voir le bloc d’Eden ?
Sais pas comment faire.
Tout de même, ses outrances m’ont parfois bien fait rire.
Mangouste1 dit
Voici le lien : fauteur.fr.over-blog.com
Bonne chance : ça dépote!
Mangouste1 dit
En effet, au temps pour moi. Mais la taulière en prend pour son grade quand même, vous avouerez.
Sophie dit
Pas Causeur, Mangouste, quelques Causeurs.
nadia comaneci dit
Tu as mal lu… C’est tout Causeur qui est visé, sa taulière, ses contributeurs et ses commentateurs. On finirait presque par croire que tu cherches non pas à excuser, mais à minimiser autant que faire se peut. Bizarre.
Mangouste1 dit
Incroyable! Je ne sais pas ce que Causeur lui a fait, mais ça doit être grave.
nadia comaneci dit
Causeur l’a virée quand elle a dépassé sur ce site la ligne jaune à ne pas franchir, celle qu’un Alain Jugnon par exemple, quoiqu’on pense de lui, n’a jamais franchie, celle de la vie privée et des déballages orduriers. Rien d’autre.
Maltraitée Eden ?? Tu fais du troisième degré Sophie ? Certes vous aviez en commun une certaine idée du “monde musulman” et ses saillies te faisaient sans doute beaucoup rire puisque tu as demandé avec d’autres qu’elle soit autorisée à revenir… jusqu’à ce que vous en fassiez les frais, mais cette furie n’avait rien à faire sur Causeur.
Mangouste1 dit
Merci pour l’info.
Bibi dit
Voilà ce qui arrive quand on laisse l’idiote du village (olympique, pour garder certaines apparences) croire qu’elle fait la Loi.
nadia comaneci dit
Bibi, vous êtes ridicule. La loi ? quelle loi ? Décidément, Eden et vous c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Aussi siphonnés. Si vous différez par la forme, le fond est exactement le même.
RotilBis dit
Fais gaffe, Bibi, elle va t’envoyer à l’hôpital psychiatrique, bientôt !
isa dit
Vous en êyes encore là, Nadia?
il me semble qu’il y a vraiment plus intéressant à traiter, il y a des fils sur l’attentat à CH, le référendum grec, etc….
Je sais ce n’est pas Lee Roy qui a écrit, mais cela a quelque intérêt quand même.
nadia comaneci dit
Hélas Isa, je n’ai pas le temps ! Merci du conseil, mais je choisis encore où je vais. Et le referendum grec, justement je bosse dessus en ce moment. Je ne crois pas que les coms de Causeur m’apprendraient ce que je sais déjà. On court à la catastrophe.
nadia comaneci dit
Quant à l’attentat chez CH, je vous laisse le soin d’en dire tout le mal que j’en pense. Voilà. ça ira pour ce soir ?
Sophie dit
Je l’ai dit dès sa création, ce blog est bas et vulgaire, même si Eden a été maltraitée, ça ne justifie pas un truc pareil.
Par contre, Skarda m’apprend qu’on y trouve maintenant un article sur la BD.
Je m’en vais voir ça!
Mangouste1 dit
Heueueu… Je viens d’aller faire un tour sur le site d’Eden – comme tout le monde aujourd’hui. Serait pas un peu scatomane, cette salope?
C’est pas “J’essuie partout”, Saul, c’est “Je chie partout”, si je puis oser cette incartade au bon goût qui d’habitude inspire ma prose.
eclair dit
@isa
Moi j’y suis pas allé cela ne m’interesse pas.
Et en plus là où j’étais dans un endroit en sous sol toute la journée.
Encore une géneralisation qui fait chou blanc isa.
isa dit
Pour tout dire, éclair, et pardonnez-moi d’avance, je n’avais pas pensé à vous.
Je sais que vous êtes bien au-dessus des effluves d’égoûts.
skardanelli dit
Flash underground
livia dit
@ Guenièvre vers 16 h
MDR la prose d’AJ.
J’avais oublié comme il était fin
Sur le moment cela m’a heurtée aussi, mais après coup : mdr.
Bibi dit
@Isa,
Je n’y suis pas allé.
J’étais occupé. :-/
isa dit
Bibi, vous ne ratez rien.
Bibi dit
Si j’ai bien compris, le langage employé était celui qui correspond à la hauteur morale et éthique des personnages concernés.
C’est drôle les attaches qui lient des pseudos à des égos. C’est probablement l’un des facteurs qui font qu’en s’adressant à un pseudo, l’égo de l’adressé prend l’adresse comme un défi tout perso.
Dans ma madrassa, j’enseigne la distinction entre savoir-faire et savoir-être. ;-)
livia dit
PS Nadia
Certaines expos sur la morphologie , à Paris avant ma naissance,ça c’est ce que j’appelle du racisme et du vrai.