Qui a eu cette idée folle d’assassiner l’école? | Causeur

Qui a eu cette idée folle d’assassiner l’école?

Une journaliste de L’Obs dénonce les origines du désastre scolaire

Auteur

Régis Soubrouillard
est journaliste.

Publié le 20 octobre 2016 / Société

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ecole pedagos carole barjon

Sipa. Numéro de reportage : 00775506_000003.

C’est l’histoire d’une croisade. Une croisade menée par des idéologues contre l’idée que la mission de l’école serait d’abord d’instruire,  d’apprendre à lire, écrire et penser. Affligée par les méthodes de lecture infligées à ses propres enfants, Carole Barjon, journaliste politique à L’Obs, a cherché à connaître les responsables de ce désastre scolaire. Une enquête sur « les assassins de l’école » et un pamphlet sans concession contre les « pédagogistes ». L’attaque est d’autant plus inattendue qu’elle vient du camp progressiste : les journalistes sont aussi des parents d’élèves, pour lesquels la confrontation avec la réalité dépasse parfois l’idéologie.

Les pédagos ont fait main basse sur le ministère

En se concentrant sur les errements de l’enseignement du français et de la lecture, Carole Barjon remonte le fil des fossoyeurs de l’Education nationale qui sévissent au sein du ministère. L’histoire de la « guerre des méthodes » (syllabique ou globale) est connue, mais à travers le portrait des différents acteurs, le livre décrit de façon précise comment le courant pédagogiste a mis la main sur la rue de Grenelle et s’est peu à peu imposé comme l’inspirateur de toutes les réformes.

A partir des années 70, sous l’influence de Pierre Bourdieu, l’école connaît une véritable révolution culturelle. Le but de l’éducation sera désormais de résoudre les problèmes de société par les moyens pédagogiques. Dans son livre « Les héritiers », sorti en 1964, le sociologue s’est, en effet, évertué à montrer que l’école n’était qu’une machine à produire des inégalités scolaires et par là à reproduire les inégalités sociales. Un renversement des conceptions classiques de l’école qui rencontrera un très grand succès dans les milieux universitaires et déterminera tous les débats à venir sur les finalités de l’éducation.

Parmi les cibles de Carole Barjon, beaucoup reconnaissent l’influence de la pensée Bourdieu. Christian Forestier, surnommé « l’insubmersible » en est un exemple. Ce militant de gauche, véritable mandarin de l’éducation a survécu à toutes les alternances pendant 20 ans. Son obsession, mettre à bas l’école du mérite pour construire une école de l’égalité et de l’ascension sociale. Roland Goigoux est un autre obsédé de la « compensation sociale », grand défenseur de la méthode globale. L’école a aussi ses idéologues, le sociologue François Dubet « vrai penseur organique du Ministère » selon Marcel Gauchet.  Philippe Meirieu, un gourou du pédagogisme, incontournable rue de Grenelle dans les 1990-2000. Aujourd’hui, Michel Lussault, président du conseil des programmes, ou Florence Robine, le « cerveau de Najat » en sont les funestes continuateurs et les véritables « patrons » du ministère.

L’Inspection générale, un Etat dans l’école

Beaucoup sont passés par l’Inspection générale, un « Etat dans l’école », qui fonctionne en véritable autonomie. Tous les anciens ministres interrogés avoueront leur incapacité à contourner, réformer ou supprimer les inspecteurs généraux. On regrettera d’ailleurs que l’enquête épargne, en partie, Najat Vallaud-Belkacem, toute aussi progressiste par principe, réformiste par intérêt, et complaisante par lâcheté à l’égard des hauts fonctionnaires qui verrouillent son ministère, que l’ont été ses prédécesseurs. En prime, l’actuelle locataire de la rue de grenelle s’est donnée pour mission première de « faire reculer les déterminismes sociaux dans l’école ». Autant dire que le saccage continue. La lecture et l’écriture peuvent encore attendre…

Seul Lionel Jospin aura eu les pleins pouvoirs sur l’éducation nationale  à la fin des années 80. Pour le pire : c’est Jospin qui ouvrira la porte du ministère aux sociologues et aux pédagogistes. La plupart des destructeurs de l’école ont, en effet, été nommés par Jospin et son directeur de cabinet d’alors : Claude Allègre. C’est Jospin, sous l’influence de Philippe Meirieu qui a mis « l’élève au centre du système éducatif »., inventé les IUFM, entériné le « constructivisme » pédagogique qui veut que « l’élève doit construire son propre savoir ».

Malheureusement, l’auteur n’a pu rencontrer l’ancien premier ministre, confortablement planqué au conseil constitutionnel. La plupart des autres tenants de ces réformes ont accepté de répondre à ses questions. Certains amorcent presque un mea culpa. Meirieu « plaide coupable pour le français » et regrette d’avoir été « trop idéologue ». François Dubet confie être « assez pessimiste », admettant que la reproduction des inégalités sociales par l’école « reste une énigme ». Roland Goigoux admet qu’il faut enterrer la querelle des méthodes de lecture en regrettant les « générations sacrifiées ». Merci pour elles !

Moins de cours de Français qu’en 1960

Mais le mal est fait et sans doute durable : « les ministres passent, les pédagos restent » écrit Carole Barjon. Un enfant scolarisé aujourd’hui bénéficie de 630 heures de français de moins qu’un écolier né dans les années 60. Soit l’équivalent d’une année et demi de scolarité en moins ! Si les élèves des classes supérieures trouvent toujours des moyens de compenser les failles du système, ceux des classes défavorisées sont les premières victimes de ces évolutions. Un constat déjà fait par Anne Claudine Oller et Sandrine Garcia, largement citées par Carole Barjon. Dans Réapprendre à lire, paru en 2015, ces deux sociologues « bourdieusiennes » montraient la nocivité des méthodes progressistes qui mettaient en échec les élèves les plus défavorisés.

Un sentiment d’échec du système éducatif qui explique le succès du livre de Céline Alvarez « les lois naturelles de l’enfant», simple réécriture de la pédagogie Montessori dont la réussite est en, fait largement liée à la motivation des acteurs (parents, professeurs, enfants).

Face à cette école en panne de transmission, dépourvue de projet collectif, s’impose ainsi une vision privée de l’éducation au service d’un individu autonome où chacun « bricole » ses propres méthodes pour compenser les failles du système. La consécration d’un principe absolu d’inégalités au cœur de cette école qui se voulait celle de l’égalité, bien loin des vœux pieux des thuriféraires de la « compensation sociale ».

Mais qui sont les assassins de l’école ?, Carole Barjon- Editions Robert Laffont, 2016.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 23 Octobre 2016 à 11h44

      Pierre Jolibert dit

      Livio del Quenale et scarlet en ont parlé plus haut ; expz avait un grand-père malouin qui se faisait punir quand il parlait du pas-français à l’école.
      Alors reparlons-en.
      Irénée Carré est à la fois l’un des pères du certificat d’études et d’une synthèse des méthodes pour la lecture et l’écriture au primaire. Originaire des Ardennes et ayant préalablement surtout enseigné en Touraine (au lycée, voir sa fiche wiki), il a donc surtout connu des terrains alphabétisés depuis longtemps, c’est-à-dire par l’Eglise, rompue depuis longtemps à l’alphabétisation en français.
      Mais il s’est intéressé, une fois la République définitivement installée, aux régions plus périphériques, pour lesquelles il a conçu une méthode d’immersion dans la langue nationale, dont les présupposés sont assez curieux. Autant sa méthode d’initiation à la lecture pour toutes les classes est irréprochable, syllabique et comme il faut, autant ses préconisations en cas de milieu local non francophone résonnent bizarrement. C’est à tel point que sa “méthode directe” a fini par la suite par s’appeler “méthode active”, mais heureusement jamais globale.
      L’obsession de Carré est de faire comme si on était la mère. Il faut que l’enfant breton/basque/flamand se retrouve, même en décalé, immergé dans un fluide maternel langagier en français (des “causeries”) imitant celui qu’il a dû connaître tout petit dans sa langue locale. Et les causeries doivent d’abord avoir pour sujet le quotidien immédiat de l’enfant. Les écoles étaient censées constituer des “musées scolaires”, faits des objets les plus banals étiquetés en français ou de leurs réductions en maquette, exécutées en travail manuel, ou de poupées et de leurs costumes (locaux). L’association objet-nom, geste-verbe, dans la pratique quotidienne, avait pour but d’expulser les mots bretons/basques/flamands de l’espace de la classe.
      C’est cette proscription qui est à l’origine indirecte, semble-t-il, du système de punition que tout le monde a vu partout…/…

      • 23 Octobre 2016 à 11h57

        Pierre Jolibert dit

        et dont tant de monde prend plaisir à rappeler qu’il a en été dressé.
        Mais Carré lui-même désavouait le “signal” ou “symbole”, qui lui paraissait d’un autre âge, c’est-à-dire évidemment d’un âge archaïque, obscurantiste, c’est-à-dire clérical. Car ses prescriptions sont avant dirigées vers les campagnes de l’Ouest et du Sud-ouest les plus engoncées dans leur pratique religieuse et dans lesquelles l’enfant arrive à l’école avec un lexique “qui ne s’élève certainement pas au-delà de 500 mots”, se rapportant à la famille, au métier, aux outils, au paysage, au temps, avec des “termes religieux et métaphysiques” (bouts de phrases tirés de L’Ecole républicaine et les petites patries, de Jean-François Chanet). En revanche il laisse le Midi rouge occitan tranquille.
        Bon. En tout cas dans le coin où j’ai été amené à étudier l’application des ces idées, même les sources autorisées laissent deviner que les maîtres et maîtresses, une fois l’inspecteur passé et qu’elles et ils lui avaient dit : mais bien sûr M. l’inspecteur, nous ferons tout ce que vous voudrez M. l’inspecteur ; les maîtres et maîtresses, donc, en général issus du cru, reprenaient leur routine, c’est-à-dire utilisaient les mots patois pour introduire leurs équivalents français.
        Comment nos anciens ont-ils alphabétisé la France ? à l’ancienne !

    • 23 Octobre 2016 à 11h16

      SOUCHAL dit

      On se moque des médecins de Molière qui se rendent bien compte que la saignée sème le deuil dans les familles, mais qui préfèrent ne rien changer à leurs pratiques médicales plutôt que de remettre en question la sacro-sainte doxa médicale héritée de l’antiquité, mais qui sait qu’on lit aujourd’hui sur la toile des blogs délirants de partisans de la méthode globale (ou semi-globale) d’apprentissage de la lecture, soutenant, ne riez pas, qu’”il est rigoureusement impossible d’apprendre à lire par les pseudo-méthodes syllabiques” – les gens de ma génération ont tous appris à lire ainsi – alors même que les neurosciences ont démontré que les méthodes globales sollicitent des zones antagonistes du cerveau de l’enfant, et que de nombreux parents (j’en suis), qui ne sont pas neurologues, mais sont doués de bon sens (ce mot est désormais devenu un gros mot), ont constaté l’absurdité de ces méthodes et ont dû réapprendre à lire à leurs enfants. Comme dit Finkielkraut, il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…

      • 24 Octobre 2016 à 17h20

        therese dit

        J’ai cherché une méthode d’apprentissage de la lecture pour les étrangers. Pour eux, il y a besoin d’aller vite, d’être efficace. Et donc la plupart méthodes qu’on peut trouver en librairie pour eux sont des méthodes SYLLABIQUES.

    • 22 Octobre 2016 à 15h11

      therese dit

      (suite:)
      “on prend les mêmes et on recommence”: est-ce acceptable? La journaliste que vous citez n’a pas dû manquer, en son temps, de critiquer les opposants à la réforme des rythmes scolaires, des collèges et j’en passe (elle est au nouvel obs). Si ce n’est elle, ses confrères n’ont pas manqué de le faire. La démarche est significative. Tous ces journalistes ont vertement critiqué tous ceux qui s’inquiétaient des conséquences de ces réformes. Et elle monte au créneau quand ses enfants sont concernés. Qu’à cela ne tienne, elle fait en plus du fric avec. D’une pierre deux coups.
      Quand les profs disaient la même chose, ils étaient sanctionnés, placardisés. Mais elle, qui n’est pas professionnelle du domaine, a une parole légitime (et accessoirement, lucrative).
      Du fait de la virulence des attaques contre ceux qui défendaient la qualité de l’école, il n’est pas sûr qu’on puisse retrouver suffisamment de bonnes volontés et d’énergies pour remonter la pente.
      - Je suis également pessimiste du fait du comportement des parents. Ceux qui se rendent compte de ce qui se passe n’ont plus confiance du tout dans l’école, et quand ils ne vont pas dans le privé, ils “font leur marché”, ils apportent à leurs enfants ce qui leur manque, les moyens ne manquent pas même sans débourser grand-chose (pourquoi croyez-vos que le Lagarde et Michard, les Bled et autres Boscher se vendent comme des petits pains?). Il y a eu des parents totalement conscients de méfaits de la réforme des collèges qui se sont complètement désintéressés des débats du fait de ces ressources alternatives qu’ils mobilisent pour combler la différence pour leurs enfants. Et la confiance des parents sera longue à restaurer.

      • 22 Octobre 2016 à 15h40

        C. Canse dit

        Thérèse

        Personne  ne peut remplacer les milliers d’heures d’enseignement perdues.

        C’est surtout dans les disciplines scientifiques que se pose le problème car quand refaire les cours de maths ? Pendant les vacances ? 

        Pour les lettres, histoire et langues, l’enfant dispose de toute la vie s’il est conseillé et intéressé ; le drame risque de venir de la baisse de niveau dans l’enseignement des sciences dures sauf si dans le supérieur, les profs peuvent rattraper toutes les heures perdues.

        • 22 Octobre 2016 à 16h14

          therese dit

          C’est catastrophique pour les lettres comme pour les sciences dures.
          - La baisse du niveau en lettres engendre des difficultés à s’exprimer, une réticence vis à vis de l’écrit (mode d’emploi, notice d’un médicament…). Et donc poussera les jeunes vers des boulots moins qualifiés. Et engendrera de la violence. Quand on ressent un mal-être, une injustice et qu’on ne peut pas verbaliser, on est tenté par la violence, c’est connu.
          - La baisse du niveau en histoire est politique. Pour qu’on oublie nos racines.
          - La baisse du niveau en langues? oui mais pas catastrophique pour les gens que je côtoie (Collèges et lycées moyens. tout le monde est bien conscient de l’importance des langues et de très nombreux parents font quelque chose, il y a beaucoup de moyens accessibles – feuilletons en langue étrangères, CNN, BBC RTVE et autres).
          - sciences dures. La baisse du niveau est très claire en maths (je ne parle pas de la physique et des SVT car un peu conditionné par les maths). Et affecte ceux qui iront en sciences. Parlez aux profs de terminales S ou de prépas, vous verrez ce qu’ils vous diront. La suppression de la série C (au profit de la S indifférenciée) était une erreur, qui a sans doute été faite par démagogie. Les très bons sont moins bons qu’avant, mais c’était sans doute le but recherché. Cela aura des effets au niveau de la compétition internationale. En interne ça ne se voit pas trop, les universités adaptent leurs programmes. Mais cette baisse affecte aussi qui font de la gestion (BTS, IUT). Incapacité de calculer un pourcentage,ordre de grandeur…

        • 22 Octobre 2016 à 18h22

          C. Canse dit

          Thérèse

          Je n’ai, hélas, que trop conscience de la catastrophe et, encore et toujours, ce sont les enfants des classes populaires qui pâtissent de la destruction de l’école.

           

      • 22 Octobre 2016 à 17h31

        Hannibal-lecteur dit

        Thérèse votre pessimisme restera de rigueur tant que, par dessus tout ce que vous dites, là doxa primordiale de l’égalité n’aura pas changé. 
        Bourdieu le benêt ayant remarqué que l’école faisait des bourgeois avec les fils de bourgeois a voulu corriger cette injustice insupportable en faisant la guerre aux élites.
        C’était l’erreur : au contraire, pour atteindre son objectif, la seule façon était ( et reste ) de trouver des élites concurrentes, donc de favoriser l’élitisme. Il est vrai qu’alors les bourgeois vont en profiter aussi …peut-être. Mais c’est la seule façon de leur en ôter le monopole …pour celui qui a tient cet apostolat pour essentiel, ce qui est une autre bêtise.
        Alors pessimiste? Oui! 

        • 22 Octobre 2016 à 18h14

          Guenièvre dit

          @ Hannibal-lecteur,

          Bourdieu n’a rien ” voulu corriger” il a fait une analyse que l’on partage ou que l’on ne partage pas, c’est tout. L’initiateur de la méthode globale en France est Jean Foucambert, chercheur à l’INRP (Institut national de la recherche pédagogique) et animateur de l’AFL (Association française pour la lecture). Ensuite, d’autres se sont engouffrés dans la brèche. Hannibal, sur la question,il faut lire l’excellent ouvrage de Liliane Lurçat – qui sait de quoi elle parle, elle était elle-même chercheuse – “La destruction de l’école élémentaire et ses penseurs ” qui date déjà de 1998 !

        • 22 Octobre 2016 à 18h19

          Guenièvre dit

          La thèse de Foucambert c’est qu’avec la méthode syllabique on faisait de “l’alphabétisation” (et l’alphabétisation n’était rien d’autre que la méthode du colonisateur ! ) et pas un apprentissage de la lecture !

        • 22 Octobre 2016 à 20h47

          therese dit

          Effectivement, c’est le nœud du problème: leur égalitarisme forcené…

        • 23 Octobre 2016 à 17h34

          Hannibal-lecteur dit

          Ah, Dame Guenièvre, Foucambert ou Dugenou, il s’agit toujours d’un noble concept dans une vaste intelligence …et qui échoue dans la réalité. Alphabétisation, colonisation, pitié! Savaient-elles lire oui ou non?… les victimes?
          Et sans la mécanique première b a   ba, pas de construction possible de mots  donc pas de construction possible du concept qui succède au mot : là il s’agissait de faire précèder  le concept au mot, la mécanique inversée. Ça peut marcher… mais faut pas être idiot !… 3 enfants à l’École Decroly avec des maîtres extraordinaires vous font savoir comment marche la méthode globale. Pour le moins gâté en jugeote, heureusement qu’on a viré la consigne…
          Guenièvre, parole, en un week-end pas plus le rattrapage à été fait, donc les préliminaires n’étaient pas tout mauvais, mais sans un minimum de mécanique c’était la panne, expérience vécue. Le héros de l’aventure est devenu fana de lecture, si, si, …et même avec excès.
          Maintenant, Bourdieu le benêt l’avez-vous jamais vu se révolter contre l’enfant d’acteur, acteur à son tour? Non? Alors pourquoi le bourgeois? Et surtout pourquoi l’anti-élitisme, la catastrophe parfaite?

        • 23 Octobre 2016 à 17h46

          C. Canse dit

          Hannibal-lecteur

          Sauf que Decroly inventa cette méthode pour aider des enfants sourds à apprendre à lire.

          Avoir l’idée débile et criminelle d’appliquer à des enfants “normaux” des techniques prévues pour des enfants handicapés au nom d’une idéologie est la preuve de l’intelligence de ces gens. 

        • 23 Octobre 2016 à 17h48

          C. Canse dit

          Hannibal-lecteur

          Tant qu’on y est, donnons de l’insuline à tous. On admirera le résultat. 

        • 23 Octobre 2016 à 18h20

          Pierre Jolibert dit

          Et avant Decroly, il y a les précurseurs !
          http://www.lecture.org/revues_livres/actes_lectures/AL/AL95/page91.PDF
          Radonvilliers et N. Adam sont des précepteurs dans des familles de l’élite.
          C’est une idée très mauvaise que d’avoir cherché à systématiser pour l’enseignement de masse des méthodes éprouvées pour l’élite. On est presque heureux pour la gauche qu’elle finisse par s’en apercevoir.

    • 22 Octobre 2016 à 14h48

      Pol&Mic dit

      à ce stade!…… ça relève de la Psychiâtrie!!!!!!

    • 22 Octobre 2016 à 14h46

      therese dit

      Allons-nous nous féliciter de l’arrivée dans “notre camp”, ceux qui luttent contre la destruction de l’école, de cette nouvelle alliée,Gaucho qui plus est! Les choses bougent, c’est positif. Voyez par exemple l’émission Répliques sur “la crise de l’école” https://www.franceculture.fr/emissions/repliques/la-crise-de-lecole : Le débat opposait un Robert Redecker qui dressait un constat sans concession ni agressivité sur cette crise à un Philippe Meirieu qui approuvait courtoisement ce que disait R Redecker (par exemple, sur le rôle de l’école concernant la transmission des savoirs). Bref, Meirieu n’avait même pas le courage d’assumer devant le public càd nous le monstre qu’il a engendré, et les pratiques réelles du ministère.
      Bref, ces évolutions sont intéressantes mais pas forcément suffisantes.
      Pourra-t-on, une fois que tout le monde, y compris à gauche et au ministère, sera convaincu de la nocivité des pratiques actuelles, remonter la pente, reconstruire l’école?
      Je suis personnellement assez pessimiste
      - d’abord parce que la baisse de niveau est telle, et depuis si longtemps maintenant, qu’elle affecte aussi les jeunes profs. On voit des enseignants en stage, non titularisés plusieurs fois qui finissent par l’être “à l’ancienneté”, peut-être les inspecteurs ont-ils des consignes de mansuétude, comme au bac, et ce malgré leurs lacunes. On voit par exemple des professeurs des écoles qui corrigent des dictées en mettant des fautes là où l’enfant n’en avait pas mis. Il ne faudra pas compter sur eux pour redresser l’école.
      - ensuite parce que beaucoup de gens ont été blessés, dans leur carrière, dans leur conception de la transmission des savoirs, des enfants ont été victimes (qu’ils n’aient rien appris, ou qu’ils aient été victimes de l’égalitarisme ambiant, qui consiste à mettre des bâtons dans les roues à ceux qui sont un peu meilleurs, ou tout simplement normaux). Je ne sais pas si, une fois le constat fait, “on prend les mêmes et on recommence”?

    • 22 Octobre 2016 à 14h43

      Tonio dit

      “..but de l’éducation sera désormais de résoudre les problèmes de société par les moyens pédagogiques..”
      1) ce n’est pas à l’âge scolaire qu’on peut s’attaquer aux “problèmes de société”, sauf sous l’inspiration de gentils mentors idéologiquement bien orientés;
      2) jamais dans l’Histoire, aucune société n’a pu se réformer “par les moyens pédagogiques”, sauf sous l’inspiration de gentils mentors idéologiquement bien orientés.

      Ceci expliquant cela: mais qui donc a bien pu laisser le loup entrer dans la bergerie ?
      Et n’est-ce pas merveilleux d’être grassement payé par l’EN pour faire la révolution, enfin !.. par des moyens qui n’ont encore jamais abouti à rien, nulle part?

      Détruire de l’intérieur, sous couvert de pédagogie, une société pour laquelle on n’a que haine, quelle jouissance; c’est encore plus délectable que de se trouver comme poisson dans l’eau, façon Mao-Tsé-Tung.

    • 22 Octobre 2016 à 14h29

      Pol&Mic dit

      !!!!! “la méthode Bosher”……. (mais c’est “archi-dépassé!!!) dixit un bénévole-enseignant…….
      CQFD……
      (on se demande comment ont fait nos prédécesseurs……, (à croire qu’ils étaient tous débiles) ????????

    • 22 Octobre 2016 à 13h51

      Chriff dit

      Vous écrivez : “On regrettera d’ailleurs que l’enquête épargne, en partie, Najat Vallaud-Belkacem…”.
      Pourquoi “regretter” ?
      On continue chez Causeurs à traiter fort injustement notre jeune, belle, maghrebine et première femme ministre ministre de l’Education Nationale de toute l’histoire de France. Elle personnifie le souhait qu’exprime les français d’une bonne intégration. On pourrait même dire que c’est une des rares personnes, peut être la seule, issues de la diversité qui a réussi son passage dans un ministère.
      Surtout au sein d’un gouvernement plusieurs fois remanié et qui a à sa tête le pire président de la Vème République!

      • 22 Octobre 2016 à 15h26

        C. Canse dit

        N’est reproché à ce ministre, rien d’autre, que le fait qu’elle accélère  un système scolaire qui accroît les inégalités sociales.

        Pour le reste, épousez-la, Chriff.  

        • 22 Octobre 2016 à 17h44

          Hannibal-lecteur dit

          Innamorato morto, c’est Chriff aux pieds de son idole, NVB, impossible d’y trouver le moindre défaut. 
          Pour l’épouser selon votre conseil, il suffit de lui transmettre tous ses posts dans Causeur à sa gloire , ça devrait être suffisant. 
          Pourtant NVB, on ne peut pas dire qu’elle ait fait grand’chose à part sourire et se coucher devant le premier islamiste venu…

        • 22 Octobre 2016 à 23h30

          Pierre Jolibert dit

          Accélérer ? mais comment ? rolgrenier disait dans la page précédente de commentaires que les réformes ne sont pas appliquées (et s’en félicitait), ce qu’écrit aussi quelqu’un dans un livre tout récent, mais je ne sais plus qui, je me mélange mes fiches :
          La vérité que notre ministre n’a pas encore eu le temps d’apprendre est que les enseignants n’ont cure de ses plans de réforme. Depuis belle lurette, ils n’en font qu’à leur tête. Ils sont devenus des sortes d’auto-entrepreneurs, avec la sécurité de l’emploi et les vacances scolaires en plus. Pour le meilleur et pour le pire.” (en tout cas, c’est pages 341-342)
          Et ça rejoint un peu la citation que je faisais en dessous, bien plus vieille, sur le “laisser-faire” pédagogique.

    • 22 Octobre 2016 à 0h42

      maxou dit

      J’ajoute : je suis la dernière d’une famille d’immigrés, et la seule naît en France. Pour un enfant vivre dans un milieu où se pratique 2 langues vivantes et même trois (si on considère le dialecte local) et une force.

    • 22 Octobre 2016 à 0h34

      maxou dit

      Pour ma part, j’ai utilisé la méthode Bocher pour apprendre à lire à mes enfants : ils savaient lire avant le CP. Et par la suite durant les vacances scolaires j’ai utilisé la même méthode pour mon petit fils qui a très vite compris l’alliance des lettres de l’alphabet : à l’heure actuelle il a un an d’avance, a passé son bac mention très bien, et entame un cursus universitaire en médecine. Je me souviens très bien avoir appris à lire avec cette méthode en maternelle, je savais lire en rentrant au CP, et j’ai toujours aimé lire, pourtant papa était ouvrier agricole : je crois surtout que les politiques font des ânes car ils imaginent qu’ils sont plus faciles à manipuler, ce qui est vrai, mais ce ne sera pas forcément eux, les manipulateurs.

      • 22 Octobre 2016 à 14h35

        Pol&Mic dit

        ces ‘immigrés” (es)-là : on les aime !…..( heureusement qu’on les “a”!)

    • 21 Octobre 2016 à 18h32

      Pol&Mic dit

      c’est pas moi c’est l’autre! (dit – elle)

      • 21 Octobre 2016 à 19h38

        Pierre Jolibert dit

        Jeu-concours Causeur du mois : qui a écrit : “Fort de la certitude de sa supériorité morale, le néobourgeois peut profiter de ses privilèges à l’abri de frontières culturelles invisibles mais bien gardées” ?

        • 22 Octobre 2016 à 0h25

          GigiLamourauzoo dit

          Pierre Jolibert?

        • 22 Octobre 2016 à 23h22

          Pierre Jolibert dit

          Oh non, c’est Elisabeth Lévy, enfin censée résumer Christophe Guilluy. Ce sont les frontières culturelles bien gardées qui m’ont plu.
          Alors que “(…) rien ne sert mieux l’intérêt pédagogique des classes dominantes que le “laisser-faire” pédagogique qui est caractéristique de l’enseignement [mot effacé], puisque cette action par défaut, immédiatement efficace et, par définition, insaisissable, semble prédestinée à servir la fonction de légitimation de l’ordre social” ; ça, c’est encore de quelqu’un d’autre.

    • 21 Octobre 2016 à 17h40

      Hannibal-lecteur dit

      Bourdieu tire de ses propres prémisses des conclusions qui n’en sont pas la conséquence, des conclusions qui ne sont que l’énoncé de son idéologie : quand il dit –  démontre –  que l’école est une machine à produire des inégalités il ajoute qu’elles reproduisent les inégalités sociales, qui est une stupidité immense, puisque au contraire la diminution de ces inégalités sociales ne pouvait avoir pour cause que ces mêmes inégalités scolaires, permettant aux moins nantis de biens de se montrer mieux nantis de jugeote, corrigeant ainsi l’inégalité de départ.
      Donc le postulat de départ de Bourdieu est stupide. La récente histoire de l’école en est une illustration parfaite. 

      • 21 Octobre 2016 à 19h38

        Pierre Jolibert dit

        Ah bon.
        Mais Sandrine Garcia et Anne-Claudine Ollier (confirmé par Laurent Joffrin, vu le lien avec Libé derrière), qui ont écrit contre l’ignoble méthode globale, se réclament de lui.
        C’est vraiment marrant le cas Bourdieu. Soit il est immensément stupide, soit quand on veut bien admettre qu’il y a du vrai en lui, ce vrai est immédiatement qualifié d’eau tiède (ou chaude) tellement c’était évident et qu’il n’y avait vraiment pas de quoi écrire à mémé.

        • 21 Octobre 2016 à 22h50

          Hannibal-lecteur dit

          Ouaip, ils se réclament…qu’est-ce que ça change à l’idéologie stupide de l’inégalitaire scolaire reproduisant l’inégalitaire social, quand il est aussi capable de lutter contre, et, mieux, que c’est le seul moyen de lutter contre. 
          Donc le concept de départ de Bourdieu est erronné, même si le pape s’en réclame. Et si vous vous fiez à ceux qui s’en réclament au lieu de vous fier à votre propre jugement, libre à vous.

        • 22 Octobre 2016 à 23h35

          Pierre Jolibert dit

          Ecoutez je l’ai trop peu pratiqué pour pouvoir faire mieux que de juger par moi-même (au lieu de juger d’après la totalité des textes) mais enfin il me semble que le lien entre les deux inégalités n’y est pas présenté comme une parfaite reproduction de type photocopie.