Du pain, des jeux… et pas de blé !
Publié le 05 août 2010 à 6:00 dans Brèves
Mots-clés : Jeux Olympiques, Londres, Sebastian Coe
Décidément, les Britanniques n’ont pas de chance avec leurs Jeux Olympiques, il flotte toujours sur leur organisation une étrange odeur de poisse. Déjà en 1908, Londres n’avait été désignée qu’en catastrophe, après qu’une éruption épouvantable a dévasté Naples où devait se tenir une partie des compétitions. L’édition de 1944 fut annulée pour cause de guerre mondiale et de V2 en goguette. On se souvient qu’elle se déroula finalement quatre ans après, dans une ville exsangue et encore dévastée par le Blitz, où les athlètes logés dans des baraques militaires avaient dû amener leur manger pour ne pas mourir de faim. On peut raisonnablement penser qu’ils seront nourris en 2012, mais c’est la crise économique qui donne des sueurs froides au comité et à son chef, lord Sebastian Coe. Le fourbe qui après un lobbying féroce auprès des membres du Commonwealth nous avait arraché de quatre votes sur 104 une organisation qui nous revenait de droit. Forcément, notre projet était bien meilleur, même le CIO l’avait dit. Mais entre le savoir-faire et le faire-savoir, il y a… 340 kilomètres, soit la distance entre Paris et Londres. On dit que Bertrand Delanoë, qui se voyait déjà au moins premier secrétaire, ne s’en est jamais remis.
Il y a une justice. Le cadeau était sacrément empoisonné. Que ferions-nous d’un tel bébé à l’heure des restrictions budgétaires draconiennes ? Il reste exactement deux ans aux Anglais, pas un jour de plus, pour faire pousser les Pounds aux branches de Hyde Park. Comme on pouvait s’y attendre, les coûts des chantiers manifestement sous-évalués ont explosé dès le premier coup de truelle. De deux milliards, le budget est passé à dix. Où trouver les fonds manquants ? Cameron fait le mort, la City regarde ailleurs, les sponsors ont le blues… A moins d’un miracle, la magnificence chinoise restera sans égale. Mais ils vous disent avec une moue charmante que telle n’a jamais été leur ambition. Ils comptent sur le charme de la vieille Angleterre et ses capacités uniques à rebondir et résister pour s’en sortir. Le pire est qu’ils en sont capables. A un petit détail près auquel personne n’avait pensé en choisissant les dates des prochains JO. Ils tombent pile poil en plein ramadan…
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L'auteur
Agnes Wickfield est correspondante permanente à Londres.
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kersablen dit
Demander des sous lorsque sur internet, c’est comme du woertsh c’est légal.
sausage dit
l’Homme a bien de la chance, je l’ai toujours dit
Sophie dit
J’ai surtout des exemples tangibles pour évoquer le « charme » de ma rencontre avec l’Homme dans son altérité!
;-)
sausage dit
“idéologieS”
my mistake
sausage dit
Bien entendu Sophie,
Comme beaucoup de choses, les opposés s’attirent.
La France et l’Angleterre ont malgré leurs nombreuses divergences une histoire commune.
Quand on est prêt à accepter l’Histoire, on est prêt à accepter l’Homme, c’est-à-dire l’autre, et c’est à ce moment là que les altérités deviennent charmantes, et les différences acceptables, vivables.
L’ignorance, tout comme les préjugés et les raccourcis qui en sont ses rejetons, est le ferment de la rancoeur, la cause principale des maux dont est victime notre société, pétrie d’idéologie diverses et donc de préjugés.
Mais j’imagine que vous avez sûrement des exemples plus tangibles pour évoquer le “charme” de vos séjours outre-Manche. On en a tous.
Sophie dit
Un officier britannique, ami des mes grands-parents, disait, parait-il, durant la guerre : “L’ennemi, c’est l’Allemand, bien sûr, mais l’étranger, c’est tout de même le Français!”
Et pourquoi pas? Cette altérité, cette indestructible différence, font le charme de mes séjours outre Manche.
sausage dit
Je revois encore un oncle me dire qu’on empêchera jamais à un Anglais de penser que quand quelque chose va mal pour la France, c’est bien pour l’Angleterre. Et vice versa.
J’en étais déjà convaincu mais la lecture de cet article confirme un peu plus la véracité de ces dires.
Le poids de l’Histoire tout de même…
Impat1 dit
…”une ville exsangue et encore dévastée par le Blitz”…
Même avec amour pour Londres et respect pour les victimes londoniennes, relativisons un peu. Pensons à l’état en 1944 de Caen, Le Havre, St-Nazaire, Dresde…
expat dit
Et Miss Wickfield – que fait Boris ?