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Du mariage gay au cyborg asexué

En légitimant la théorie des genres, la France ouvre une drôle de boite de Pandore

Publié le 08 décembre 2012 à 9:00 dans Société

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judith butler mariage gay

Un certain nombre de thèmes essentiels apparaissent en marge du débat autour du « mariage pour tous ». La question de l’adoption d’enfants par les couples homosexuels oppose ainsi d’un côté l’argument de la filiation biologique à la défense d’une filiation dématérialisée, nouvelle forme d’abstraction rationaliste assumée par les Etats et sécularisé par un acte administratif. En réclamant à toute force que soit reconnue comme un « droit » l’adoption d’un enfant par un couple homosexuel, les lobbies LGBT rouvrent la boîte de Pandore du principe de disponibilité du corps humain : disponibilité de l’enfant soumis aux désirs et aux revendications des individus et disponibilité des corps soumis aux exigences d’un désir (re)fondateur d’identité. En arrière-plan des arguments déployés par les partisans du « mariage pour tous » se profile le serpent de mer des théories du genre qui ré-émerge de façon récurrente à la faveur de tous les débats « sociétaux » , comme la réécriture des manuels de sciences naturelles ou la lutte contre la discrimination sexuelle à la maternelle (le nouveau combat psychédélique de Najat Vallaud-Belkacem).

Une des déclarations fondatrices de la « panzerdialektik » des gender studies a été formulée par Judith Butler qui a déclaré, dans son ouvrage Trouble dans le genre, que l’on était désormais libre de choisir son identité sexuelle comme on sélectionne un vêtement dans sa penderie. Ce type d’assertions, qui forme le soubassement idéologique des théories du genre, à savoir que l’état, que nous croyons naturel, d’homme ou de femme, est une construction sociale, a été reformulé par un certain nombre de penseurs très proches de l’école gender mais qui ont poussé ses conclusions beaucoup plus loin. C’est ainsi le cas de Donna Haraway, biologiste et féministe américaine, qui a employé, dans son essai The Cyborg Manifesto, la métaphore du cyborg pour expliquer que des éléments qui nous semblent avoir une réalité biologique, comme le corps humain, sont seulement construits par nos idées sur eux. La métaphore du cyborg subvertit l’idée de naturalité et l’artificialité car le cyborg est un être hybride qui n’est ni une réplique complètement artificielle d’un original créé ni tout à fait un être humain puisque certains de ses organes ont été remplacés. En un sens, le cyborg constitue, de la même manière que le bateau de Thésée, un casse-tête philosophique. Tout comme le navire des Argonautes dont l’équipage remplace en cours de route tous les éléments à mesure de leur usure, le cyborg a remplacé progressivement tous ses organes par un certain nombre de prothèses identiques et la question se pose finalement de savoir s’il est toujours un être humain sans que l’on puisse vraiment le savoir. Sous la plume d’Haraway, le cyborg devient le modèle métaphorique d’une humanité débarrassée de la question même du genre. Plus d’hommes, plus de femmes, juste des hybrides.

De façon allégorique et ironique, le cyborg d’Haraway représente le modèle social et culturel d’une société atomisée par la multiplication des désirs et des innombrables processus de micro-reconnaissance qu’ils suscitent. Le texte d’Haraway a d’ailleurs servi de modèle à une vaste contre-culture1. Le cyborg symbolise, comme elle l’écrit, « l’apocalypse finale de l’escalade de l’individuation abstraite, le moi par excellence, enfin dégagé de toute dépendance, un homme dans l’espace. »2“>là.] Cette évolution mène, pour Haraway, a une véritable mutation anthropologique. « C’est la fin de l’homme, au sens “ occidental ” du terme, écrit-elle, qui est en jeu. Nous sommes en train de vivre le passage d’une société industrielle et organique à un système d’information polymorphe – du tout travail au tout loisir, un jeu mortel. »

Ce postulat repose sur la foi scientiste dans la capacité des machines à conférer à l’être humain de nouvelles fonctions qui doivent remplacer celles qui étaient auparavant dictées par un rapport à la nature et à l’autre désormais totalement obsolète. Dans le même temps, la distinction homme-machine, induite par la robotisation des tâches et la rationalisation extrême des rapports sociaux nous rapproche de la machine alors même que la complexification des processus et techniques mécaniques ou génétiques efface peu à peu la distinction entre nature et artificiel. « Nos machines sont étrangement vivantes, et nous, nous sommes épouvantablement inertes », conclut Donna Haraway. De fait l’avenir que dessine le Manifeste Cyborg dans ce monde transformé par la technologie est glaçant. La conception même de la valeur et de l’identité humaine est soumise à réévaluation. « N’importe quel objet, n’importe quelle personne peut être raisonnablement pensé en termes de démantèlement et de ré-assemblage. » C’est l’apogée effroyable de la théorie de la déconstruction que nous dépeint le féminisme gender et high tech de Donna Haraway, qui trouve notamment son aboutissement au sein du courant transhumaniste américain3, s’inspirant largement de ses thèses.

Pour Donna Haraway, la mutation technologique et anthropologique qui s’annonce fournit l’occasion « de replacer le féminisme socialiste au centre d’une véritable politique progressiste » en libérant la femme de l’esclavage imposée par la société patriarcale traditionnelle. Elle permettra peut-être aussi de transformer complètement l’humanité en un modèle achevé de division des tâches et en une simple subdivision de segments de production et de consommation. Que cette atomisation et cette déréalisation servent les objectifs d’un certain nombre d’acteurs économiques pour lesquels le maintien d’une partie des cadres traditionnels représente un obstacle à la création de nouveaux marchés est peut-être un problème qui dépasse de loin la simple question du mariage homosexuel.

Mais il faut rappeler à l’instar de Pierre Gripari, défunt auteur des Contes de la rue Broca, lui-même homosexuel, la réalité suivante : “La culture gay est une fiction qu’ont utilisée certains homos pour se faire reconnaître une place dans l’organisation socio-économique actuelle, qui tend à sectoriser les besoins de consommation pour optimiser les bénéfices qu’on peut tirer de chaque catégorie de population.”4 L’homosexualité, telle que la défendent et la mettent en scène les lobbies LGBT, n’est pas une identité, mais un segment de marché. Quant aux théories du genre, il faut avoir conscience que « l’utopie cyborg » de Donna Haraway, jusqu’aux délires transhumanistes, constituent leur soubassement idéologique déconstructeur au même titre que Simone de Beauvoir ou Jacques Derrida. Le débat autour du mariage gay devrait servir à rappeler quelles sont les armes des courants de pensée qui font, sous couvert de défense des droits de l’individu, la promotion d’une idéologie dont les aboutissements sont beaucoup moins rassurants que ce que les manuels de SVT, qui la relaient désormais, ou le discours intellectuel et médiatique souvent complaisants, laissent entendre.

*Photo : fengschwing.

  1. Le manga Ghost in the shell : Innocence met d’ailleurs superbement en scène les visions futuristes et inquiétantes d’Haraway.
  2. On trouvera sur internet de larges extraits voir des versions complètes du Manifeste Cyborg qui a été amplement relayé et commenté ici et Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !
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  • 13 Décembre 2012 à 1h30

    MONCHERETBEAUPAYS dit

    Cet article est l’occasion de signaler la parution d’un livre terrifiant:

    “L’ultime transgression: refaçonner l’homme”

    (Ouvrage du DocteurJean-Pierre Dickès)

  • 11 Décembre 2012 à 13h13

    nicolai vavilov dit

    l’adoption par des couples homoparentaux est réclamée au nom de l’égalité républicaine…L’argument est recevable.
    L’ égalité de tous les enfants ouvre à un droit d’être immergé dans un milieu ou les deux sexes sont présents, nécessaires aux processus d’identification, “d’attachement”
    Les autres combinatoires seront une privation.
    Il existe bien entendu des situations de fait liées aux aléas de la vie et à des projets concoctés entre adultes…
    Il faut alors, bien entendu donner des droit égaux à tous les enfants issus de tous les modèles. Pour les droits d’héritage …on doit pouvoir trouver une solution juridique.

  • 10 Décembre 2012 à 10h29

    Fiorino dit

    @ Hatho
    Le problème de cette discussion c’est qu’on oublie completement le côté pragmatique. Si on considère que les enfants sont en danger dans un couple homo ou dans un couple hétéro qui a eu recours à la pma ou à la gpa, il faut enlever l’autorité parentale à ces personnes, puis prendre des mesures de retorsions contre tout pays qui autoriserait des français à avoir recours à ces pratiques à l’étranger (et ça va coûter cher tout cela), supprimer l’adoption pour les celibataires aussi. Sans cela aller manifester avec le slogan un père + une mère = famille ne sert pas à grande chose, c’est une posture hypocrite qui n’arrêtera pas le développement des ces genres de pratiques et au contraire mettre encore plus en situation de fragilité les enfants issus de ces familles. C’est ça la grande hypocrisie de l’opposition au mariage pour tous. Voyez même sur le point (signalé par causeur) il y avait un article sur un couple homo qui vit en France et qui a adopté en Angleterre (un des hommes et britannique). Si c’est enfant deviendra selon les opposants forcement désequlibré pourquoi ne vont – il jusqu’à demander qu’il soit confié à la Ddass? Tout simplement parce que ce personne qui manifestent ont besoin uniquement que l’Etat disent a eux et à eux selus qu’ils sont des bon parents et ça passe par la stigmatisation des autres parents rien de plus.

    • 10 Décembre 2012 à 10h58

      Marie dit

      Cher Fiorino, pensez que les gens qui manifestent veulent être reconnus comme de bons parents , quel argument de poids! Vous êtes bien en phase avec ceux qui n’ayant pas de solutions faciles autorisent ce qui est interdit… voir la légalisation du cannabis, un exemple parmi tant d’autres. Ces gens qui sont allés à l’étranger pour avoir une progéniture sont dans l’illégalité c’est tout! Pour ce qui est du fonctionnement de la Dass , ou de l’ Ase je peux vous dire que rien n’y ait simple et que bien souvent ces services sont plus prompts à enquiquiner une famille lambda que s’atteler aux vrais problèmes. Entendu au sujet d’un enfant maltraité, il est mieux dans son univers familial!
      Maintenant vous pouvez aller manifester pour le mariage pour tous ,c’est votre droit , comme il est du notre de dire Non

  • 9 Décembre 2012 à 23h42

    Léon B. dit

    Brrrr…. une idéologie terrifiante qui se cache derrière la défense des droits individuels ma bonne dame….si….si…. je vous assure, un cyborg, je l’ai croisé ce matin…..Il faut bien se faire peur avec un peu de théorie du complot.

    Plus sérieusement, il n’existe pas de “théorie du genre” en dehors des discours des détracteurs des “études de genre”. Il faut dire que “théorie”, ça claque, ça fait peur. En plus, M. Cantamessi mélange sexe biologique et genre.

    • 10 Décembre 2012 à 10h02

      Gwendan dit

      A partir du moment on cherche à appliquer une notion grammaticale et non scientifique,le “genre” ,aux êtres humains on est bien face à une théorie parmi d’autres.
      Donc la théorie du genre, il n’y a pas de “genre” pour les humains seulement le sexe.
      On est homme où femme (où hermaphrodite) ,il n’y a pas de “genre” là-dedans seulement un fait biologique avéré.
      De même que la notion de “sexe biologique” relève du pléonasme,il n’y a qu’un seul sexe ,masculin où féminin,avec des caractéristiques propres qui en découlent.
      Il n’y a pas de “genre” chez les humains sinon celui voulu par quelques illuminés.

  • 9 Décembre 2012 à 23h20

    Sophie dit

    “petit bout de chair ridicule”??????

    Non, mais!

    • 10 Décembre 2012 à 18h37

      ylx dit

      C’est une litote.
      Que de plaisirs, de passions et de ..bêtises pour “ce petit bout de chair ridicule”

  • 9 Décembre 2012 à 23h04

    ylx dit

    Si j’ai bien compris les tenants du “genre”, l’idée qu’ils défendent est le “sexe anatomique”, petit bout de chair ridicule, et en général caché, et donc insignifiant qu’il soit en creux ou en relief, ne saurait imposer sa loi à notre impérial cerveau humain qui devrait guider nos comportements : “l’Homme doit dominer sa nature” , autant pour moi, je voulais dire “le genre humain doit dominer sa nature”. Philosophiquement c’est séduisant.
    Ce “postulat” suppose que c’est notre cerveau “cortical”, intelligent, rationnel qui doit commander notre sexualité. Or le cerveau cortical n’est lui-même qu’un appendice récent, quelques dizaines de milliers d’années, infiniment plus récent que la sexualité “hétérosexuelle”, commandée depuis la nuit des temps notre cerveau primitif, reptilien puis mammiférien qui reste le maître. Il s’impose toujours, ou presque, au jeune blanc-bec “cortical” qui est bien trop jeune pour lui résister. C’est dans ce cerveau, considéré en général comme inférieur (le cortex est au-dessus) que sont enfouis nos instincts de survie : s’alimenter, échapper aux prédateurs…et se reproduire. C’est dans celui-ci que depuis des centaines de millions d’années se dessine et se décide notre sexualité. Alors avant que tout ça change ??? (cf lien de Marie sur l’enquête norvégienne).

  • 9 Décembre 2012 à 22h01

    hathorique dit

    le mariage à la base de notre société est : 
    “l’institution par laquelle un homme et une femme s’unissent pour vivre en commun et fonder une famille » au moins en l’état actuel du droit  
     Il est intéressant de chercher  les racines de  ce désir d’enfant, qui  autrefois était en concordance avec les  schémas sociaux et culturels d’une époque  pour établir une descendance ou  perpétrer une dynastie familiale plus que par réelle envie d’enfantement.
    Au 17, 18° et même 19° siècles,  dans les milieux favorisés ou aristocratiques mais aussi ouvriers les enfants considérés comme sales  bruyants et encombrants étaient confiés à des nourrices qui souvent les maltraitaient,  la mortalité était très importante, quand ils n’étaient pas abandonnés dans les boites tournantes et recueillis par des institutions religieuses.
    Je vois mal à part la P.M.A comment un couple d’homosexuels mâles ( je ne connais pas le terme exact pour les désigner sans les “stigmatiser”) pourrait enfanter sans l’apport d’une mère porteuse  pour me résumer, cette femme ne serait donc qu’un ventre fécond pour satisfaire le désir d’avenir d’une minorité agissante voulant ériger en règle générale la demande émanant d’une maigre minorité bruyante, pourquoi cet entêtement à vouloir des épousailles, de nos jours il n’y a plus que les prêtres et les homosexuels à vouloir convoler en justes noces .
     Donc pour me rerésumer, en plus du couple en désir d’enfant qui matériellement pourrait ou pas féconder cette mère porteuse il faudrait donc l’intervention d’un quatrième individu pour le cas ou les deux heureux époux auraient des ratés dans la ventilation du sperme, les spermatazoïdes étant par essence capricieux,  extrêmement volatiles et d’une durée de vie très  réduite :-)  
    Ceci me parait vertigineux pour le futur de cet enfant à deux pères ou trois pères et donc quid de la mère.  
    Le P.A.C.S a été fait pour eux, et je ne suis pas sure que ce désir   d’enfants soit la préoccupation majeure d’une grande partie des homosexuels tous genres confondus.
     Opposer la maltraitance réelle d’enfants nés de couples unionistes avec celle de couples homoparentaux est une manoeuvre de diversion .
    Je considère qu’il devrait y avoir un référendum sur ce sujet qui touche aux fondamentaux , ” j’ai évité d’extrême justesse les fondements” de notre société.  
    hors sujet quoique un, lien très intéressant sur l’allaitement mercenaire dans les campagnes française au 18° siècle.  http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/comm_0588-8018_1979_num_31_1_1466

    • 9 Décembre 2012 à 22h08

      Eugène Lampiste dit

      ah oui, le fameux PACS.

      à l’époque, on nous avait déjà prédit qu’il détruirait la société française, et peut-être même la civilisation occidentale. 

    • 10 Décembre 2012 à 7h47

      Fiorino dit

      Bonjour hatho, la GPA (autorisée dans les pays plus innattendus comme la Grèce ou l’Iran) est une demande surtout des hétéros, qui d’ailleurs la pratiquent allegrement à l’étranger. Pas question de la légaliser en France car les femministes (sauf badinter) et la gauche extrême ont chosi la posture anti-marchandage-du-corp-des femmes. La gauche française plus en général est dans un posture très antiprogressiste sur tout ceux qui concerne le progrès scientifique (ogm, gaz de schiste etc).

  • 9 Décembre 2012 à 21h47

    ylx dit

    Merci Marie pour votre lien sur ce reportage édifiant d’un journaliste norvégien, qui a fait sensation en Norvège à propos des “théories” du genre (j’en avais lu un compte-rendu dans la presse …mais américaine).

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=PfsJ5pyScPs

    On aimerait avoir des enquêtes de cette même qualité en France ! Par ailleurs on est surpris d’apprendre comment à la suite de ce reportage les autorités norvégiennes ont décidé immédiatement de couper les crédits aux “fumistes” du “genre”. Tout n’est donc pas “pourri au royaume de Hamlet”.

    • 10 Décembre 2012 à 10h46

      Marie dit

      Les norvégiens sont bien plus pragmatiques que les français!

      • 10 Décembre 2012 à 10h50

        Fiorino dit

        Donc ils enlevent les enfants aux couples homos et aux hétéros qui ont eu recours à la GPA?

  • 9 Décembre 2012 à 19h15

    hathorique dit

     @ Fiorino

    ” ils veulent faire peur aux gens, se faire peur car autrement il serait mis devant leur veritable raison: la haine de l’autre”
      Comme vous y allez la “haine de l’autre” à qui n’est pas d’accord avec le mariage des homosexuels , vous vous croyez en Irak ou en Iran :
     
    Haine de soi, haine de l’autre par Cornelius Castoriadis :
    Il existe deux expressions psychiques de la haine : la haine de l’autre et la haine de soi, celle-ci n’apparaissant pas en général comme telle. Mais il faut comprendre que les deux ont une racine commune, le refus de la monade psychique d’accepter ce qui, pour elle, est, au même titre, étranger: l’individu socialisé dont elle a été forcée de revêtir la forme, les individus sociaux dont elle est obligée d’accepter la coexistence (toujours, profondément, moins réelle que son existence propre pour elle-même -donc aussi, beaucoup plus facilement sacrifiable). Cette structure ontologique de l’être humain impose des contraintes indépassables à toute organisation sociale et à tout projet politique.
    Elle condamne irrévocablement toute idée d’une société”transparente”, tout projet politique qui viserait la réconciliation universelle immédiate en prétendant court-circuiter l’institution.
      L’hétéronomie et la haine de l’autre ont une racine commune : le quasi-”besoin”, la quasi-nécessité de la culture du sens, qui dérivent des tendances intrinsèques à l’institution et de la quête des certitudes ultimes de la part de la psyché singulière qui conduit des identifications extrêmement fortes à des corps de croyances étanches, partagées et soutenues par des collectivités réelles.”

      

    • 9 Décembre 2012 à 19h30

      Eugène Lampiste dit

      hathorique, Il y a tout de même une différence entre être contre le mariage homo et prédire à plus ou moins long terme la “destruction” de la société si ce mariage est autorisé.

      remarquez, pour une fois qu’on nous dit que la société sera détruite par autre chose l’islam, ça nous repose un peu.  

    • 9 Décembre 2012 à 19h34

      Fiorino dit

      @ hatho
      La question ici n’est pas seulement le mariage homosexuel, mais aussi les enfants qui sont elevé dans les couples homosexuels. Or on entend dire depuis que le débat a commencé, qu’ils sont forcement malheureux, destructuré, et quand ils sont majeurs et ils défendent leur parents c’est automatiquement par fidelité mais en realité ils souffrent. D’où le slogan de la manif anti-mariage touche pas à ma mère et mon père, mais c’est les anti-mariage en ce moment qui sont en train de faire un procès aux couples homosexuels qui élévent des enfants. Pour moi c’est de la haine à l’état pur, ne se poser jamais la question de voir effectivement comment tout ces enfants qui vivent dans ces couples vivent ce déférlement des jugements basé sûr des clichés sans aucune preuve scientifique. Combien d’enfants ont été malheureux dans des couples bien hétéros? Personne se pose cette question, on préfère dire que le mauvais parent c’est l’autre.

  • 9 Décembre 2012 à 18h11

    Marie dit

    @Fiorino

    Les psys vont avoir du boulot …les manifestants anti viennent en nombre m^me au galop d’essai…

    • 9 Décembre 2012 à 18h14

      Fiorino dit

      Oui commencez à y envoyer le votre ches les psys. Vous savez peut-être qu’un jour il vont faire la fin de ceux de philippe de villiers en s’accusant de viol. Apparement aller à ces genres de manifs porte la poisse.

    • 9 Décembre 2012 à 18h24

      Fiorino dit

      L’ump a tojours dit que ce n’est pas la rue qui gouverne en plus elle deux papas maintenant…

      • 9 Décembre 2012 à 19h35

        Fiorino dit

        Marie vous m’avez convaincu avec votre militantisme à aller à la première manif pour les droits des homos depuis des lustres. Non pas par ésprit de contradiction mais pour défendre tout ces familles homoparentales qui sont agressé par votre clique.

  • 9 Décembre 2012 à 17h02

    Jacques Labbé-Descochons dit

    Telle que décrite par Laurent Cantamessi, la société qui émerge est celle du Meilleur des Mondes de Huxley, ou peu s’en faut. L’Histoire n’est plus enseignée, la famille, la vie de couple et la maternité sont bannies, les enfants sont conçus artificiellement, la sexualité est un loisir, la contraception une obligation, le Soma en vente sinon libre du moins archi répandue, et le marché est roi dans un Etat mondial dominé par une caste supérieure. Je dois bien avouer que je vois les choses de la même façon, et ça ne me rassure pas.

    • 9 Décembre 2012 à 17h55

      Marie dit

      +10 et vous ne vous faites pas moquer par le lampiste?

      • 9 Décembre 2012 à 18h03

        Fiorino dit

        Apparament il faut vois faire soigner mes grandes, la paranoïa sa soigne chez les psys.

      • 9 Décembre 2012 à 18h06

        Eugène Lampiste dit

        que répondre à ça :

        “la famille, la vie de couple et la maternité sont bannies.”

        si vous croyez que le mariage gay et l’adoption finiront par aboutir à une telle dictature, que voulez vous que je vous dise, marie ?

        vous croyez déjà à la pma qui a permis de concevoir jésus, vous n’êtes pas à une fable près… 

      • 9 Décembre 2012 à 18h25

        Fiorino dit

        Rien lampiste, ils veulent faire peur aux gens, se faire peur car autrement il serait mis devant leur veritable raison: la haine de l’autre.

    • 10 Décembre 2012 à 5h54

      Jacques Labbé-Descochons dit

      Un paranoïaque est quelqu’un qui ne se méfie pas suffisamment.