Droite/Gauche, c’est reparti !
On n’efface pas cinq siècles de confort intellectuel
Publié le 07 janvier 2013 à 14:30 dans Politique
Mots-clés : droite, Jean-Pierre Chevènement, Paris

On n’en finira jamais avec le vieux couple droite/gauche. Longtemps je le crus, ou l’espérai dissous, l’impressionnante similitude des politiques qu’ont menées depuis presque quarante ans les gouvernements dits « de droite » et dits « de gauche », la succession de cohabitations somme toute pacifiques, enfin − bouquet final − l’installation de ce qu’il est convenu d’appeler le « système UMPS » − expression peut-être excessive mais fort pertinente pour pointer la connivence idéologique entre les états-majors des deux partis « de gouvernement » − confirmant, pour moi et quelques autres, l’idée qu’une opposition nouvelle entre mondialistes et antimondialistes se substituait à l’ancienne, bouleversant la vieille structuration de l’échiquier politique. Semblable innovation se révélait de surcroît assez douce à mes oreilles gaullistes (« La France, ce n’est pas la gauche, la France, ce n’est pas la droite… ») caressant la nostalgie d’une grande politique qui réconcilierait les uns et les autres dans une même œuvre française. Hélas, au fil des années, j’ai peu à peu glissé de ce confortable fauteuil pour retrouver, en termes à peine renouvelés, la vieille opposition que j’avais cru dépassée.
Le premier doute naquit lorsque, élu député européen sur la liste dite « Pasqua-Villiers » de 1999, donc réputé « de droite », je n’en décidai pas moins de soutenir la candidature de Jean-Pierre Chevènement lors de l’élection présidentielle de 2002. Le piètre accueil que réserva à mes confrères droitiers la plus grande partie de l’entourage du « Che » en tous ses échelons (il n’est pas jusqu’à Régis Debray qui ne se pinça ostensiblement le nez), et la façon dont tourna la campagne de l’« Homme de la nation » revenu bien vite « à gauche » ( jusqu’à s’y abîmer), me convainquirent que celle-ci n’était pas prête à abandonner ses réflexes.
[...]
*Photo : chevenement.
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Causeur n° 54Décembre 2012

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12skyhigh dit
Un plaisir de vous lire ici M Coûteaux; n’en déplaise à certains je me considère comme “gaulliste” aussi et c’est grâce à vous que j’ai franchi le pas et me suis inscrite au RBM.
Sus à l’UMPS! :)
Angel dit
Bonjour Mr Couteaux et a tous les Causeurs,
je vous felicite pour cet article et je vous apprecie depuis longtemps.
Mais je pense qu’iln’y a plus de gauche ou droite. Il y a les laquais de l’UMPSMODEMEELV s’applatissant devant Bruxelles (OTAN et Commissions), Francfort/Main, Doha et Ryad, Gaza, Washington et parfois devant Strasbourg.
Il y a les extremistes de 2 bors nuls et attardes.
Et il y a les patriotes, laics (athees et croyants tolerants vis a vis d’autrui) TOUS des Republicains. Mais il est vrais que la mediacratie ne leur donnne presque pas la parole.
D’ou un site aussi rafraichissant que Causeur.
eclair dit
droite gauche cela ne veut rien dire.
C’est du simplisme.
C’est comme parler de gaullisme .
Donner les définitions qu’on ces termes.
Vous vous englués dans un préchi précha qui tentent de dire que vous êtes de droite alors que dans le même temps vous dites que le clivage n’est pas droite gauche.
Faudrait savoir.
Droite gauche n’ont aucun sens. la droite et la gauche d’il y a un siècle aurait toutes les deux été classés à droite de l’UMP actuel sur de nombreux points.*Parler des idées mais pas de droite ou de gauche c’est un préchi précha stérile.
painblanc dit
1°J’approuve vos positions sur l’Europe.
2°C’est vrai,je suis de droite et j’habite sur la rive droite,mais si j’en avais les moyens financiers,j’aurais un appartement avec vue sur le jardin du Luxembourg comme le richissime socialiste Badinter.
3°Vous devriez lire “Les schèmes qu’on abat ,à propos du gaullisme ” de Fabrice Bouthillon aux éditions de Fallois.
Bois-Guisbert dit
Dans l’inconscient de nombreuses personnes de gauche, leur mouvance est celle qui oeuvre pour le bonheur de l’humanité – rien que ça ! -, tandis que la droite est la force infâme qui s’oppose à ce combat noble et grandiose.
Olyvier dit
Un salut amical à Paul-Marie Couteaux.
Je viens de la Gauche, et nous sommes nombreux “bleu-marine” qui avons voté et soutenu activement Chevènement en 2002.
L'Ours dit
Il y a bien une droite et une gauche (même si leurs définitions devraient admettre bien moins de frontière étanche), mais ceux qui sont à leur tête n’en représentent absolument pas le fond.
Mais alors me direz-vous, d’où viendrait ce clivage que vous avez remarqué chez ces personnes? Simplement d’une appartenance à une coterie.
Et pour être élus, ils piochent large dans l’air du temps, et dans les idées – fussent-elles les pires – des ailes plus extrêmes qui, pendant la campagne, leur soustraient des voix.
Ni plus, ni moins.
Pourtant, même au pouvoir – et surtout en ce moment – ils semblent dogmatiques. En réalité, ils exploitent l’idée que se font les gens de l’appartenance à un camp pour imaginer des lois. C’est le résultat d’une impéritie à agir efficacement.
Villaterne dit
Ce qu’il y a de certain c’est qu’il faut une opposition, son nom importe peu. Je dirai même qu’il faut “des oppositions” afin d’éviter un bipartisme avec ses fausses querelles, ses adversités de façade, pour mieux nous tondre la laine sur le dos ! Et puis les idées étant multiples, comment imaginer qu’elles puissent se résumer à un ou deux courants?
La pluralité des partis joue comme un contre-poids au pouvoir dans une démocratie. Toute la difficulté est que ce contre-poids ne devienne pas un boulet pour le bien du pays!
Theodora dit
Pourquoi diable ce clivage devrait-il disparaître ? Les notions d egauche et droite ont éviddemment considérablementé évolué depuis 1789, mais il y aura toujours une différence de “mentalité” énorme entre ceux dont la valeur essentielle est la liberté (adossée à l’égalité de droit) et ceux qui prônent l’égalité de fait, obtenue au prix de procédés liberticides. Hier la lutte des classes, aujourd’hui la lutte des sexes et des “genres”, des croyances et cultures et, de façon générale, la tyrannie des minorités succédant à la dictature du prolétariat. Bourdieu aprés Marx. Jean-Pierre Chevènement est “institutionnellement” à gauche mais qui ne voit depuis longtemps qu’il est est “idéologiquement” à droite. Il n’y a pas un seul sujet sur lequel il partage les vues de Hollande, Aubry et Cie. S’il disait en public tout ce qu’il pense en privé, son alliance de pure opportunité avec le PS ne tiendrait pas un seconde.
Marie dit
Bien vu!
panpan2017 dit
MdR en lisant la description de la droite par quelqu’un de droite. “A droite on est les champions de la liberté, a gauche y’a rien que des tyrans bouseux”. Rafraîchissant
Ce genre de débat de surface est futile et inutile. Déjà la définition même du clivage droite/gauche est totalement biaisée (parce que généralement faite par un tenant de l’un ou l’autre camp, qui se croit donc pare de toutes les vertus), et d’autre part parce que l’on mélange la position sur cet axe virtuel et la soi-disant représentativité de cette position par des acteurs politiques. Selon certains il y aurait actuellement un gouvernement de gauche en France, re-MdR.
Si on refaisait un tri objectif, permettant a chacun de se positionner selon ses valeurs, on aurait de belles surprises.
Mais bon on en est loin, commençons donc par éliminer tous ces arrivistes qui encombrent le Palais Bourbon, le Sénat et autres cénacles. Ils ne servent a rien, ne représentent qu’eux mêmes et ont choisi un camp en fonction de l’opportunité du moment, pas de leurs convictions a géométrie variable (en dehors du “je vais m’en foutre plein les poches”. Quand on aura mis au point un système de représentation plus crédible, on pourra commencer a trier.
Eugène Lampiste dit
Tous chez Poutine, ce grand défenseur des libertés !!!
Et profitons en pour aller cracher sur la tombe d’Anna Politkovskaïa…