Drieu, l’homme qui échoua à se faire détester
Nul mieux que lui n’aura incarné le malaise.
Publié le 17 juin 2012 à 16:30 dans Culture
Mots-clés : Drieu La Rochelle, Ernst Jünger

Comment l’évoquer ? Il a tout dit de lui, et tant d’autres ont parlé ! On a démêlé, sans doute, le vrai du faux mais, une fois de plus, son mystère s’est encore épaissi quand il paraissait enfin résolu. Nul mieux que Drieu La Rochelle n’aura incarné le malaise et la faiblesse, nul n’aura mis un tel acharnement à se nuire, à susciter la méfiance, voire la détestation. Et qu’aura-t-il obtenu ? Une affection intacte, une sorte de tendresse jamais démentie, le souvenir d’un être chaleureux et désespéré.
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 47Mai 2012

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L'auteur
Patrick Mandon est éditeur et traducteur.
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5Adrien M dit
Félicitations pour cet article, qui est pour moi le plus valable de la série sur Drieu (j’avoue ma déception à propos des autres) ! Au plaisir de vous lire à nouveau
Patrick Mandon dit
L’échange de lettres entre Drieu et Victoria Ocampo est très révélateur des sentiments que pouvait inspirer l’écrivain à une femme aimante sans être dupe. Victoria a profondément aimé Drieu, d’amour d’abord, puis d’une amitié sans ombre, jusqu’à la fin et après sa mort. Victoria, très belle femme, intelligente, d’une culture raffinée, audacieuse, ardente, était « de gauche », et sincèrement. Mais elle aima ce grand garçon si différent des autres, et qui se voulait à lui même tant de mal. (« Lettres d’un amour défunt» Correspondance 1929-1944, Pierre Drieu la Rochelle-Victoria Ocampo » chez Bartillat éditeur).
Patrick Mandon dit
Pour celles et ceux que Drieu ne laisse pas indifférents, je leur recommande vivement « La panoplie littéraire », de Bernard Frank (mais, il s’agit moins de Drieu que de la littérature en général, et de ses contemporains en particulier). Frank persifle, mais avec une verve éblouissante : c’est d’un exercice d’intelligence littéraire qu’il s’agit ici.
Si vous le trouvez, achetez le cahier de L’Herne consacré à Drieu, sous la direction de Marc Hanrez : L’Herne, c’est toujours impeccable. On se rappellera que cette maison d’édition, longtemps, fut animée par Dominique de Roux, l’un des esprits les plus indépendants du XXe siècle.
isa dit
Le thème est déjà fort ennuyeux, mais l’aricle dépasse tout…En matière d’ennui.
ReCH77 dit
C’est vrai. Pas de quoi en faire un plat de rutabaga.