Trump, une tragédie américaine | Causeur

Trump, une tragédie américaine

Pourquoi il désespère les Républicains

Auteur

Claire Berlinski
est une journaliste américaine basée à Paris.

Publié le 10 octobre 2016 / Monde

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Avant même le résultat de l'élection, Trump a montré sa nocivité en détruisant les valeurs conservatrices. À cause de ses élans xénophobes, protectionnistes, provinciaux et autoritaires, le parti républicain ressemble désormais à la caricature qu'en faisait la gauche.
donald trump parti republicain

Image: Soleil.

Début septembre, on a pu voir dans le Forum du commandant en chef, une émission de la chaîne NBC, un spectacle étrange. Pendant une demi-heure, Donald Trump, l’homme qui pourrait dans quelques mois devenir le chef des armées américaines, a palabré confusément sur la crise irakienne, appelant carrément, comme l’a écrit un journaliste du Daily Beast, « à commettre des crimes de guerre ». « Take the oil in Iraq », a-t-il répété. Et quand on lui a demandé comment il comptait s’y prendre, Trump a répondu qu’il fallait « laisser quelques groupes s’emparer du secteur… vous savez, avant ça s’appelait la paix des vainqueurs. Aujourd’hui, il n’y pas de vainqueur, croyez-moi. Il n’y a pas de vainqueur. Mais j’ai toujours dit : prenez le pétrole et gardez le pétrole, gardez le pétrole, gardez le pétrole ». Tout en fustigeant la politique étrangère d’Obama accusé de montrer une puissance américaine « arrogante, dédaigneuse, moqueuse et coloniale »

D’innombrables articles de presse ont été consacrés à la dilection de Donald Trump pour les insultes, ses absurdes tweets nocturnes, son engouement pour les théories du complot – il n’a reconnu que depuis quelques semaines qu’Obama était né aux États-Unis… –, son narcissisme grandiloquent, sa vanité et son incapacité à distinguer la fiction de la réalité.

Son discours est souvent incohérent et désarticulé, ses fins de phrases n’ayant que peu à voir avec leur début. Trump enchaîne des mots sans liens entre eux, les émaillant de répétitions et de bizarreries langagières.

Il n’y a bien sûr rien d’extraordinaire dans le fait que Donald Trump soit incohérent, grandiloquent et déconnecté de la réalité. Ce qui est stupéfiant et angoissant, c’est qu’un si grand nombre d’Américains acclament ses délires avec enthousiasme.

C’est la démocratie, dira-t-on. Certes. De plus, la Maison-Blanche est extrêmement contrainte par les pouvoirs législatif et judiciaire. On se demande cependant lesquelles de ses innombrables promesses Trump réalisera. Il s’est engagé à commencer à expulser 11 millions d’immigrés en situation irrégulière dans l’heure suivant son intronisation. Il a déclaré vouloir interdire l’entrée aux États-Unis aux musulmans, sans préciser si les citoyens américains seraient concernés ni comment l’État allait reconnaître les musulmans à bannir.

[...]

  • causeur.#39.bd.couv

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    publié dans le Magazine Causeur n° 98 - Octobre 2016

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    • 14 Octobre 2016 à 17h35

      ERVEFEL dit

      Pour faire suite à mon message ci-dessous du 11 octobre  2016 à 14h08, je met ce lien qui n’est que le résumé d’un petit exemple, parmi tant d’autres au cours des 40 dernières années, de la politique étrangère américaine et de ses actions pour assurer “l’ordre mondiale” comme ose encore l’écrire cette “journaliste” Claire Berlinski” : http://lesakerfrancophone.fr/oups-une-guerre-mondiale
      Si elle n’avait, ne serait ce qu’un peu, d’honneur de sa profession, elle répondrait avec des arguments contradictoires.
      Mais ce genre de personne ne fait plus d’information dans sa profession de journaliste et se contente d’oeuvrer pour la manipulation de l’information pour subsides personnelles.
      C’est l’exemple  typique de la presse stipendiée.  

    • 11 Octobre 2016 à 22h21

      Livio del Quenale dit

      Il s’y prend mal, apparemment, et frappe trop fort, pour “démonter” l’establishment.
      Il en arrive à démonter aussi le parti qui l’a porté, ou suivit , va savoir, difficile de le suivre…
      -
       Ou serait-ce du grand art que personne ne saisit pour le moment ?
      Car il est soit, trop bien compris, soit pas du tout, ce qui n’est pas exclus .
      -
       Doit-on le supposer plus machiavel, qu’il ne le montre ?
       car il a de l’estomac le “Queensy” .
      Ce serait alors peine perdue, car il ne sera pas élu … -
      -
       Enfin je suis trop péremptoire, je devrais attendre la coup de sifflet.
      – 

    • 11 Octobre 2016 à 18h54

      beornottobe dit

      au fait !……. qu’en est-il de “ASSENGE” (il doit bien rire !)

    • 11 Octobre 2016 à 15h14

      AMA dit

      Quel est notre intérêt? Trump ou Clinton. Il s’agit de répondre à cette question basique. Quant à nos sensibilités personnelles à l’égard de l’un ou de l’autre, elles n’auront pas un grand poids en novembre. C’est l’Amérique qui va voter.

    • 11 Octobre 2016 à 14h11

      rolberg dit

      Madame Claire, l’évolution ne se fait pas par du surplace. L’étape Trump est sans doute nécessaire pour que l’ensemble des Américains comprennent enfin que d’appuyer les riches en espérant qu’ils soient gentils à leur endroit relève de l’aberration mentale.

    • 11 Octobre 2016 à 14h08

      ERVEFEL dit

      “Au pire, Trump sera élu, et son élection déclenchera immédiatement une vague mondiale d’instabilité, ne serait-ce que parce qu’il a promis de démanteler l’ordre international mis en place par les États-Unis après la guerre et dirigé par eux depuis.”
      “Par conséquent, aucun chef d’État responsable ne peut plus avoir confiance dans la puissance américaine et l’ordre mondial dont elle était jusqu’ici le garant.”
      Comment peux t-on encore oser dire que les US sont porteur d’ordre international!!!
      Et que les chefs d’état responsable lui font encore confiance!!!
      C’est oublié “l’action”des US, pendant des décennies, sur les gouvernements d’Amérique latine, du moyen Orient et de l’Afrique, désordre dont Killary Clinton a pris part avec un bonheur indicible et qui fait que justement, à part les “toutous” de l’UE, plus aucun gouvernement du monde ne fait DÉJA plus confiance aux US.
      Le désordre mondiale, orchestré par les US, existe déjà depuis belle lurette, ne fait que s’aggraver et empirera avec Killary qui risquera fort de nous amener dans un conflit avec la Russie.
      Tout ce désastre passé dont Killary porte une lourde responsabilité est un très mauvais présage de ce qu’elle pourra faire en pire quand elle aura pleinement les manettes pour donner libre cours à sa nuisance. Cette journaliste n’a aucune vision de ce que fut la politique internationale américaine de ces 30 dernières années!  

      • 11 Octobre 2016 à 14h12

        rolberg dit

        On peut sortir une Américaine des États-Unis, mais pas le contraire. 

    • 11 Octobre 2016 à 13h05

      caffer dit

      Analyse précise sur les saillies tous azimuts de Trump, mais qui ne tient pas compte de la détestation de nombreux américains à l’égard d’Hillary Clinton qui concentre en elle tous les défauts et les erreurs de la politique extérieure des USA, dont le résultat est l’enflamment de pays comme l’Afghanistan, l’Iraq, la Syrie et le Yemen, en soutenant la guerre sale de l’Arabie Saoudite.
      Les américains pensent à eux d’abord, à leur portefeuille et aux solutions à apporter à la désindustrialisation du pays par la concurrence sauvage de la Chine .
      Et sur ces points, ils saluent les compétences de Trump, en constatant l’incompétence d’Hillary Clinton, qui ne connait que les administrations de Washington et sa diplomatie en échec total.
      La seule particularité, et probablement la faiblesse majeure de Trump, c’est qu’il est possible qu’il soit incapable de faire la synthèse du débat présidentiel au moment de son accession éventuelle au pouvoir. 
      Et c’est probablement ce qui causera son échec.