En politique, j’ai pris l’habitude de me méfier de ceux qui rassurent l’opinion pour m’intéresser à ceux qui l’inquiètent. Souvent dans l’histoire de France, les visionnaires excentriques ont concentré les méfiances et les moqueries pendant que les gestionnaires à courte vue ramassaient les suffrages. On se souvient qu’en juin 1940, Pétain était plus acclamé que de Gaulle, qu’en 2002, Jacques Chirac mit le pays dans sa poche face à Jean-Marie Le Pen et, comme on n’apprend jamais rien, il se pourrait qu’en 2017, les mêmes trouilles et les mêmes paresses nous condamnent à perdre cinq longues années avec Alain Juppé. La tentation du centre est le recours des Français qui ne comprennent rien et qui ont peur de tout, de ceux qui préfèrent s’endormir avec Alain Duhamel plutôt que réfléchir avec Alain Finkielkraut.

Les Américains, qui ont de l’audace dans les gènes et le goût de l’aventure, placent aujourd’hui Donald Trump en tête dans les sondages pour l’investiture républicaine. Ça fait beaucoup rire au Petit Journal. C’est bon signe mais jusqu’à présent, ça ne suffisait pas à me convaincre que le type était taillé pour le job. Au début de sa campagne, je n’avais pas aimé toutes ses déclarations. Surtout celles qui généralisent. Même si je n’ai aucun mal à croire qu’un peuple venu du Sud sans qu’on l’ait invité soit surreprésenté dans les prisons pour des affaires de drogue, de crimes et de viols, on ne doit pas dire : « Les » Mexicains. Il faut dire : « Des » Mexicains.

*Photo : SIPA. AP21852001_000055

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Cyril Bennasar
est menuisier.
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