Docteur Angela et Mrs Merkel
L’Allemagne : un Janus horribilis ?
Publié le 27 novembre 2011 à 18:00 dans ÉconomieMonde
Mots-clés : Angela Merkel, BCE, Euro, Nicolas Sarkozy

Photo : World Economic Forum.
Il était écrit que la crise de la monnaie unique, pudiquement appelée « crise de la dette » pour ne pas écorner l’intime conviction des eurocroyants, finirait par secouer la robuste Allemagne. Et pour cause : ce grand pays exportateur réalisant une bonne partie de ses ventes au sein de l’Union européenne, dont 40% dans l’eurozone, il était inévitable que les cures d’austérité imposées par le couple Merkozy aux insoumis du Club Med finissent par priver le fameux « made in germany » d’une partie de sa clientèle. Ainsi, alors que les Allemands avaient battu des records de croissance en 2010 – 3,6%, contre une moyenne de 1,7 % dans la zone euro –, la croissance allemande pour 2012 vient d’être revue à la baisse, avec un taux prévisionnel estimé entre 0,7% et 1% selon les instituts.
De surcroît, l’Allemagne et la France étaient les garants en dernier ressort de la survie de l’ensemble et les principaux assureurs du FESF (Fonds européen de stabilité financière). Or, on le sait, la France est sur le point de perdre son cher « triple A ». Son « rating » est mauvais et son « spread » s’envole. Les anglophones et les banquiers comprendront. Traduction pour les non-initiés : on est mal barré.
Au final, l’Allemagne pourrait se retrouver dans le rôle peu enviable d’unique assureur d’une zone économique en pleine Bérézina. De quoi vivement entamer la confiance des marchés, au risque de nuire à son « rating » et de dégrader son « spread », par exemple avec la Grande-Bretagne, ainsi que cela s’est d’ailleurs produit vendredi 25 novembre. Dès lors, une seule conclusion s’impose : « wir gehen in die Mauer ». Les germanophones comprendront. Les banquiers pas forcément. Pour les autres, notez simplement ceci : on est mal barré.
C’est en toute discrétion que notre partenaire allemand vient d’ailleurs de gérer un « ratage complet de son adjudication de Bunds », selon l’expression fleurie choisie par le site de l’Agefi. Pour ceux qui ne parlent ni l’anglais, ni l’allemand, ni le volapük de Goldman Sachs, cela signifie que l’Allemagne a eu du mal à trouver des emprunteurs pour acheter ses obligations. En fin de semaine dernière, elle a en effet proposé pour six milliards d’euros de « Bunds » au taux de 1,8%. Berlin n’a finalement réussi à en vendre que 3,8 milliards, à un taux réévalué à 1,96%. Le solde, quant à lui, a été souscrit par… la Bundesbank1.
L’achat de titres de dettes par une banque centrale… Ne s’agit-il pas là de la fameuse « monétisation » interdites par les traités européens parce qu’inflationniste ? Nous avons dû nous tromper dans l’interprétation de l’article 123 du traité de Lisbonne, qui semble pourtant stipuler : « il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres (…) d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union (…) l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales des instruments de leur dette est également interdite ». Las, ce sabir de juristes ne doit pas être intelligible aux locuteurs du baragouin abscons des banquiers.
Pourtant, l’affaire semblait faire consensus outre-Rhin. Nous en voulons pour preuve l’inflexibilité de la chancelière Merkel lors du sommet tripartite de la semaine dernière, où elle opposa un nein sans concession à ses interlocuteurs Monti et Sarkozy.
Le premier plaidait pour la mise en place d’Eurobonds, solution à caractère fédéral, dont on se félicitera qu’elle ait été écartée. Le second pensait profiter de la dynamique en cours de révision des traités pour faire retoucher les textes relatifs au statut de la Banque centrale européenne. Nicolas Sarkozy souhaite en effet – avec raison – que la BCE soit désormais autorisée à monétiser, exactement comme le font la Réserve fédérale aux Etats-Unis, la banque centrale d’Angleterre au Royaume-Uni, et même- l’air de rien- la Bundesbank en Allemagne !
Ainsi donc, l’Allemagne s’autorise à violer les textes qui proscrivent explicitement la monétisation des dettes publiques. Mais elle se réserve ce droit de manière exclusive. Pas question, en effet, que cette possibilité utilisée par la « Buba », se voie étendue à la Banque centrale européenne, et donc à l’ensemble des vilains laxistes de la zone euro. Pour ces derniers, un seul mot d’ordre : austérité, austérité, austérité.
La plupart d’entre nous ont déjà compris. Les autres, notez simplement ceci : on se paie allègrement notre tête.
- La banque centrale allemande ↩
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L'auteur
Coralie Delaume est blogueuse (L'arène nue)
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kacyj dit
Je vais faire skard
Impat + 100
Florence dit
Georges_Kaplan,…” Nous n’avons pas besoin de grands visionnaires capables de prévoir ce que sera le monde dans 20 ans. Nous avons besoin lorsqu’il le faudra.”…
ça y est, j’ai enfin compris pourquoi ne m’écoute !:-D
Trève de plaisanterie, c’est bien ça le problème , c’est d’avoir une élite qui non seulement a le nez dans le guidon mais qui en est fière et qui ne comprend même pas l’intérêt de réflèchir à long terme.
C’est ainsi que nous irons droit dans le mur.
Impat1 dit
Georges_Kaplan,…” Nous n’avons pas besoin de grands visionnaires capables de prévoir ce que sera le monde dans 20 ans. Nous avons besoin lorsqu’il le faudra.”…
Mon point de vue:
Vous n’avez pas tort, mais votre opposition des deux termes me semble trop catégorique. Le plus important est certainement d’être capable ” d’une organisation suffisamment souple et innovante pour nous adapter”.
Cependant les grands visionnaires (rares) peuvent utilement déblayer l’avenir afin d’orienter les “organisateurs souples et innovants” dans les directions les plus probablement bénéfiques à long terme.
eclair dit
@kaplan
Please, arretez de vous ridiculisez.
La bundesbank comme simple prestataire de service, n’importe quoi. Le trésor allemand est crédité de la valeur de ces obligations. L’argent preté par la bundesbank est donc bien crée par la BCE. Mais cet argent sera détruit quand la bundesbank aura réussit à revendre ces obligations.
Tiens bizarre c’est pas le même mécanisme que fait la BCE avec les obligations grecques peut être sauf que là c’est sur une plus lngue période.
Et le coup des investissements à 10 ans. ou plus.
Dans les industries de pointe les investissements sont fréquement sur une période de 10 ans.
Par exemple la TNT était dans les cartons depuis le milieu des années 90.
Et le minitel cela a été rentable pour l’état et la poste et cela a duré 20 ans pour un truc qui a foiré humm.
Après l’énergie nucléaire c’est combien d’années de recherche?
Le spatial c’est qui?
Combien de technologies civiles sont issues des recherches militaires?
C’est dingue pour quelqu’un qui se dis expert en économie et avoir une vision aussi fantaisiste sur l’économie réelle.
Florence dit
Isa
bien sûr que la monnaie ne fait pas tout.
La monnaie n’est pas la cause de tous les maux, ce n’est pas non plus la solution à tout.
Notre monde est complexe.
Florence dit
Thalcave
je trouve vos arguments tout à fait percutants.
Parfaitement d’accord avec vous sur la nullité d’Aubry, Barroso et Barnier.
Parfaitement d’accord aussi sur la courte de vue des politiques comme des patrons du privé.
skardanelli dit
Vous voyez, on arrive à être d’accord sur quelque chose :)
kacyj dit
Georges,
Votre démonstration ou plutôt votre exemple manque légèrement de rigueur. Vous prenez la relance pour illustrer l’inexistence du multiplicateur en économie fermée. Pas besoin de vous faire un dessein.
Si l’on vraiment en économie fermée, que le multiplicateur joue son rôle, et vous avez raison de le souligner que les entreprises/investisseurs ont confiance, le creusement du déficit sera financé par les rentrées fiscales supplémentaires permises par la croissance additionnelle.
Mais bon, discussion de salon. A part l’Albanie peut-être, et encore cela a-t-il dû changer, l’économie fermée n’existe plus.
Et je partage assez l’idée de Thalcave selon laquelle les dirigeants chinois ont une vision à LT plus perspicace que nos entreprises privées et nos dirigeants démocratiquement élus.
kacyj dit
la relance Obama bien sûr
Georges_Kaplan dit
Loin de moi toute prétention de vouloir faire une démonstration. C’est juste l’idée qui m’intéresse.
Je ne crois pas que les grands chefs chinois soient plus malins que les autres. Personne ne connait le futur – personne. Nous n’avons pas besoin de grands visionnaires capables de prévoir ce que sera le monde dans 20 ans. Nous avons besoin d’une organisation suffisamment souple et innovante pour nous adapter lorsqu’il le faudra.
Georges_Kaplan dit
Thalcave,
Il faut relativiser le mérite du gouvernement chinois. Ils sont partis d’une situation où (i) leur peuple vivait dans une misère effroyable, (ii) il existait en occident des économies infiniment plus riches que la leur et (iii) le monde était globalement libre-échangiste. Dans un contexte comme celui là, créer les conditions d’une croissance spectaculaire du niveau de vie des chinois est on ne peut plus simple : il suffit de ne rien faire (ou presque…).
kacyj dit
Certes vous avez raison sur ce point mais reprenez la prise de contrôle de la production des métaux rares que je citais précédemment. Là, il fallait avoir du nez ou disposer d’une bonne information prospective.
Georges_Kaplan dit
On verra ;)
Thalcave dit
Le gouvernement chinois n’a rien fait?
Il a imposé que les entreprises étrangères venant investir en Chine soient associées à des capitalistes chinois (joint-venture). Une fois que les usines et procédés industriels bien implantés se sont mis à conquérir des marchés extérieures, le gouvernement chinois a élevé le niveau de ses exigences car les investisseurs étrangers commençaient à avoir quelque chose à perdre. La copie des brevets étrangers (cf Danone) fan’était toujours pas soumise à des juridictions internationales mais à de seuls juges chinois violant allègrement les accords de Marrakech (1994), liés aux règles de l’OMC. Lorsque dans un troisème temps, le marché chinois et pas seulement les exportations est devenus un enjeu important
Thalcave dit
Le gouvernement chinois n’a rien fait?
Il a imposé que les entreprises étrangères venant investir en Chine soient associées à des capitalistes chinois (joint-venture). Une fois que les usines et procédés industriels bien implantés se sont mis à conquérir des marchés extérieures, le gouvernement chinois a élevé le niveau de ses exigences car les investisseurs étrangers commençaient à avoir quelque chose à perdre. La copie des brevets étrangers (cf Danone) n’était toujours pas soumise à des juridictions internationales mais à de seuls juges chinois violant allègrement les accords de Marrakech (1994), liés aux règles de l’OMC. Lorsque dans un troisième temps, le développement marché chinois et pas seulement les exportations en a fait un enjeu important important, la présence des opérateurs étrangers a été liée à leur acceptation de transferts de technologie (Cf. Google et Baidu, Airbus, etc..) Aujourd’hui Peugeot transfère en Chine un centre de recherche. Considérez vous la politique du Yuan administré et chevillé au dollar comme une politique de laissez faire laissez passer?
On peut multiplier les exemples d’une stratégie soigneusement définie et mise en œuvre. Comment pouvez vous dire qu’il suffisait que le gouvernement chinois se contente de ne rien faire pour que son développement se fasse tout seul!!
Georges_Kaplan dit
Thalcave et kacyj,
C’est effectivement la première des critiques qui a été adressée à Keynes lorsqu’il préconisait des politiques de relance budgétaire : c’est l’idée du passager clandestin qui profite de la relance de son voisin grâce à ses entreprises exportatrices. Keynes lui-même en convenait volontiers.
Mais je fais partie de ceux qui pensent que ce n’est pas tout.
Le problème du multiplicateur keynésien, c’est qu’il prend les gens (les chefs d’entreprises et les consommateurs) pour des buses. Posez-vous simplement cette question : vous être patron d’une boite de BTP, on est en pleine récession et vous apprenez que le gouvernement va vous commander un pont dans le cadre du plan de relance. Que faites-vous ? Vous embauchez des centaines de salariés en CDI et investissez à tour de bras en partant du principe que le monde est sauvé ou, au contraire, vous embauchez des CDD et réutilisez votre matériel existant (quitte à en louer s’il le faut) de peur de vous retrouver en surcapacité quand le plan prendra fin ? De la même manière, mêmes les américains qui ont trouvé un job grâce à la relance Obama se sont bien gardé d’aller claquer leur salaire : ils ont épargné de peur que la crise ne continue. La seule chose qui soit vraiment certaine lors d’un plan de relance, c’est que vous allez devoir rembourser le plan sous forme de taxes. Rajoutez à ça un environnement réglementaire instable et l’État aura beau dépenser des milliards, la croissance ne reviendra pas pour autant. Bref, même en économie fermée, il y a tout un tas de bonnes raisons qui font que le multiplicateur n’est qu’une vue de l’esprit.
L’économie croît quand les gens ont confiance dans le futur. Les relances budgétaires ne parviennent qu’au résultat inverse.
Enfin, il y a bien cette question centrale de l’allocation des ressources. L’exemple, ce sont les milliards de subventions versées par l’administration Obama aux producteurs d’énergies vertes alors que le secteur en plein boom en ce moment, c’est l’exploitation des gaz de schistes. Vous évoquez cette idée selon laquelle l’État, contrairement à une entreprise privée, a une vision de long terme : c’est vrai et c’est justement un de ces défauts. Faire des plans à 10, 20 ou 30 ans c’est le meilleur moyen d’investir des sommes folles dans des projets qui, dans 10, 20 ou 30 ans, n’auront plus aucun intérêt (le minitel…). L’État a toujours été un très mauvais investisseur parce qu’il ne répond pas à une logique économique mais à une logique purement politique (et en politique, l’horizon c’est la prochaine échéance électorale).
isa dit
Enfin, ça a quand même marché la politique de relance keynésienne à l’époque.
Le New Deal, le simple fait de réinjecter de la monnaie dans l’économie l’a relançé.
Georges_Kaplan dit
isa,
Ah bon ?
Qu’est-ce qui vous fait dire ça (à part ce qui est écrit dans nos manuels scolaires) ?
:)
isa dit
Mes manuels scolaires, bien sûr, et le fait que les USA se sont retrouvés dans une période de croissance importante et surtout de plein- emploi, absorbant les immigrés facilement par nécessité économique.
Z’étaient pas riches en 42?
Thalcave dit
Comment croyez vous qu’Hitler et son ministre des Finances, le Dr Schacht (bien avant Roosevelt) ont fait disparaitre les 6 millions de chômeurs (non secourus) qui étaient à l’origine de son accession au pouvoir en 1933? Croyez vous que les autobahnen, la Volkswagen, voiture populaire, le réarmement, tous financés par l’argent public, n’y étaient pour rien?
Thalcave dit
Il ya des contre-exemples en France. Les principales entreprises françaises d’envergure mondiale sont celles qui ont été initiées ou soutenues par l’Etat : Airbus, Total-Elf, les parapétrolières, Michelin, Dassault, Safran, Alcatel, Renault, tout ce qui est lié à l’armement, EDF, France Télécom, etc..
L’exemple du Minitel est excellent. L’Etat avait vu plus tôt que les industriels le rôle de l’informatique conjugué aux télécoms (voir le rapport Nora/Minc de 1978). A partir de la modernisation du réseau téléphonique qui a débuté en 1976 (avant c’était le 22 à Asnières), l’Etat sous l’impulsion de D’Ornano a eu l’idée de répondre au défi de l’explosion de l’annuaire papier pour soutenir un modèle électronique le Minitel autofinancé par la seule élimination dudit annuaire et offrir aux sous traitants français un marché de rêve protégé pour mettre en place toute une industrie de composants (écrans, logiciels, services, composants électroniques, etc..) , atteindre une taille critique et se lancer sur cette base domestique dans la compétition internationale. Si l’opération a échoué c’est grâce à l’arrivée des socialistes en 1981 qui ont voulu redistribuer dogmatiquement les cartes (voir l’arrêt de la diversification électronique qu’avait engagé Francis Mer à Pont à Mousson et bien d’autres exemples malheureux – Goupil – conduits notamment sous la houlette de Jean Hervé Lorenzi aujourd’hui président du cercle des économistes, à l’époque directeur des industries électroniques).
Même aux US, Boeing ne serait un leader mondial sans les contrats d’armements du Pentagone. Vos positions libérales sont stylisées à l’extrême; cela peut avoir un charme esthétique mais ne correspond pas à la réalité historique. Il suffit de voir l’histoire actuelle de la Chine pour s’en convaincre. C’”est du libéralisme pour le moins dirigé (oxymore).
Il faut relire Maurice Allais, libéral en diable (sans quoi, il n’aurait pas eu le Nobel) mais qui a écrit dans son dernier livre de 1999 “La mondialisation : la destruction des emplois et de la croissance – L’évidence empirique” (Editions Clément Juglar – c’est dire que c’est libéral) que l’ouverture à tout va de l’espace communautaire sans contreparties avait été une tragique erreur ce qu’on mesure chaque jour aujourd’hui. La fusion nucléaire du système financier mondial qui est en train de se faire sous nos yeux est un autre exemple de l’incapacité d’autorégulation des acteurs individuels même lorsqu’ils sont nombreux. Ce n’ets d’ailleurs qu’une vision théorique car l’objectif premier des acteurs de la libre concurrence c”est de créer des monopoles ou oligopoles seul cas de figure où ils sont rentables.
Thalcave dit
Je veux bien convenir que dans la situation de mondialisation actuelle, le rôle de l’Etat ne peut plus être celui qu’il a joué jusqu’en 1981. Les filières industrielles sont transnationales. Un opérateur a des milliers de sous traitants dans des dizaines de pays. Mais l’Etat dispose néanmoins de leviers de base, l’éducation, la fiscalité, l’environnement social qui doivent lui permettre d’attirer dans son espace géographiques des activités productives. Les entreprises privées n’ont plus d’espace géographique propre. Elles sont hors sol. Il y a même des industries sans usines. La question de l’emploi et des revenus ne les concerne plus comme au temps de Ford qui tenait à ce que ses ouvriers puissent acheter ses voitures non par idéalisme mais par pur intérêt.
kacyj dit
Thalcave écrit : “C’est pourquoi, je ne comprends toujours pourquoi l’OMC a accepté dans un système d’économie de marché un État aussi massif que la Chine (10 fois le Japon) sans le contraindre au préalable à rendre sa monnaie convertible”
L’espoir fugace de voir le communisme chinois (bien qu’il ait opté pour un libéralisme sans concessions) s’écrouler, peut-être.
Ou une certaine forme de génie pour ce qui est des perspectives d’avenir. Voir comment les chinois ont pris le contrôle de la production des métaux rares, indispensables à plusieurs technologies actuelles (téléphonie, aviation, automobile, énergie,…) à la barbe des occidentaux, et des américains en particulier.
Thalcave dit
A mon sens ce sont les entreprises multinationales qui ont fait pression pour l’admission sans précaution de la Chine à l’OMC.
Ce qui prouverait, n’en déplaise à à Georges Kaplan, que le secteur privé est à courte vue et que les Etats n’ont pas de vision à long terme parce que ils sont gouvernés par des benêts ou des démagogues, ou les deux en même temps.
Au total, il n’y aurait que les dirigeants chinois non démocratiquement élus qui auraient une politique économique de long terme comme ils le prouvent au demeurant depuis 1979, c’est à dire depuis 32 ans qu’ils se sont fixés un cap et qu’ils s’y tiennent.
skardanelli dit
Chers tous, ce fil est vraiment d’une très grande tenue, bravo !
Impat1 dit
Mais oui, Isa, ma petite remarque portait sur ce qui est le plus souhaitable, qui n’est pas forcément le plus mis en œuvre. Cependant il est quelquefois des compromis nécessaires, que seuls les “grands” théoriciens ont le droit d’ignorer. (je ne vise personne ici-:))
isa dit
@Impat:
:)
Impat1 dit
Isa,…” l’augmentation des impôts fait bien diminuer la Demande dans le libéralisme?”…
C’est bien pourquoi, si la rigueur est nécessaire, le volet “diminution des dépenses publiques” est très préférable au volet “augmentation des impôts”.
C’était juste une “petite” remarque -:)…
isa dit
@Impat,
De la part d’une “petite “prof: tout à fait d’accord avec vous, mais de sérieuses augmentations d’impôts ont quand même lieu, et encore que ce soit n’importe quel élu (bien sûr, pire si c’est hollande) en avril 2012, vous savez bien que cela va douiller.
le choix c’est fait sur l’impôt le moins douloureux à court terme, soit la TVA et pas dans tous les domaines, heureusement, mais la loi sur les successions a bien varié si je ne m’abuse, le prix de l’essence reste très élevé (constitué quasi uniquement de taxes)…Ne parlons pas de ces fins d’année merveilleuses où l’on voit la dure progression des impôts locaux et fonciers (dans certaines mairies de gauche, il y a 33% d’augmentation depuis l’année dernière, puisque le département et la région y sont la plupart du temps à gauche! Il faut bien construire des rond-points).
Patrick dit
“wir gehen in die Mauer”
Nous allons dans le mur, pas celui de Berlin, qui n’existe plus…
Je connaissais plutôt l’expression : mir gehn marrholle ! (excusez de l’approximation de la transcription).