(Avec AFP) – Un Algérien qui projetait de façon « imminente » de commettre un « attentat » contre « une ou deux églises » a été arrêté dimanche à Paris, a annoncé mercredi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Cet homme, dont le nom selon la presse algérienne est Sid Ahmed Ghlam, est un étudiant en informatique de 24 ans. Il est par ailleurs soupçonné d’être impliqué dans le meurtre d’Aurélie Châtelain, jeune femme de 32 ans retrouvée morte dans une voiture dimanche à Villejuif (Val-de-Marne) près de la capitale, a déclaré Bernard Cazeneuve place Beauvau. Les circonstances de ce meurtre restent à élucider.

Le suspect, en garde à vue dans le cadre d’une enquête dirigée par le parquet antiterroriste, était connu des services de renseignement pour ses « velléités de départ en Syrie » pour y rejoindre les rangs djihadistes, selon le ministre. Il faisait l’objet de la fameuse fiche « S » (pour « sûreté de l’état »).

Atteint d’une balle dans la jambe, le suspect avait évoqué auprès de la police un règlement de comptes. Les enquêteurs ont alors remonté les traces de sang jusqu’à sa voiture.

Dans son véhicule et à son domicile, la police a découvert un « arsenal composé notamment de plusieurs armes de guerre, d’armes de poing, de munitions, de gilets pare-balle et de matériel informatique et de téléphonie », a ajouté Bernard Cazeneuve.

« Une documentation fournie a également été découverte établissant sans ambiguïté que l’individu projetait la commission imminente d’un attentat vraisemblablement contre une ou deux églises de Villejuif, comme l’a indiqué le ministre. Dimanche matin, cet attentat a été évité », a-t-il ajouté.

Selon Le Monde, le suspect s’était installé en France en 2009 dans le cadre du regroupement familial.
Un officier de police cité par Le Figaro dit redouter « que le suspect ait, comme les frères Kouachi, un complice susceptible de passer à l’acte, à l’instar d’Amedy Coulibaly. Quelqu’un qui se sentirait piégé et qui se lancerait dans une fuite en avant tragique ».

« Les terroristes ciblent la France pour nous diviser », a ajouté Manuel Valls à la sortie du Conseil des ministres, devant le perron de l’Elysée, avec à ses côtés son ministre de l’Intérieur.

« Notre pays, comme d’autres encore ces dernières semaines, fait face à une menace terroriste sans équivalent dans le passé par sa nature et son ampleur », a lancé le chef de gouvernement qui a déjà à plusieurs reprises lancé cet avertissement.

La lutte contre le terrorisme « est rendue difficile par les formes du terrorisme complètement différentes. On a parfaitement conscience de la nécessité de renforcer notre dispositif », a ajouté le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

« C’est pourquoi il a été créé des postes spécifiques pour renforcer la lutte contre le terrorisme, mais face à ces risques et surtout leurs formes particulières et nouvelles, au fur et à mesure, on complète le dispositif », a développé le porte-parole.

Stéphane Le Foll a également relevé que l’homme soupçonné d’avoir voulu perpétrer des attaques contre des églises avait été « repéré » en 2014 mais que « rien ne permettait à l’époque de l’arrêter ».

Le député UMP Philippe Meunier a quant à lui demandé mercredi au gouvernement « de protéger nos églises », dont certaines auraient pu être les cibles d’un attentat déjoué dimanche à Paris.

« Le devoir du gouvernement est de protéger nos églises comme il le fait pour les mosquées et les synagogues », lance, dans un communiqué, le secrétaire national de l’UMP chargé de la Défense.

Le gouvernement « ne doit pas compter sur le seul hasard pour protéger les Français de confession chrétienne », ajoute-t-il.

Le député regrette le rejet « de notre proposition de loi visant à faire perdre la nationalité française et à expulser tout islamiste représentant un danger pour nos compatriotes ».

« Tant que le président de la République et son gouvernement refuseront d’ouvrir les yeux et de prendre les mesures nécessaires pour lutter efficacement contre ces ennemis, notamment de l’intérieur, le peuple français (…) en paiera le prix fort », a-t-il assuré.

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Manuel Moreau
est journaliste et syndicaliste.
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