Daech s’engouffre dans la brèche des aspirations féministes déçues | Causeur

Daech s’engouffre dans la brèche des aspirations féministes déçues

Entretien avec la sociologue Amélie Chelly

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 10 février 2017 / Religion

Mots-clés : , , ,

Un réseau djihadiste qui prévoyait de frapper la France de manière "imminente", d'après le ministère de l'Intérieur, vient d'être démantelé à Montpellier. Parmi les quatre présumés terroristes arrêtés, figure une jeune fille de 16 ans qui avait prêté allégeance à l'Etat islamique. L'occasion de publier cet entretien dans lequel la sociologue Amélie Chelly détaille les cheminements qui mènent de jeunes musulmanes vers Daech.
amelie chelly femmes djihadistes

Amélie Chelly. Photo: Xosé Bouzas.

Daoud Boughezala. Existe-t-il un profil type des femmes attirées par l’État islamique ?

Amélie Chelly[1. Auteur d’une thèse de sociologie à l’EHESS sur la République islamique d’Iran, Amélie Chelly prépare un essai sur les femmes djihadistes.]. Le gros des troupes provient de la jeunesse désœuvrée souvent issue de ce que le sociologue Farhad Khosrokhavar appelle la « famille décapitée ». Dans les banlieues, l’autorité du père, fréquemment absent, se reporte sur le grand frère. Or ce dernier, qui confond généralement autorité et violence, recrée une famille – un réseau tentaculaire avec le copinage et la fratrie. C’est ce qui constitue la cellule souche de l’expansion du radicalisme. Les « loups solitaires » et la radicalisation tout seul sur internet, ça n’existe pas !

Le délitement de la famille traditionnelle ne se produit pas qu’en banlieue…

L’explosion de la structure familiale s’observe également dans les familles recomposées des classes moyennes, y compris chez des juifs ou des chrétiens dont les enfants se convertissent à l’islam. Bien souvent, le beau-père n’a pas la même autorité que le père qui élève l’enfant. Du coup, ce dernier se retrouve un peu trop libre et fait appel à des réseaux qui lui permettent de se développer en tant qu’adulte : les références internet et le copinage. Ces deux succédanés d’autorité se substituent aux figures tutélaires que le futur djihadiste a délégitimées.

Au sein de ces familles éclatées ou recomposées, quelle est la spécificité des jeunes filles aspirées par le djihad ?

Dans les banlieues, on est face à deux types de femmes, avec des rapports différents à la féminité. Un premier groupe rassemble de jeunes musulmanes qui ont un rapport à la pudeur un peu compliqué : elles viennent d’un milieu très traditionnel mais ont évolué dans une France laïque. Prises dans ce conflit de valeurs, elles ne savent pas exactement où situer la pudeur ni quel modèle adopter. Puisque l’idéologie djihadiste répond à toutes ces questions, la radicalisation va les aider à résoudre ce conflit. Dès lors, tout devient extrêmement simple, et leur quête de virilité, notion qu’elles jugent en pleine déperdition en Occident, s’assouvit dans la figure protectrice du djihadiste, qui incarne à leurs yeux l’homme parfait. Dans une société où le mariage n’est plus une promesse pour la vie, lui seul place

[...]

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    publié dans le Magazine Causeur n° 43 - Fevrier 2017

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    • 14 Février 2017 à 8h20

      Livio del Quenale dit

      On nous dit qu’il faut intégrer les musulmans,
      mais qu’on répugnerait à le faire.
      Pourquoi ?
      Parce ce qu’eux même n’adhèrent pas, ne veulent pas s’intégrer, se faire admettre, ils ne s’engagent pas, ne s’adaptent pas, ne s’incorporent pas, au contraire, cultivent cet isolement souvent dans ds ghettos qu’ils créent, bien qu’ils prétendent le contraire, en faisant fuir les autochtones.
      En grande partie à cause de l’islam, religion imposant ses propre lois, qui en voulant les supplanter nie celles du pays d’accueil, surtout s’il est occidental, à fortiori laïque lequel sépare les religions de l’état tout en les admettant, concept avancé qui ne sied pas à ces communautés dont leur religion gouverne dans une culture plus ou moins fermée et/ou obscurantiste.
      -
      Ce qu’ils veulent, c’est s’incruster en France en tant qu’entité allogène et distinct , mais veux tout de même profiter des avantages de cette société qui finalement si elle est accueillante est rebutée par ce comportement en fait discriminatoire, voire ostracisant, que génère elle-même cette communauté ethnique, religieuse et fermée à fortiori intégriste quand elle se radicalise.
      -
      C’est donc le serpent qui se mord la queue dans la quadrature d’un cercle vicieux. Cette antinomie relève plus du divorce que d’une union contre nature.

    • 13 Février 2017 à 19h20

      Antimisandre dit

      Les familles “décapitées”, “monoparentales” (néologisme des plus abjects) et autres “recomposées” n’ont qu’une seule explication : l’extermination des géniteurs par la pègre robenoirée via la captation illégale de problématiques privées par l’avocrasserie divorciste. Ce sont bien les robes noires qui ont détruit – et continuent de détruire – la famille dans ce pays, comme dans d’autres d’ailleurs. Là est l’explication. Pas ailleurs.

    • 13 Février 2017 à 14h01

      persee dit

      -”où situer la pudeur ? Quel modèle , quête de virilité ! figure protectrice ” Je reprends le termes de l’universitaire . Pour un  tel discours , Pas besoin d’un bac +7 … Cela s’appelle réinventer l’eau chaude .

      • 13 Février 2017 à 20h04

        Antimisandre dit

        “Que^te de virilité” : c’est bien une femme qui parle, sur fond de poncifs habituels, tous aussi aberrants les uns que les autres…

    • 13 Février 2017 à 12h50

      vovo10 dit

      En tout cas bien mignonne la petite sociologue … Beaucoup plus intéressante que le sujet traité !……

    • 13 Février 2017 à 11h36

      Tonio dit

      Hollande et Cazeneuve et Valls et Dray et Le Guen et Hamon etc.. savent-ils combien ils sont ces franco-musulmans qui détestent la France et auxquels ils déroulent, par bêtise pure, tous leurs tapis d’Orient et de Navarre ?

      Hollande et Cazeneuve et Valls et Dray et Le Guen et Hamon s’imaginent qu’ils sont avec eux entre potes; pas du tout, ils ont face à eux des ennemis de tout acabit qui n’ont qu’une idée: exploiter à fond l’imbécillité clientéliste des partis français, tout en les giflant à chaque fois que l’occasion se présente.
      Quel vaste programme!
      Le FN les avait averti depuis trente années, on a fait des gorges chaudes de ses avis, tout en le traitant de parti raciste.
      Couler la France par antiracisme c’est tellement mieux !

    • 13 Février 2017 à 11h27

      Pol&Mic dit

      les “GAUCHES” et les “Islamistes” essaient tout ce qui peut détruire ce qui reste de notre Démocratie!

    • 12 Février 2017 à 23h03

      chlomo dit

      et c’est cette “communauté “là , musulmane , décrite plus haut partiellement que courtisent nos homme politiques depuis 35 ans …

      c’est cette “communauté “là , absolument damnée et porteuse de contre valeurs d’une inhumanité inimaginable pour nous et tous les autres peuples de la Terre , seulement capable d’ enfanter des monstres , que draguent pour se faire élire Benoit Hamon , l’autre taré de Vincent Peillon , Edoui Plénel , Cazeneuve , Merckel , Cohn-Bendit , la finance interlope , les maires du 93 , du 78 , du 13 , de Belgique , de France et de Navarre !!!

      ça vient , après ça , nous donner des leçons de démocratie , de droits de l’homme et en tout genre …

      cela ne pourra se régler que dans le sang , en tout cas trés mal

    • 12 Février 2017 à 15h13

      Pol&Mic dit

      le grand “b….l” est arrivé!

    • 11 Février 2017 à 17h05

      Fioretto dit

      Khosrokhavar a passé son temps à faire du french bashing dans la presse américaine maintenant après l’élection de Trump c’est silence radio. Pour le reste il dit bcp de conneries en fait.

    • 11 Février 2017 à 12h35

      brindamour dit

      Il faut décrypter le non-dit imposé par l’idéologie quand on parle de ce sujet. 
      Ainsi vous êtes sensé comprendre qu’on parle de populations arabes quand on dit banlieue ou quartier. On parle aussi des filles musulmanes pour parler de filles arabes. Sont-elles toutes de confession musulmane. Pourquoi les ramener à une supposée identité religieuse qui devrait relever de l’intime et de la vie privée.
      Dit-on des poulations blanches qu’elles sont chrétiennes?

      • 11 Février 2017 à 15h43

        saintex dit

        L’interview parle bien musulmans et non d’arabes. Coulibaly est cité parce que significatif du thème, ce qui n’en fait pas un arabe.

      • 12 Février 2017 à 23h07

        chlomo dit

        bien oui mon gars , les blancs sont Chrétiens ou juifs ou areligieux et les arables majoritairement musulmans comme les Japonais sont Bouddhistes ou shintoïstes et alors ???

        qu’est -ce qu’il y a de mal à dire ça comme avec ça ???

        raz le cul des précautions langagières

    • 11 Février 2017 à 10h14

      keg dit

      nous sommes tous des radicalisables )à terme (échu ou non).
      Il suffit d’y mettre le prix!
      Que sont les politiques et leurs programmes si ce n’est des radicaliseurs de la pensés citoyenne (qui n’est plus citoyenne, mais uniquement celle des leaders-gourous)…
      Pensez-y avant de jeter la pierre sur d’autres radicalisations….

      Quand plus rien ne va dans nos vies, chaque espérance nous raccroche à la vie.

      http://wp.me/p4Im0Q-1xm

    • 11 Février 2017 à 8h37

      munstead dit

      “Dans les banlieues, on est face à deux types de femmes, avec des rapports différents à la féminité.” On a envie dire: sans blague? N’est-ce pas une catégorisation un peu rapide? Il n’y aurait donc que deux catégories de jeunes filles musulmanes, celles qui replongent dans la tradition et font allégeance au grand frère, détenteur d l’autorités puis tout naturellement à Daesh et les autres qui se masculinisent∞ et filent vers Daesh. Quid de toutes ces jeunes femmes que l’on voit travailler en entreprise, dans les services publiques, dans la presse, les magasins, les hôpitaux? La plupart viennent des banlieues,  ont su se forger une personnalité propre, ont étudié, travaillé, s’intègrent dans la société française sans renier leurs racines. Elles représentent la très très grande majorité.

      • 11 Février 2017 à 8h58

        Laurence dit

        Tant de naïveté… Celles que je côtoie (et elles sont nombreuses) dans l’entreprise ont à 80% une double nationalité et ne rate jamais une occasion de dire le mépris profond que leur inspire la France. Une anecdote : une musulmane récemment arrivée dans l’entreprise me déclare sans ambages qu’elle est marocaine, elle est pourtant née en France et a des papiers français… Ah oui elle espère qu’elle ne paiera jamais d’impôts pour la France, et je vous passe les scènes d’hystérie pendant le grand mois des tartuffes dit le ramadan… Des counasses intégrées comme elle représentent effectivement la majorité dans les entreprises françaises.

        • 12 Février 2017 à 23h13

          chlomo dit

          à Laurence ,

          j’ai vécu ça aussi dans des boites à Paris : l’horreur !

      • 11 Février 2017 à 15h49

        saintex dit

        Sans doute que le thème est celui des jeunes femmes de banlieue qui se lient au jihadisme. Mais c’est vrai que de ne pas parler des Amazoniens écoutant des prêches salafistes à la radio est fort troublant, voire “oriente”.

      • 12 Février 2017 à 23h12

        chlomo dit

        à Munstead ,

        oui et non

        on (l’état français ) a laissé ,a installé les salafistes dans les banlieues pour avoir la paix , celle des affaires .

        voilà le résultat et ce n’est pas fini !

        ces populations sont soumises à une gestapo ( sans doute pire que l’original ) des temps modernes : les “filles ” n’ont pas le choix sauf à partir (trés loin )

    • 11 Février 2017 à 4h30

      Perlimpinpin dit

      Aux Etats-Unis, des sociologues comme Thomas Sowell font les mêmes constats depuis longtemps. Dans la communauté noire, l’hyper délinquance (13% de la population, presque 50% de la criminalité) n’est pas génétique, mais bien culturelle. Des familles éclatées, 73% de mères célibataires avec plusieurs enfants de plusieurs pères différents, quand on sait qu’il est 5 fois plus dur de sortir de la pauvreté et 5 fois plus propice de finir criminel pour un enfant issu d’une famille monoparentale pauvre. Des mamans au niveau d’éducation limité (faible niveau d’étude, faibles perspectives professionnelles, une vie basée sur les allocs, violences parentales). Des pères absents (morts ou en prison).

      La conséquence, une prolifération des gangs, sorte de refuge masculin où des jeunes ados, souvent maltraités physiquement ou psychologiquement par leurs mères (si ce n’est pas totalement ignorés) tentent de se construire une image positive d’eux-même en adoptant une hyper virilité. Tu me regardes mal ? Je te butes. C’est même la culture dominante, y a qu’à voir les idoles de la communauté noire, entre rap violent et hypersexualisation. Et ce sont les jeunes hommes noirs eux-mêmes qui en font les frais (90% des meurtres de noirs commis par des noirs). C’est un véritable drame, une destruction organisée depuis les années 60. En contre partie, les autres minorités en provenance d’Inde et d’Asie ont maintenant des revenus moyens supérieurs aux blancs…et bien évidemment leurs cultures familiales y est pour quelque chose.

      Aux États-Unis, les femmes noires sont aussi organisées en gang maintenant, et sont la minorité féminine la plus violente. Même cause même effet, probablement. En renonçant à l’assimilation au profit de la victimisation systémique, nous avons créé ce problème.

      • 11 Février 2017 à 10h40

        Quatre chemins dit

        “En renonçant à l’assimilation au profit de la victimisation systémique, nous avons créé ce problème.”
        Je ne saurais mieux dire, sauf à ajouter que dans ce sombre récit, l’étape suivante ( après la construction victimaire) c’est non seulement la transformation de la victime hystérisée en agresseur mais la légitimation de sa violence. La victimisation postcoloniale est au sens propre un discours pervers. Quand j’entends le préchi-précha racialisé d’Imany aux Victoires de la musique, je me dis hélas qu’il est trop tard.

      • 11 Février 2017 à 18h05

        jbtsr dit

        Excellente causerie, bravo.

      • 12 Février 2017 à 23h18

        chlomo dit

        @ Perlimpinpin ,

        je partage ce constat avec le reste de la population …

        l’assistanat en direction de ces populations là produit des effets qui ne sont pas les mêmes ailleurs dans d’autres groupes …

    • 11 Février 2017 à 1h46

      Cracker causeur dit

      Le nazislamisme, une engeance à éradiquer à balles réelles !

    • 10 Février 2017 à 21h21

      walkyrie dit

      Les banlieues sont vérolées. Mais on n’y voit jamais personne pour les pacifier. Car il s’agit bien de cela. Drogues, armes, explosifs, prosélytisme et recrutement terroriste. Ca va péter, et l’engrenage se mettra en mouvement, self-défense, attaques, guerre civile ou plutôt religieuse.

      • 12 Février 2017 à 23h20

        chlomo dit

        on y est déjà dans cette situation bonhomme !

    • 10 Février 2017 à 21h11

      Bacara dit

      Toutes ces “radicalisées” ont un point commun: un très faible intellect doublé d’une culture générale
      au plus bas niveau. 

    • 10 Février 2017 à 17h52

      Ananias dit

      Qu’une sociologue explique les cheminements idéologiques et psychologiques des islamistes, peut être intéressant intellectuellement.
      Mais quand un Président de la République déclare que nous sommes en guerre (Président qui constitutionnellement est le chef des armées), que nos troupe en opex se battent contre les djihadistes, la seule déradicalisation pour les revenants déçus ou pas (on s’en tape) de leur séjour sur les terres de Daech ne peut être que l’élimination.
      Ou alors notre Président n’est que le “chef désarmé”.

    • 10 Février 2017 à 17h42

      lisa dit

      Des islamistes racistes ! islamophobie !

    • 10 Février 2017 à 15h45

      papazulu dit

      Ce qui est sûr, c’est que le djihad féminin n’avance pas à visage découvert…