Divorce à la balzacienne | Causeur

Divorce à la balzacienne

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Auteur

Jérôme Leroy

Jérôme Leroy
Ecrivain et rédacteur en chef culture de Causeur.

Publié le 05 juin 2016 / Culture Société

Mots-clés : , ,

"La séparation, le divorce", gravure du XIXe siècle (SIPA/00613276_000027)

« Les époux peuvent consentir mutuellement à leur divorce par acte sous signature privée contresigné par avocats, déposé au rang des minutes d’un notaire. » C’est en ces termes que les députés viennent de voter un amendement déposé par le garde des Sceaux, qui permet désormais de se séparer en quinze jours, sans qu’un juge intervienne. S’il y en a un que cette disposition aurait vivement mécontenté, c’est Balzac. Une des grandes inquiétudes de La Comédie humaine concerne la famille : « La base des sociétés humaines sera toujours la famille. Là commence l’action du pouvoir et de la loi », fait-il dire à son Médecin de Campagne (1833).

Balzac pourrait ainsi venir au secours de l’UNAF1, pour qui le juge, dans le divorce, « assure, par son indépendance et son impartialité, la protection du conjoint le plus vulnérable ». On trouve une parfaite illustration de ce rôle dans L’Interdiction (1839), quand la cupide marquise d’Espard s’empare de la fortune de son mari, bon bougre lunatique, en le faisant enfermer.

[...]

  1. Union nationale des associations familiales.

  • causeur.#36.couv

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    publié dans le Magazine Causeur n° 95 - juin 2016

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    • 5 Juin 2016 à 20h30

      lisa dit

      Mais elle n’y arrive pas la Marquise, ni à prendre la fortune ni à le faire interdire, on n’a pas lu la même version ?

      • 6 Juin 2016 à 22h15

        IMHO dit

        C’est dit dans Splendeur et Misères des Courtisanes troisième partie :
          
        Depuis dix-huit mois qu’il siégeait dans le tribunal le plus important du royaume, il (Camusot) avait déjà pu, sur la recommandation de la duchesse de Maufrigneuse, se prêter aux vues d’une grande dame non moins puissante, la marquise d’Espard ; mais il avait échoué. (Voir l’Interdiction).
        Lucien, comme on l’a dit au début de cette Scène, pour se venger de madame d’Espard qui voulait faire interdire son mari, put rétablir la vérité des faits aux yeux du Procureur-général et du comte de Sérisy.
        Ces deux hautes puissances une fois réunies aux amis du marquis d’Espard, la femme n’avait échappé que par la clémence de son mari au blâme du tribunal.

        • 7 Juin 2016 à 9h28

          IMHO dit

          Mais l’interdiction se termine en effet par le triomphe illégitime  de la marquise d’Espard, le juge Popinot étant désaissi sous un mauvais prétexte .
          Balzac n’a sans doute inventé cette défaite finale de la marquise que pour justifier la haine agissante qu’elle a pris pour Lucien et qui est une des causes de sa mort.    

    • 5 Juin 2016 à 17h54

      C. Canse dit

      :-) Et rien d’autre.

    • 5 Juin 2016 à 15h14

      heraclite dit

      L’entreprise de destruction des bases de notre société par les socialistes atteint son paroxysme.
      Quelle institution trouvera grâce aux yeux de ces déconstructeurs qui prétendent créer une humanité nouvelle basée sur l’intérêt du seul individu ?
      Et s’il y a des enfants, qui règlera leur sort ?