Despentes, mutante militante
Le sexe : un bel instrument !
Publié le 13 mars 2011 à 8:00 dans Culture
Mots-clés : Virginie Despentes
Virginie Despentes signe un « manifeste ». Le clip Love Affair est, selon Les Inrockuptibles, « sensuel et engagé » : des mannequins nues s’insurgent contre la faim dans le monde, d’étonnants cortèges de cyclo-nudistes alarment sur la pollution ou la vie chère, de fieffés coquins prônent la pornographie pour lutter contre la déforestation et des Belges facétieuses menacent de ne plus faire l’amour si la chienlit continue: aujourd’hui le cul milite, c’est sa dernière raison d’être.
Se déshabiller sans raison valable est même considéré comme une réelle faute de goût tandis que reculer toujours plus loin les limites de la pudeur va de soi quand c’est pour la bonne cause. La seule qui vaille : celle qui met à bas les anciens clivages, qui détruit, dans un élan équitable et paritaire, les hiérarchies obsolètes, qui bâtit un monde de respect où toutes les différences sont à la fois exhaussées et aplanies, singulières mais relatives. Alors on montre ses seins contre le cancer et ses fesses pour faire la nique à la corrida, on se dénude plus pour gagner plus, vendre de l’eau de toilette ou briser le « régime fasciste de la famille nucléaire », toujours à bon escient et surtout pas pour le plaisir d’offrir ou la joie de recevoir. Au cinéma, une femme ne se laisse plus jamais dénuder pour rien (si elle le fait, c’est qu’elle mijote quelque chose), aucune chance d’y rencontrer de l’insouciance, de l’exhibition candide ou du plaisir gratuit : les films de Walerian Borowczyk sont devenus incompréhensibles. De même les scènes de sexe de la plupart des romans contemporains sont-elles formatées comme autant de rebondissements aussi attendus que la mort du père ou l’errance en bord de mer ; aucune ne s’impose comme tragique et nécessaire, comme intensité pure faisant basculer le récit : la littérature de Pierre-Jean Jouve est dépassée
Séduction planifiée, rencontre organisée, relation minutée
Le credo néo-puritain est imparable : à l’instar du jogging matinal, le sexe n’est plus qu’une technique d’hygiène corporelle parmi d’autres. Il ne témoigne certainement pas d’une quelconque union sacrée, ne permet aucune transfiguration, n’est la clé d’aucune transcendance. Sa gratuité le dévalorise et ses sortilèges sont passés de mode. Sa pratique désacralisée laisse la place aux mythologies de sa représentation, nécessaires pour stimuler les pulsions du consommateur ou faciliter sa soumission aux nouvelles morales.
Toute société désire instrumentaliser le sexe (on n’a pas attendu Virginie Despentes et le féminisme pro-sexe pour cela), mais la nôtre est la première à le faire non par crainte de ses pouvoirs mais parce qu’elle les méconnaît, les néglige ou les refuse. Les pièges sociaux et les leurres psychologiques, obstacles à la vérité d’une rencontre, règnent désormais d’un bout à l’autre de la chaîne et le processus se répète inlassablement : séduction planifiée, rencontre organisée, relation minutée.
Pour l’érotisme, il faudra repasser : trop chronophage, pas évident à caser entre la réunion d’actionnaires, l’achat de fringues sur Internet ou la composition des playlists de la fête prochaine. L’abandon n’est tout simplement plus acceptable : il conduit immédiatement à la dépendance. On commence par se laisser regarder, on commence par s’abandonner au regard de l’autre, et après on se fait carrément aimer !
S’il n’entre pas dans le registre de la comédie ou de la politique, le sexe fait perdre du temps, c’est-à-dire de l’argent : c’est bien pour cela qu’il faut le tenir en respect.
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Ludovic Maubreuil dit
Cet article parle de la conception utilitariste du sexe, il débute logiquement par quelques exemples dont le documentaire de Despentes et quelques autres manifestations “sensuelles et engagées”. VD n’est nullement le sujet de l’article, malgré le titre et la photo qui l’illustre, trompeurs je l’admets.
Désolé de n’être pas assez limpide, Alain Juppé, il me semblait quant à moi que mon texte est un peu trop simpliste et schématique, comme quoi il faut aussi de la considération, Alain Juppé, pour celui qui écrit…
Eléna dit
À sausage : vous ne vous trompez pas. Merci.
szavay dit
article incompréhensible (que vient faire au juste Virginie Despentes là-dedans?) et réactions incompréhensibles aussi.Pour une fois on se marre sur Causeur.
sausage dit
Saul,
Lisez peut-être le 19h27 de LM, l’article vous paraîtra peut-être plus clair. Pour ma part il est limpide.
Pour Elena c’est certes un peu plus confus, j’ai néanmoins l’impression qu’elle utilise la citation de Raspail présente dans l’article de JL non pour établir une comparaison entre l’article de JL et celui de LM mais plutôt pour encourager Alain Juppé N’Galé à agir comme pourrait le suggérer la conclusion que l’on tirerait de cette fameuse citation donc.
Crédieu que c’est compliqué!
Je peux me tromper.
Saul dit
Sausage,
désolé, alors je comprends encore moins.
à moins qu’elle ne veuille dire que JL et LM servent dans le même régiment mais pas au son de la même trompette ?
ce qui est loin d’être sur, j’ai le même avis que Juppé N’Gala, pas clair ce billet de LM, trop embrouillé
sausage dit
Saul, je peux me tromper mais je ne pense pas que ce soit le propos d’Elena.
La récupération de cette phrase de l’article de J.L sert son propos envers Alain Juppé N’Galé. Par conséquent, je pense qu’elle l’a bien comprise.
Saul dit
Elena,
tout comme Alain Juppé N’gala, je ne comprends pas votre remarque, l’image de JL sur ces trompettes de régiment est tout ce qu’il y a de plus clair
Eléna dit
À Alain Juppé N’Galé :
Je veux bien vous expliquer ma remarque.
Vous avez écrit au sujet de l’article monsieur Maubreuil: “Ce texte est incompréhensible”.
Puis dans un commentaire suivant, opposant l’article de monsieur Maubreuil à celui de monsieur Leroy, vous listez les techniques d’écriture mises en oeuvre par ce dernier ; son article est “limpide”.
À votre exigence toute personnelle de certains patrons d’écriture selon lesquels coudre les articles afin que leur lecture vous soit compréhensible, et utile peut-être, j’ai suggéré cette phrase extraite de l’article de monsieur Leroy, quelque chose comme : s’il vous plaît, acceptez voire faites l’effort d’entendre les trompettes qui ne sonnent pas comme vous le souhaitez, puisqu’elles sonnent pour une même cause.
Personnellement j’ai lu ces deux articles avec des difficultés différentes mais également existantes.
Alain Juppé N’Galé dit
@Eléna – Je ne comprends pas votre remarque. Vous m’expliquez ?
Eléna dit
À Alain Juppé N’Galé :
Et si … ? “Il y était question d’appartenir au même régiment mais de ne pas avoir la même trompette pour battre le rappel.” Jérome Leroy (faisant référence à un courrier privé de Jean Raspail quant à leurs divergences politiques).