Déni de réalité

Publié le 15 août 2010 à 6:01 dans Brèves

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C’est un document bizarre qui vient d’être rendu public par le FMI, une recherche classée « publication sélective » (selected issue paper) qui dit en substance que les Etats-Unis sont en faillite virtuelle! Selon le FMI, la résorption du déficit budgétaire et fiscal US nécessiterait ainsi un « réajustement fiscal permanent de l’ordre de 15% du P.I.B. Américain ». Autrement dit, comme l’Etat fédéral lève annuellement des impôts qui se montent à 14.7% de son P.I.B., il conviendrait de doubler la taxation, ce qui ne sera à l’évidence jamais mis en oeuvre.

Accessoirement, ces chiffres relativisent les débats quant au bien-fondé de l’adoption de mesures stimulatoires supplémentaires car ce pays ne peut tout simplement plus se payer le luxe de la moindre injection de liquidités! 

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  • 16 August 2010 à 21h42

    lorymequa dit

    Il est surprenant qu’entre spécialistes vous n’arriviez pas à être d’accord, Michel Santi et fatback. La complexité du système serait telle que nul ne puisse l’appréhender ? Et par voie de conséquence n’y aurait t-il à bord du navire que des personnes inaptes à le barrer? Ou plus vraisemblablement l’état de chaos atteint, la tempête à laquelle il faut faire face se joueraient ils de toutes mesures? un peu comme écoper avec une petite cuiller.

    Faudra t-il un bon désastre de plus, une bonne guerre sous une forme ou sous une autre et tout mettre par terre pour qu’après tout reparte comme si de rien n’était…avec tous les atouts que donne la défaite. Bref nous serions trop productifs, trop bon et nous acharnant à garder un système de valeur obsolète nous n’aurions pas d’autre choix à nous y cramponner.

  • 16 August 2010 à 14h43

    fatback dit

    Michel,
    «Quantitative Easing» ne signifie pas racheter du papier valeur émis par des institutions en perdition mais financer par de la création monétaire le rachat de titres (quels qu’ils soient) au bilan des banques, y compris des Treasuries, via des opérations d’open market. En prenant possession de ces actifs, la BC permet aux banques commerciales de dégager des réserves qui leur permettront – si ça marche – d’accorder de nouveaux crédits à l’économie.
    Par ailleurs, le fait que la Fed rachète des Treasuries n’est pas nouveau : l’annonce de la semaine dernière porte sur un montant de $18 mds… alors qu’ils en ont déjà racheté $300 mds l’année dernière.

  • 16 August 2010 à 14h26

    Michel Santi dit

    Du reste, je ne vous dis pas qu’ils ne sont pas en mesure d’imprimer “out of nowhere”… je vous dis qu’ils ne PEUVENT plus car, précisément, cela a un prix.
    Bernanke croyait que c’était “at no cost” mais il redescend sur terre aujourd’hui…

  • 16 August 2010 à 14h17

    Michel Santi dit

  • 16 August 2010 à 14h00

    fatback dit

    “The U.S. government has a technology, called a printing press (or, today, its electronic equivalent), that allows it to produce as many U.S. dollars as it wishes at essentially no cost.”
    Ben S. Bernanke, 21/11/2002

  • 16 August 2010 à 13h52

    fatback dit

    $300 milliards en 2009 auxquels vont se rajouter $18 milliards d’ici fin septembre : c’est la quantité de Treasuries que la Fed a racheté dans son programme de QE
    C’est de la création monétaire pure Michel. Vous ne trouverez pas un seul économiste sérieux pour vous soutenir le contraire.

  • 16 August 2010 à 10h14

    Michel Santi dit

    Bonjour fatback,

    le quantitative easing consiste pour la Fed à racheter toutes sortes de papiers valeurs en circulation NON émis par la Trésorerie US afin, je le répète, de soutenir l’activité de l’économie réelle.

    Navré mais la Réserve Fédérale ne peut imprimer impunément et excessivement des billets car elle ne peut gonfler son bilan à l’infini… vous en devinez les conséquences qui se dessinent déjà du reste.

    Enfin, si votre argumentation selon laquelle la Fed pourrait sans souci imprimer des dollars afin de les injecter dans l’économie était exacte, alors – à ce moment là – les (gigantesques) déficits US n’auraient strictement plus aucune importance ni aucune incidence car la Fed injecterait de la liquidité abondamment crée par elle afin de combler tous les trous, y compris ceux des Etats!

    Or il est fait incontestable qui est que la capacité à entretenir des déficits est directement proportionnelle et dépendante à l’appétance des investisseurs étrangers à financer ces déficits via leurs acquisitions de T Bonds.

  • 15 August 2010 à 21h11

    Aymenon dit

    “la semaine dernière la Fed de NY a annoncé qu’elle allait acheter $18 milliards de Treasuries.”

    “Les décisions du Comité de politique monétaire de la Fed sont aujourd’hui saluées par une chute générale des marchés boursiers. Soit, est-il expliqué par certains, parce que les mesures adoptées confirment le retour prochain de la récession, soit parce qu’elles sont considérées comme trop timorées et insuffisantes pour la prévenir, expliquent d’autres. A lire les commentaires des traders, les marchés semblent craindre tout et son contraire.”
    F. Leclerc, le 11 août.
    “L’administration Obama doit en effet compter avec un Congrès qui rechigne à lui accorder les relances budgétaires que la situation réclame dans l’urgence, tandis que la Fed continue de répugner à s’engager à nouveau franchement dans une politique d’assouplissement monétaire (en faisant tourner la planche à billet). Les deux étant le dos au mur. Justifiant que les commentaires se multiplient, avec pour objectif de comparer les situations japonaise et américaine, mais afin pour l’instant de privilégier ce qui les différencie et ainsi de tenter d’exorciser le danger que représenterait l’entrée des Etats-Unis dans une déflation de longue durée.”
    “Sous ses aspects combinés financiers, économiques, sociaux et politiques, la dynamique de la crise américaine, reste parfaitement imprévisible. Multiforme, c’est elle qui, plus que tout autre, va rythmer la poursuite de la crise du capitalisme financier.”
    F Leclerc, le 14 aôut…

  • 15 August 2010 à 20h47

    Zyx dit

    Bof, de quelle dette parle-t-on? De la dette fédérale, de la dette des états, de la dette des particuliers? De la dette des entreprises? Et s’il s’agit de la dette fédérale, parle-t-on de la dette nette? Les américains sont débiteurs mais ils sont aussi créditeurs vis-à-vis d’autres pays. Notons que 14,7% du PNB imposée par l’Etat fédéral en guise de pression fiscale c’est très peu. Rappelons que l’Etat français ponctionne l’équivalent de 55% du PNB à ses agents économiques. La dette américaine est élevée parce que la fiscalité y est très faible et elle s’est allége considérablement au cours des trois dernières décennies. Ce qui a été rendu possible par le pacte tacite conclu entre les Etats-Unis et le reste du monde ; Les USA maintiennent une fiscalité faible et s’endettent pour consommer sans limite ce qui booste les importation. Personne à ce jour, et surtout pas les japonais, les coréens ou les chinois, n’y a trouvé à redire. Les Etats-Unis sont certes très endettés mais ils peuvent aisément rééquilibrer leur budget en mettant fin à leurs aventures militaires et payer leurs dettes en relevant leur taxes. Une TVA de 10% imposée sur 10 ans suffirait à remettre les finances américaines à l’équilibre. Et tôt ou tard, le consensus politique pour l’appliquer finira par s’imposer. Le modèle de formation du PNB américain aura alors évolué pour ressembler à un modèle plus européen. La consommation qui représente aujourd’hui 75% du PNB US (contre moins de 50% dans les économies européennes) perdra de son importance mais, les importations en pâtiront gravement. Les premiers à se faire du souci pour le futur de la dette américaine devraient être les chinois.

  • 15 August 2010 à 18h30

    fatback dit

    Michel,
    Le quantitative easing n’est pas (mais pas du tout) financé par des T-bonds (qui sont émis par le trésor américain, pas par la Fed), il est financé par la planche à billet et ne génère donc aucune dette.
    .
    Je réitère donc : la Fed peut continuer à injecter autant de liquidités qu’elle le souhaite.
    .
    (Soyons logique un instant voulez vous ? Par exemple, la semaine dernière la Fed de NY a annoncé qu’elle allait acheter $18 milliards de Treasuries : quelle logique y-a-t-il à financer le rachat de ces obligations par l’émission de nouveaux titres similaires ?)

  • 15 August 2010 à 17h54

    Michel Santi dit

    nous ne sommes vraiment pas d’accord …
    quand vous parlez de baisser des Fed Funds qui sont déja à quasiment zéro, je parle de baisses de taux quantitatives = des achats – par la Fed – de papiers valeurs qui n’ont pas été initialement émis par elle. Achats effectués dans le but d’injecter des liquidités dans un système paralysé afin de tenter de relancer la macine. Achats qui ne peuvent être financés QUE par la vente de T Bonds.

  • 15 August 2010 à 14h46

    fatback dit

    Michel,
    Quand vous écrivez injecter des liquidités, vous faites référence à une action de la banque centrale qui consiste à baisser ses taux directeurs – en l’espèce les Fed Funds – afin d’amener les banques commerciales à s’approvisionner en monnaie centrale (M0) et à les injecter dans l’économie en espérant que le multiplicateur monétaire permettra de démultiplier cet effet sur les autres agrégats monétaires (M1, 2, 3, 4).
    Cette opération ne nécessite – à aucun moment – que l’état américain ne créé le moindre centime de dette. Imprimer un dollar, ça ne coûte virtuellement rien.
    C’est ce qu’on appelle de la fiat money : elle ne repose sur rien – ni métaux précieux, ni besoins économiques. Elle est créée ex-nihilo par une banque centrale.
    L’état américain peut, sans aucune limite, créé autant de dollar qu’il le souhaite.

  • 15 August 2010 à 14h00

    Michel Santi dit

    @ fatback.
    vous écrivez : “Rien ne limite la capacité de l’état américain à injecter – via la Fed – autant de liquidité qu’il le souhaite”

    c’est seulement vrai tant qu’ils trouveront des acheteurs pour leurs bons du Trésor…

  • 15 August 2010 à 11h37

    fatback dit

    « Accessoirement, ces chiffres relativisent les débats quant au bien-fondé de l’adoption de mesures stimulatoires supplémentaires car ce pays ne peut tout simplement plus se payer le luxe de la moindre injection de liquidités! »
    .
    Huh ?
    .
    Rien ne limite la capacité de l’état américain à injecter – via la Fed – autant de liquidité qu’il le souhaite si ce n’est un éventuel dérapage de l’inflation. Or, étant désormais phénoménalement endettés, il est assez probable que l’administration Obama accueille cette inflation avec … disons … bienveillance.

  • 15 August 2010 à 8h26

    Roba dit

    Grande découverte! On sait pourtant que quasiment tous les pays dits développés sont en état de faillite virtuelle puisqu’ils ne savent pas rembourser leurs dettes. Pourquoi s’en étonner? C’est la logique du capital selon la novlangue orwellienne: la richesse, c’est la dette.
    En 1989, on a renversé le dictateur roumain Ceaucescu. Une des raisons invoquées: la Roumanie n’était pas endettée.
    Les USA, soucieux d’écouler leurs produits, ont toujours voulu détruire les états autarciques. D’où la haine du Nord contre le Sud dans la Guerre Civile ou le désir d’intervention des USA dans la Seconde Guerre pour briser un IIIe Reich visant à l’autonomie.

  • 15 August 2010 à 7h59

    jerome dit

    Cela signifie que le FMI prend en compte la dette reelle des USA, retraites et companie inclues, et que pour y faire face il faudrait un excedent budgetaire de 5% pendant tres longtemps.

    Quand a la “relance” – les politiques keynesiennes sont erronees aussi bien en theorie que dans la pratique. La relance ne sert a rien, c’est juste de l’argent jete par la fenetre. Ne rien faire aurait ete une bien meilleure politique, mais impossible pour des politiciens evidemment.