Défense d’urner

Publié le 29 novembre 2009 à 11:37 dans Brèves

Le président du Honduras, Manuel Zelaya, a commis deux fautes de goût aux yeux du nouvel ordre mondial : il a un beau chapeau blanc et il fait partie de la bande à Chavez. Résultat, il y a cinq mois, un putsch qui sentait bon les seventies et la CIA l’a renversé alors qu’il se préparait à gagner un referendum. La communauté internationale, et en particulier les USA, ont condamné ce coup d’état avec de grosses larmes de crocodile. Après un exil et un retour rocambolesque dans son pays, via l’ambassade du Brésil où il est réfugié depuis fin septembre, il va vivre une expérience jamais vue pour un chef d’état : assister aux élections générales (présidentielles, législatives, municipales) qui vont se dérouler ce 29 novembre sans pouvoir y participer. Il a appelé ses partisans au boycott mais le fantôche mis en place à la tête du Honduras par les militaires a prévenu que “le vote est une obligation constitutionnelle.” On en est pour l’instant à une vingtaine de personnes exécutées et trois mille arrestations. L’urne ou le cercueil, en quelque sorte.

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  • 2 December 2009 à 0h31

    Ilex dit

    J’espère qu’Elisabeth Lévy n’ira pas à nouveau défendre sur un plateau de télé des infos apportées par Leroy. En l’occurrence, comme cela a déjà été dit, Zelaya a été empêché de nuire par la force publique car il prétendait passer outre une interdiction par la Cour Suprême hondurienne d’un référendum visant rien de moins que de procéder à l’élection d’une Constituante pour faire disparaître la clause de la Constituion qui non seulement interdit de se réprésenter mais prohibe tout amendement de cette interdiction. Et il a été remplacé par la personne désignée par la constitution pour ce faire. Enfin, l’élection présidentielle s’est déroulée à la date fixée par la loi entre des candidats désignés lors de primaires tenues bien avant le départ de Zelaya. L’intérimaire n’en faisait pas parti et n’était donc pas candidat.
    Qui a respecté l’Etat de droit ?
    Au fait, depuis quand un communiste non-repenti tient-il la chaire de droit constitutionnel de notre institution ?

  • 1 December 2009 à 13h22

    Jean dit

    Mais que penserait de tout ça l’auteur du “18 brumaire de Louis Bonaparte” ?

  • 1 December 2009 à 0h30

    jérôme leroy dit

    “tapette constitutionnaliste de centre gauche”: là, je suis bien obligé de saluer l’artiste.

  • 1 December 2009 à 0h11

    Gaétan Brunoy dit

    Mais Leroy, je le sais bien, moi, que vous n’êtes pas démocrate. Ce que je vous reproche, c’est de venir pleurnicher au nom des principes démocratiques, parce que le putsch de Zelaya a raté.

    Il faut choisir, mon vieux : quand on aime la virilité du coup de force, on ne vient en appeler au respect des textes comme une tapette constitutionnaliste de centre gauche, adepte de la démocratie formelle.

    Quant à votre commentaire éploré sur le référendum anti-minaret, ça m’amusera toujours de voir un faux communiste défendre le pire des obscurantismes religieux.

    Et ça prétend être de la tendance Gérin, ça… Allez donc pointer chez le petit facteur LCR, ça vous ira mieux au teint.

  • 30 November 2009 à 19h56

    Jérôme Leroy dit

    J’ai connu bien pire, mais vraiment bien pire comme insulte. J’aime tous les referenda, sauf en Suisse où ils sentent des pieds comme un trop vieux gruyère

  • 30 November 2009 à 19h49

    Jean dit

    Vraiment n’importe quoi. Zelaya était en train de bourrer copieusement les urnes pour un référendum anticonstitutionnel, il a été démis de ses fonctions sur ordre de la cour suprême et du parlement.
    Si j’ai bien compris, donc, quand il y a conflit entre l’exécutif d’un côté et le législatif et le judiciaire de l’autre, c’est l’exécutif qui a raison, même quand ce qu’il fait est complètement illégal.
    Bravo Leroy, vous êtes un vrai gaulliste.

  • 30 November 2009 à 18h15

    nadia comaneci dit

    Gaétan, séparation stricte des pouvoirs ET élection des dirigeants sont les mamelles de la démocratie. Je ne pense pas du bien des referendums en général (contrairement au général, vous savez, le grand, qui nous en mis une dose en 58 à l’article 11), mais s’ils sont autorisés par la Constitution démocratiquement élaborée et votée par la peuple à la majorité, je ne vois pas une seconde ce qui aurait pu empêcher Zelaya d’y avoir recours.

  • 30 November 2009 à 17h51

    Jérôme Leroy dit

    Vous dites ça, Brunoy, mais vous savez, moi je suis très moyennement démocrate, enfin ce qu’entend par démocrate le système techno marchand.
    Trop confiant, Zelaya, vous avez raison: il lui aurait suffi de provoquer cinq ou six suicides ou accidents de la route chez les crapules de l’état-major et le problème était réglé.

  • 30 November 2009 à 17h22

    Gaétan Brunoy dit

    De façon générale je suis effaré d’être obligé de rappeler que la démocratie tient moins à l’élection des dirigeants qu’au respect d’institutions organisant la séparation des pouvoirs et limitant la puissance de l’exécutif par des contre-pouvoirs solidement établis.

    Il ne suffit pas à Chavez d’être élu pour être un démocrate. Je rappelle que Napoléon III était élu à 90% des voix lors de vrais scrutins ouverts.

    Pour que Chavez mérite le titre de démocrate, il faudrait qu’il arrête de fermer des médias d’opposition, par exemple, ou de faire main basse sur les avoirs économiques de son pays pour mieux acheter les voix des pauvres.

  • 30 November 2009 à 17h09

    Gaétan Brunoy dit

    @Nadia

    Mais oui, Nadia, si Sarkozy commençait à violer la constitution (ce qui semble impensable dans un pays comme la France), il faudrait bien qu’il soit destitué d’une façon ou d’une autre. Je ne sais pas si nos procédures prévoient un renversement par le Sénat, la Haute Cour ou le Conseil constitutionnel mais dans tous les cas il faut bien un instrument pour que force reste au bon droit.

    C’est ce qui s’est passé au Honduras où l’armée, une fois Zelaya renversé, a remis le pouvoir exécutif à un civil, Micheletti, à titre temporaire, pour l’organisation d’une nouvelle élection. On ne peut donc parler de putsch militaire puisque l’armée n’a pas gardé le pouvoir. Et l’élection a été remportée haut la main dans cette belle journée d’hier par un candidat conservateur, tout est donc rentré dans l’ordre, la démocratie honodurienne est sauvée.

  • 30 November 2009 à 12h26

    Valdo dit

    C’est vrai que les putschs de la CIA en Amérique du Sud, ce n’étaient que des “images d’Epinal ” de l’Humanité dimanche, et que l’instauration des dictatures dePinochet et Videal, entre autres, n’étaient que de la propagande du KGB. et puis, le peuple, c’est formidable de lui demander son avis sur des affaires vitales, comme les minarets en suisse, mais pour la prolongation de mandat d’un président, c’est scandaleux.

  • 30 November 2009 à 12h13

    ZapPow dit

    @ rocardo
    Marx n’a rien à y voir, et vous avez raison, un référendum non prévu par la constitution est illégal. Mais est-il illégitime ? Après tout, dans une démocratie, le peuple est censé être souverain, donc, est-il illégitime de lui demander son avis ? Et peut-on appeler cela un coup d’état ?

  • 30 November 2009 à 8h40

    rocardo dit

    Un référendum est illégal,s’il n’est pas prévu par la constitution.Mais pour les marxouillous allergiques au droit,c’est incompréhensible.

  • 29 November 2009 à 23h51

    nadia comaneci dit

    Saul, j’avais oublié de te rappeler que le consulat honoraire de Roumanie t’oblige à une totale neutralité.

  • 29 November 2009 à 23h37

    Saul dit

    d’ un coté faire exprimer le peuple est considéré comme populiste ( la dernière étape avant facho )

    Nadia,
    ” vous imaginez notre Conseil Constitutionnel, éminent réceptacle de personnalités incontestables, donner l’ordre de renverser le président démocratiquement élu ? ”

    y’ a une idée à creuser…. : )

  • 29 November 2009 à 23h24

    ZapPow dit

    C’est vrai qu’organiser un référendum pour modifier une constitution c’est un véritable coup d’état.

  • 29 November 2009 à 23h05

    nadia comaneci dit

    Dites moi Gaétan, vous imaginez notre Conseil Constitutionnel, éminent réceptacle de personnalités incontestables, donner l’ordre de renverser le président démocratiquement élu ? Non ? Moi non plus. A l’évidence, au Honduras tout est possible.

  • 29 November 2009 à 22h53

    Saul dit

    Gloupsss,
    disons qu’ apparement vous n’ avez pas saisi l’ ironie du commentaire de Leroy…
    la lecture de son billet en breve ne laisse aucun doute

  • 29 November 2009 à 22h38

    Gloupsss dit

    Saul

    Commence a m’gonfler ce deuxième , troisième degré …Préfère parler d’ironie , d’insolence qui n’auront échappé à personne ! La dérision ne corrompt ni n’altère la pensée d’une personne ! Bien au contraire …Pensée juste amplifié avec ou sans légèreté .