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De la violence en Amérique

Entretien avec Xavier Raufer

Publié le 20 décembre 2012 à 9:30 dans Monde

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raufer armes newtown

Gil Mihaely : La récente tuerie dans l’école primaire de Newtown relance le débat sur le contrôle des armes à feu. La disponibilité de ces armes, notamment des armes de guerre, explique-t-elle ces épisodes meurtriers ?

Xavier Raufer : La dernière tuerie en date n’a “relancé le débat sur le contrôle des armes à feu” que dans les médias et, de façon factice, chez des politiciens américains incapables de résoudre ce problème. À ce propos, il est inquiétant que sans exception, les grands médias d’”information”, quotidiens, radios, télés, énoncent ensemble, au même instant et sans nulle nuance, précisément la même idée, formant ainsi une vaste Pravda collective.

GM : Même si certains médias le manipulent, le problème existe…  

XR : Oui, et pas seulement aux Etats-Unis ! Mais pour les médias c’est toujours la même rengaine : les tueries entre gangsters à Marseille ? Les Kalachnikov ! On n’en sort pas. Les massacres de masse aux Etats-Unis : les armes ! Rien d’autre. Or les armes ne tuent jamais – une kalachnikov posée sur la table prend juste la poussière – ce sont ceux qui en usent : gangsters à Marseille, bombes humaines aux Etats-Unis, qui posent problème. Mais non : la fascination médiatique pour la quincaillerie est absolue.

 GM :  Des lois plus restrictives voire la « prohibition » des armes à feu ne feraient-elles pas baisser le nombre de tueries aux Etats-Unis ?

XR : Dans l’affaire des massacres de masse aux Etats-Unis, le paramètre des armes n’est ni l’explication, ni la solution. Que les médias d’information s’interrogent : pourquoi n’y a-t-il absolument aucun massacre de masse au Brésil et au Mexique, qui comptent vingt fois plus d’armes incontrôlées que les Etats-Unis ? Un autre phénomène devrait nous interroger : des massacres dans des écoles surviennent parfois en Chine – mais sans armes à feu, plutôt avec des explosifs ou des armes blanches.

GM :  Certes, mais la disponibilité des armes à feu n’augmente-t-elle pas la gravité des autres crimes ?

XR : Bien sûr. Dans West Side Story, les bandes s’expliquent à coups de couteaux. Que ce soit désormais à l’arme de guerre ne fait aucun bien aux statistiques criminelles.

GM : Si ce n’est pas la disponibilité des armes, quel est donc le facteur déterminant dans les tueries de masse aux Etats-Unis ?

XR : Ce qui provoque ces massacres aux Etats-Unis ne tient pas à l’accessibilité des armes – qui est à l’évidence, un facteur aggravant – mais à l’essence de la société américaine en général, au psychisme de quelques individus en particulier. Esquissons une comparaison avec un drame psycho-social français : l’alcoolisme. Ce phénomène est très profondément enraciné, terriblement long et difficile à réduire. Pour autant, l’alcoolisme est-il réductible à la seule accessibilité de l’alcool ? Vous avez vu, les Etats-Unis et la prohibition ? Voilà ce qu’il faut méditer, au lieu de s’hypnotiser sur des outils homicides.

GM : L’existence de bombes humaines désocialisées comme Adam Lanza, le tueur de Newtown, est-elle un phénomène spécifiquement américain ?

XR : Là est le sujet. Pratiqué par des solitaires frustrés ou enragés, éduqués mais coupés de la société, le massacre de masse peut s’appuyer sur un prétexte idéologique ou millénariste. Certains vont aussi prendre pour objet phobique une école, des minorités, etc.

Mais l’origine psychologique n’est pas garantie : parfois, la biologie s’en mêle. Le premier massacre de masse moderne – 15 morts, 32 blessés – est perpétré en août 1966 à l’Université d’Austin (Texas) par Charles Whitman, 25 ans. Abattu par la police, Whitman évoque dans son testament d’étranges élans homicides. Son autopsie révèle une grosse tumeur dans un secteur cérébral régulant l’agressivité.

À ce jour, ces massacres de masse prennent l’ampleur d’un phénomène de société dans des pays riches marqués par un « protestantisme sociologique » provoquant un conformisme et une bienséance insupportables. Toute expression forte ou dissidente y fait horreur. Toute négativité en est bannie : les églises n’y montrent plus le Christ crucifié – odieuse vision d’une incorrecte torture. Exemple : l’Amérique blanche suburbaine du Colorado où, en 1999, deux élèves du lycée Columbine abattent 13 de leurs condisciples et en blessent 32, avant de se suicider. Désormais, Newtown.

GM : Une société trop policée est donc criminogène ?

XR : Evidemment ! L’être humain n’est pas un robot. L’homme jeune est aventureux, souvent outrancier de propos ou d’actes (“il faut bien que jeunesse se passe”…). Etouffez-le dans le politically correct et la bienséance gnan-gnan – vous aurez inévitablement 999 moutons bêlants – et une bombe humaine. Tout ca est su depuis des siècles – Pascal : “Qui veut faire l’ange, fait la bête” – mais plus présent dans la culture catholique que protestante – sans doute l’une des origines profondes de toute l’affaire.

GM : Dans les exemples que vous avez cités plus haut, les tueurs sont de jeunes hommes blancs. Peut-on établir le un profil de ces « loups solitaires » et des communautés ou des lieux qu’ils risquent de prendre pour cibles ?

XR : Impossible. Le FBI  essaie depuis vingt ans d’établir un profil dans l’”active Shooter phenomenon” sans que cela ne donne rien. Des individus solitaires, d’apparence sombre et mutique, blancs, mâles et jeunes – il y en a  vingt millions aux Etats-Unis, pouvant aussi bien être sujets à une sévère rage de dents, à une psychose homicide ou à un chagrin d’amour…

GM : Outre Atlantique, les faits divers, la télévision et le cinéma semblent illustrer une certaine obsession américaine pour le meurtre. Comme l’expliquez-vous ?

XR : L’acte fondateur des Etats-Unis, c’est la Guerre de sécession. Or, loin des superbes batailles bien rangées, des charges de cavalerie du général Lee, ce fut à 90% une atroce guerre de voisinage, terriblement sanglante et durable. Songez qu’elle s’achève en 1865 et qu’en 1882 encore, le soldat sudiste Jesse James braque toujours des banques, explicitement au nom de la “Lost Cause1 (sudiste) !

Avant cette guerre, il n’y avait que peu d’armes aux Etats-Unis. Le nécessaire pour les ours, les pumas – ou les Indiens. Que vos lecteurs anglophones lisent les deux fascinants livres mentionnés ci-après, ils seront édifiés2. Ces massacres ont donc pour origine un séculaire traumatisme originel. L’arme à feu, la mort, sont enfouis au plus profond de la psyché américaine. Réduire ce drame à une simple affaire de quincaillerie est quand même désolant.

  1. La cause perdue
  2. Daniel E. Sutherland, « A savage conflict », UNC Press NC, USA 2009 et T.J. Stiles, « Jesse James, last rebel of the Civil War », Vintage, NY, USA, 2007
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A lire sur Causeur.fr

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  • 5 Janvier 2013 à 23h09

    botnikbot dit

    Sans vouloir être désobligeant, Mr Raufer semble encore une fois se fourvoyer dans ses élucubrations.

    Si son constat sur les moindres morts par armes au bresil est pertinent, il oublie le matraquage ultra violent de la “culture” hollywoodienne.

    Un enfant de 10 ans aux USA a déjà été exposé à des centaines de meurtres et autre tortures…

    Sans parler du fait qu’il n’y a qu’aux USA que les armes de combat sont accessibles à tous sans limitation de puissance ni de munition.
    Mr Raufer on est loin de la quincaillerie. Il s’agit d’armes créées non pour se défendre pour tuer massivement lors de guerre.

    Un peu de mesure et de connaissance du terrain seraient les bienvenues dans cet article.

  • 29 Décembre 2012 à 21h59

    Ligure dit

    Puisqu’il faut quand même évoquer des mesures (préventives de préférence) rendant moins probable la ré-occurrence ….. doit-on tenter d’agir sur un maillon faible, instable et imprévisible, ce fameux “solitaire frustré”?
    Ou bien peut-on forcer la collaboration des acteurs économiques solvables et rationnels que sont les fabricants d’armes et les distributeurs en facilitant leur mise en cause systématique au même titre que les acheteurs dans chaque incident?
    Dans ce second cas, l’objection habituelle est l’absence de traçabilité du marché de l’occasion qui rend impossible l’identification du propriétaire actuel de la plupart des armes… mais qu’importe si on peut remonter au dernier détenteur enregistré assez imprudent pour se débarrasser d’une arme sans en déclarer la vente, ainsi qu’au fabricant? Il me semble que la perspective d’énormes indemnités à verser à chaque victime devrait susciter une vague d’auto-contrôle par les premiers intéressés, les marchands.

  • 25 Décembre 2012 à 13h46

    Paris-soir dit

    D un americain que Xavier Raufer connaissait bien

    BIEN VU BONNESOUPE (il comprendra)

  • 21 Décembre 2012 à 15h42

    Pierre Jolibert dit

    L’orgueil étant aussi fort chez moi que la paresse, je me permets de recopier ceci ici (quelques retouches quand même) :
    « Mangouste 1, en déviant un peu, je me permets de confronter nos avis, à partir d’un fait pas trop éloigné du sujet. Soit : une tuerie dans un lycée d’un bled quelconque d’un État quelconque des États-Unis (imaginaire, un cas d’école, quoi). Qu’ont à nous dire là-dessus les 4 causes d’Aristote ?
    CAUSE MATÉRIELLE : la tuerie se fait avec des armes à feu, qui sont faciles à trouver, parce qu’on est aux États-Unis etc. le lobby pro-armes et Charlton Eston, etc. La cause préférée de Michael Moore. Supprimons les armes à feu en amendant l’amendement qui les couvre, et il n’y aura plus de tuerie.
    CAUSE FORMELLE : à quoi ressemble cette tuerie ? Dézinguer tout ce qui bouge, et qui surgit de tous les côtés et cherche à s’enfuir, en plus des cibles choisies à l’avance : on est dans un jeu vidéo shoot them up, ou un film imitant cela. La cause préférée des jansénistes antividéo. Ce sont ces affreux jeux qui rendent nos enfants comme ça. CAUSE EFFICIENTE : La première cause de la tuerie, c’est le tueur. D’ailleurs, ce qu’il y a de commode avec ce genre de tueurs, c’est qu’ils expliquent tout à l’avance : journaux, blogs, etc. Du genre : ils vont tous payer, oui, ils vont tous payer, ah on se moquait de moi, ah on me négligeait, ah on me traitait, ils vont voir, tous, j’ai fait une ligue avec Calimero, Carrie la Rousse, Kurt le Gaucher et Vickie la Victime, et on a trouvé des armes facilement, grâce à mon oncle Jed, ce crétin de tireur amateur républicain pédé refoulé (voir CAUSE MATÉRIELLE), et ils vont tous voir, tous, les sportifs, les filles qui sortent avec les sportifs, les gens épanouis, et les profs, surtout eux, les humanitaires compatissants qui font semblant de nous comprendre, surtout la Mrs Leftwing, avec ses séances prévention farcies de films de ce blaireau de Michael Moore (voir CAUSE MATÉRIELLE), la gueule qu’elle va tirer quand elle va voir Calimero sortir le canon scié de dessous l’imper, MdR, mais non, faudrait l’épargner celle-là, sera parfaite demain à la télé quand il faudra dire « Mais je ne comprends pas, ils étaient bons élèves, un peu timides et introvertis c’est vrai, mais ils commençaient à bien s’intégrer à leurs groupe-classes, surtout Carrie qui était très motivée par le projet Puberté & Vivre-ensemble, alors pourquoi ? Pourkwaaaaaaahhhhhhh ? » Bon, là je me suis un peu laissé aller, et j’ai débordé sur la
    CAUSE FINALE : être vu à la télé. Cause préférée des jansénistes antitélé (voir CAUSE FORMELLE).
    En fait, mon puritanisme anti-causalité vient peut-être du fait que dans les sciences humaines [qui ne sont pas des sciences, voir débat avec sausage] les plus bavards et les plus en vue ont une énorme tendance à insister sur les causes les plus extérieures au fait. Ma cause préférée est la cause efficiente qui, doublée de la finale, rejoint encore et toujours l’inusable schéma girardien, car R. Girard a le grand avantage de pouvoir dire : Tout est là, sous nos yeux, clair et limpide, pas besoin de chercher ailleurs (si ce n’est dans les formes d’expression qui parlent en fait de cela en long et en large : romans de S. King, comics et produits dérivés sur les X-Men et tout ça). C’est peut-être cela que j’ai tort de ne pas reconnaître comme “cause”, mais que j’aime étant donnée sa nature tautologique. Un Pourquoi qui se condense en un Quoi. Mais il y a plus : les bavards bien en vue aiment les causes les plus extérieures car elles ont la vertu d’innocenter la cause efficiente (le tueur) et d’incriminer autre chose ; eux-mêmes sont motivés par leur cause finale : rester bien en vue, et prendre le pouvoir, si possible. Mais ne jetons pas la pierre, personne n’est à l’abri de ça. Au demeurant, en plus de l’intérêt vif que je porte à ce sujet depuis Littleton et le ramassis de conneries que le massacre avait immédiatement suscité dans la presse française (bon j’exagère, mais je me rappelle un article de quelqu’un dans le Figaro qui nous mettait en garde contre l’antisportisme, substantif aussi prometteur que les composés de -phobie, mais qui n’a bizarrement pas pris), c’est une très bonne parution récente qui m’inspire : article du sociologue David Le Breton, “Sur les massacres scolaires”, Le Débat n° 166. »
    ajouts : tout est condensé dans l’expression “solitaire frustré” utilisée au dessus par M. Raufer. Et quand on vu la gueule du Lanza en question sur la photo qui circule en boucle, tout est dit.
    Ceux qui croient résoudre le problème par plus d’armes encore sont, autant que les pénibles adulateurs de M. Moore, des victimes de la cause matérielle. De façon générale, ceux qui parlent sérieusement de “problèmes” à “résoudre”… mais enfin : une loi interdisant le port d’armes aux garçons frustrés et introvertis et à leurs familles, peut-être ?

    • 21 Décembre 2012 à 16h54

      Mangouste1 dit

      Sans m’incliner sur l’utilité de trouver des causes, je vous réitère ma plus sincère gratitude pour ce morceau de bravoure, Pierre… et j’avoue avoir été au moins autant agacé que vous par les réactions panurgistes se focalisant sur la “cause matérielle” avant même que les cadavres des pauvres gosses abattus soient froids.

      ah oui, autre chose : les sciences humaines, malgré tous leurs défauts, méritent tout de même le titre de sciences à mes yeux : elle cherchent, elles aussi, par leurs techniques et concepts, à expliquer le monde dans lequel nous vivons – et y parviennent à l’occasion. Mais ce sont, il est vrai, des disciplines où l’erreur et le charlatanisme sont légions. Rien de parfait sur cette terre, hélas!

      • 21 Décembre 2012 à 16h58

        Pierre Jolibert dit

        Salut à vous Mangouste1,
        désolé, les considérations sur cause et sciences sont inopportunes ici mais je ne pouvais pas les enlever…
        et je vous rejoins bien volontiers sur ce que vous dites là, c’est moi qui m’incline, d’autant que Girard n’en démordrait pas : ce qu’il fait, pour lui, c’est de la science humaine ; c’est aux faux modestes de dire : oh non ce n’est pas là science, et aux mauvaises langues de rire en voyant jusqu’où l’orgueil peut aller.

      • 21 Décembre 2012 à 17h20

        Mangouste1 dit

        Mais je vous en prie,

        Je pense souvent à la discussion que nous avions eue naguère, et sans vous flatter vous m’avez appris quelque chose : savoir apprécier l’évènement avant de chercher à l’expliquer. Merci, sincèrement.

        J’apprends à ma fille à chanter “Douce nuit”, et je vous dis un mot sur Moore. 

    • 29 Décembre 2012 à 21h56

      Ligure dit

      Un peu long, mais tout y est. Excellent.

  • 20 Décembre 2012 à 18h55

    Bibi dit

    We Know How to Stop School Shootings

    Le seul facteur réduisant les tueries de masse est la loi autorisant le port dissimulé d’armes. Sachant qu’il risque de se trouver en présence de porteurs d’armes, le tueur y pensera à plusieurs reprises et, s’il choisit d’opérer quand même, son acte risque de faire peu ou pas de victimes.
    Il me semble que c’est valable aussi pour les Chahids.

  • 20 Décembre 2012 à 14h49

    Chabert dit

    Les réflexions de M. Raufer sont frappées au coin du bon sens; il n’en malheureusement jamais écouté.
    Lui sait bien que nous allons, en France, droit dans le mur. Il tire la sonnette d’alarme depuis des années. Il appelle un chat un chat mais il s’agit bien d’un prêche dans le désert!
    Le réveil sera bien douloureux… 

  • 20 Décembre 2012 à 12h36

    saintex dit

    Rendons à Patrick ce qui est à Patrick. La France est peu protestante, et la chape de plomb y existe aussi. Elle est même résolument laïque et explicitement mortifère. Eva Joly comme Terra Nova nous expliquent ouvertement que “nous” devons disparaître.
    Comme le dit l’auteur, le phénomène est connu depuis longtemps. Bien au-delà de la préparation au carême, le carnaval avait volontairement fonction de soupape. Tout comme ce rôle était consciemment dévolu, en partie, au bizuthage. Et que dire de la corrida. Celà n’empêche pas que sont arrivées les interdictions, basées sur la protection d’une infime partie de la population, et sans tenir compte de l’impact sur l’immense majorité privée de ces soupapes L’individu a pris le pas sur le groupe..
    Et au-delà de la repression, je trouve que l’auteur n’insiste pas assez sur son traitement. Celui qui s’éloigne du droit chemin doit non seulement être puni selon une loi, mais livré à la vindicte et juste courroux de l’indignation populaire. L’exemple le plus abouti est la haie de déshonneur que personnellement j’ai découvert avec DSK et effroi. Mais elle fut validée par bon nombre, voire une majorité de Français.Les fumeurs sont passés de victimes à assassins, la voiture est devenue une arme et la permanence sur nos têtes des heures les plus sombres ne nous permet plus de voir le soleil dans un maëlstrom godwinesque. Ou comme le dit Steed, le féminisme est devenu castrateur, la galanterie stigmatisante.
    Jésus décloué, et peu importe au nom de quoi, ne peut plus jouer le rôle de bouc émissaire. L’expression commune du bouillonement est interdite. Restent les parcs à thème et les tueries de masse.

  • 20 Décembre 2012 à 10h57

    steed59 dit

    Article très interessant. Dommage que l’auteur oublie de signaler le poids écrasant du féminisme castrateur dans la société protestante (UE, europe du nord), qui a mon avis est tout autant générateur de jeunes tueurs en série mâles. Les grecs anciens le savaient déjà. SI vous tuez la pulsion Eros, c’est la pulsion Tanatos qui prend le relais.

    • 20 Décembre 2012 à 16h08

      LeCapitaine dit

      Juste pour savoir, vous pensez à quoi précisément?

      Les mains aux fesses des secrétaires?
      L’inégalité salariale?
      Le principe de “chef de famille”?

      • 21 Décembre 2012 à 16h47

        Mangouste1 dit

        Mmmmm, le grand soin pris à transformer les hommes en gonzesses – je n’ai pas dit en femmes, peut-être : sensibles pour ne pas dire chialeurs, soucieux de garder une peau de bébé grâce aux crèmes ad hoc, interdits de jouer du poing quand on les fait chier, papa-poules dont les talents de talqueurs ne le disputent qu’à ceux de chanteurs de berceuses…

        Non, vraiment, on ne voit pas ce que vous voulez nous dire, Steed.

  • 20 Décembre 2012 à 10h01

    michelg dit

    De la démocratie en Amérique était une grille de lecture de la démocratisation et de la montée de la passion égalitaire en France. De la violence en Amérique est-elle une analyse de germes français ou, là, le phénomène est-il plus spécifiquement étatsunien, comme la conclusion le laisse à penser ? Dans ce cas, le titre aurait été un peu gâché !