De la démocratie dans le Luberon
Jean-Pierre Le Goff raconte l’avant 68 dans un village provençal
Publié le 07 décembre 2012 à 18:00 dans Culture
Mots-clés : Jean-Pierre Le Goff, La fin du village

Jean-Pierre Le Goff occupe une place tout à fait singulière dans la vie intellectuelle française. Il a une œuvre de sociologue tout à fait considérable et admirée par beaucoup de bons esprits mais, peu présent dans les médias, il reste assez marginal dans les institutions académiques, sans doute parce qu’il a choisi de consacrer sa vie à une tâche aujourd’hui oubliée – l’éducation ou l’Université populaire, telle qu’on pouvait la concevoir au début du XXe siècle. Il anime l’association Politique autrement, qui joue un rôle en fait considérable dans la vie intellectuelle française par les débats qu’elle organise, mais qui offre aussi à ses adhérents des séminaires de formation philosophique et politique du plus grand intérêt. Il y a du Pelloutier chez cet homme chaleureux et modeste, dont la culture fondamentalement libertaire réunit sans difficulté apparente le goût de l’excellence et l’amour de l’égalité ; il y a aussi du Péguy chez ce républicain qui ne se reconnaît pas toujours dans la démocratie d’aujourd’hui – mais qui est néanmoins plus raisonnable et beaucoup moins amer que l’auteur de Notre jeunesse.
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Jean-Pierre Le Goff, La fin du village, Gallimard
*Photo : Hannah Assouline.
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Causeur n° 53Novembre 2012

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7MONCHERETBEAUPAYS dit
c’est en raison de la tradition démocratique du Lubéron que les bourgeois plein de fric socialo-communistes ont colonisé ce beau terroir….il fallait y penser, effectivement…
mavichavel dit
J’ai la plus grande estime pour J.P. Le Goff que j’ai découvert en lisant sa ” Barbarie douce”. Ce livre, qui analyse l’influence, sur l’école, de l’ingénierie des relations humaines dans l’entreprise, m’a donné un goût très vif pour les travaux de ce sociologue d’une espèce rare. Il se situe en effet délibérément à l’écart des modes, ne dédaigne pas d’encourager ceux qui se battent dans l’obscurité et ne pratique jamais la pensée automatique.
Son dernier ouvrage semble en être une parfaite expression.
Que Philippe Raynaud soit donc remercié pour cet article.
Jipai dit
Georges Suffert, en 1974 dans «les intellectuels en chaise longue» évoquait avec ironie le Lubéron et les avions dont les appareils de mesure s’affolaient lors de son survol en raison de la densité de piscines qu’on y trouvait déjà.
luculus69 dit
ah bon vous parlez de quel Luberon..celui de Druker..Lang..Guisgou et tous ces socialo friqués !!
Jipai dit
Jean Fourastié dans « Trente Glorieuses ou la révolution invisible 1946-1975»évoque les évolutions économiques, sociales culturelles au travers de deux villages Madère et Cessac que tout oppose, et qui en fait n’en constituent qu’un seul à deux époques différentes. Pascal Dibie dans «le village retrouvé» et «Le village métamorphosé» est dans le même registre. Il y a aussi H Mendras et « La France que je vois» et «Français comme vous avez changé».
Je recommande le précédent ouvrage de JP Le Goff, «La gauche à l’épreuve 1968-2011» paru l’an dernier, à lire ou relire, certains constats sont particulièrement d’actualité.
Guenièvre dit
Très discret c’est vrai J.P.Le Goff. Mais très intéressant, aussi bien dans ses ouvrages que pour l’association qu’il anime !
Marie dit
J’ai entendu Le Goff dans l’émission de Finkie il y quelques semaines.