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De Baader à Badiou, une certaine idée de la Gauche

Face au grand retour du radical-chic, le PS ne tranche pas.

Publié le 24 novembre 2008 à 14:02 dans Politique

Il est des coïncidences qui ne doivent rien au hasard. La sortie d’un film qui renvoie aux années de plomb en Allemagne, le retour d’une ultra gauche révolutionnaire sur les lignes de TGV autant que le congrès du Parti socialiste français, clignotent comme des signaux annonciateurs d’un mouvement dans le paysage idéologique ; et pour cause : si la gauche parlementaire, en l’occurrence le PS, voulait donner d’elle-même de bonnes raisons d’être repoussante, elle ne s’y prendrait pas autrement. Jamais les mots n’ont à ce point été démentis par les faits : le PS invoque souvent ses “valeurs”, clame qu’il ne saurait perdre son “âme”. On cherche désespérément l’incarnation de ces beaux mots dans les élans fraternels qui unissent les héritiers de François Mitterrand, grand expert en vices privés et vertus publiques. Mais lui au moins avait du style. C’est bien de la Gauche qu’il s’agit, de ce que signifie ce mot, des espoirs qu’il est supposé porter. Depuis Robespierre en passant par Beria et Georges Marchais nous savons que le spectre de ce mot est extensible jusqu’à son contraire. On a le droit de préférer Marc Bloch à Georges Habache.

C’est donc une voie royale qui s’ouvre au gauchisme. La crise financière est pain bénit pour les pensées magiques de tout poil et, dans le désastre social qui l’accompagne déjà, la tentation sera forte de nommer les coupables à peu de frais. Bref, le champ politique est désormais fertile pour la radicalité aussi le film allemand La bande à Baader est-il un appel à conjurer pour conjurer le retour des utopies meurtrières qui, dans les années 1970, ont nourri l’imaginaire idéologique d’une partie de la jeunesse allemande et européenne. Certes, les temps ont changé, et pourtant, on est aspiré par les mêmes trous noirs de la pensée européenne : pourquoi Les Bienveillantes, le roman de Jonathan Little, a-t-il eu en Europe le succès que l’on sait ? Pourquoi le film La chute a-t-il fasciné le public ? Il faut croire que l’Europe n’a pas encore exploré suffisamment sa part maudite pour sans cesse la revisiter.

La violence de la bande à Baader fut à la hauteur du crime dont elle se voulait la rédemption. À vouloir anéantir le mal qu’ils avaient reçu en héritage, les amis de Baader s’en prenaient à l’héritage tout entier. Confondant social démocratie et nazisme, la RAF mettait cependant en pleine lumière la présence d’ancien nazis dans l’appareil du pouvoir en Allemagne fédérale. Ce que Beate Klarsfeld avait mis en scène par une gifle au chancelier Kiesinger, la RAF le pratiquait par l’assassinat de Hanns-Martin Schleyer. La dénazification n’avait pu éliminer la génération qui avait porté Hitler au pouvoir et pour cause : c’étaient bien des bataillons entiers de gens ordinaires qui l’avaient fait élire, démocratiquement. En France, beaucoup chantèrent Maréchal nous voilà avant d’applaudir de Gaulle sur les Champs-Elysées et le préfet Papon fut reconduit dans ces œuvres par le pouvoir issu de la Résistance. Comment quitter les mythologies pour entrer dans le récit peu élégant des lâchetés collectives et des courages solitaires ? Soixante ans plus tard cette histoire n’a pas fini de s’écrire.

On a peu remarqué que les terrorismes d’extrême gauche avaient été d’autant plus meurtriers qu’ils s’inscrivaient dans l’héritage dialectique du fascisme italien, du nazisme allemand, ou de l’impérialisme nationaliste japonais. Fraction Armée Rouge allemande, Brigades Rouges italiennes ou Armée Rouge japonaise ont eu cette pratique commune : la rédemption du crime fasciste passait par le meurtre révolutionnaire ou la destruction de ce qui en représentait la forme substitutive. Il faut souligner cette particularité schizophrène : ces révolutionnaires vont avoir une cible privilégiée : leur radicalité purificatrice va viser Israël quand leurs aînés avaient visé les juifs d’Europe. Ce sont des Allemands d’extrême gauche membres d’un commando germano-palestinien qui vont reconduire les gestes de nazis en triant et séparant les otages juifs des non-juifs lors du détournement d’un avion d’Air France sur Entebbe en juillet 1976. Ce sont des Japonais révolutionnaires qui mitraillent à tout va à l’aéroport de Tel Aviv en 1972. Ce sont des brigadistes italiens qui vont aider à la pose d’une bombe du FPLP devant la grande synagogue de Rome en 1982. Pour ces jeunes Européens, la figure achevée du mal fasciste se nommait Israël tandis pour la génération d’avant la figure du mal se nommait les juifs.

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  • 16 December 2008 à 14h42

    averell dit

    J’ai soigné mon incontinence, pour l’heure, fécale. La preuve !
    Vous criez “Vive le communisme !” Il faudrait définir ce que vous entendez par cet isme : on a tant déféqué dans et autour…
    “Vive le communisme !” et pourquoi pas “Viva la muerte !” vous connaissez probablement le cri de Millan Astray. Mais je vous quitte, je ne suis sans doute pas vraiment guéri…

  • 14 December 2008 à 20h27

    Aliocha Zavitch dit

    Oulala… Donc, voilà. Haine. Haine de Sartre, de Deleuze, de Badiou, de ce pauvre Besancenot qui pourtant fait des pieds des mains pour paraître gentil… Et, en plus, vous mélangez tout, Monsieur Tarnero. La diagonale Robespierre, Béria, Marchais n’en est que l’exemple le plus grotesque.
    Quant à l’incontinent Averell, qui lira son salmigondis logorrhéïque ?

    Vive le communisme, M. Tarnero, LE COMMUNISME !

  • 11 December 2008 à 16h30

    Averell dit

    Je ne vous connaissais pas Monsieur Jacques Tarnero. Votre nom même m’était inconnu, jusqu’à ce que je rencontre votre article publié par “Causeur”. Il est vrai que j’ai quitté la France il y a longtemps et que bien des noms ne franchissent guère l’Hexagone, y compris celui d’Alain Badiou, n’en déplaise à certaines coteries parisiennes. Je vais me contenter d’annoter ce texte au fil de la lecture, un procédé paresseux qui me convient.
    Mitterrand fut “grand expert en vices privés et vertus publiques”, écrivez-vous. Mitterrand ne manquait pas de style ; il n’en manquait pas à l’écran, à la fin de sa vie, avec ce profil qu’aurait eu plaisir à peindre Holbein le Jeune – pensons à son portrait d’Erasme. Il ne manquait pas de style, à l’écran ; dans la réalité, il était plutôt médiocre, petit, sans maintien, avec les pieds curieusement rentrés, et un regard peu pénétrant. Mais que vaut la réalité ! C’est l’écran qui vous fait ! Mitterrand devint plutôt beau avec l’âge, avec la maladie. Il s’était composé une gueule ; et je suis certain qu’il passait beaucoup de temps devant son miroir. Souvenez-vous de lui, la quarantaine, de ce visage rondouillard, une tête de Français très moyen. Je l’aurais imaginé petit commerçant, crémier ou charcutier. Il aimait la littérature, il aimait la compagnie des livres ; mais ce qu’il a écrit est plutôt ennuyeux. Cet écrivain n’avait pas de style, il écrivait correctement. Ce fin politicien était plutôt pauvre en idées. Il manœuvrait avec un art consommé. Il chercha à imiter Léon Blum, comme l’aurait fait un acteur de cinéma (souvenez-vous du chapeau à larges bords), mais personne n’imita mieux que Thierry Le Luron celui qui imitait Léon Blum, tant et si bien qu’aujourd’hui encore je ne puis penser à Mitterrand-Miteux sans que ne vienne se superposer l’imitateur. Mitterrand chercha à imiter Léon Blum, il n’en avait que le chapeau. Relisez Léon Blum, et vous mesurerez la distance qui les sépare. Léon Blum était un penseur (qu’on l’apprécie ou non en politique), François Mitterrand n’était qu’un astucieux, de haute volée il est vrai – chapeau bas !
    La Gauche ! J’ai grandi et étudié dans une France où ne pas être de gauche revenait, dans les milieux à la mode, à n’être qu’un “facho” ou, plus simplement, un pauvre type. La Gauche vivait sur des rentes morales issues en partie de la Deuxième Guerre mondiale et de la Résistance, de la victoire du communisme sur le nazisme. Ces rentes commencent tout juste à s’épuiser ; mais plus de soixante ans de rentes, ce n’est pas si mal ! Et peut-être la Gauche trouvera-t-elle des rallonges ; avec la baisse historique des taux d’intérêts, je ne serais pas étonné qu’elle emprunte. Mais avec quoi remboursera-t-elle ? L’état dans lequel se traîne la Gauche (il n’est pas irrémédiable) ne me réjouit pourtant pas vraiment ; il y a eu trop de femmes et d’hommes de gauche dignes d’être aimés et admirés ; et je suis certain qu’il y en a encore, occultés par ce que servent les médias : une beauté indéniable mais bête, j’en suis convaincu, et un postier qui aurait intérêt à se lester d’un peu de théorie (si Trotski était de retour il lui donnerait de solides leçons) plutôt que de n’être que le micheton des médias. Je suis probablement vieux-jeu. Quoi qu’il en soit, peut-on taire que trop d’astucieux se sont emmitouflés et drapés dans ce nom, la Gauche ! Voilà que je deviens sermonneur et pathétique ! Je risque de finir dans le dégoût de moi-même ! “Le spectre de ce mot (la Gauche) est extensible jusqu’à son contraire”, écrivez-vous. Mais il y a plus. Je ne suis pas trotskyste (encore que Trotski soit digne d’être médité, loin des trotskistes et du trotskisme), permettez-moi de voir dans cette particulière extensibilité des mots du lexique politique un effet direct du stalinisme, le stalinisme qui a poursuivi une carrière assez particulière en France, après la Libération, une carrière plus affirmée que dans les autres pays de l’Europe de l’Ouest. Le stalinisme, c’est d’abord une inversion frénétique du langage, un traficotage lexical dément avec pilonnage de la propagande. Relisez “La Fausse parole”, le livre majeur d’Armand Robin, l’homme trop oublié, l’homme vertigineusement doué en langues. Des mots majeurs ont perdu tout sens, ils sont devenus informes par élasticité, par extensibilité, ils se sont faits fourre-tout, sacs-poubelles.
    Vous vous demandez pourquoi le livre de Jonathan Littell, “Les Bienveillantes”, a eu un tel succès. Je me pose souvent la question sans jamais trouver de réponse satisfaisante. Il est instructif de mettre en parallèle ce succès (aujourd’hui le succès est presque toujours sans lendemain : aussitôt célèbre, aussitôt oublié) et le silence qui accueillit “La Destruction des Juifs d’Europe”, en 1961, de Raul Hilberg. J’ai toutefois un élément de réponse aux raisons de ce succès : le roman reste un genre assez prisé ; on veut de la fiction, elle est le liant qui permet l’ingestion. Le livre qui rend compte modestement d’une recherche n’aura jamais que des tirages confidentiels. Or, nous vivons à l’ère des masses ; elles sont la clé de tout succès, éditorial en particulier. Le succès de ce livre a une autre raison, obscure et profonde ; elle n’explique pas tout mais elle ne peut être tenue pour négligeable : le voyeurisme, le sadisme latent, la fascination pour le bourreau, une fascination avec laquelle les médias jouent toujours plus, avec ces faits divers qui font à présent les gros titres des meilleurs journaux des presses nationales. L’intérêt porté à la victime est toujours emprunt d’ambiguïté, ce qui ne signifie pas qu’il faille se détourner de la victime et l’ignorer. “L’optimisme pédagogique ne prend pas assez en compte la part de sadisme latente en chacun, et la fascination pour l’assassin qui l’inflige” écrit Georges Bensoussan dans “Auschwitz en héritage ? D’un bon usage de la mémoire”. Et Benjamin Littell nous parle d’abord de la fascination pour l’assassin, sur plus de mille pages ! Et il se trouve que ce livre qui n’ajoute rien à des recherches de premier ordre (et je pense en particulier aux travaux de Raul Hilberg ou du Père Patrick Desbois) est tout de même étayé par une documentation dont le sérieux ne peut être sous-estimé.
    (En aparté. J’en reviens au titre de votre article : “De Baader à Badiou, une certaine idée de la Gauche”. C’est un titre-choc, avec ce jeu de sonorités entre “Baader” et “Badiou”. Léon Daudet s’était livré à un même jeu avec ce titre : “Contre l’esprit allemand de Kant à Krupp”, publié en 1915. Baader-Badiou, Kant-Krupp, ça swingue !)
    Je poursuis la lecture de votre texte. La voie royale qui s’ouvre au gauchisme a une généalogie. Le gauchisme (mot qu’il faudrait tout de même redéfinir tant il est devenu lui aussi un fourre-tout) a en partie cédé aux techniques de ses bourreaux (les bolcheviques puis Staline), il confond à plaisir sociaux-démocrates et nazis (je force à peine la note), un amalgame dont Staline a fait grand usage avant de se reprendre devant cette machine de guerre déployée contre l’Union soviétique. Les purges avaient décimé le meilleur de l’Armée rouge qui commença par perdre dans chaque bataille d’encerclement des centaines de milliers voire des millions d’hommes, oui, des millions d’hommes qui ne bénéficièrent pas des relatifs égards qu’eurent les Allemands pour les prisonniers de guerre français.
    Votre sous-entendu concernant le préfet Maurice Papon est bienvenu. Celui qui concerne ces Français qui chantèrent “Maréchal, nous voilà !” avant d’applaudir de Gaulle sur les Champs-Elysées” doit être nuancé. L’idéologie de Vichy ne peut que faire vomir ; mais peut-on s’en prendre indifféremment à tous ceux qui poussèrent cette chansonnette, chansonnette qui a une histoire pathétique puisque l’air en est un plagiat, plagiat du thème principal d’une opérette de Casimir Oberfeld, assassiné à Auschwitz. Beaucoup de Français, à commencer par les anciens combattants de 14-18, ont d’abord vu dans le maréchal un homme soucieux de la vie de ses soldats, ce qui ne paraît pas avoir été si courant chez les généraux de l’époque. Ainsi pouvait-on le saluer, au moins au début, sans être pour autant un suppôt de Vichy. Emmanuel Berl est l’auteur de deux discours de Pétain. On le lui a reproché. Ils ont été prononcés le 23 et le 25 juin 1940, juste après la défaite. Pétain était alors président d’un gouvernement de coalition de la IIIème République. Va-t-on reprocher à Hans Scholl d’avoir appartenu aux Jeunesses hitlériennes ? On a dit que plus de 90 % des Français étaient alors pétainistes. Ils se raccrochaient aux branches, si vous me permettez l’expression. Jamais il n’y eut un tel pourcentage de vichystes. Il y eut ceux, assez nombreux, qui pensèrent que Pétain jouait un double jeu. On peut les juger durement mais il faudrait parfois avoir le jugement modeste.
    Il y eut bien à la fin des années 1970 et au début des années 1980 une virulence des partis d’extrême-gauche (allemands, italiens et japonais) et notamment envers Israël et le sionisme, le sionisme qui a fini par devenir un mot parfaitement injurieux, essentiellement pas l’entremise de cette gente. Sionisme = fascisme (ou nazisme même). On en revient très précisément aux méthodes staliniennes. Le mot est vidé de ses nuances, réduit à une chose simple et homogène comme un nerf de bœuf. Le sionisme historique a pourtant sollicité des sensibilités très diverses, mais ils s’en foutent ! Ces formules ressassées sont des formules d’aliénation mentale, ni plus ni moins. Et de telles formules, un peu plus enveloppées je vous l’accorde (on y va de sa circonlocution), sont généreusement véhiculées par des intellectuels. Les intellectuels ! Armand Robin les définit comme le contraire des hommes de pensée (par exemple, Alain Finkielkraut est un homme de pensée, Alain Badiou est un intellectuel, mais je m’expliquerai une autre fois sur cette question), les intellectuels “étant idolâtres de tout exercice cérébral impliquant promesse de domination sur d’autres consciences, ils sont tout désignés pour être les premiers servants d’une entreprise inédite tendant à séparer toute pensée du réel et à la contraindre à tourner en rond indéfiniment dans un même cercle…”
    Georges Bensoussan écrit dans “Auschwitz en héritage ? D’un bon usage de la mémoire” : “ L’enseignement doit mettre en garde contre cette relation de causalité qui voit dans l’Etat d’Israël l’aboutissement politique de la shoah. Ce lien, largement reconnu pour vérité d’évidence, est pourtant triplement erroné. La destruction des Juifs d’Europe marque pour le sionisme une défaite historique, morale et démographique. Sur un plan moral d’abord : le yishouv (la communauté juive de Palestine avant la création de l’Etat d’Israël) a été incapable d’aider les victimes. Sur un plan historique ensuite : le sionisme n’a pas pu, avant 1939 du moins, convaincre le judaïsme européen du bien-fondé de sa démarche. Sur un plan démographique enfin : le génocide a cassé les réserves démographiques de l’Etat juif, il a compromis son avenir pour longtemps (…) En un mot, non seulement la shoah n’a pas “suscité” la création de l’Etat d’Israël, mais elle en a surtout compromis l’existence à jamais…” Et dans une note placée au-dessus du dernier mot de cet extrait, l’auteur ajoute : “La crainte est récurrente dans nombre de milieux de gauche qu’à “trop” parler de la shoah, on ne “justifie” le sionisme. Comme si une idéologie, dont l’axe directeur est le droit à l’autodétermination nationale des Juifs, constituait le dernier avatar des dévoiements idéologiques du siècle”. A bon entendeur, salut. Par ailleurs, vouloir “expliquer” l’Etat d’Israël par la Shoah revient à nier l’existence de communautés juives en Palestine avant la création de cet Etat, des communautés qui formèrent un proto-Etat, ainsi que le signale George Bensoussan. Mais on comprend l’intérêt qu’ont certaines propagandes à simplifier ainsi l’histoire d’Israël et des décennies qui ont précédé sa création. Parmi ces propagandes diverses, celle qui fait procéder Israël de la Shoah et qui tend ainsi à présenter la Shoah comme une arme au service du sionisme, et ainsi de suite. La propagande trouve en l’ignorance une terre particulièrement fertile.
    Je partage votre détestation d’Action Directe et de la Collaboration, mais est-il bien nécessaire de tracer un lien de l’une à l’autre ? La détestation ne doit pas conduire à l’assimilation. Vous écrivez : “Action Directe, pauvre petit descendant de la radicalité rédemptrice du fascisme à la française”. Je veux bien mettre cette remarque sur le compte de l’humeur, je ne la trouve guère sérieuse en regard de l’histoire. Ce n’est pas parce que la Gauche (à commencer par les communistes) a si longtemps gratifié ceux de Droite de “fascistes” – de “fachos” – qu’il faut reprendre à son compte une méthode qui, il est vrai, a fait ses preuves. Tout le monde va finir dans le radotage de la sénilité. Comment amorcer une réflexion si tout est mis sur le même plan ? On sait que l’absence de culture politique fait trop souvent confondre le nazisme et le fascisme, ou le nazisme et le communisme, et j’en passe. A ce propos, Georges Bensoussan écrit : “Enfin, la comparaison avec le système concentrationnaire soviétique est étayée, en premier lieu, par le bilan chiffré des victimes : le goulag a sans doute été plus meurtrier. Pourtant, la singularité du génocide ne tient pas à un chiffre, ni même à ce processus qu’on qualifie souvent de “meurtre de masse industriel”. La lecture parallèle de Primo Levi, de Varlam Chalamov ou de Gustav Herling permet de comprendre la différence de nature entre les deux systèmes. La banalisation, qui consiste à nier toute spécificité, est l’une des armes du relativisme ambiant, sinon du négationnisme. L’équivalence nazisme-stalinisme occulte plusieurs points clés. Il y a deux types de camps chez les nazis, un seul chez les Soviétiques. Au cœur des camps de travail soviétiques, il n’y a ni sélection périodique ni chambre à gaz. On a vu enfin nombre de repentis du communisme parler d’“idéal dévoyé”. Où a-t-on vu des repentis du nazisme s’affliger des crimes qu’ils n’auraient pas voulu ? Ces points, parmi tant d’autres, signent la spécificité de la déportation dans le système nazi, sa rupture radicale d’avec le processus de civilisation. Le système soviétique vise le travail forcé gratuit, la réduction des “opposants” ou supposés tels, la guerre menée par un Etat contre son peuple, pour reprendre la forte formule de Nicolas Werth. Le système nazi ajoute à ces éléments du totalitarisme une troisième dimension, l’extermination biologique des peuples. L’affirmation d’une adéquation parfaite entre les deux systèmes a longtemps offert l’avantage, en premier lieu, de soulager la conscience des assassins en relativisant la shoah (…), et de diaboliser, en second lieu, le vieil ennemi russe et communiste”. L’être de propagande prend ses aises sur ces indifférenciations (sur le signe =) lorsqu’il ne s’adonne pas tout bonnement à des inversions frénétiques.
    L’historien cherche à délinéer, en aucun cas à servir une propagande ou à nourrir ses humeurs. Délinéer, c’est ce que fait Georges Bensoussan tandis que vous, Jacques Tarnero, dans ce texte au moins, vous vous abandonnez à vos humeurs, des humeurs que je partage pour l’essentiel, mais là n’est pas la question. Que penser d’une telle considération : “Action Directe, pauvre petit descendant de la radicalité rédemptrice du fascisme à la française” ? Cette “filiation” n’aide en rien à comprendre Action Directe ou le fascisme à la française, bien au contraire. Dans tout travail d’historien l’étude des rapports ouvre des champs d’investigation considérables, elle creuse et ramifie les perspectives. Et j’en reviens à Georges Bensoussan, à ce livre où l’analyse et la synthèse ne cessent de palpiter l’une en l’autre ; il écrit : “Le siècle des génocides est celui de la toute-puissance de l’Etat, comme il est aussi, au-delà du consensus sur les progrès de la “liberté” et des “droits de l’homme”, celui de la gestion des populations par le bio-pouvoir. Il est des moments où l’Histoire bascule. C’est dans cette optique que la Première Guerre mondiale apparaît comme une césure essentielle de notre temps, le début de la mort de masse programmée d’hommes transformés en citoyens soldats, broyés par la raison d’Etat. Sur plus de quatre années, des Etats modernes, souvent (mais pas toujours, loin s’en faut) soutenus par de larges parts des opinions publiques, ont mené une politique d’abattoir industriel. Ils ont accoutumé les esprits à cette violence de masse. Et c’est cette accoutumance à la violence collective qu’on retrouve imprégnant les mentalités des années trente. On s’est progressivement habitué à la mort des tranchées, à ces grands abattoirs”. Et il n’est pas dans mon intention d’utiliser cet historien pour étayer ma détestation de l’Etat, mon manque de dévotion républicaine (voir ma lettre à “Causeur”, en réponse au texte de Luc Rosenzweig : “Halte au clientélisme mémoriel !”). Je ne fais que rapporter un exemple de ce que peut un regard d’historien scrupuleux et, disons-le, inspiré.
    Vous citez Olivier Besancenot. J’ai le désagrément de partager avec lui un même prénom. J’ai découvert ce personnage il y a peu ; vous m’en excuserez, je ne lis pas la presse française et il n’est jamais question de lui hors de l’Hexagone. Je viens de lire l’article bien mené de David Martin-Castelnau sur “Causeur” : “Sarkozy à la LRC ?” J’ai souri à la confidence du président Nicolas Sarkozy ; il aurait glissé à François Hollande : “Avec le postier je vais te faire le coup que Mitterrand a fait à la droite avec Le Pen !” Mais ce jeu est dangereux, l’histoire nous l’a montré. Et si Mitterrand connaissait bien l’extrême-droite pour y avoir fait ses classes, Nicolas Sarkozy n’a jamais traîné ses guêtres chez ceux qu’il prétend ainsi utiliser. Il ne doit s’agir que d’un bon mot. Bien des urgences l’amèneront à engager ses forces sur d’autres fronts que celui la politicaillerie où Mitterrand a su donner sa pleine mesure. “Besancenot et ses nouveaux amis devraient être pour la gauche ce que fut le FN pour la droite : un faux-ami, une idéologie détestable”, écrivez-vous à raison ; mais la Gauche (en France tout au moins) bénéficie encore d’un crédit. La gauche a un cœur, elle, qu’on se le tienne pour dit ! Par ailleurs l’association “droite” et “fascisme” (un beau legs des techniques staliniennes, je me répète) a été tellement martelée que ceux de la nouvelle radicalité (presque tous sexagénaires) ne peuvent que la reprendre à leur compte, comme le chien de Pavlov reprend à son compte son reflexe. Vous viendrait-il à l’idée d’accabler ce chien ? Et bien, n’accablez pas ces sexagénaires de la petite bourgeoisie intellectuelle ! N’avez-vous jamais pensé que cette radicalité pourrait être un palliatif à des éjaculations laborieuses ou précoces ! Olivier Besancenot est bien de son époque, les médias, le show, un bagage théorique des plus réduits, et je fais usage de l’euphémisme. On peut penser ce que l’on veut de Trotski, mais on ne peut nier que sa lecture reste un stimulant même si le “trotskisme” ou les “trotskistes” me navrent. J’y pense, quel lien établir entre Marx et le marxisme et, mieux encore, entre Marx, le marxisme et le marxisme-léninisme ? J’ai lu il y a peu la volumineuse biographie de Staline par Trotski. C’est un livre dont la tonalité apparaît d’autant plus étrange que la suite nous est connue. Le ton en est courtois malgré une critique bien assenée (on ne pouvait en attendre moins) ; mais ce qui ne cesse de revenir, au point que l’on en devient agacé, c’est que Trotski insiste sur ses qualités intellectuelles et, plus précisément, ses aptitudes de théoricien. Et loin de moi l’idée de réhabiliter Staline ou de remettre en question les qualités intellectuelles de Trotski, mais il semblerait que soit fausse l’image que nous a léguée Trotski d’un Staline intellectuellement frustre. S’est-il laissé prendre au jeu du futur gagnant qui se serait fait passer pour un idiot afin de mieux duper ?
    Je reprends le fil du texte. Je comprends votre colère contre Henri Weber et Alain Badiou, contre cette petite bourgeoisie intellectuelle ; je la comprends mais dites-vous que ceux que vous dénoncez ne sont presque rien hors de l’Hexagone, même Alain Badiou dont on dit qu’il est l’un des philosophes français les plus connus à l’étranger, ce qui n’est guère surprenant puisqu’il n’y a plus de philosophe en France depuis la mort de Jacques Derrida, en 2004. L’Allemagne est de ce point de vue autrement plus riche que la France. Il m’est arrivé de mette le nez dans le cabanon mal aéré de la petite bourgeoisie intellectuelle française. On y chie, on y vomit abondamment. Il ne faut pas s’y attarder. Eloignez-vous en et respirez à pleins poumons, votre nausée sera vite dissipée ! Je vous signale à ce sujet que les intellectuels en Europe et aux Etats-Unis portent tout de même plus d’intérêt à Jacques Derrida qu’à André Badiou. Pauvre Badiou, radoteur platonicien, petit héritier de Sartre, lui-même ersatz de philosophe avec ce salmigondis heideggerisant ; mauvais styliste de surcroît, contrairement à Simone de Beauvoir, une très grand dame, dont la monumentale suite autobiographique (qu’ouvrent les “Mémoires d’une jeune fille rangée”) est à placer parmi les plus beaux témoignages d’une époque. Non, vraiment, Monsieur Tarnero, n’accordez pas trop d’importance à Alain Badiou dont le “rayonnement” (comprenez, l’odeur) se limite au cabanon de la pensée radicale-petite-bourgeoise. Jacques Derrida, c’est le château, c’est le parc ! Il y a une ampleur, une amplitude, une générosité chez cet homme qui vous fait adhérer de tout cœur.
    Au communisme d’André Badiou sachons opposer le libéralisme (liberalismo) au sens où l’entendirent ces grands Espagnols, parmi lesquels Salvador de Madariaga qui précise que liberalismo ne doit être confondu avec aucun autre ismo : “Así, que cada cual escoja su “ismo” como le parezca ; pero todos debemos fidelidad al liberalismo, porque el que no es libre se muere en espíritu”. C’est sur ces mots qu’il conclut “Liberalismo”, dans “Cosas y Gentes II”.
    P. S. J’en reviens à : “En France, Action directe, pauvre petit descendant de la radicalité rédemptrice du fascisme à la française, ne commit que quelques assassinats à la mesure de ceux perpétrés par la Collaboration”. Cette phrase ne me plaît décidément pas. Chercheriez-vous à faire d’une pierre deux coups, kill two birds with one stone comme disent les Anglais ? Vous agissez très précisément comme Alain Badiou que vous dénoncez, Alain Badiou qui, dans “De quoi Sarkozy est-il le nom ?”, parle de pétainisme transcendantal. Ces assimilations ne relèvent pas de la réflexion mais de la propagande ; il s’agit d’écraser toute résistance par des formules chocs. La pensée politique d’Alain Badiou est assez sommaire, si sommaire que j’ai longtemps cru que ce Normalien pouvait être à ses heures un farceur ; mais il n’en est rien, on ne badine pas avec Badiou, ce monsieur est sérieux, très sérieux. La pensée d’Alain Badiou se situe entre “Le Petit Livre rouge” de Mao et “Le Livre Vert” de Kadhafi, ce dernier bien moins connu mais non moins intéressant, et inspiré du “Petit Livre rouge”. Je vous en conseille la lecture ; c’est bien construit, aussi solide que sommaire (solide parce que sommaire, là est le secret) ; ça sonne comme un marteau sur une enclume, on en sort sonné.
    Jacques Derrida, Alain Finkielkraut et quelques autres sont de mes amis, je ne les ai jamais rencontrés mais les lire me fait dire, silencieusement : “Ils sont mes amis”. Avec Badiou, je brandis la badine.
    Un dernier mot à propos d’utopie, l’utopie que veut nous resservir Alain Badiou. Hans Jonas nous met en garde contre l’utopisme, dans “Das Prinzip Verantwortung”. Dois-je préciser que je préfère les mises en garde et la modestie agissante de l’homme de pensée que fut Hans Jonas aux prétentions de cet intellectuel qu’est Alain Badiou.

  • 30 November 2008 à 14h13

    Enjolras Sené dit

    De Jabotinski à Tarnero, une même crainte, celle du spectre communiste et une même haine, celle du peuple.
    Vous comparez Badiou à Baader… Bigre ! Est-ce parce qu’ils sont tous deux connus et vous, ignoré au-delà des cercles du siono-bushisme ultra avec comme nains de vitrine, Finkielkraut, Taguieff et Marty ?
    Ah la la… Vive le communisme et l’Humanité indivisble !

  • 28 November 2008 à 11h35

    Luc Nemeth dit

    (le commentaire ci-dessous faisait suite à des insultes signées “FAREWELL” et qui ont été effacées -encore heureux : mais du même coup son maintien participe d’une démarche de fraude qui est là pour nous rappeler que les journalistes, même quand ils prétendent tenir… salon, n’en sont pas moins fondamentalement des voyoux)

  • 27 November 2008 à 14h30

    Luc Nemeth dit

    @La Rédaction

    Cette fois-ci, j’y renonce. On veut bien venir dans votre salon, d’autant qu’en plus la vie serait triste si on devait ne discuter qu’avec des gens avec lesquels on est d’accord. Mais la bonne volonté ne saurait jusqu’à aller se faire un insulter par le “courageux” merdeux-fanfaron qui signe FAREWELL.

  • 27 November 2008 à 0h47

    Nina dit

    Que de haine Luc Nemeth…Avoir une telle envie de la révolution avant le grand saut dans le néant, il n’y a que des gauchistes qui en crèvent.
    C’est soit le sexe à donf, soit la révolution : les deux sont intimement liés.

    Exactement…Dans l’interdiction d’interdire il y a une ouverture à toutes les saloperies possibles. Les tabous existent parce qu’ils sont des conditions inhérentes à la vie en société.
    Vous ne voulez aucune censure ? Bien…Alors vivez en anachorète, troglodyte…Cassez-vous…

    Vivre ensemble c’est interdire aussi, mettre des cadres, élaborer des lois pour le bien-être d’une large majorité. Rien d’autre.

    D’un coup, les Tarnero, Finkelkraut, Levy etc…sont d’infâmes néo-réac parce qu’un jour ils ont osé regarder en face certaines bassesses que leur camp idéologique avaient produit.

    Ce qui m’écoeure, ce n’est pas tant que des cons persistent à rester dans leur aveuglement, mais qu’à cause d’eux, on n’avance pas vers la lumière.

    Jamais de mea culpa ? Jamais de regard dans l’histoire parce que vous êtes de gauche ? C’est une garantie AOC de rigueur et de vérité ?
    J’ai tété du PS toute ma putain de vie…J’ai pas voté pour Mitterrand, je me suis cassée. J’avais raison. Élire un mec de droite c’est bien la France ça…

    Ce qui vous empoisonne l’existence, c’est que certains, ici et là, se sont rendus compte que soudainement, le journalisme était mort. Que la gauche était agonisante et étrangement muette dès qu’il s’agissait de dénoncer une vague anti-juive ou anti-isaraélienne (pour causer comme tout le monde) sans précédent depuis la seconde guerre mondiale.

    La LCR, LO, le PS, le PCF…Ils défilaient tous pour s’émouvoir de la cause palestinienne aux côtés des fous d’allah qui hurlaient “mort aux juifs”.

    Lentement, certains comme sur ce blog, ont été stupéfaits…Non pas tant des slogans mais du silence de leur “patrie idéologique”…
    Alors que je criais comme une cinglée devant de telles ignominies, ces “causeurs” ont d’abord écouté, traduit, enquêté, puis se sont engagés pour dénoncer ce nouvel antisémitisme.

    Tarnéro s’est intéressé entre autre au “contre-champ” et dans son documentaire “décryptage”, on comprend l’ampleur de la calomnie.
    Le mal est fait. Désormais, les Juifs sont suspectés d’être des soutiens d’un pays qui pratiquent “l’apartheid”.

    La gauche attend, les élections approchent et, comme le rappelle justement Boniface, le vivier est plus garni du côté arabo-musulman….donc…on louvoie…on se dit horrifié par les actes antisémites en France mais pas sur les ondes…juste dans les petites conférences communautaires…

    Le mal est fait.
    On nous trouve plein de juifs pour dire combien Israël est criminel…Tout est bien “ajusté” pour que désormais, Israël soit “le” pays qui met le plus en danger la paix du monde.

    Merci les gauchistes, merci la gauche, merci les députés de droite élus grâce aux promesses d’édification des mosquées…Merci tous ces larbins qui veulent une révolution, un fauteuil de député, ou simplement ne pas être absent de la photo.

    Vous suintez la haine dès qu’on remet en cause vos certitudes que vous êtes les seuls à combattre l’inégalité sociale, l’injustice.
    Moi, je vous combats vous…aussi…

  • 26 November 2008 à 23h15

    NELEPHANT dit

    Non mais je rêve ? les “émeutiers, grévistes et autre sympathisants”, la mémoire des révoltes qui ont fait que le genre humain puisse se tenir debout, la succession des Lumières du XVIIIième siècle, de la Fête de la Fédération, des barricades de 1848, de la Commune de Paris, des fusillés de 1917, préemptés, je dirais même, pris en otage par le radicalisme chic contemporain et son pseudopode sur ce site, au nom d’un slogan transitoire qui, hors son aspect littéraire,n’a révélé que vacuité et narcissisme ?
    Et il faudrait accepter le désir mortifère de ces petits messieurs qui veulent oblitérer tout ce qui peut perturber la représentation qu’ils se font d’eux-mêmes en paladins des justes causes ?

    IMPOSTEURS !

  • 26 November 2008 à 17h30

    Luc Nemeth dit

    On pouvait lire ce qui suit, dans le numéro de mai-août 1999 de la Revue d’histoire de la Shoah (qui hélas n’a pas conservé la rigueur morale du bulletin du CDJC, dont elle a pris la suite) : “En prétendant libérer la société d’un moralisme patriarcal, « il est interdit d’interdire » a sans doute simultanément ouvert toutes grandes les vannes de la transgression dont le sadisme, l’esprit pervers, la haine de l’autre, le passage à l’acte raciste, le viol d’un enfant constituent aussi, autant de « jouissances sans entraves ». J’arrête là. Les émeutiers, grévistes, ou simples sympathisants auraient sans doute été fort étonnés de se voir trente ans plus tard présentés en pourvoyeurs du racisme et du viol…
    Et j’en viens à ce qui m’amène.
    L’auteur de ces insanités s’appelait : Tarnero. Jacques, Tarnero.
    Ce monsieur a droit comme chacun à ses opinions politiques, si haïssables soient-elles.
    Mais il y a pour le moins un problème (sans guillemets) quand des individus qui font subir à la vérité un traitement à ce point contre nature se prévalent de la… lutte-contre-le-négationnisme.
    Et il faut vraiment que l’extrême-gauche soit “vaccinée” contre l’antisémitisme pour ne pas tirer d’autre conséquence de ces trouducuteries, dès lors qu’elles s’abritent derrière la judéité et la judéophilie.

  • 26 November 2008 à 13h38

    Nina dit

    Merci nelephant ! Sans votre super coopération je serais passée à côté de ce morceau de bravoure que vous avez eu la délicatesse de nous communiquer :

    Le seul antinazisme conséquent
    serait donc, tout à l’inverse, de refuser ce nouveau « signifiant maître » hérité du nazisme et
    désormais instrumentalisé par les nouveaux maîtres du monde, les « nouveaux aryens » (p.
    124) − pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris : les Américains, les Occidentaux, les
    Israéliens, tirant tous les « bénéfices » coloniaux et pécuniaires (évidemment !) de ce
    génocide providentiel qui servait si merveilleusement les sombres desseins sionistes (p. 112-
    114).

    Génocide providentiel…Ca me fait vaguement penser à la “pornographie mémorielle” de Mbala Mbala…

    Je ne vais pas faire plaisir à Justine en l’autorisant à me censurer parce que je vous aurais traité d’infâmes noms dont je suis coutumière.

    Vous schlinguez nephtaline…Ca ira Justine ? C’est pô trop pour l’énergumène qui nous refile un tuyau qui pue ?