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Goodbye Bruxelles !

Shocking ! Les Anglais prétendent que la nation européenne n’existe pas !

Publié le 28 janvier 2013 à 17:27 dans Monde

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david cameron ue

Lorsqu’un Français questionne son passé, celui-ci semble répondre que les Britanniques ont été mis sur terre pour nous embêter. Après avoir ravagé le pays durant la guerre de Cent Ans, après avoir pris nos colonies américaines, et finalement fait chuter Napoléon, les Anglais menacent de faire échouer « la belle idée européenne ». C’est ce que semble croire le commentateur lambda, outré de cette insularité qu’Albion pousse jusqu’à l’égoïsme. Mais en fait, l’attitude de nos meilleurs ennemis est à saluer.

Effectivement, la démocratie européenne est en berne depuis un beau jour de 2007 à Lisbonne, où Nicolas Sarkozy a décrété que le « Non » français voulait dire « Oui ». Le prédicat de la construction européenne est précisément de remplacer la souveraineté nationale, donc la démocratie directe, par une démocratie indirecte soumise à une direction technocratique non élue. Dans ces conditions, il n’est guère étonnant que les « Non » Irlandais, Français, et Néerlandais aient été occultés. Pas étonnant non plus que la proposition faite par Cameron soit mal accueillie par les élites eurocrates.

Bien qu’il soit lui-même favorable au maintien dans l’UE, le Premier ministre est sous pression. Les Unes des journaux britanniques reviennent fréquemment sur l’impérieux besoin d’un référendum pour sortir le pays d’une Union dont la vocation liberticide s’affirme de plus en plus, à mesure que ses difficultés économiques s’accroissent. Les sondages réalisés aujourd’hui indiquent que les Britanniques sont 53% à souhaiter une sortie de l’Europe. À droite, cette question est devenue le cheval de bataille du parti Ukip qui ne cesse de monter, par l’entremise notable de Nigel Farage, dont les flamboyantes sorties oratoires au Parlement européen font florès sur Youtube.

Électoralement, ce coup de poker représente pour Cameron un moyen d’éteindre l’incendie sur sa droite, et de court-circuiter sa gauche. Mais le fond du sujet interroge la mentalité britannique elle-même. La rigidité économique et la centralisation d’un pouvoir déconnecté du peuple sont des données génétiquement antagoniques au caractère britannique. L’Angleterre a toujours remis en cause le despotisme de la classe dirigeante. Il y eut la Charte de 1215 ; puis 1649, où Cromwell mit un terme à l’absolutisme dans une île qui allait devenir le lieu de renaissance de la démocratie. On occulte souvent l’idée qu’il fallut un XVIIème siècle révolutionnaire en Angleterre pour qu’il y ait un XVIIIème siècle des Lumières en France.

Il est amusant de constater à quel point la position du Royaume-Uni suscite la critique. Son refus apparent de patauger dans un marasme contraire à ses valeurs est assimilé à de l’égoïsme ; la recherche de son intérêt est perçue comme une atteinte à un dessein supérieur de communion des peuples. Mais ce que disent les souverainistes devra bien rentrer dans toutes les têtes, tôt ou tard : la nation européenne n’existe pas, il n’existe que des nations en Europe ! Or, l’intérêt d’un gouvernement national n’est-il pas la recherche du bien-être optimal pour son peuple ? N’est-ce pas la base du contrat social ? L’Angleterre n’a ni ennemis, ni amis permanents, seulement des intérêts permanents, disait Lord Palmerston. Cette maxime est la seule qui convienne à un pays visant à assurer son indépendance.

À ce titre, les eurocrates se complaisent à prophétiser le malheur d’une Grande-Bretagne qui se disloquera dès sa sortie de l’Union, avec une Écosse indépendante et une Angleterre coulant corps et âme, sans les bénéfices commerciaux intra-communautaires. C’est oublier un peu vite qu’il y a une vie en dehors de l’UE. C’est oublier par exemple l’Association européenne de libre-échange qui regroupe le Liechtenstein, la Norvège, l’Islande, et la Suisse. C’est oublier que cette même AELE est imbriquée dans l’Union, via l’Espace économique européen qui donne droit aux avantages communautaires pour les pays non-membres, le bon grain sans l’ivraie en somme. Enfin, c’est oublier la politique telle qu’elle s’est faite durant des millénaires, et telle qu’elle se fait encore en dehors de l’UE, c’est-à-dire une politique faite d’accords bilatéraux, entre nations souveraines.

Dans le fond, ce qui est reproché aux Anglais c’est cette tendance méprisable à demander son opinion au peuple. Ceux qui s’en insurgent estiment pourtant que l’on doit demander son avis aux électeurs, mais uniquement lorsque l’on a défini la ligne politique entre experts, le vote venant alors ratifier l’orientation choisie. Les citoyens peuvent dès lors élire celui qui appliquera la feuille de route rédigée à Bruxelles. Lorsque l’on a compris ça, on a compris ce qu’est devenue l’élection présidentielle en France. Toute ironie mise à part, on s’aperçoit que les masques tombent. En observant les réactions diverses, on comprend à quel point le clivage droite/gauche est rendu caduc par le réel débat politique qu’est le choix entre souverainisme et fédéralisme. Autrement dit, entre démocratie directe ou indirecte. Nous vivons un tournant décisif dans notre Histoire sur la définition, ou la redéfinition, de nos systèmes politiques. Les médias n’aident pas à comprendre quel est l’enjeu réel, peut-être ne le comprennent-ils pas eux-mêmes, toutefois les électeurs en ont bien l’intuition. Mais qui s’en soucie ?

Les individus comme Nigel Farage et tous ceux qui remettent en cause le fédéralisme se voient affubler des sobriquets les plus déplaisants : populistes, néo-fascistes, rétrogrades, chauvins. On remarquera toutefois que le populiste est invariablement celui qui remet en cause l’establishment. La racine même du mot fait que cette « insulte » est incongrue, car si le populiste est celui veut plaire au peuple, à qui cherche à plaire celui qui la profère ? Il ne s’agit pas là d’un babillage sémantique, mais bel et bien d’un sujet de fond : l’évolution de nos mentalités. Qu’a-t-il bien pu nous arriver pour que nous en soyons venus à maudire un peuple qui nous prouve que sa démocratie est vivante ? Qu’a-t-il bien pu nous arriver pour que nous traitions d’égoïstes des gens qui défendent leur indépendance ? Qu’a-t-il bien pu nous arriver pour que nous en soyons réduits à l’état où notre autodétermination passe pour être l’attribut de la ringardise, du passéisme ?

Il n’y a pas de progrès à construire une Europe qui supprime les droits des peuples ; il n’y a pas d’enrichissement à fusionner des pays que l’on vide de leur identité nationale. C’est un fait, les intérêts des États sont divergents. L’Allemagne mise tout sur l’export, thésaurise ses excédents commerciaux pour gérer son déficit démographique, le tout à l’aide d’une monnaie taillée pour elle et de mesures socio-économiques inimaginables chez nous. En France justement, la population augmente, l’industrie s’est délitée, la monnaie est surévaluée, la balance commerciale est négative. Nous misons sur une armée forte et une diplomatie active, les Allemands parient sur l’OTAN et une diplomatie passive. Nous requérons une hausse de l’inflation, les Allemands veulent la maîtriser. Tout nous oppose à nos voisins, et il ne s’agit là que du comparatif entre deux nations, dans une Union qui en comprend 27.

Le monde est multipolaire. Les Allemands –nouveaux partenaires des Russes- l’ont compris, les Britanniques le comprennent. Il incombe à chacun de définir ses rapports avec autrui, en fonction de ses avantages propres. La construction européenne est loin d’être achevée, mais elle est déjà en retard sur la marche du monde. Une structure coercitive et anti-démocratique, génératrice d’États-satellites pour une Allemagne qui a su l’adapter à ses besoins, voilà ce que devient sous nos yeux l’Europe de Monnet et Schuman. Pas étonnant que les Britanniques souhaitent s’en extraire. Le bon sens n’a jamais fait défaut à ce grand peuple.

*Photo : The Prime Minister’s Office.

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  • 10 Février 2013 à 0h27

    ALMFBTYPP dit

    pour plein de raisons j’aime la GB: leur culture , leurs contrastes, leur charme désuet , leur esprit ouvert , leur foot , leur rock mais au sujet de l’europe qu’ils aillent se faire voir : trop facile de ne vouloir que le bon et de cracher dans le reste.
    ils sont 1 ile interessante mais qu’ils demeurent iliens sans lien navec l’europe qu’ils execrent

  • 30 Janvier 2013 à 18h16

    mordor dit

    Excellent article. Je pense que si la France ne sort pas de l’UE, et elle ne le fera pas, pas assez courageuse, nous sommes foutus.

  • 30 Janvier 2013 à 17h30

    Olyvier dit

    Aux Européens qui n’y croient pas : la France, l’idée de France, est un projet magnifique, encore à construire, à inventer.

    • 30 Janvier 2013 à 20h30

      nadia comaneci dit

      Elle a mille ans pourtant.
      C’est la France, dans l’Europe, qui est à consolider. Ne pas laisser l’Allemagne nous distancer. Pourquoi elle et pas nous ? Lui sucer la roue. Et entraîner les autres dans notre sillage. 

  • 30 Janvier 2013 à 17h26

    hathorique dit

    @ – nadia comaneci

    Voilà surtout ce qu’en disait dit Hugo dans son roman Claude Gueux :
    “Puisque vous êtes en verve de suppressions, supprimez le bourreau. Avec la solde de vos quatre-vingt bourreaux, vous paierez six cents maîtres d’école. Et maintenant dans le lot du pauvre, dans le plateau des misères, jetez la certitude d’un avenir céleste, jetez l’aspiration au bonheur éternel, jetez le paradis, contre-poids magnifique ! Vous rétablissez l’équilibre.
     La part du pauvre est aussi riche que la part du riche.
    C’est ce que savait Jésus, qui en savait plus long que Voltaire. Donc ensemencez les villages d’évangiles. Une bible par cabane.
    Que chaque livre et chaque champ produisent à eux deux un travailleur moral.”
     Je vous avais dit que j’avais ciré mes bottes et ni  Dieu ni  la religion ne sont absents de son discours. Ils l’imprègnent.  
    Ce que les Républicains j’aillais écrire les publicains oublient trop souvent en tronquant la citation.

    • 30 Janvier 2013 à 20h25

      nadia comaneci dit

      Hugo est un produit de son temps, il cotoie Dieu. Mais son “L’homme a un tyran, l’ignorance. Ouvrez une école et vous fermerez une prison” tiré lui des Misérables (merci de m’avoir contrainte à revenir au texte !), est un principe fondateur de notre République.
      Enfin, était.

  • 29 Janvier 2013 à 23h27

    hathorique dit

    à ceux qui m’ont lue et approuvée merci je réitèrerai :-)
    Bien sur que l’Europe, qui n’est pas une nation, et qui je crois n’a pas vocation à l’être, survivra aux crises, nos économies sont totalement imbriquées extrait d’un rapport du Ministère des Affaires Etrangères :
     ”Les relations commerciales entre la France et l’Allemagne sont particulièrement denses. En 2011, l’Allemagne restait de loin le premier client de la France (69,1 Md€ d’exportations, soit 15,6% des exportations françaises) et son premier fournisseur (85,2 Md€ d’importations, soit 16,9% des importations françaises).
    La progression des ventes françaises vers l’Allemagne est restée vive en 2011 (+9,7% par rapport à 2010), ainsi que dans une moindre mesure celle des achats français à partir de l’Allemagne (+8,1%). Le déficit bilatéral se creuse toutefois passant de 15,9 Md€ en 2010 à 16,1 Md€ en 2011, alors que le taux de couverture s’améliore à 81%. Au total, 2 200 entreprises françaises présentes en Allemagne génèrent 400000 emplois.
    Réciproquement, l’Allemagne investit largement sur le sol français. En 2009 et 2010, ce pays est devenu le premier investisseur étranger créateur d’emplois en France et est passé au second rang en 2011. les relations commerciales entre la France et l’Allemagne sont particulièrement denses.
    En 2011, l’Allemagne restait de loin le premier client de la France (69,1 Md€ d’exportations, soit 15,6% des exportations françaises) et son premier fournisseur (85,2 Md€ d’importations, soit 16,9% des importations françaises).
    Le réseau de contacts entre collectivités locales, associations, écoles etc. de nos deux pays est sans équivalent. Près de 2500 jumelages de toutes tailles donnent à ces liens une qualité unique ; ils sont renforcés, dans le domaine scolaire, par les relations entre Länder et Académies”
     Nos enfants voyagent dans toute l’Europe ils vont de Paris à Berlin de Rome à Amsterdam de  Londres à San Francisco, l’Europe est  pour eux le carrefour du monde.
     Elle était déjà le grand dessein de Charlemagne et le grand projet de Napoléon, ces deux visionnaires européens.  Napoléon fera profession de   foi européenne, en évoquant ce qu’il avait voulu faire sous le Consulat et l’Empire
    « Nous avions alors pour but d’organiser un grand système fédératif européen que nous avions adopté comme conforme à l’esprit du siècle et favorable aux progrès de la civilisation » 
      il dit qu’il aurait voulu réaliser l’unité des Allemands, celle des Italiens et, ensuite, unifier la grande famille européenne, réaliser les États-Unis d’Europe.
    « C’est dans cet état de choses qu’on eût trouvé plus de chance d’amener partout l’unité des codes, celle des principes, des opinions, des sentiments, des vues et des intérêts. Alors peut-être à la faveur des lumières universellement répandues, devenait-il permis de rêver, pour la grande famille européenne, l’application du congrès américain, ou celle des Amphictyons de la Grèce ; et quelle perspective alors de force, de grandeur, de jouissance, de prospérité ! Quel grand et magnifique spectacle ! ».

    Ce n’est pas ce bon Monsieur Hollande qui causerait de la sorte.  

    • 30 Janvier 2013 à 2h29

      nadia comaneci dit

      Non Hathorique, mais il a pris très correctement la suite de ses prédecesseurs… C’est un européen convaincu, n’exigeons de lui le style et l’éloquence, mais de poursuivre avec Angela Merkel la route tracée par ces illustres couples franco-allemands qui depuis de Gaulle et Adenauer, nos modèles, façonnent l’Europe.
      Les Etats-Unis d’Europe… n’oubliez pas Hugo ! 

      • 30 Janvier 2013 à 11h43

        hathorique dit

         Quant à Hugo si vous cherchez la “lutte finale ” vous me trouverez devant  les barricades enfin peut être, mais l’expression postique est ici limitée. Je trouve déjà mes posts trop longs lorsque que je les vois apparaitre je me dis, “NON pas encore elle “.
        Bref comme disait Pépin le papa biologique de Charlemagne devenu Empereur d’Occident suite à des querelles dynastiques fratricides, donc rebref Hugo la légende de son siècle, n’eut aucun pouvoir politique mais il fût un orateur hors pair et maire.
        Comme les duellistes nous nous confronterons à coup de citations hugoliennes,  j’ai bien ciré mes bottes secrètes .
        Oui Hollande est peut être convaincu mais il n’est pas convainquant l’Europe a aussi besoin d’être incarnée et ce n’est pas lui ni d’ailleurs l’ ectoplasmique Van Rompuy qui pourraient l’icôner. 

      • 30 Janvier 2013 à 13h05

        nadia comaneci dit

        Hugo fut le chantre des Etats-Unis d’Europe. Je suis passée par Guernesey au printemps et j’ai ramené chez moi (merci à Odile Blanchette, notre adorable consul honoraire qui connait Hauteville comme sa poche) un rameau du chêne de l’Europe qu’il a planté de ses mains. Quand ma foi européenne flanche, je regarde et je repars !

      • 30 Janvier 2013 à 13h06

        nadia comaneci dit

        C’est elle qui m’a rappelé le sublime “pour détruire les prisons, construisez des écoles” !
        Ah le grand homme que voilà.

  • 29 Janvier 2013 à 14h50

    JeanBart dit

    Excellent article, même s’il aurait pu faire l’économie de l’analyse des divergences économiques (justement) entre la France et l’Allemagne.
    Entre clichés et non-sens, il en ressort une passivité et une double absence ; ne pas savoir ce qui a marché par le passé, ne pas vouloir faire ce qu’il faut à l’avenir.
    On y voit en filigrane la Schadenfreude de l’auteur vis-à-vis des eurocrates. Et ses arguments font aujourd’hui plus que jamais mouche !

  • 29 Janvier 2013 à 14h36

    thdo dit

    L’Allemagne aurait eu à supporter le coût de sa réunification, 1300 milliards d’euros en 20 ans, nous dit-on.
    Mais il s’agit en fait d’un investissement : les dépenses des Etats de l’ouest en faveur de ceux de l’est, destinées en particulier à mettre à niveau son infrastructure de production, et se traduisent (et se traduiront) par des rentrées fiscales supplémentaires.

    La France a elle aussi eu à financer des dépenses d’investissement plus importants que ceux de l’Allemagne : ainsi, les différences de taux de natalités conduisent à des différences de coûts.
    Pour les seules dépenses scolaires, il y a une différence d’environ 1,5% de PIB, ceci sur 20 ans correspondant à un surcoût de 600 milliards environ : et même, d’après ce document :
    http://tinyurl.com/bb8vapb
    environ 36 milliards par ans, soit 720 sur 20 ans et 900 ramenés à la taille des Etats.
    De même, les dépenses militaires….

    Bref, l’argument du terrible handicap porté au nom de l’intérêt général peut, au mieux, être relativisé.

    Pour le reste, l’Allemagne défend ses intérêts, par exemple :
    http://www.xerficanal.com/emission/Jean-Michel-Quatrepoint_Allemagne-France-le-desamour_675.html

    la Grande-Bretagne aussi et il serait normal et souhaitable la France fasse de même.

    Ce qui dérange la GB n’est pas seulement la défense (légitime) d’un modèle d’organisation économique, mais le fait de voir de plus en plus que des compromis internes sont remis en cause à Bruxelles ou par les juridictions européennes.

    La France a elle aussi un modèle spécifique d’organisation économique, autour par exemple des grandes entreprises, sur lequel elle a beaucoup évolué sous l’impulsion de Bruxelles. Toujours en bien ?

  • 29 Janvier 2013 à 13h57

    Porfirio Diaz dit

    Peut être, mais elle pourra exister sans eux

  • 29 Janvier 2013 à 11h47

    Nathan dit

    Bonjour.

    Citation : Alan Retman : “Qu’a-t-il bien pu nous arriver pour que nous en soyons venus à maudire un peuple qui nous prouve que sa démocratie est vivante ? Qu’a-t-il bien pu nous arriver pour que nous traitions d’égoïstes des gens qui défendent leur indépendance ? Qu’a-t-il bien pu nous arriver pour que nous en soyons réduits à l’état où notre autodétermination passe pour être l’attribut de la ringardise, du passéisme ?”

    S’il m’est permis, je répondrais par ce lien :
    http://jeremystoerkler.blogspot.fr/2013/01/les-droits-de-lhomme-du-plus-fort.html

    C’est une ébauche qui survole les problèmes à la vitesse de la lumière (il faut s’accrocher pour la suivre dans son cours), mais pas dénuée de bon sens.

    Cordialement

  • 29 Janvier 2013 à 10h48

    L'Ours dit

    hathorique et nadia comaneci,
    bravo pour vos magnifiques commentaires auxquels je souscris. 
    J’ajoute que, et peu importe que l’on soit d’accord ou pas, cela fait du bien de retrouver des posts d’un tel niveau, celui qui faisait qu’on avait hâte de venir causer.

    • 29 Janvier 2013 à 13h59

      nadia comaneci dit

      Une bonne discussion sur les multi-pseudos, pourtant, ça a son petit charme regressif)))

  • 29 Janvier 2013 à 1h34

    nadia comaneci dit

    Les Anglais sont un grand peuple.
    Le reste n’est que l’habituel galimatias des lieux communs populistes. Ce n’est pas un gros mot, mais un seul parti en France soutient actuellement cette politique. Le FN.

    Je ne reviens pas sur l’imparable analyse politique de la ratification française faite par Hatorique. Il est toujours utile de rappeler qu’il n’y a pas eu le coup de force qu’on se plait à nous décrire.
    Sinon, Cameron promet un referendum pour… 2017. Il n’y a donc pas le feu à la Manche. Aimable façon de souffler à ses comptriotes qu’il imagine eurosceptiques “réélisez moi”… Cameron ne veut pas sortir de l’Union, pas plus que les Anglais, il veut renégocier son traité d’adhésion. En clair, faire le tri. ça j’en veux, ça j’en veux pas. Le principe du “opt out”. Et bien, sorry, ce n’est pas possible. L’Europe, ce n’est pas un menu à la carte. D’autant qu’elle est déjà très souple la formule. On peut choisir l’euro. Ou pas. Schengen. Ou pas. Contraignante l’Europe ? Les Brits ont choisi la version ultra-light. Qu’est-ce qui les contraint ? Le droit du travail… L’Europe n’est pas assez libérale à leurs yeux. Et l’intégration bancaire. Ils n’en seront pas puisqu’ils ne sont pas dans la zone euro, mais la City va devoir s’aligner. La City sacrée, cette zone de non droit bancaire, où on fait tout et n’importe quoi. Je reste si vous touchez pas à la City menace Cameron. Chantage, vous avez dit chantage ? On est subitement très loin du “diktat liberticide”, non ?
    Ce ne sont pas les commentateurs lambda qui prient Cameron de revenir à la raison. Ce sont ses industriels. Ils savent bien que les accords bilatéraux ne valent qu’autant que le UK est dans l’Union. Le UK n’a pas vocation à appartenir à l’AELE. Je respecte profondément le Liechstenstein ou l’Islande, mais ces Etats n’ont aucun poids politique, ils appliquent les règles du marché unique fixées par d’autres, sans avoir voix au chapître. Le UK, un futur nain politique ?
    Je passe sur l’habituel couplet anti-allemand et son insupportable réussite. Qui nous empêchait d’en faire autant ?  Quand Schroeder réformait son pays, nous avions Jacques Chirac, autant dire rien. Je vis sur la bête et après moi le déluge. Sarkozy ne pouvait pas faire pire, mais pourquoi avoir attendu la dernière année de son quinquennat pour lancer ce qui avait marché outre-rhin, la TVA sociale ? Nous n’avons même pas l’excuse d’avoir avalé la “France de l’Est”. La réunification a coûté 1300 milliards d’euros aux Allemands et ils nous mettent des longueurs. De qui se moque t-on ? C’est quoi ces jérémiades sur notre industrie délitée et notre balance commerciale sutructurellement déficitaire ?
    Mais là on parle gros sous. Ce n’est rien à côté de ce chef d’oeuvre de solidarité continentale. “Mon intérêt”, “mes avantages propres”… I want my money back comme disait Maggie. Avec une mentalité pareille, on finit assez vite sur un champ de bataille. Il se trouve que Maggie n’a jamais demandé de referendum. Qu’au contraire Maggie n’a eu de cesse d’étendre l’UE aux pays qui sortaient de 40 ans de dèche communiste. Il faut avoir vu les tuyaux d’évacuation rafistolés au chatterton pour comprendre ce que c’était un pays communiste. Ou certains villages de Roumanie en 1993 où tout était noir de suie, les usines, le ciel, l’herbe, les gens et sans doute leurs poumons. Quand on abat un mur on prend ses responsabilités et on tend la main aux gueux et même aux PIGS aujourd’hui. Maggie savait ce qu’elle faisait, elle savait où était son intérêt. Comme Tony Blair le savait.
    L’Europe avance lentement mais sûrement, Hollande et Merkel feront en mai une proposition commune d’intégration économique qui couvrira l’emploi, la sécurité sociale et la stabilité financière parce que l’union et la solidarité font la force. En période de crise la tentation est grande de se replier sur soi et de trouver un coupable. L’Europe n’a pas su s’incarner, parler aux peuples, c’est son défaut majeur, et quand ça va mal, elle est le coupable idéal. Mais qui est reponsable du malheur grec ? La Grèce avant tout. Qui s’est surrendetté en Espagne ? Les ménages poussés par des banques irresponsables. Qui doit éteindre le feu pour sauver sa monnaie et jouer les mères fouettardes ? L’Europe… c’est toujours la même chanson.
    Je ne peux pas croire que le UK se marginalise et loupe le grand grand, le plus beau défi du XXème siècle, après deux guerres atroces où il a eu une conduite admirable. Mettre la guerre au banc des nations et construire un espace de liberté et de prospérité. Où fait-il meilleur vivre qu’en Europe, sur cette planète ? Ce n’est pas “Il incombe à chacun de définir ses rapports avec autrui, en fonction de ses avantages propres” que nous y parviendrons.

    • 29 Janvier 2013 à 17h16

      Naif dit

      Commentaire intéressant qui montre une fois de plus que la vérité n’est jamais simple et les solutions évidentes. Pourtant vous oubliez il me semble quelques points importants : 
      d’abord on ne crée pas un système politique fédéral sans l’assentiment des peuples, pensez à la guerre de sécession.
      ensuite je ne crois pas que ce système mettra la guerre au banc des nations, ce ne sont pas les systèmes qui font la guerre mais les être humains quelque soit le système auquel il appartiennent.
      De plus les représentants européens ne ce sont pas montrer jusque là intéressé par le bien être des peuples qu’ils prétendent représenter, à part une parlement plus ou moins démocratique, on ne peut pas dire que le reste représente qui que ce soit voir quoi que ce soit ce qui est un comble dans un “pays” ou “zone” censé(e) abolir la guerre et apporter la “paix”.
      Mais l’utopie est intéressante malgré tout 

      • 29 Janvier 2013 à 17h26

        nadia comaneci dit

        On est bien loin du fédéralisme encore, même si à (long) terme, elle pourra être envisagée.
        Pour la guerre, on verra. Si le UK sort de l’UE, on pourra toujours se retrouver à Azincourt. 
        L’europe souffre surtout d’un défaut d’incarnation, de visibilité que traduit bien votre commentaire.
        Elle est présente à chaque seconde de votre vie… et vous ne le savez pas. 

      • 29 Janvier 2013 à 17h31

        Naif dit

        Détrompez vous je sais que l’Europe est présente dans ma vie à chaque seconde sans que je l’ai choisie mais je ne rend pas l’Europe responsable de tous les mots pour autant. En ce sens je suis d’accord avec vous 

    • 29 Janvier 2013 à 23h44

      Quentin albert dit

      A ceci près que Nicolas Sarkozy avait, durant sa campagne, parlé de la ratification par le Parlement d’un “traité simplifié” qui ne reprendrait pas, par exemple, l’institution d’un Président de l’Europe mais qui se bornerait à faire valider quelques menues modifications institutionnelles afin d’en éviter le blocage.
      Or, il a fait voter la constitution européenne dans ses moindres détail, à la lettre près alors même qu’elle avait été rejetée sans aucune ambiguïté par le peuple français.
      Il y a bien tromperie et déni de démocratie.

  • 28 Janvier 2013 à 23h12

    schaffausen dit

    Mes remerciements vont à “hathorique”.

  • 28 Janvier 2013 à 22h28

    hathorique dit

    “la démocratie européenne est en berne depuis un beau jour de 2007 à Lisbonne, où Nicolas Sarkozy a décrété que le « Non » français voulait dire « Oui »”
    NON pendant sa campagne présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy a indiqué que s’il était élu, le traité simplifié serait ratifié en France, par voie parlementaire. il n’a donc pas procédé par décret ou diktat. Elu Président des Français, il a tenu une promesse électorale , comme Monsieur Hollande pour sa 31°proposition.
    l’Assemblée nationale et le Sénat ont voté massivement en faveur de la ratification. Les députés ont voté le texte par 336 voix pour, avec 52 contre, tandis que les sénateurs ont été 265 à l’approuver, 42 à le rejeter et 13 à s’abstenir, les dernières oppositions des socialistes, notamment fabiusiens, partisans d’un référendum, et des souverainistes n’ont pas été suivies d’effets, il y a donc eu quasi unanimité des partis politiques à voter ce traité, sauf à considérer que les élus du peuple, ne sont pas la représentation nationale et que nous sommes dans une dictature.
    Le premier ministre anglais a prononcé un discours destiné à son électorat,  nous verrons ce qu’il en sera après 2017. Par contre il a eu raison de secouer le cocotier des dirigeants européens qui apparaissent comme très éloignés des préoccupations des populations, en cela le discours de Cameron peut être bénéfique pour l’Europe et son avenir politique : Fédéralisme ou Unification mais cela prendre du temps beaucoup de temps.
    Pour ma part, malgré les irritantes gabegies bruxelloises ou strasbourgeoises et l’inconsistance des dirigeants Von Rumpuy , Baroso, Ashton, dont je soupçonne hélas qu’ils aient été justement choisis pour cette insignifiance, l’Europe est un idéal dont je ne vois pas l’équivalent dans l’histoire, ce sont des peuples en paix, qui après le cataclysme dévastateur des deux guerres mondiales dont la dernière a causé 60 à 70 millions de morts, ont décidé de construire un avenir commun pour éviter que pareilles horreurs ne se reproduisent.
     L’Union Européenne est à l’aube de son avenir, laissons “le temps au temps” afin qu’elle puisse se construire pour le bien commun des nations et peuples qui la composent .

    • 28 Janvier 2013 à 22h56

      eclair dit

      @hathorique
      Combien de mesures dans le programme non appliqués?

      Ils n’ont pas fait que ça ils ont modifié la constitution  désormais ils ne feront plus de referendum.  
      Cette europe est en train de mener les peuples européens à noveau à la haine entre eux. 

    • 28 Janvier 2013 à 23h11

      schaffausen dit

      Merci pour ce “post” (que veut dire ce terme, au juste ?)

    • 29 Janvier 2013 à 1h08

      girafe234 dit

      Hatorique: tout est dit et bien dit dans. Ogre dernier post. Mer i.

    • 30 Janvier 2013 à 18h38

      mordor dit

      @hathorique – Vous voyez l’UE à l’aube de son avenir, je la vois moribonde. Cette Union qui ne tient aucun compte des peuples qui la composent, qui en a peur au point de les ignorer, ne mérite pas de continuer. Si elle était capable de se réformer, peut être, mais je n’y crois pas.

  • 28 Janvier 2013 à 20h17

    gafaroun dit

    Article remarquable! Je plussoie, j’applaudis, j’approuve, je souscris, bref, je regrette de ne pas avoir eu le talent de l’écrire!…

  • 28 Janvier 2013 à 19h48

    Emmanuel dit

    Les Anglais ne font que constater une réalité que les “bons esprits” feignent de ne pas voir : la nation européenne n’existe pas. C’est une évidence. Si une telle nation existait, les différents états qui la composeraient n’hésiteraient pas à recourir au référendum. Si les européens avait l’intime conviction d’appartenir à une même nation on n’aurait pas besoin de prendre tout un tas de mesure sans les consulter.
    Arrêtons de rêver tout éveillés devant ce mirage qu’est la “nation européenne”.

  • 28 Janvier 2013 à 18h02

    schaffausen dit

    Nigel Farage et un démagogue.
    Les souverainistes sont les barrésiens contemporains, nostalgiques, dirait-on, des grands cimetières provoqués par les deux guerres mondiales.
    Il y a des difficultés, c’est vrai. Mais quel est leur poids face à la paix ?

    • 28 Janvier 2013 à 18h53

      Vassili Tchouïkov dit

      Vous êtes opposé, ou simplement réservé face au mariage gay, vous êtes un homophobe ! Depuis ce week-end et la sortie de Pierre Bergé, un antisémite ! (Après les ventres à louer comme les bras des ouvriers, le milliardaire rose est vraiment au top).
      Vous constatez que l’Europe politique ne fonctionne pas, que la bureaucratie bruxelloise gouverne contre les peuples, vous êtes un nostalgique des grands massacres du XXe siècle ! J’adore le débat quand il est mené avec cette finesse.

      • 28 Janvier 2013 à 20h53

        schaffausen dit

        Soit. Donnez-moi une définition du souverainisme.
        Pour moi, le souverainisme, c’est le rejet de l’euro et le refus de l’abandon de toute parcelle de souveraineté nationale. “Debout la République” dont le chef, monsieur Dupont-Aignant, a comparé des députés “europhiles” à des pétainistes (ce ne doit pas être une insulte) est souverainiste. Le FN est souverainiste. Mélenchon aussi, sans doute.
        Par ailleurs, c’est l’idée d’Europe que je défends, pas la bureaucratie bruxelloise. Quant à l’Europe politique, il est vrai que l’UE est beaucoup trop large pour qu’elle fonctionne.
        Mais les anglais n’ont-ils pas été les chantres de l’élargissement à tout va, justement pour éviter que l’UE devienne une force politique? Au reste, l’ineffable madame Ashton est anglaise.
        Quant à Barrès, le poète des cimetières, la formule n’est pas de moi. Elle fait référence à ce que cet écrivain a écrit à propos de la terre de France fertilisée par le sang des hommes.

      • 29 Janvier 2013 à 5h51

        Boomer dit

        @schafausen
         Je le cite : «Pour moi, le souverainisme, c’est le rejet de l’euro et le refus de l’abandon de toute parcelle de souveraineté nationale. »

        Et la souveraineté européenne c’est quoi alors?
        En quoi la souveraineté est-elle dépassée aux yeux des européistes?  Il est étrange que cette définition de la souveraineté soit ici toute négative – car elle est pour eux uniquement réservée à la France et aux nations européennes en générale – alors que ces européiste – fédéralistes ou jacobins –  ne sont même pas capables d’imaginer que cette notion puisse s’appliquer à l’Europe..!
         Ce manque d’imagination conceptuelle à propos d’une Europe sans souveraineté est un beau symptôme du déni du politique.  Ce refus par principe du conflit politique, c’est implicitement la négation de tout intérêt national, européen, impérial, whatever.  C’est la peur du politique et le repos lénifiant dans la gouvernance purement gestionnaire.  

        Peut-on le dire? la démocratie est née avec les nations.  Elle disparaitra avec elles.   

    • 28 Janvier 2013 à 19h53

      Emmanuel dit

      Je suis au regret de vous dire que je suis souverainiste mais qu’en aucun cas je ne suis nostalgique des grands cimetières provoqués par les deux guerres mondiales. D’ailleurs quel homme, digne de ce nom, pourrait l’être ? Arrêtez d’insulter ceux qui ne pensent pas que l’Europe est la panacée. Agiter la peur pour imposer ses idées et un véritable aveu de manque d’arguments et de refus de toute discussion sereine.