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Dave Brubeck : time out

Publié le 06 décembre 2012 à 13:00 dans Brèves

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Le compositeur américain Dave Brubeck a trouvé la mort hier, dans un hôpital de la ville de Norwalk (Connecticut). À moins que ce soit la mort qui l’ait trouvé. Il avait 92 ans, ce qui est encore trop prématuré pour un artiste. Dave Brubeck avait connu une notoriété mondiale à partir de la fin des années 50 avec son jazz élégant, accessible, et son swing original marqué par un sens de la rythmique très diversifié. Au début des années 50 il fonde son fameux « Dave Brubeck Quartet » avec notamment le saxophoniste Paul Desmond, et en 1958 sort son plus grand succès discographique « Time out », comportant les tubes internationaux Blue rondo a la Turk (adapté par Claude Nougaro en À bout de souffle) et surtout Take Five. S’en suivront une pléiade d’albums jazz et de concerts du même métal tout autour du monde pendant plusieurs décennies.

Ce que l’on sait moins du White-jazzman Dave Brubeck, c’est qu’il n’a pas appris la musique sur le piano désaccordé d’un tripot clandestin de Chicago, mais en France, auprès de Darius Milhaud et brièvement auprès d’Arnold Schoenberg. On peut surtout mesurer avec le recul l’influence de l’univers du Milhaud de La création du monde, plein de syncopes et de rythmes furieux, sur l’imaginaire musical du jeune Brubeck. Ce dernier, outre son abondante production dans le jazz ( plus d’une centaine d’albums), a construit au fil des ans un catalogue de musique classique plutôt consistant, mais assez peu représenté au disque et au concert, dont une douzaine de messes, cantates, oratorios divers ; une pléiade de pièces pour piano seul ; plusieurs musiques de ballet et une étrange relecture du West Side Story de Leonard Bernstein.

Dave Brubeck a écrit de très nombreuses chansons méconnues aux styles très variés qui révèlent un compositeur touche-à-tout, capable d’évoluer dans des univers classiques complexes (à la limite de l’atonal), dans le swing jazzy, comme dans la love-song américaine pour crooner. Un thème sous-jacent se dégage de ces chansons celui de la nostalgie de la jeunesse (le splendide Once when I was very young qui ressemble à une folk-song anglaise à la sauce Britten ou Percy Grainger), ou encore la nostalgie des amours perdus (le très délicat Don’t forget me avec ses accents discrets d’Erroll Garner ou encore So Lonely cri de douleur de l’homme solitaire et le très doux There’ll be no Tomorrow à la longue introduction pour piano qui peut faire songer à Chopin). Il faut aussi écouter la majestueuse All my love, déclaration d’amour simple et généreuse sur un tapis de musique originale ne voulant ou ne sachant se décider entre classique et jazz. Voici une captation live de ce morceau en 2001 ; la ligne de la voix est confiée au saxophone, et le compositeur est au piano.

C’est à ce Brubeck rare et méconnu que nous voulions tirer notre chapeau. C’est celui-là qu’il faut se hâter de (re)-découvrir. Adieu l’artiste.

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  • 11 Décembre 2012 à 0h31

    PORFIRIODIAZ dit

    Pour moi le vrai jazz est derriére nous. La conclusion qui veut faire un distingo entre jazz et MUSIQUE n’a pas cours, prenons l’exemple de Vladimir Horowitz qui jouait des deux dans son appartement de NY avec le même talent et le même plaisir, ce qui est rare. Je me souviens de la professeur de  piano de mon fils qui était russe et de formation classique. Elle ne pouvait que déchiffrer des partitions mais jamais rendre le coté jazz de la musique. Que n’a-t-on dit de l’inventivité ´de Thelonius Monk qui apporta beaucoup á la musique.
    Je connais moins bien Dave Brubek mais je sais qu’il avait du talent, la relève semble difficile 

  • 6 Décembre 2012 à 19h57

    Marie dit

    http://www.youtube.com/watch?v=SVGotpIxkGU&feature=share
    la version favorite de mon cher et tendre…

  • 6 Décembre 2012 à 15h53

    tessar dit

    Dave Brubeck est un grand compositeur,en particulier pour le saxo,en effet,take five joué sur un Selmer mark 6 est une véritable,merveille,mais rendons à Mozart ce qui est à Mozart,le Blue rondo à la Turk est surtout un très bon arrangement en jazz du rondo,dit aussi Marche Turque de Mozart.Ceci dit toute l’oeuvre de Dave Brubeck est à écouter ou réécouter,surtout si l’on est amoureux du saxo.

    • 7 Décembre 2012 à 2h59

      perchè_no dit

      J’avoue que j’ai un tout petit peu de peine à retrouver le thème de Mozart dans le Blue Rondo …. mais si vous le dites

      mais quel grand bonhomme nous a quittés !!!
      (Mozart aussi, mais on avait eu le temps de nous y habituer)

      • 7 Décembre 2012 à 12h17

        tessar dit

        perché :Désolé,j’ai confondu avec un autre thème.Méa culpa et toutes mes excuses à Dave Brubeck.

    • 7 Décembre 2012 à 3h10

      perchè_no dit

      et peut-être aussi un peu du piano, non ?
      le saxo c’est le regretté Desmond.- compositeur entre autres de Take Five (là je pense que Mozart n’y est pour rien)

      Paix à leurs 2 âmes

  • 6 Décembre 2012 à 14h20

    michel kessler dit

    tout à fait d’accord, cependant le cd est relativement avare (en France en tout cas) concernant ces aspects de Brubeck, si ce n’est quelques perles judaïsantes dans la collection “milken archives” chez Naxos. Ceci étant il m’est impossible de me détacher du Quartet, (à noter dans les quartets plus récents, succédant à Desmond, et c’est pas de la tarte, le fabuleux altiste obèse Bob Militello) ne serait-ce que pour la présence de Joe Morello, le swing parfait et inoxydable, une virtuosité tranquille et renversante au service des tambours, mon tiercé est simple: Max Roach, Shelly Manne et Joe Morello. amen.

  • 6 Décembre 2012 à 13h56

    james dit

    Un avant-gardiste classique en quelque sorte , modèle plutôt rare !