Dany boude
Verts : une université d’été qui ne fera pas le printemps
Publié le 09 août 2010 à 14:01 dans Politique
Mots-clés : Daniel Cohn-Bendit, Europe Écologie, Rama Yade, Verts

Histoire d’éveiller ses amis Verts à un semblant de maturité politique, Daniel Cohn-Bendit leur avait fait deux propositions un rien provocatrices en vue des Universités d’été qui doivent se tenir du 19 au 21 Août à Nantes : inviter Rama Yade et inscrire un atelier foot au programme des débats. Zéro pointé : Rama sera finalement interdite de séjour et l’atelier foot aussi. Dany, le fraternel, veut parler avec tout le monde. Dany, le pragmatique, désire élargir la vision de l’écologie politique. Mais voilà, une fois de plus, le leader d’Europe Écologie, s’est cassé le nez sur la légendaire rigidité dogmatique des Verts.
Mais qu’a-t-il cru ? Que les Verts pouvaient donc débattre avec « une personne qui soutient et fait partie d’un gouvernement anti-social, anti-écolo, anti-immigrés» ?1. Dany a donc dépassé les bornes. Dany a voulu convier à la table des justes, le symbole absolu de l’hypocrisie du sarkozysme, Rama Yade, « la midinette du gouvernement faussement rebelle, faussement issue de banlieue », comme certains militants furieux la désignent.
Va pour la non-invitation de Rama. Mais pourquoi ne pas avoir au moins entériné l’atelier foot si cher à DCB ? Et bien parce que seuls les sujets environnementaux ou assimilés ont droit de cité dans l’espace public des Verts. Les autres sont frappés d’ostracisme. L’écolo de base, si soucieux de réguler sa consommation d’énergie, ne saurait gaspiller sa salive pour parler d’un sujet aussi populaire et populiste que le foot. C’est vrai ça : quel est l’intérêt d’engager un débat public auquel tout le monde pourrait participer ?
Le foot, c’est forcément de droite
Non, hors sujet, le foot pour les Verts, pas assez élitiste, et surtout trop marqué à droite. Depuis que Nicolas Sarkozy a reçu Thierry Henri à l’Élysée et qu’il a réclamé des états généraux du football, les Verts ont décrété que parler foot c’était s’afficher à droite. Le comportement honteux de l’équipe de France lors du Mondial n’appartient donc qu’au passé et il n’y a aucune leçon à en tirer. Chez les militants Verts, comme chez les poissons rouges, la mémoire est immédiate, elle ne dure pas.
Les Verts ne préfèrent voir que la seule image du foot business, symbole de démesure du capitalisme. Une fois encore, leur sectarisme les arrange bien. Ils évitent ainsi la pratique du débat, l’exposition et la confrontation avec plusieurs points de vue sur un sujet relevant de l’intérêt général. Car les thématiques pensées par Daniel Cohn-Bendit (de la marchandisation du sport à la question de l’intégration par le football) n’étaient ni de gauche, ni de droite, ni du centre et pas même, c’est vrai, purement écolos.
Le leader d’Europe Écologie avait inséré le foot au sein d’une réflexion plus globale sur la société française. L’atelier foot était donc l’occasion pour les Verts de parler de l’intégration, du mérite, du lien social, de la crise de l’autorité et de l’éducation, bref de tous les problèmes auxquels la débâcle des Bleus renvoyait. Les entendre sur ces sujets était une façon de sortir de leur credo écologiste pour rendre leur projet alternatif audible à tous les Français. Mais leur sectarisme a été trop fort. Les Verts ont refusé de faire véritablement de la politique.
Non, en proposant qu’on cause foot à Nantes, Dany, l’inconditionnel du ballon rond, n’a pas cédé au principe de plaisir, comme le prétendent ses pourfendeurs. Bien au contraire, il a fait preuve d’un réalisme responsable. Dans la logique de son Appel du 22 mars, qui avait si bien réussi à son camp pour les européennes, il s’est comporté en véritable homme politique, qui a compris que son parti, Europe Écologie, doit s’ouvrir au monde tel qu’il est et non pas tel que les Verts voudraient qu’il soit.
Dany a poussé les Verts dans leurs retranchements et leur sectarisme a prouvé, une fois de plus, les limites d’ouverture du mouvement écologiste, trop empêtré dans une logique doctrinaire et bureaucratique pour envisager une nouvelle mutation en phase, cette fois, avec un scrutin présidentiel.
Alors oui Dany boude les Verts, et à raison.
- Propos tenus par la porte-parole nationale des Verts, Djamila Sonzogni, dans le JDD du week-end 31 juillet-1er août 2010 ↩
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L'auteur
Isabelle Marchandier est membre de la rédaction de Causeur.
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Zantrop dit
Lagonflette,
Ces nageurs s’entraînent au Cercle des Nageurs de Marseille. Vous soupçonnez le pastis ?
Lagonflette dit
“Les Verts devraient plutôt mettre la natation à l’ordre du jour de leur parlote d’été : en voilà, des sportifs qui gagnent des médailles. et avec le sourire, en plus !”
@ Zantrop
Oui, mais le médicament qu’ils ont trouvé pour être aussi performants n’est sans doute pas très écologique…
Daniel73 dit
Je propose à l’auteure de cet article bourré d’affirmations rapides, et trop souvent fausses de revoir sa copie.
C’est assez extraordinaire comme on peut parler des Verts sans les connaître. Je les fréquente depuis un peu plus d’un an, je constate qu’ils sont comme tous les Français, avec en plus un intérêt sérieux pour l’avenir de l’homme sur cette planète, et une propension à mettre leur comportement en accord avec leurs idées. Sinon, il y en a qui aiment le foot et en parleraient volontiers, comme de l’athlétisme ou de la natation, ou de tout autre sujet de société.
Ils sont capables et on l’a vu avec Europe Écologie de laisser la place à des non-verts lors des élections européennes ou régionales, même si cela mettait sur la touche des militants chevronnés. Ils sont aussi capables de faire vivre la parité femme-homme, et de refuser le cumul des mandats. Ils montrent souvent une grande capacité d’écoute, de recherche, et d’ouverture d’esprit. Mais bien sûr, il faut un peu les vivre pour s’en rendre compte.
On trouvera alors, comme dans tout groupe humain, des gens excessifs et des modérés, et on sera bien inspiré de ne pas en tirer de conclusion hâtive : le point de vue d’un “écolo” estampillé vert ou non, n’est pas nécessairement celui des Verts.
Ghislain dit
Chère madame Isabelle Marchandier.
Votre article, bien tourné, rendrait, presque, monsieur Cohn-Bendit, sympathique. Mais dommage, il manque d’objectivité. Donc, contraire à la morale apprise à l’école des journalistes. Aussi, vais-je vous citer un proverbe touareg :
“si tu n’as rien à dire de plus beau que le silence, alors, tais-toi”.
Mais je reconnais la qualité de votre article.
Bien cordialement
Ghislain
Zantrop dit
Les Verts devraient plutôt mettre la natation à l’ordre du jour de leur parlote d’été : en voilà, des sportifs qui gagnent des médailles. et avec le sourire, en plus !
pirate dit
Cela étant en lisant l’article je me dis tiens Dany voudrait-il imiter la stratégie sarkozienne en terme électoraliste, attention Dany bientôt tu vas nous sortir que les verts d’origine pas catholique n’ont rien à faire dans l’écologisme tandis que les verts de souche peuvent buter qui ils veulent on ne leur retira pas leur carte du parti. Bref Dany va militer pour le vert 100% bio élevé au grain tandis que le vert d’importation avec colorant doit être exclu de la planète.
hathorique dit
@ Sophie
@ Alpin
bonsoir à vous, mais j’étais absente de ce fil pour cause de confection de vol au vent bio. Ce fût un rude combat dont je suis sortie vainqueuse (féminin très singulier) ou vainqueresse comme disaient les grands anciens qui cajolaient le féminin de leur belle plume d’oie, blanche bien entendu.
le programme politique des verts est d’une telle vacuité qu’en parler c’est alimenter les moulins à vent et pour ce qui est de brasser du vent ils battraient même Don Quichotte pourtant grand spécialiste venticole.
Que dire de ces zelés zécolos de la science infusée, qui introduisent le poison de l’idéologie totalitaire dans la recherche scientifique, mais c’est qu’au nom d’un absolutisme écologique et climatologique, ils rebruleraient Giordano Bruno contribuant ainsi au réchauffement planétaire qu’ils veulent combattre.
Il ne nous restera plus qu’à aller aux Seychelles en pédalo .
phloppe dit
Question saugrenue : va-t-il être question d’écologie, à “l’université” d’été des verts ?
Rama Yade, le foot, quel rapport avec l’écologie ?
Les verts se foutent de l’écologie.
L’auteur de ce papier surréaliste se fout de l’écologie.
Toutle monde se fout de l’écologie.
La politique, rien que la politique.