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Dante et Kafka, corps à son

Divine Party : de l’autre côté du nihilisme

Publié le 18 décembre 2010 à 6:06 dans Culture

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Le dragon-caniche du nihilisme gît à présent à terre, le poitrail lacéré. L’animal qui vient de le terrasser est un monstre à deux têtes drôle, tonitruant, colossal et agile. La première tête de cette machination animale est celle de Dante. La seconde appartient à Franz Kafka. La rencontre de Dante et Kafka dans un seul corps musical a lieu au Théâtre de l’échangeur à Bagnolet, pour quelques jours encore, jusqu’au 20 décembre. Divine party, la création rude et nécessaire de la Compagnie des Endimanchés, est à mi-chemin du théâtre et du concert – dans ce qu’ils ont de moins théâtral et de plus concerté. La pièce se divise en trois volets : Enfer, Purgatoire et Paradis.

Divine party convoque de larges extraits de la Divine Comédie, magnifiquement dits ou chantés en italien, sur lesquels sont tissés de petits textes de Kafka chantés en allemand, qui viennent se mêler au texte de Dante comme des ritournelles diaboliques. Les traductions françaises sont projetées sur différents écrans, tandis qu’un chaos burlesque et multiforme se déploie sur la scène avec une inventivité remarquable. La composition – qui renouvelle l’art du motet des origines – relève d’une polyphonie débordante de force et de vie. Il faut consentir à cette simultanéité opulente de formes, de langues, de visions et de sons. Un grand nombre d’instants et d’agencements sont d’une grande beauté. Au milieu du chemin de notre vie, vous avancez dans une forêt âpre et obscure. Vous rencontrez des morts, deux boxeurs primitifs, des enchantements comiques et un hilarant vieillard, commentateur pédant de Dante et d’Aristote, qui vous cause un peu entéléchies, n’est-ce-pas ?

Tout ce bordel dure plus de trois heures, mais les volets peuvent être vus séparément. Il met le spectateur physiquement à rude épreuve. Mais il s’est déjà vu que des gringalets dans mon genre en ressortent en vie. Beaucoup plus en vie. Une seule réserve personnelle : le niveau sonore extrêmement élevé. La polyphonie est menacée par le danger du fortissimo continu, qui peut produire par moments une saturation des perceptions. Davantage d’aérations et de trouées auraient peut-être mieux servi le chatoiement de nuances présentes dans la composition.

Servis par les Endimanchés, Dante et Kafka vous attendent pour un vivifiant corps à corps, plein de bruit et de fureur. Conservez toute espérance, vous qui entrez.

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  • 21 December 2010 à 12h21

    klonopin dit

    la timidité… non, cela s’appelle de l’elegance plutôt; je pense.

  • 21 December 2010 à 8h10

    rackam dit

    Bruno Maillé,
    anthropologue de la timidité, voici, en souvenir d’un papier ancien, un lien pour prolonger l’étude:
    http://madame.lefigaro.fr/societe/chez-emotifs-anonymes-211210-120643

  • 19 December 2010 à 9h54

    Minos dit

    klonopin dit :
    18 décembre 2010 à 18:28
    pas si piteux moi j’ai aimé!!! et stop aux vieux cons et aux petits cons de merde, svp.

    Encore un (ou une) qui patauge dans le premier degré….Effarant.

  • 19 December 2010 à 7h08

    L'Ours dit

    Bruno Maillé,

    pas piteux, très joli!

  • 18 December 2010 à 18h28

    klonopin dit

    pas si piteux moi j’ai aimé!!! et stop aux vieux cons et aux petits cons de merde, svp.

  • 18 December 2010 à 12h00

    Bruno Maillé dit

    Cher plantigrade, oui, ce jeu de mot piteux était volontaire…
    Mes amitiés à Rackam et Aristote. Désolé, je suis une bille en entéléchies.

  • 18 December 2010 à 11h45

    Aristote dit

    L’identité nationale est-elle une entéléchie ?

  • 18 December 2010 à 9h23

    rackam dit

    Bruno,
    seul à oser placer, à une encablure “entéléchies” et “bordel”.
    Maillé l’abeille.

  • 18 December 2010 à 7h05

    L'Ours dit

    un corps à son qui touche le corazón?