Adieu l’Europe! | Causeur

Adieu l’Europe!

L’essai de Daniella Pinkstein sonne comme un tango triste

Auteur

Benoît Rayski

Benoît Rayski
Journaliste et essayiste

Publié le 14 juin 2015 / Culture Monde Politique

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daniella pinkstein europe

Dans les années trente du siècle dernier, un tango fit fureur à Budapest : “Sombre Dimanche”. Les sanglots longs des violons hongrois ajoutèrent une touche déchirante à la tristesse de la mélodie. Puis “Sombre Dimanche” quitta Budapest pour conquérir toute l’Europe. Et la légende dit qu’en écoutant ce tango, on se suicida beaucoup.

Le récit de Daniella Pinkstein se passe à Budapest aujourd’hui. Chacune de ses pages est imbibée de la moiteur étouffante des temps lourds et douloureux. Chez elle, c’est “Sombre Dimanche” tous les jours de la semaine… Ce récit peut se lire de façon autonome. Sans avoir lu rien d’autre. Mais si on a été nourri de Kafka, de Roth, de Zweig on saisira mieux pourquoi Daniella Pinkstein verse des larmes sur son Europe abîmée, défigurée.

Elle est hantée par ce que disait Kundera “”La disparition du foyer culturel centre-européen fut certainement un des plus grands événements du siècle pour toute la civilisation occidentale” et cette autre phrase par celui de l’Insoutenable légèreté de l’être “comment est-il possible qu’une telle tragédie soit restée aussi inaperçue et aussi innommée”. Une autre citation encore plus triste, celle de Jankélévitch parlant de la France : “la France miraculeusement rescapée n’a pas renié le régime qui avait fait du consentement à sa défaite, de la joie de sa défaite, de l’organisation et de l’exploitation politique de la défaite, de l’empressement à utiliser cette défaite pour liquider la République, sa raison d’être et son principal titre de gloire. Notre printemps est manqué…”

Ce livre où il y a de l’amour, de la rage et de la tendresse n’est que – et c’est déjà beaucoup – la photographie instantanée d’un monde qui ne sait pas qu’il a disparu et qui, aveugle et sourd, croit qu’il est encore vivant. L’Europe est morte une première fois pendant la sanglante boucherie de 14-18. Les grands écrivains viennois comprirent alors, sans doute parce qu’ils étaient juifs, que ce deuil en annonçait d’autres bien plus terrifiants.

L’Europe est morte une deuxième fois quand Adolf Hitler entreprit de faire une Europe de l’Atlantique à Auschwitz. L’Europe est morte avec ses Juifs, le seul peuple vraiment européen. Tant il est vrai que dépourvu de patrie, il avait lié son destin à la fin des patries qui lui étaient hostiles. Dans Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles?, les Juifs sont présents. Les vivants et les morts. Ces derniers, hélas, les plus nombreux… Daniella Pinkstein avoue une ambition prométhéenne : donner corps à ceux, à celles dont les voix multiples furent tour à tour désespérées, touchantes, divertissantes, englouties mais jamais entendues.

Daniella Pinkstein, Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?, Editions M.E.O, Bruxelles.

*Image : wikicommons.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 12 Novembre 2015 à 12h29

      fogarty dit

      L’Europe s’est suicidée le 2/08/1914. Date qui fut le début d’une guerre de trente ans qui a marqué la fin culturelle de ce continent livré à la sauvagerie de certains à la lâcheté d’autres et à la bêtise de tous. Valery écrivait maintenant nous savons que les civilisations sont mortelles. L’agonie de l’Europe a commencé,combien de temps durera-t-elle?

    • 20 Juin 2015 à 9h58

      arbrecentenaire dit

      “les juifs, seul peuple vraiment européen”????

    • 15 Juin 2015 à 17h05

      Bibi dit

      Amici,
      Je ne comprends pas pourquoi vous prêchez une espèce d’unité quasi-uniforme (désirée ou pas, existente ou pas), alors qu’il y a des modes de vie ou des modèles beaucoup plus humains, d’échanges mutuels. En tout respect mutuel.
       

    • 15 Juin 2015 à 16h16

      Bibi dit

      Solo mio bonjour,
      Un petit aparté de rigueur.
      NON, ça ne bouffe pas pareil! De même qu’une Cotoletta milanese n’est pas un Wiener schnitzel, les feuilles de vigne farcies à la grèque ne sont pas les mêmes qu’à la turque ou à la roumaine, idem pour le tarama et les icra, et n’en parlons même pas des gâteaux!
      À l’ouest d’Izmir on danse qq-ch qui ressemble au Sirtaki, mais c’est une sorte de variante. Ce sont des nuances, argueriez vous, et pourquoi pas dis-je, mais ce sont bel et bien des spécificités, des particularismes desquels je ne suis pas du tout sûr que les gens aient envie de se débarrasser. Même jeunes élevés à la sauce euro (il me semble que l’idée était d’autant plus facile à introduire sur fond de l’ancienne idéologie qui, elle aussi, était vouée à l’expansion internationale, conjuguée avec la curiosité naturelle).
      À défaut de plusieurs voyages, je vous invite en Israël où vous pourrez comparer les divers goûts d’un peu partout :-)
       

      • 15 Juin 2015 à 16h23

        steed59 dit

        “À défaut de plusieurs voyages, je vous invite en Israël où vous pourrez comparer les divers goûts d’un peu partout :-)”

        tu nous loges ?

      • 15 Juin 2015 à 17h11

        Saul dit

        J’argue que ce sont des nuances :-). 
        Mais le fait que ça ne soit que des nuances ne suffit pas pour déduire une conscience commune. Car comme vous le dites, chacun a sa spécificité, et ça illustre d’ailleurs pas mal la discussion que nous avons avec Durru : Turcs et Italiens ont en commun d’avoir dans leur gastronomie un plat commun à base de galette faite à base de pâte, mais les différences entre la pide turque et la pizza italienne sont bien trop grandes pour les rendre chacune spécifique. Il en va de même avec les cultures européennes.
        Avec plaisir pour votre invite, le dernier voyage que j’avais prévu il y a 10 ans, c’était justement dans le coin, Israël et Jordanie (punaise, j’avais contacté jusqu’au moindre boui boui jordanien pour les étapes…) avec option de quelques jours en Syrie. Mais c’était avant que l’on apprenne que ma femme était enceinte. Depuis, juste quelques voyages de “proxmité” type Espagne. Mais soyez sur que si je me radine là bas, je vous contacte ;-) 

        • 15 Juin 2015 à 17h30

          Saul dit

          sont bien trop grandes pour les rendre communes, faut il lire, argh

      • 16 Juin 2015 à 12h04

        nadiacomaneci dit

        Et entre la choucroute et la bouillabaisse il y a des point communs ? Je ne parle même pas du poulet mafé… Et pourtant tout ça nous fait d’excellents Français.
        Et le curry qui est devenu le plat national brit !!
        Nos différences nous enrichissent, elles ne nous séparent pas.

    • 15 Juin 2015 à 15h21

      Saul dit

      Bonjour Durru (je reprends ici, c’est pénible ces sous fils à force…)
      Ah mais attention, je ne nie pas qu’il y ait des choses en commun mais que celles ci ne sont pas assez importantes pour constituer un ciment assez solide, bref pour faire nation, il y a encore bien trop de différences, de caractéristiques propres à chacun qui resteront indépassables. Steed parle de mur de Berlin culturels, je suis plutôt d’accord avec ça bien que le trait me semble grossi.
      Que les européens de l’est se sentent européens, oui très certainement, mais ne fantasment ils pas eux aussi cette identité européenne ? Vous avez cité assez pertinemment ces intellectuels orthodoxes venus s’abreuver à Paris, mais justement se sont ils abreuvés à une culture “européenne”…ou plus réellement française ? l’impression que là aussi on confond et on projette.
      Sur le caractère volontaire de l’occidentalisation de l’est (ça fait bizarre comme phrase…), oui je le concède volontiers. 

      @ Nadia,
      Quoi ? un stage chez les sauvages ? ;-) Plus sérieusement, je ne connais pas ces pays mis à part leur histoire et dans les livres, mais pour avoir pas mal tracé de par ce vaste monde et notamment en Afrique, je trouve qu’on a autant en commun avec certains pays d’Afrique et du Maghreb qu’avec d’autres pays européens. Même la Turquie présente une proximité évidente sur le plan culturel, et encore bien plus avec certains de ses anciens territoires balkaniques : Grecs et Turcs ne partagent pas la même religion mais ils bouffent à peu près la même chose, boivent la même immondice anisée qu’ils appellent chacun d’un nom différent etc.
      Je reste persuadé que les Ibériques et les Italiens sont bien plus proches culturellement des pays de l’autre coté de la Méditerranée que des pays scandinaves. L’europe est en réalité un conglomérat d’aires culturelles (méditerranéennes, germaniques, danubiennes etc) qui souvent s’entrecroisent. Durru, vous parliez notamment de la religion comme socle commun, où classer alors l’Arménie qui se trouve en Asie et qui fut pourtant le 1er état chrétien dans l’Histoire ?

      • 15 Juin 2015 à 16h13

        durru dit

        D’où on est partis et voilà où on arrive…
        Moi qui essayais de dire (très maladroitement) que les nations du continent européen ont quelque chose en commun, tandis que d’autres régions géographiques (Asie, Afrique, pour reprendre les cas pris par Bibi) ne pouvaient pas se targuer d’un tel socle commun; et nous voilà discuter d’une seule “nation” européenne (oui, c’est vrai que la citation de l’article parle de “peuple européen”).
        De ce point de vue, il n’y a pas débat à avoir, il n’y a pas de “nation européenne”. Mais je persiste à dire, aussi bien pour les occidentaux que pour les orientaux, qu’il y a une conscience commune européenne (faut voir les britanniques, avec leur caractère insulaire bien trempé, mais je pense bien que ça s’applique aussi pour eux). A quoi on peut ajouter les pays des nouveaux mondes (et pas que) avec une population d’origine majoritairement européenne.
        Paris, Vienne, Rome, Berlin… Il y avait clairement des différences culturelles en fonction de la source de chacun, mais il n’y avait pas d’incompatibilité et c’était justement ce mélange qui a apporté de la richesse. Non, je ne crois pas que ça soit juste une projection.
        Murs de Berlin culturels? Je me suis assez écharpé avec Steed sur un autre sujet, je ne vais pas recommencer ;) Mais je suis en total désaccord.
        Je ne connais pas vos expériences en Afrique, mais moi, autant Istanbul m’a semblé une ville européenne moderne, autant la Turquie paysanne, campagnarde, j’ai eu du mal à la sentir européenne. Il y avait quelque chose, difficile à dire quoi, que je n’ai pas senti, par exemple, en Russie. Ca pour dire que, si on regarde au niveau des élites, on va trouver très peu de pays non-européanisés, mais au niveau des peuples dans l’ensemble… Enfin, c’est mon sentiment, je me trompe peut-être.
        Les Arméniens, comme les Juifs, sont européens de par leur (nombreuse) diaspora européenne, ainsi que par leur position dans l’Empire Ottoman. Après, il y a aussi des anomalies géographiques, regardez l’île de latinité que représente la Roumanie. Aucun rapport avec l’Arménie, certes, mais les exceptions sont là aussi pour nous confirmer la règle.

        • 15 Juin 2015 à 16h27

          steed59 dit

          les anglais se sentent plus proches des américains, canadiens, australiens, néo-zélandais. Les italiens des argentins. Et que dire des espagnols et portugais vis-à-vis des sud-américains (à des nuances variables cependant).
          L’Europe n’a aucune unité anthropologique si ce n’est que d’être une péninsule à l’extrémité eurasien.

        • 15 Juin 2015 à 16h49

          durru dit

          C’est évident pour les Anglois, hein ;) Les Italiens, ça va aussi avec les Français ou les Roumains. Et ne parlez jamais d’Espagnols à un Portuguais ;)
          Moi j’avais dit: “conscience commune européenne”. Pas “unité anthropologique”. Quoique, en regardant les variations de marqueurs génétiques, ça va beaucoup mieux en Europe qu’en Afrique ou en Asie…
          Sinon, pour sa Wladimiritude, j’ai livré mon analyse sur le fil approprié.

        • 15 Juin 2015 à 17h36

          Saul dit

          (foutu valideur…)
          Totalement d’accord avec vous sur le fait que cette “européinastion” concerne avant tout les élites. 
          Sur la Turquie, ce pays m’a laissé une étrange impression, comme s’ils étaient le cul entre deux chaises : pays moderne mais d’un autre coté des aspects archaïques. Mais l’on retrouve aussi ce paradoxe dans notre vieille europe, un de mes collègues qui a fait pas mal de voyages dans les pays ex yougoslaves avait ressenti la même chose : sur les côtes et dans les grandes villes, la même modernité tant mentale que matérielle, mais dans l’intérieur des terres, c’est un tout autre monde (parait que c’est frappant aussi en Hongrie d’après lui).

        • 15 Juin 2015 à 17h46

          Bibi dit

          À l’exception de l’Allemagne, c’était mon impression dans les pays “libérés” du rideau de fer. 
           

      • 15 Juin 2015 à 17h28

        Saul dit

        Vous me faites plaisir avec votre “il n’y a pas de nation européenne” :-).
        Sur la question du socle commun, oui peut être sommes nous le seul continent à avoir un socle aussi large, mais prenez en compte aussi que nous sommes aussi un des plus petits, en fait comme le dit Steed, l’europe n’est juste que la péninsule ouest de l’immense eurasie. Car après tout les limites des continents n’ont été fixées que de manière totalement arbitraire, ça ne repose pas vraiment sur des paramètres véritablement objectifs : si la ligne de crête du Caucase peut sembler une frontière naturelle, il en va tout autrement de l’Oural qui n’est qu’une chaîne de collines (j’exagère bien sur mais le plus haut sommet n’atteint même pas les 2000 mètres…les Alpes sont bien plus dignes de représenter une frontière continentale que ces minables accidents de terrains en Sibérie ;-), sans compter qu’au sud de cette chaîne, c’est juste de la steppe, steppe dans laquelle passe cette frontière arbitraire entre Asie et Europe).
        Mais donc disais je si vous prenez les autres continents, vous trouverez parmi ceux ci des zones aussi étendues et aussi peuplées présentant aussi le mêmes socles de cultures communes : toute l’Afrique de l’ouest animiste, l’aire bouddhiste en Asie qui va de l’Inde jusqu’à la Mongolie et à l’est jusqu’en Indochine. Mais je ne suis pourtant pas sur qu’il y ait cette conscience commune.
        Tout comme d’ailleurs par chez nous, n’oubliez pas que dès qu’apparurent ces mesquines petites histoires d’argent, les plus européistes se sont aussitôt montrés prêts à balancer les Grecs par dessus bord sans ménagement.
        Pour avoir une conscience commune, il faut que tous soient du même coté dans l’adversité. Et je subodore que la conscience commune à l’est est avant tout une réaction face à la crainte russe. 

        • 15 Juin 2015 à 18h07

          durru dit

          La frontière avec l’Asie est artificielle, mais elle a un sens “anthropologique”.
          Pour les autres exemples de zones, je ne crois pas qu’il y a de conscience commune.
          On parle de peuples, pas de leurs dirigeants. Pour les Grecs en particulier, il faut vraiment qu’ils assument leurs erreurs, la solidarité a ses limites.
          Turquie, Yougoslavie, Hongrie? Y’en a d’autres… Même ici, il faut pas trop aller dans la “France profonde”, les gens qu’on rencontre ne sont pas du tout les mêmes. Question de culture partagée, de cosmopolitisme, je crois. Pour la Turquie, l’écart m’a paru plus flagrant qu’ailleurs. Peut-être que ça a changé avec les émigrés, quoique j’ai constaté que les Turcs, même à l’étranger, ne se mélangent pas beaucoup. Le résultat des dernières élections m’a agréablement surpris, il y a peut-être quelque chose qui change.
          Pour revenir à la conscience commune dans l’adversité, les gens de l’est ne sentent pas les Russes comme en dehors de l’Europe, malgré toutes les animosités. Ca pourrait être le cas envers les Turcs pour les peuples des Balkans, mais pas envers les Russes. C’est peut-être mon côté optimiste, mais il me semble que les choses positives ont bien plus d’impact que le négatif.

    • 15 Juin 2015 à 0h06

      Bibi dit

      durru et Solo mio,
      Si je puis me permettre, je vous suggère de regarder de plus près les “agents transmetteurs” d’éléments cultu(r)els. En langage moins sociologique, ceux qui emmenaient la culture des uns chez d’autres. Et par quels moyens.
       

      • 15 Juin 2015 à 0h21

        durru dit

        Bibi, l’Empire Romain a fait une grosse partie du boulot, même après sa “disparition” (je parle comme un occidental là, l’empire a survécu jusqu’en 1453 de facto). Mais Saul va me faire remarquer que les Scandinaves et les Slaves de l’Est n’étaient pas vraiment concernés…
        Il y a aussi l’Eglise, mais encore une fois, il y en avait deux, je vais me faire taper sur les doigts par Saul ;)
        Je donne ma langue au chat.
        Bonne nuit!

        • 15 Juin 2015 à 0h33

          Bibi dit

          Follow the money durru ;-) C’est une piste (commerçants). 
          Une autre, est les alliances nobles et royales (et les “divertissements” de Cour, Vatican compris).
          Every now and then, you’ll stumble upon a Jew.
           

        • 15 Juin 2015 à 15h33

          Saul dit

          Pas faux Bibi, pas faux. Après tout Saul de Tarse a bien fait le job marketing du christianisme en en faisant l’article tout autour de la Méditerranée.

        • 15 Juin 2015 à 16h46

          steed59 dit

          c’est ça le drame chez vous les juifs : vous n’avez jamais su vous “vendre”.

          Même encore aujourd’hui, les palestiniens se démerdent que vous pour vendre leur propagande dans le reste du monde. A force de se prendre pour le peuple élu, on se repose un peu trop sur ses lauriers.

        • 15 Juin 2015 à 17h00

          Bibi dit

          C’est peut-être pour ça qu’on a été choisis, Steed. Faire le marketing des autres… :-/
           

    • 14 Juin 2015 à 20h31

      Bibi dit

      Le plus grand bénéficiaire de cette culture “disparue” d’Europe a été les US. Les chanceux déracinés d’Europe qui ont réussi leur implantation chez Oncle Sam ont énormément contribué à une floraison culturelle ‘ricaine. 
      Pour des raisons politiques très basses, Israël n’est que le second.
       

      • 14 Juin 2015 à 20h52

        mogul dit

        Hollywood, le porte avion de la culture US, doit tellement aux citoyens d’Allemagne et d’Europe centrale (beaucoup de juifs dans le lot, pour les raisons qu’on devine) sans oublier un petit paquet d’Irlandais, d’Italiens voire de Français…

        • 14 Juin 2015 à 20h53

          mogul dit

          … Pour Israël, racontez moi Oncle bibi, please.

        • 14 Juin 2015 à 21h10

          Bibi dit

          Les anglois ont cédé au chantage du Mufti d’Hitler et ont sévèrement limité le Nb. de certificats autorisant des juifs à revenir dans leur foyer ancestral, à partir de 1939 et jusqu’à la fin du mandat (mai 1948). 
          Et même lorsque les autorités mandataires, en pleine guerre, ont fait des gestes exceptionnels, notamment pour des enfants, que les nazis/leur collabos ont accepté d’expulser,  en qq télégrammes du Mufti, les pays-envoyeurs d’Europe ont ré-acheminé les trains-convois vers la Pologne.

          Il n’y a pas qu’Hollywood et Broadway, mais aussi Chicago et Cleveland et des tas d’universités.
           

        • 14 Juin 2015 à 21h26

          Bibi dit

          Tel-Aviv est classée UNESCO notamment à cause de l’architecture Bauhaus; l’orchestre philharmonique d’Israël a été fondé en 1936 par le violoniste Bronislaw Huberman pour sauver autant d’excellents musiciens juifs d’Allemagne, Autriche et Mittel-Europa (premier concert dirigé par Toscanini, et plusieurs tournées avec lui par la suite)… L’Univ. Hébraïque de Jérusalem (inaugurée en 1925) et l’Institut Technologique de Haïfa (Technion, inauguré en 1924)…
            

      • 14 Juin 2015 à 23h57

        Bibi dit

        Je précise tout de même, ce n’est pas l’Europe transplantée sur l’un ou l’autre continent. Ce sont des adaptations de “choses” européennes qui ont enrichi et se sont enrichies sur d’autres continents et sous d’autres cieux.
        Un dialogue très fructueux (je pense à Gershwin à Paris et à Dvorak aux US, par ex.) s’est arrêté. 
         

    • 14 Juin 2015 à 19h36

      politshouk dit

      Il n’y comprend rien de rien le bibouch..Et ca se dit juif…

    • 14 Juin 2015 à 17h55

      Bibi dit

      C’est en effet une ambition prométhéenne que de raconter 2 000 ans d’Histoire juive en Europe. Ça intéresse qui?
       

    • 14 Juin 2015 à 17h50

      eetu dit

      Mais si, Israel est le seul peuple vraiment européen, les preuves ne manquent pas : Eurovision, Coupe d’Europe de foot, etc …
      Quant à Sombre Dimanche:
      - ça ne semble pas être un tango
      - ça ne semble pas donner envie de se suicider : après avoir écouté ce morceau, j’ai repris deux fois des moules et ouvert une autre bouteille
      https://www.youtube.com/watch?v=A4RimLetPHA

    • 14 Juin 2015 à 15h41

      Bibi dit

      L’Europe est morte avec ses Juifs, le seul peuple vraiment européen.
      Et puis quoi encore? L’Asie et l’Afrique sont-elles mortes aussi avec leurs juifs, seul peuple vraiment asiatique? 
       

      • 14 Juin 2015 à 15h50

        durru dit

        Bibi, par “seul peuple vraiment européen” moi je comprends “européen avant d’être français, allemand ou autre”. Et j’adhère.

        • 14 Juin 2015 à 15h53

          Bibi dit

          Et que faites-vous du même peuple en Mésopotamie? En Perse? En Égypte?
           

        • 14 Juin 2015 à 15h56

          Bibi dit

          En outre, c’est archi-faux de prêter une affiliation “continentale” à des gens qui se sont trouvés, en grands patriotes, militaires des 2 côtés adversaires.
           

        • 14 Juin 2015 à 16h13

          durru dit

          A croire que nous n’avons pas lu le même texte…
          Pourquoi parler d’autres contrées? L’auteur fait référence au peuple Juif d’Europe. Qui, “dépourvu de patrie, il avait lié son destin à la fin des patries qui lui étaient hostiles”.
          Ce que vous dites sur leur patriotisme est vrai, sans conteste, mais pas contradictoire avec la phrase de Rayski.

        • 14 Juin 2015 à 17h10

          Bibi dit

          Le même phénomène s’est produit ailleurs, avec les juifs expulsés. 
           

        • 14 Juin 2015 à 20h20

          nadiacomaneci dit

          La fel Durru.
          Moi aussi j’adhère.

      • 14 Juin 2015 à 16h49

        Lecteur92 dit

        @Bibi
        Sans aller chercher midi à 14h00, l’Europe est morte avec le traité de Maastricht, le traité de Lisbonne et la mise en place de l’Euro sans consentement des peuples.
        Le reste n’est que fadaises et calembredaines

        • 14 Juin 2015 à 17h05

          Bibi dit

          Ce n’est pas de ça qu’il s’agit ici. 
          C’est d’une culture dont la disparition d’Europe est peut-être le précurseur de ce qui s’est passé 50 ans après (Maastricht et toussa).
           

        • 14 Juin 2015 à 20h19

          nadiacomaneci dit

          Exactement Bibi. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit ici.

      • 14 Juin 2015 à 17h17

        durru dit

        Il n’y a jamais eu d’unité culturelle asiatique ou africaine. En plus, encore une fois, Rayski parle d’un livre qui parle de l’Europe. Restons-en là.
        Par ailleurs, j’adhère à votre réponse plus bas.

        • 14 Juin 2015 à 19h14

          Saul dit

          Comme il n’y a jamais eu d’unité culturelle européenne…

        • 14 Juin 2015 à 19h21

          Bibi dit

          Bien le bonsoir Solo mio,
          C’est d’une évidence à pleurer.
           
          On (enfin, l’ami plantingrade) te demande sur le fil Cioran. 
           

        • 14 Juin 2015 à 19h30

          Saul dit

          Bonsoir Bibi,
          m’en vais jeter un oeil :-) 

        • 14 Juin 2015 à 19h48

          durru dit

          Bonsoir Saul,
          Ne prenez pas mot-à-mot. Quand on parle des racines judéo-chrétiennes de l’Europe, ce n’est pas que des mots. Unité, bien sûr que non (je vois que je me suis mal exprimé). Mais des racines communes, c’est une particularité de l’Europe.

        • 14 Juin 2015 à 20h13

          Bibi dit

          Bien sûr durru,
          Nous avons tous le suédois et le hongrois en soi ;-)
           

        • 14 Juin 2015 à 21h06

          Saul dit

          Bonsoir Durru, Certes il y a la religion, mais même là le christianisme n’est pas une caractéristique européenne, celui ci étant aussi divers (voire plus) que le christianisme au Moyen Orient : car après tout, je suis franchement sceptique que le christianisme nous ait donné bien plus un sentiment commun avec les orthodoxes qu’avec les coptes, nestoriens ou autres assyrochaldéens. L’idée que l’on se fait des racines communes est en réalité une projection de notre culture ouest-européenne que l’on croit commune à l’ensemble du continent. “L’europe” que beaucoup fantasment chez nous n’est en réalité que l’europe occidentale. Guenièvre par exemple avait avancé l’art roman comme un phénomène culturel commun à tout le continent. Sauf que le roman, ça se limite qu’à une partie de l’europe de l’ouest…dans les Balkans, l’art roman, c’est inconnu au bataillon.
          On avancera aussi les droits de l’homme comme une valeur proprement européenne. Elle est là aussi surtout ouest européenne, car à part les Français et les Anglais, la plupart des autres pays européens ont violemment rejeté cette notion au départ.
          Bref on a beaucoup tendance à confondre l’europe avec l’occident. 

        • 14 Juin 2015 à 22h13

          steed59 dit

          Merci saul de rappeler quelques évidences, l’ethnocentrisme des occidentaux les ont amenés à commettre de nbx erreurs. Le continent est fractionné de “mur de berlin” culturels qu’il parait illusoire de fondre dans un même, sauf à déculturer des peuples entiers

      • 14 Juin 2015 à 21h35

        durru dit

        Saul,
        Je comprends votre commentaire, et je ne le conteste pas (j’ai horreur des colonnes toutes petites, je me mets donc sur un autre “sous-fil”).
        Seulement, vous dites: orthodoxes-catholiques. Vrai et faux à la fois. Le Grand Schisme date de 1054, même si le divorce était en effet bien antérieur. Mais même en 1453, il y avait encore des négociations pour réunir les deux branches, malgré le traumatisme provoqué par la croisade de 1204. Pour dire que les occidentaux et les orientaux se sentaient toujours frères. Je peux également évoquer les diverses coalitions formées contre les ottomans, jusqu’au siège de Vienne en 1683 (!), où systématiquement les catholiques et les orthodoxes combattaient ensemble (je ne parle pas de nombres, mais du symbole).
        Je ne sais pas pour les coptes, nestoriens ou assyro-chaldéens, mais entre catholiques et orthodoxes il y a eu des échanges continus, malgré tous les différends et les différences. Il y a eu une histoire partagée (évidemment pas tout). Comme avec les arméniens en exile, d’ailleurs, n’est-ce pas?
        Encore une chose: lors de la renaissance tardive des peuples orthodoxes, les intellectuels qui ont déclenché cette renaissance l’ont fait après s’être abreuvés à la culture occidentale à Paris, Vienne ou, plus récemment, Berlin.
        Pour les droits de l’homme, je vous rappelle quand même que la France a été un des derniers pays européens à donner le droit de vote aux femmes, hein ;)
        A mon avis, ces “racines communes” (la religion, mais aussi la culture greco-romaine) ne sont pas juste dans notre imaginaire et, même si l’ouest y a plus contribué (peut-être), ça représente des valeurs vraiment partagées. Et mon propos d’origine était seulement de dire qu’un tel socle ne peut pas être envisagé pour d’autres zones géographiques.

        • 14 Juin 2015 à 21h57

          nadiacomaneci dit

          Durru, tu mets des mots sur ma culture défaillante mais que j’ai toujours sentis tels. J’ai vécu en France, Lettonie, Tchéquie, UK et à chaque fois cela n’aurait pu être que l’Europe pour des tas de raisons. Mes parents étaient roumains, je suis Française et ma seule patrie, c’est l’Europe.

        • 14 Juin 2015 à 22h41

          Saul dit

          Assez d’accord, il y a eu des échanges, mais tout comme avec le monde musulman. 
          Sur l’histoire partagée, non je reste en désaccord, je cite souvent l’exemple de la Lituanie, quelle histoire commune avec eux mis à part le 3ème chevau-légers lanciers lituaniens de la garde crée par Napoléon lors de la campagne de Russie (et aussitôt anéanti) ? 
          Nous avons bien plus d’histoire commune avec le Maroc par exemple qu’avec eux.
          La Russie par exemple, un gros doute que nos européistes considèrent ce pays comme “européen” au même titre qu’eux, avec leurs moeurs bizarres, leur étrange président, leur fatalisme si éloigné de nous, leur conception si étrangère à la notre des relations extérieures. Eux même d’ailleurs se sont longtemps considérés comme extérieurs à l’europe (cf Pierre le grand qui a forcé la Russie à adopter une dimension européenne dans son identité. et non sans mal puisque cela fait toujours débat chez eux)  
          Et au contraire de Nadia, chaque fois que je suis allé dans un pays européen étranger, je ne me suis jamais senti “chez moi”.
          Mon fils lui même a ressenti ce caractère “étranger”  en Espagne, alors qu’il est d’origine espagnole par sa mère, qu’on était dans la famille de cette dernière, et que lui même avant de partir soutenait que ce n’était pas à l’étranger puisqu’en europe, comme la maîtresse le lui avait appris.

          Un dernier mot pour démontrer l’absence totale de référence commune : les billets en euros. z’ont même pas été foutus de trouver une référence culturelle, un personnage, un monument ou que sais je qui fasse consensus pour illustrer ces billets. Et ça c’est quand même très révélateur. Si on avait véritablement un socle culturel commun, alors il n’y aurait aucune difficulté pour trouver une illustration faisant sens et acceptée par tous.
          Pour le droit de vote des femmes, logique, on parle des droits de l’homme ;-). Plus sérieusement, c’est bien plus caractéristique du monde occidental que de l’europe. Et par monde occidental, entendre l’europe de l’ouest mais aussi les USA qui ont bien plus d’histoire et de valeurs communes qu’entre l’europe de l’ouest et le monde slave par exemple.

        • 14 Juin 2015 à 23h13

          durru dit

          Saul, les dix commandements sont bien une valeur partagée, non? Même avec la Lituanie, même avec la Russie, ou que sais-je. Pareil pour Socrate, Platon ou Aristote. Idem pour les notions de démocratie, de république…
          Les Tchèques, les Slovènes, les Polonais… des slaves aussi, comme les Russes. On s’est fait une image sur les Russes, vraie par endroits, complètement fausse sur d’autres aspects, mais ils sont européens eux aussi. Avec leurs spécificités, bien sûr, mais européens néanmoins. Je m’en fous d’analystes à deux balles.
          Pour les droits de l’homme, je crois que vous aviez raison à un moment, mais plus maintenant. Les pays de l’Est, sortis du communisme, se bougent très vite (et, étonnamment, le communisme aussi a fait avancer les choses de ce côté-là).
          J’étais en Pologne il y a quelques mois. Il y avait la barrière de la langue, certes, mais je n’étais pas largué. Et les gosses étaient tout à fait à l’aise. On ne se sent pas vraiment “chez soi”, mais on sent qu’il y a quelque chose qui nous unit. Très difficile à expliquer.
          Pour les billets en euros, malheureusement l’explication est très simple. Politique. Ils ont trouvé cette solution bidon pour ne pas mettre en avant un pays en particulier et pour ne pas “fâcher” d’autres. Un personnage? Un bâtiment? Il aurait eu un pays d’origine. Et la religion, c’était hors de question pour nos vierges effarouchées. C’est con, mais c’est comme ça.
          Les US? Mais c’est évident, c’est le Nouveau Monde, une extension de l’Europe. Et là-bas il y a des orthodoxes aussi.

        • 14 Juin 2015 à 23h32

          Saul dit

          Hum, les dix commandements sont une valeur partagée aussi par le judaïsme (qui en est l’auteur), mais aussi par…l’islam (du moins dans les textes, le Coran reprend à son compte ces préceptes)

          Concernant les billets, nul besoin d’un pays mythique commun, mais d’une référence commune. Pascal était clermontois, ce qui n’empêchait pas les autres Français de considerer comme leur ce philosophe sur leur billet de 500 francs.
          ça n’est pas du qu’à de bas jeux politiciens ou à des craintes de fierté mal placée : si on avait mis un personnage illustre romain sur les billets, ça n’aurait pas vexé ni les Français, ni les Espagnols ou Italiens. Par contre peut être que les Scandinaves ou Slaves se seraient sentis exclus. Donc pas assez commun pour tous.
          Donc qu’est ce qui serait commun à tous et ainsi accepté par tous, à part la religion ? Car si ce n’est que la religion (religion qui n’est pas une spécificité exclusive européenne), alors c’est franchement bien peu pour qu’on puisse parler d’identité commune.
          En Amerique du sud hispanophone par exemple, Simon Bolivar est un personnage qui traverse les frontières, et s’il leur prenait l’envie de faire une monnaie commune, nul doute que ce choix ferait largement consensus (même politiquement parlant car le plus curieux, c’est que Bolivar est aussi bien respecté par les mouvements d’extrème droite que d’extrème gauche) 

        • 14 Juin 2015 à 23h36

          Lector dit

          Salut Saul, ça fait plaisir de te lire ; bon ceci dit je ne reste pas, j’ai rendez-vous avec le hollandais volant…

          Une chose, rapidement, sur les billets de banque en euro : socle il y a, architectural (plus ou moins de l’Histoire ou de l’histoire des inventions, du génie humain): les aqueducs par exemple… et autres vestiges… (n’ai pas de billets sous les yeux pour faire une recension) mais là où je rejoindrai ton observation j’ajouterai ceci : leurs images sont anonymes… plus de penseurs, plus de références à l’histoire de la pensée, à la République et aux valeurs qu’on l’avait fait en charge de défendre…
          Ainsi ces billets évacuent la charge symbolique ; ou bien disons que celle de ces billets brille par l’absence… de là l’on comprend aussi que dans un même mouvement le contemporain soit tant préoccupé d’identité… elle se délite…

        • 14 Juin 2015 à 23h43

          durru dit

          Saul, en gros on est d’accord qu’on est pas d’accord :)
          Pour les dix commandements, on parle bien de “racines judéo-chrétiennes”, non? Donc les juifs ont toute leur place. Quant aux musulmans, quelle importance? On parle de choses qui unissent les européens, tant mieux si ces valeurs communes sont partagées également par d’autres (quoique…)
          Pour un personnage romain, ça aurait donné une primauté aux pays latins (comme un personnage grec aurait donné un “avantage” à la Grèce). Les Scandinaves (les germaniques, de manière générale, en fait) ou les Slaves ne se seraient pas sentis “exclus”, comme vous dites, mais plutôt moins représentés, car n’ayant pas d’héritage direct. C’est bas, je sais, mais c’est la vérité.
          Je ne suis en aucun cas en train de minimiser les différences entre les divers peuples européens (ce qui fait notre richesse, en fait). Mais de dire que ce que nous avons en commun est réel, et fondamental (vous n’avez pas commenté mes autres exemples, je ne sais pas s’il faut comprendre un accord tacite ou une analyse similaire à la chose religieuse…)

        • 15 Juin 2015 à 0h47

          Saul dit

          Salut Lector,
          en fait ces exemples architecturaux sont anonymes, ou plutôt impersonnels et virtuels, c’est à dire qu’ils ne représentent pas un ouvrage d’art existant (c’est une des obligations imposées par l’UE pour les illustrations des billets, que celles ci ne représentent pas un monument existant histoire de ne privilégier et froisser aucun des pays membres. Quand même, on a des références communes mais on est incapables d’en trouver une seule au point d’être obligé d’en mettre des virtuelles !). Seule exception, l’aqueduc du billet de 5 euros qui ressemble à s’y méprendre à celui du pont du Gard. Il s’agit ici d’une entourloupe française (c’est nous qui avions proposé cette illustration), Français qui ont joué les innocents et ont bien entendu jamais prétendu que leur proposition représentait ce fameux aqueduc voyons, c’est un aqueduc i-ma-gi-nai-re qu’on vous dit ;-)

          @ Durru,
          oui, on sera au moins d’accord sur ça ;-), bon je vais être honnête mais vous aurez compris que je ne suis pas européiste mais bien l’inverse, ne croyant pas à cette idée car trop utopique. Ajoutez mon coté souverainiste à coté duquel Thdo passerait pour un européiste fanatique :-)) 
          Concernant vos autres exemples, je fais en effet une analyse similaire à la chose religieuse, Platon, la démocratie etc sont en effet des valeurs communes,là dessus vous avez totalement raison, mais elles ne sont pas communes exclusivement à l’europe, c’était le sens de mon propos. Tous les états occidentalisés de près ou de loin les partagent (et l’europe orientale n’échappe pas à la règle, elle fut de fait occidentalisée dans ses valeurs). Et donc du coup, ça n’en fait plus une référence spécifiquement européenne. Ce que je veux dire, c’est qu’on pourrait tout aussi bien faire l’europe sur la base de ces valeurs et racines communes avec les USA, Israël, l’Australie, les pays d’Amerique latine ou autres qui partagent les mêmes. Mais du coup ça ne serait plus “européen”. C’est là dessus qu’une identité “européenne” est plus une vue de l’esprit qu’autre chose.

        • 15 Juin 2015 à 0h52

          Lector dit

          on se comprend Saul ;)
          allez bonne nuit, Ava nage jusqu’au yacht légendaire… bye.

        • 15 Juin 2015 à 1h06

          durru dit

          Mais, Saul, tous les pays que vous énumérez sont de tradition européenne, c’est un fait. Pourquoi voulez-vous absolument trouver des différences?
          De toute façon, on ne parle pas d’une Europe institutionnelle ici (le fait que nous soyons en désaccord là-dessus n’a aucune importance), mais d’un ensemble cultu(r)el, comme dirait Bibi.
          Quant à “l’occidentalisation” de l’Europe orientale, c’est bien plus un choix volontaire qu’une obligation, c’est là toute la beauté de la chose. Le fait est que les valeurs communes sont ressenties comme telles. Allez en Europe de l’Est, vous verrez comme les gens se sentent européens. Culturellement, pas institutionnellement.

        • 15 Juin 2015 à 1h23

          nadiacomaneci dit

          Durru, en fait aucun de nos “contradicteurs” (c’est amical, surtout quand il y a Saul) ne connait Europe de l’Est… Il faudrait les envoyer faire un stage aux frais de Causeur -;))

    • 14 Juin 2015 à 15h28

      morsang dit

      La troisième mort du continent européen

      l’Europe n’est-elle pas en train de mourir une troisième fois( mais ce sera la bonne) par l’échec de la construction européenne qui se sera heurtée aux nationalismes de pacotille comme si une nation européenne (parmi les vingt huit) pouvait peser face aux empires chinois,américains,russes,indiens, et autre tels que les monarchies pétrolières.
      Comme ne dirait pas la ministre actuelle de l’éducation “Vulnérant omnes,ultima necat”

      • 14 Juin 2015 à 16h41

        mogul dit

        Dans ce cas ce n’est pas l’Europe qui mourra, mais l’UE. La nuance est de taille. Et l’UE ne crèvera pas des “nationalismes de pacotille” comme vous dites, mais de ses tares originelles, comme autrefois l’URSS est tombée, de sa propre pourriture. Il ne faudra pas compter sur elle pour ressusciter l’Europe qu’elle ne cesse de vouloir étouffer en l’arrimant à toutes les lubies mondialistes et taftaïennes du moment.
        Rien à voir avec l’élégie à cette Europe presque mythologique évoquée dans ce bel article. 

    • 14 Juin 2015 à 14h37

      Lecteur92 dit

      Je trouve ce texte assez intéressant et pense, contrairement à certains, qu’il couronne la vérité tant clamée par le”bourrins de nationalistes”, à savoir : l’Europe oui, mais pas à ce prix d’autodestruction, d’anti démocratisme, de soumission aux États-Unis et d’autisme.
      Ce qu’ils ont fait ce n’est pas l’Europe!

      • 14 Juin 2015 à 14h51

        nadiacomaneci dit

        Vous n’avez rien compris à ce très beau texte qui nous parle de la mort d’une certaine Europe engloutie en 1939 et que rien jamais e ressuscitera.
        Quant Jankélévitch, il nous parle d’une certaine idée de la France et de ce qu’elle fut pendant quatre ans. Mais cela vous ne l’avez pas compris non plus.

        • 14 Juin 2015 à 14h56

          Lecteur92 dit

          @nadiacomaneci
          Je l’ai très bien compris, mais nous ne parlons pas de la même Europe et de la même France, c’est de là que vient l’erreur.

        • 14 Juin 2015 à 15h14

          nadiacomaneci dit

          Je parle de l’Europe qui est le sujet de ce texte que j’aurais aimé écrire moi-même si j’en avais eu le talent.

        • 14 Juin 2015 à 16h17

          Lecteur92 dit

          Alors, je vais reprendre mon commentaire.
          D’accord avec la phrase de Kundera sur l’Europe et de Jankelevitch sur la France, mais pas d’accord sur 1914 et 1939 car c’était des guerres entre la France et la Prusse ou l’Allemagne.
          Là où je ne suis pas d’accord c’est que je pense que Maastricht et l’anti démocratisme ont été beaucoup plus destructeur et je pense aussi qu’il aurait fallut rappeler les racines chrétiennes, l’héritage gréco-romain car ce sont eux qui ont fait l’Europe.

    • 14 Juin 2015 à 13h41

      thd o dit

      Quelle propagande !

      Ce Rayski ne sait faire que ça. Sous le prétexte que son papa était juif, il se croit autoriser à toiser tous les habitants de ce pays et à leur faire la leçon.

      Et en plus, il raconte des âneries : “Tant il est vrai que dépourvu de patrie, il avait lié son destin à la fin des patries qui lui étaient hostiles” n’est pas vrai en France.

      Mais qu’il garde donc son fiel pour lui au lieu de venir nous faire braire.

      • 14 Juin 2015 à 14h10

        nadiacomaneci dit

        C’est sûr que les subtilités de la Mittel Europa, notre creuset culturel et notre Atlantide ne sont pas vraiment faites pour les bourrins nationalistes.

        • 14 Juin 2015 à 14h32

          RED (From Tex) dit

          Nationalistes et légèrement (?) antisémites.

        • 14 Juin 2015 à 14h44

          nadiacomaneci dit

          Très légèrement en effet.

        • 14 Juin 2015 à 17h40

          eetu dit

          Les “bourrins nationalistes” !
          Et c’est notre Génisse des Carpates qui le beugle !
          Tout de même, trot c’est trot !

      • 14 Juin 2015 à 16h10

        Boleslaw dit

        Vous faites erreur.Je ne “toise pas tous les habitants de ce pays”.Je ne “toise” que les cons !Je m’autorise donc à vous “toiser”….