La surpuissance technologique de l’Occident est sa faiblesse | Causeur

La surpuissance technologique de l’Occident est sa faiblesse

Entretien avec la polémologue Caroline Galacteros (2/2)

Publié le 12 juillet 2016 / Monde

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israel hezbollah caroline galacteros

Unité de Tsahal sur le front libanais, juillet 2006. Sipa. Numéro de reportage : AP20461823_000002.

>>> Retrouvez la première partie de cet entretien ici.

Causeur. La coalition aérienne occidentale peine à venir à bout de l’Etat islamique en Syrie et en Irak, malgré sa surpuissance matérielle. Pourquoi est-ce si difficile de vaincre un ennemi faible dans ce type de guerres asymétriques ?
Caroline Galacteros1. Très vaste question. J’avais commis en 2013 un petit livre sur le sujet et suis en train de récidiver. Plus sérieusement, l’utopie technicienne portée par la modernité occidentale transforme des miracles apparents en mirages manifestes. La technologie est impuissante à régler les problématiques humaines ou politiques. Le conflit est d’essence humaine et politique, comme les moteurs de la guerre. Le contact, le face-à-face, la durée demeurent des exigences indépassables qui forment le socle de la légitimation de l’intervention. Or, les politiques qui ont, chez nous, imprudemment réduit le format et les moyens de nos armées, ne supportent plus les pertes, les morts, les cercueils. L’un des « dommages collatéraux » de la professionnalisation des armées a été la banalisation du métier militaire, la perte de sa spécificité (pouvoir donner la mort au nom de la nation et au prix éventuel de sa vie) faisant presque de nos soldats morts au combat des victimes d’accidents du travail. Parallèlement, la technologisation du combat et ses possibilités chaque jour plus incroyables offrent à nos gouvernants la possibilité d’imaginer la victoire presque sans combattre (les drones armés, la robotisation progressive du champ de bataille) et sans pertes.

Comme le relève Eric Desmons, mourir pour la patrie est devenue une idée quasi incongrue dans nos démocraties libérales qui font de la survie la valeur suprême de l’individu. La propension de nos adversaires djihadistes au sacrifice est-elle leur principal atout ?
L’ennemi ne voit nulle perte dans sa propre mort. Il ne se sacrifie pas. Il saisit en mourant l’occasion d’échapper à l’égarement ou l’exploitation que lui propose la modernité occidentale. Nous devrions prendre bien plus au sérieux que nous ne le faisons ces argumentaires qui semblent délirants à nos sociétés ultra-individualistes mais portent une forme d’héroïsme désespéré mais agissant.
De son côté, le politique est comme pris dans un étau entre une supériorité technologique « faciale » et une augmentation concrète de son impuissance globale. La victoire lui échappe. Il faut dire qu’il n’a plus le recul ou le courage d’articuler une vision globale et cohérente de sa politique étrangère et donc de l’usage des armées, et en conséquence, a le plus grand mal à faire passer ses décisions d’engagement pour l’expression d’une « grande stratégie ».
Ultime et inquiétant renversement de perspective, nos armées ultramodernes sont perçues comme « barbares » par l’adversaire car elles confondent modernité et progrès, technologie et supériorité morale. La dissymétrie technologique irrattrapable engendre le contournement et l’asymétrie, le refuge dans ce que la technologie cherche précisément à dépasser en réalisant son fantasme de « mort de la mort » et d’attrition maximale au nom d’une neutralité bienveillante. Chacun sait pourtant que les fantasmes n’ont d’intérêt que s’ils restent irréalisés.

Alors que Clausewitz en faisait « la continuation de la politique par d’autres moyens », vous estimez qu’à l’ère postmoderne, « la guerre a perdu son essence politique » aux yeux des Occidentaux (Etats-Unis, Israël). Qu’entendez-vous par là ?
Le syndrome de la toute-puissance occidentale porté par la conviction d’une supériorité politique et civilisationnelle, a transformé la nature de la guerre. Celle-ci est devenue une « punition » bien méritée et si possible définitive au lieu de n’être qu’un moment armé de haute tension mais toujours réversible du « dialogue » politique entre les Etats. Quand Clausewitz parlait de guerre comme d’une « continuation de la politique par d’autres moyens », il entendait que la guerre n’était qu’une séquence de l’affrontement, une modalité du rapport de force et qu’elle pouvait et devait, dès que possible, céder la place à la négociation. Nous en sommes loin. Elle est devenue, dans les années 90 (Kosovo, Irak, etc.) un moment de rupture du dialogue politique et de passage à la destruction à l’attrition sans équivoque de l’Autre dûment « diabolisé ». Les dictateurs sont désormais voués aux gémonies, et les peuples qui auraient le mauvais goût de persister à les soutenir, finissent par les rejoindre dans l’anathème violent lancé par un Occident toujours sûr de son « bon droit ».

Votre critique de l’ethnocentrisme occidental s’appuie sur une analyse géostratégique classique en termes de luttes d’intérêt entre Etats rivaux. N’avez-vous pas tant tendance à sous-estimer le poids de l’idéologie religieuse (sunnite vs chiite) dans la géopolitique régionale ?
Je crois en effet aux rapports de force, aux intérêts économiques et financiers, aux luttes énergétiques plus qu’aux oripeaux moralisateurs et/ou religieux pour remonter aux sources des conflits et les « lire ». Je crois plus aux lanternes qu’aux vessies… Si la dimension confessionnelle de ces affrontements est importante, elle n’est pas le moteur initial de l’affrontement et surtout elle a été instrumentalisée par les uns et les autres pour mobiliser leurs communautés respectives et les lancer les unes contre les autres. Cela marche très bien. Un peu comme dans les Balkans des années 90, où Serbes, Croates et musulmans entre-déchiraient sur fond de différence religieuse, mais essentiellement pour la domination politique et économique de leur communauté sur les autres. Ceci dit, il est incontestable que cette violence sectaire vit désormais sa propre vie, sanglante, et qu’il y a une réalité grandissante de la lutte confessionnelle entre sunnites et chiites. Fomenter et nourrir la guerre civile via la dimension religieuse, au Moyen-Orient comme en Europe, est d’ailleurs l’un des objectifs de l’Etat islamique.

À ce propos, quelques jours après les attentats du 13 novembre, vous évoquiez l’existence d’un lien entre ce drame et les attaques qui avaient ensanglanté la banlieue chiite de Beyrouth la veille. Les djihadistes auraient voulu entraver le rapprochement entre la France et l’Iran.  Maintenez-vous cette hypothèse ?
L’attentat est intervenu à quelques jours de la visite à Paris du président iranien Rohani, visite mal préparée et mal engagée mais qui devait amorcer un rapprochement des positions française et iranienne. La visite a été immédiatement annulée. L’attentat a eu lieu dans un quartier « mixte » de Beyrouth, effectivement chiite, mais jouxtant un camp de réfugiés palestiniens sunnites. Si vous reliez les succès militaires russo-iraniens du moment en Syrie, l’objectif de l’EI d’attiser les tensions communautaires et confessionnelles pour affaiblir le Hezbollah et donc l’Iran, la crise institutionnelle libanaise qui battait son plein pour la désignation d’un président de la République susceptible de satisfaire Ryad et Téhéran, enfin le rôle central du Hezbollah dans la vie politique libanaise et son affaiblissement tout aussi cardinal aux yeux de certains, vous avez un faisceau de présomptions intéressant.
Mais je ne saurais vous dire si l’Etat islamique fonctionne de manière centralisée ou pas. Je pense qu’il a plusieurs modes de fonctionnement et d’activation de ses réseaux et cellules terroristes et que cela fonctionne assez différemment en Europe et dans la région. Il y a les attentats « en auto-saisine », comme ceux qui ensanglantent nos rues, et ceux qui peuvent être commandités d’en haut et réalisés au moment jugé le plus opportun.

  1. Docteur en science politique, Caroline Galacteros est polémologue et dirige le cabinet d’intelligence stratégique Planeting. On peut lire ses chroniques sur le site du Point ainsi que sur son blog “Bouger les lignes”.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 14 Juillet 2016 à 7h19

      QUIDAM II dit

      Selon plusieurs grands experts très savant, l’affrontement entre chiites et sunnites à Kerbala en 680, n’aurait pas été suscité par les Occidentaux ; la CIA et l’Etat d’Israël seraient même parfaitement innocents dans la naissance de cet antagonisme. (ironie)
      La « mauvaise conscience coloniale » ruminée jusqu’à l’écoeurement par les Occidentaux et exploitée comme une arme psychologique notamment par les djihadistes, n’a pas seulement un caractère malsain, c’est une arme mortelle : qui n’est pas sûr de son bon droit est très affaibli et risque fort d’être vaincu.
      La faiblesse de l’Occident n’est certainement pas sa surpuissance technologique mais bien plutôt sa faiblesse psychologique.
      Pourtant, tout ce qui est de l’ordre du fanatisme, de la haine, du racisme, de la régression, de l’esclavagisme, de la violence politique jusqu’aux meurtres de masse, du terrorisme aveugle, se trouve chez leurs ennemis.
      De sorte que les Occidentaux devraient être sûrs d’eux-même, de leur bon droit, de la justesse demeure cause.

      • 14 Juillet 2016 à 10h30

        kelenborn dit

        Tout à fait Quidam!
        Il faut en effet , chaque jour que Dieu fait et même ceux où il donne procuration à Jack Lang pour les faire combattre la connitude, qui conduit à l’excusitude!
        Connitude, c’est la version Pictafesse , duchesse du Poitou! Conne attitude c’est la version de Gargarin, du Poitou lui aussi qui ne manque jamais de corriger la Folcoche locale!
        Connitude, Conne attitude , les deux faces d’une même pièce de dix sous! autant dire qu’on est mal barré
        MK

      • 14 Juillet 2016 à 13h20

        i-diogene dit

        Quidam,

        Donc, de ton point de vue, le colonialisme, le pillage systématique des ressources de l’ Afrique et du MO, seraient le “bon droit et la justesse”..?

        Boh, je peux aller me servir chez toi, donc..!^^

        • 14 Juillet 2016 à 14h02

          QUIDAM II dit

          « Le colonialisme, le pillage systématique des ressources de l’Afrique et du MO », dites-vous… Il s’agit là d’un exemple parfait de « mauvaise conscience coloniale »
          De très nombreux pays du MO et d’Afrique regorgent de richesses gazières, pétrolières ou minérales mais sont brisés par la corruption et les guerres intestines à caractère tribal, ethnique ou religieuse qui ne relèvent, en effet, absolument pas de la responsabilité des Occidentaux.

        • 14 Juillet 2016 à 15h04

          i-diogene dit

          Bin, tiens, Quidam,

          - soit tu fais du négativisme,

          - soit tu lis trop de médias à la botte…

          Auquel cas, informe-toi mieux…!

          EXEMPLE:

          https://www.youtube.com/watch?v=AIJjrUTVmCA

        • 14 Juillet 2016 à 15h11

          i-diogene dit

          Pour foutre la merde et déstabiliser un pays… On sait faire:

          https://www.youtube.com/watch?v=qT59Whjfu7w

        • 14 Juillet 2016 à 15h33

          i-diogene dit

        • 14 Juillet 2016 à 20h50

          kelenborn dit

          Ben non!! toi ils t’ont déjà repéré… Mais tu ne vas pas terminer dans la marmite!
          Ils ont vendu environ 25 millions de leurs congénères aux marchands d’esclaves de passage. Car tu penses bien que les dits marchands étaient trop fainéants pour les attraper eux mêmes. Mais là où tu as raison , c’est que comme Pictafesse du Poitou l’a bien dit: il faut s’excuser! En arrivant à l’aéroport tu réfléchiras à quoi!
          MK

        • 14 Juillet 2016 à 20h56

          kelenborn dit

          “Pour foutre la merde et déstabiliser un pays… On sait faire:”

          Tout à fait Eugene !! D’ailleurs Amin Dada et Bokassa ont été des élèves qui auraient réjoui Brighelli: pas besoin de soutien ni de cours de rattrapage. Et tu ne vas quand même pas te comporter comme un con de raciste en soutenant qu’ils étaient incapables, sans notre aide, d’accomplir leurs exploits!
          MK

        • 14 Juillet 2016 à 21h01

          kelenborn dit

          Tu vois Eugene… Tu nous gave avec Youtube!!! T’étonne pas ensuite si tu te fais entuber!

        • 14 Juillet 2016 à 21h26

          i-diogene dit

          Kelenclume..!

          Te fatigue pas, tu préfères ton racisme frelaté à la réalité, voila tout..!^^

          Je ne parle p

        • 14 Juillet 2016 à 21h53

          i-diogene dit

          Kelenclume..!

          Amin Dada et Bokassa…: t’ as trouvé que ça comme argument..?

          Je te ferai simplement remarquer qu’ ils étaient tout les deux reçus avec les honneurs dus aux chefs d’Etats par la France…Et c’ est pas Giscard qui dira le contraire, foi de diamantaire..!^^

          .. Jusqu’ au jour où ils ont décidé de s’ affranchir de la France-Afrique..

          … Dictateurs, tyrans, oui sûrement, mais avant ça ne gênait pas…!^^

          Te fatigue pas, tu préfères ton racisme frelaté à la réalité, voila tout..!^^

          Qui parle de s’ excuser..?

          Sûrement pas moi: je n’ ai jamais touché le moindre dividende des bénéfices colossaux réalisés par les financiers du néo-colonialisme, tout comme 60 millions de français, puisqu’ils sont planqués dans des paradis fiscaux offshore..

          Non, je dis seulement:

          - soit ils stoppent leurs conneries,
          - soit il ne faut pas se plaindre d’ avoir des attentats et de financer des opérations militaires… A fonds perdus..!^^

    • 13 Juillet 2016 à 21h18

      Pepe de la Luna dit

      Pourquoi mon commentaire a-t-il été censuré ?

      • 13 Juillet 2016 à 22h14

        kelenborn dit

        Mais Pepe!!! C’est comme le coiffeur de Hollande!!! faut bien qu’il justifie son salaire!!! Il parait qu’on l’appelle “crazy ciseaux” ! C’est comme à la fin de Psychose d’Hitchcok , à te glacer le sang
        MK

    • 13 Juillet 2016 à 10h51

      keg dit

      Que peuvent des armes sophistiquées face à un déterminisme que rien ne saurait arrêter (parfois il y a des ratés comme notre amis Abdeslam, mandaté pour faire une tribune à lui tout seul, c’est là son acte kamikaze, souffrir les geôles de la ripoublique pour un procès public, alors que son sautage en ceinture se serait passé anonyme…. Il y aurait donc de la grandeur à la non-mort!)

      http://wp.me/p4Im0Q-1bH

      • 13 Juillet 2016 à 12h47

        Livio del Quenale dit

        &&&Il y aurait donc de la grandeur à la non-mort!)&&&
        -
        Je viens d’apprendre qq chose, je ne savais pas qu’être, de cette façon sur les pages des journaux, avait de la grandeur.

        • 13 Juillet 2016 à 16h15

          Cosmo dit

          Oui voilà un type qui n’a pas suivi les consignes à la lettre. Et s’il les avaient suivies, le nombre de victimes auraient été supérieur.  C’est le grain de sable dans la mécanique djihadistes daechienne. Tant mieux. Qu’il reste en vie jusqu’au procès.  

    • 13 Juillet 2016 à 3h33

      Livio del Quenale dit

      il n’y a pas de guerre légitime.
      La dissuasion seule est légitime.
      -
      Quant au religieux, il est ici le masque et le prétexte en leurrant les croyants et en en motivant les belliqueux de nature.
      –    

      • 14 Juillet 2016 à 13h12

        i-diogene dit

        Cette remarque est aussi valable d’ un côté comme de l’ autre: quel médias français vont expliquer les magouilles politiques et militaires du colonialisme occidental..?

        Il préfèrent nettement surfer sur le racisme, c’ est plus simple à comprendre, donc plus vendeur, à l’ images des conneries télévisées, genre réality-shows, jeux débiles , etc..

    • 12 Juillet 2016 à 23h04

      kelenborn dit

      On est d’emblée rassuré : l’idiogene a trouvé cet article excellent!! On peut donc supposer qu’il l’a compris ce qui constituerait à coup sur une nouveauté.
      Je ne prendrai pour exemple que cette remarquable phrase:
      .” La dissymétrie technologique irrattrapable engendre le contournement et l’asymétrie, le refuge dans ce que la technologie cherche précisément à dépasser en réalisant son fantasme de « mort de la mort » et d’attrition maximale au nom d’une neutralité bienveillante.”
      On comprend pourquoi cette madame Galacteros nous voue avoir “commis” un livre!!!Et heureusement que Rocard était accusé de raconter des trucs incompréhensibles. A côté c’est un petit joueur, c’est l’équipe de la Chapelle Chaussée qui affronterait le Real Madrid ! Soit on appelle immédiatement le SAMU , soit on vide la boite de doliprane
      J’ai déjà eu l’occasion ici de dire ce que je pensait des “logues” de tous poils! Il y avait les sociologues, les psychologues, les ethnologues, les catalogues!!! Il y a maintenant les polemonologues. Pourquoi pas demain les rocardologues spécialistes de Rocard ou les choucroutologues avec saucisses ou de la mer?
      Tous ont en commun une maîtrise incontestable de la loghorée D’ordinaire, ils débitent à tous les corbeaux crétins qui veulent les entendre des banalités à en pleurer, aux frais de la princesse bien sûr!
      Madame Galacteros innove! la meilleure manière d’être savant, c’est de débiter des choses incompréhensibles. Comme les fidèles écoutant béatement la messe en latin et n’y comprenant rien, on trouvera toujours des blaireaux déclarant, comme Mr Jourdain “Que tout cela est beau!

      PS je rappelle que Margaret Mead a tartiné sur les Arapeshs, tribu de Bornéo qu’elle n’a jamais rencontrée , puisque , malade, elle n’a pas quitté les cotes de l’île. Voila qu’une grande spécialiste de la guerre nous parle de celle ci alors qu’elle n’y a vraisemblablement jamais mis les pieds. Causeur aurait du inviter le général Tapioca
      MK

      • 14 Juillet 2016 à 13h04

        i-diogene dit

        Kel-en-douille,

        Tu fais juste un déni de la réalité… Il est clair que cette réalité est en contradiction totale avec ta névrose islamophobe..!^^des états coloniaux

        Le kalifat a été le cheval de bataille des Frères musulmans depuis le début du XXème siècle, afin de virer les coloniaux et re-moraliser les sociétés musulmanes corrompues..

        Mais, les “Frères musulmans” s’ étant adoucis à mener une opposition non-violente, d’ autres ont repris le concept et le combat armé: le Hamas, Daesh, Al-Quaïda, etc…

        Pour le coup, c’ est juste toi qui ne veut rien comprendre, ta mauvaise foi étant aussi flagrante que compulsive..:

        - si tu défends le colonialisme occidental, ne viens surtout pas pleurnicher qu’ il y ait des attentats et des conflits..!^^

    • 12 Juillet 2016 à 17h40

      i-diogene dit

      EXCELLENT article qui met le religieux au service de causes politiques, sans aucune ambiguité..!

      >Enfin un peu de cohérence dans l’ analyse de ces conflits..!^^

      • 13 Juillet 2016 à 12h18

        saintex dit

        Quoi qu’on ne vienne pas de le découvrir, cette remarque est exacte. Le politique â très souvent enrôlé, et enrôle toujours le religieux. C’est tellement peu nouveau qu’il existe une expression, “le sabre et le goupillon”.
        Et puis cela va plus loin. Le politique recrute le religieux pour faire la guerre exprime bien que ce n’est pas le religieux qui recrute le politique pour faire la guerre. C’est pourtant ce qu’affirmait i-diogène en permanence. Il a peut-être eu une révélation, les voies du seigneur étant impénétrables… ))))

        • 14 Juillet 2016 à 12h47

          i-diogene dit

          Saintex,

          Je suis responsable de ce que j’ écris, mais pas de ce que tu es capable de comprendre:

          - Depuis que je sévis sur Causeur, j’ ai toujours affirmé qu’ il ne s’ agit pas d’ une guerre de religion, ni un choc de civilisations, mais bien d’ une confrontation économique, entre le colonialisme financier et l’ anti-colonialisme financier..!^^

          Je ne sais donc pas où tu as pu pêcher l’ inverse, mais je te conseille vivement de consulter..!^^

    • 12 Juillet 2016 à 17h28

      Habemousse dit

      « …mourir pour la patrie est devenue une idée quasi incongrue dans nos démocraties libérales qui font de la survie la valeur suprême de l’individu.»

       Je ne sais si les articles se suivent dans un ordre concerté, toujours est-il que le patriotisme n’a pas la même signification quand on passe de l’un à l’autre.

      Après l’Euro de football et ses envolées qui sentent la bière et le pastis sur le renouveau patriotique d’une nation qui s’égarait ( jouez violons..), voici l’article qui désenfle une baudruche gonflée avant chaque épreuve sportive pour exciter les passions.

       Mis à part l’enceinte des stades, à l’intérieur desquelles les aficionados s’époumonent à chanter une Marseillaise dont ils ne comprennent pas la moitié des paroles, où se cache le sentiment d’appartenir à un pays et de se sacrifier pour lui ?

      Le patriotisme sportif ne s’appelle pas plutôt du chauvinisme ?

       Votre article explique très bien comment le surarmement et la technologie engourdissent la vigilance de ceux qui les possèdent jusqu’à les rendre plus indifférents et fragiles que si ils ne les possédaient pas, en leur donnant un faux sentiment de supériorité. 

    • 12 Juillet 2016 à 17h11

      AMA dit

      Excellent article.
      Mais il s’agit d’une guerre mondiale.
      En fond de tableau, il y a les conflits majeurs, du fort au fort, de haute intensité, d’égal à égal, ravageurs, exterminateurs même. Toujours possibles, ils ne sont évités que tant qu’il y a parité technologique entre les adversaires potentiels. Les esprits se désarment alors et en arrivent à fuir l’idée de violence pour se laisser bercer par la volupté de vivre dans la paix, l’égalité et la justice. C’est le désarmement moral.
      Et puis il y a les escarmouches, les conflits mineurs, du fort au faible, des conflits de harcèlement, d’usure morale. Ceux-ci peuvent se produire parce que la négociation est toujours possible et que l’anéantissement est exclu. Ils n’existent que comme moyen de continuer la diplomatie d’une autre façon. Mais les antagonistes de fond sont toujours les mêmes, les grandes puissances technologiques, reculant devant la décision d’engager un conflit majeur dont elles ne savent pas comment il se terminera.
      C’est la guerre entre grandes puissances par personnes interposées, en un mot la guerre révolutionnaire qui vise à détruire les esprits et les volontés, que ce soient celles des gouvernements et des hommes qui, pour les uns ne savent pas traiter une situation qui les dépasse, et pour les autres préfèrent se ranger du côté de la menace pour avoir la paix, l’égalité et la justice, à peu de frais. Toutes les guerres de décolonisation ont eu ce caractère de lutte par personnes interposée des rivaux de la guerre froide, profitant d’un terreau favorable et facile à exciter.
      D’un côté il y a les forces morales, déficientes chez les peuples bercés par la la félicité de leur toute puissance technologique ou qui se croient assurés d’alliances protectrices irrévocables, et de l’autre les forces morales dynamiques qui, en comparaison, disposent de moyens technologiques précaires. Le combat sera perdu d’avancé tant que les premiers n’utiliseront pas totalement leur supériorité technologique.

      • 13 Juillet 2016 à 3h54

        Livio del Quenale dit

        en attendant on vend des cannons.

        • 13 Juillet 2016 à 4h06

          Livio del Quenale dit

          erratum: “canons”

    • 12 Juillet 2016 à 13h58

      IMHO dit

      Un ami belge a posté ceci sur mon Facebook, extrait d’une gazette publicitaire du Brabant Wallon, rubrique loisirs du week-end:

      En province du Luxembourg (* en Belgique), au Sud, je pense à l’incontournable Grappe d’Or pour le gastronomique avec,soit les chambres sur place,soit en face dans la chambre et table d’hôte « L’Empreinte du Temps « .
      Le bon plan étant de manger le soir à la Grappe d’Or chez Clément Petitjean, un DJIHADISTE du terroir local magnifié dans des assiettes de haute volée gastronomique.

      Donc, chez ce peuple, notre voisin, dont la sagesse épouvante, les djihadistes sont déjà comment dire ? trouvez à ma place,quatre mois après .

      C’est effrayant ou rassurant ?

      • 12 Juillet 2016 à 22h09

        saintex dit

        Je ne sais pas mais ce n’est pas clair. Il manque des mots ou c’est du belge ?

      • 13 Juillet 2016 à 3h42

        Livio del Quenale dit

        Ce qui se conçoit bien s’annonce clairement 
        et les mots pour le dire, arrivent aisément.

    • 12 Juillet 2016 à 12h50

      L'Ours dit

      Je réprime un bâillement.
      La vérité n’est pas seulement (ou si peu) qu’on ne supporte la vue d’un cercueil dans lequel il y a un de nos soldat, mais bel et bien qu’on ne supporte même plus de tuer des ennemis qui veulent notre mort à cause du motif idiot de la “disproportion”.
      En fait on ne sert qu’à dose homéopathique de notre supériorité technologique. Il en résulte que nos quelques morts sont sacrifiés sur l’autel du “bon aloi”.
      Posez-vous une seconde la question d’un rapport de force humain et technologique inversé.

      • 12 Juillet 2016 à 13h10

        Ibn Khaldun dit

        Très juste. C’est, fort malheureusement, tout le dilemme de la puissance occidentale depuis quelques décennies déjà; dilemme qui n’a cessé de s’amplifier depuis le début des années 2000. 

      • 12 Juillet 2016 à 15h38

        Flo dit

        Exactement L’ours ! Un pays qui refuse de se battre a perdu d’avance.  

        • 13 Juillet 2016 à 3h48

          Livio del Quenale dit

          C’est peut-être que nos guerres prétendantes et européennes nous ont tellement promis la paix, que nos gènes l’ont admis.
          C’est peut-être ça, la civilisation : la paix dans les gènes. 

        • 13 Juillet 2016 à 3h56

          Livio del Quenale dit

          erratum  :lire “que nos guerres précédentes”

    • 12 Juillet 2016 à 12h22

      netrick dit

      Mourir pour la Patrie !
      C’est le sort le plus beau, le plus digne d’envie !
      Chant des Girondins , 1848.
      Chanté par les marins du cuirassé “Danton” pendant son torpillage en Méditerranée en 1917 !

    • 12 Juillet 2016 à 11h56

      marcopes dit

      mais un peu aussi parce que les nations combattent ce qu’elles ont crée , ce paradoxe enlève de l’efficacité ; en commençant en ce qui nous concerne par notre profonde ambiguïté avec le salafisme et l’Arabie saoudite

      • 13 Juillet 2016 à 3h53

        Livio del Quenale dit

        Chacun se bat pour ce qui lui manque le plus …dit-on.

    • 12 Juillet 2016 à 11h32

      Archebert Plochon dit

      Il se peut bien que les causes profondes des conflits soient à chercher dans des rapports de force liés aux intérêts économiques etc.. ; il n’en reste pas moins que la motivation psychologique des combattants s’alimente de la perception d’un antagonisme culturel. Faut-il opposer les deux niveaux d’analyse ? La guerre du Péloponnèse était une lutte pour la domination du monde hellénique, et une guerre idéologique entre oligarques et démocrates, et une opposition de style et de caractères entre Sparte et Athènes… Quel est le “premier moteur” ? Analyser ne devrait pas viser à dissimuler les parties ainsi isolées.

      • 13 Juillet 2016 à 4h04

        Livio del Quenale dit

        les guerres sont soit de conquête (pouvoir),
        et/ou commerciales
        ce qui doit se ressembler qq part.
        -
        Après, il y a le fard diplomatique.  

    • 12 Juillet 2016 à 11h31

      zelectron dit

      Pourquoi est-ce si difficile de vaincre un ennemi faible dans ce type de guerres asymétriques ? c’est aveuglant d’évidence : “la guerre est une chose trop sérieuse pour la laisser aux militaires”
      les technologies d’aujourd’hui ne sont ni maitrisées, ni utilisées au mieux de leurs capacités (à bon escient?) par des gens dont les formations et cursus sont plutôt “faibles” heureusement qu’en face c’est pire !

    • 12 Juillet 2016 à 11h20

      Parseval dit

      “L’ennemi ne voit nulle perte dans sa propre mort. Il ne se sacrifie pas. Il saisit en mourant l’occasion d’échapper à l’égarement ou l’exploitation que lui propose la modernité occidentale.”
      Je ne sais pas. Des vidéos de membres de l’EI circulent : on les voit pleurer avant d’être envoyés se faire exploser ou une fois capturés par des Kurdes. Je pense qu’on surestime grandement leur force morale/andreia/impassibilité devant la mort/&c.

      • 12 Juillet 2016 à 13h05

        isa dit

        Pov chéris!

      • 12 Juillet 2016 à 14h05

        IMHO dit

        On peut se monter le bourrichon mais il finit toujours par retomber