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Subprimes 2, le retour

Publié le 30 avril 2013 à 13:00 dans Brèves Monde

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Il semble qu’un nombre substantiel de commentateurs de ce qu’il est convenu d’appeler la « crise des subprimes » aient malencontreusement raté le premier épisode. Fort heureusement, l’administration du président Obama semble décidée à nous offrir une rediffusion en direct : en effet, dans le but tout à fait honorable d’aider les pauvres et de soutenir la croissance (du secteur immobilier), cette dernière est manifestement décidée à encourager – inciter ? – les banques à accorder des crédits immobiliers aux emprunteurs les plus fragiles (lire Zachary A. Goldfarb, Obama administration pushes banks to make home loans to people with weaker credit in The Washington Post, 3 avril 2013).
Nous avons donc : (1) une politique monétaire de la Federal Reserve qui est – vous me l’accorderez – particulière accommodante, (2) les créanciers des banques qui continuent, plus que jamais, à bénéficier de la garantie implicite du contribuable et (3), cerise sur le gâteau, le gouvernement des États-Unis qui pousse explicitement les ménages les moins fortunés à s’endetter pour devenir propriétaires de leur logement.
Certains d’entre nous peuvent avoir le sentiment d’avoir déjà vu ce film. Pourtant, cette fois-ci, c’est différent : ce deuxième épisode, réalisé par M. Obama, comporte quelques variations par rapport au premier qui était l’œuvre de MM. Clinton et Bush junior. En effet, il semble que les prêts en question ne seront pas garantis par Freddie Mac et Fannie Mae mais par leur grande sœur, la Federal Housing Administration ; c’est-à-dire par les contribuables américain – comme la première fois mais cette fois-ci, c’est officiel. Par ailleurs, les banques commerciales semblent avoir compris l’intrigue du premier épisode et demandent désormais des garanties du ministère de la justice. En d’autres termes, en cas de catastrophes, le gouvernement des États-Unis est prié de prendre ses responsabilités.
La folie, disait Einstein, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent.

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  • 1 Mai 2013 à 10h15

    expat dit

    @GK : is that the article I sent you ? And yes, incroyable comment ils peuvent recommençer la même chose. 

  • 30 Avril 2013 à 17h10

    L'Ours dit

    Merci de votre réponse GK,
    je ne trouvais pas la précision que vous m’apportez. 

  • 30 Avril 2013 à 16h16

    Georges_Kaplan dit

    Villaterne,
    L’idée selon laquelle les banques se sont faites avoir par des titrisations (et le terme « produit toxique ») sont des inventions de journalistes.
    Une titrisation, ce n’est rien de plus qu’un instrument qui permet de transformer des prêts en titres négociables et, éventuellement, de redistribuer le risque au passage. Une explication (peut-être un peu technique) ici

    • 7 Mai 2013 à 9h39

      Naif dit

      La titrisation a été un moyen professionnel pour se débarrasser d’un bâton d’explosif refiler par un pouvoir démagogue.
       

  • 30 Avril 2013 à 15h51

    Sophie dit

    Donc, si j’ai bien suivi, on va douiller comme épargnant/investisseur et puis redouiller encore comme contribuable?

    Bon, ben, je vais plutôt investir dans la fanfreluche et les colifichets! Au moins, je pourrai les léguer à mes petits-enfants si j’en ai un jour.

    • 30 Avril 2013 à 16h28

      Malvilar dit

      ou la peinture flamande baroque…il semble que ce soit un placement à fort potentiel ;-)

  • 30 Avril 2013 à 15h45

    Villaterne dit

    Enfin si il y a une morale à cette histoire, conseillons le taux fixe !!

  • 30 Avril 2013 à 15h31

    Villaterne dit

    Georges Kaplan
    Je suis impardonnable pour “I don’t no” à la place du “I don’t know”. Comment ai-je pu écrire ça ?
    Pour les taux je suis d’accord avec vous. J’ai simplement écrit par raccourci!
    Pour la tritirisation je ne suis pas sûr que ce soit une si bonne chose. N’oublions pas que cela permet de glisser un produit toxique dans un package qui présente bien. C’est comme ça que nos banques se sont faites avoir non?

  • 30 Avril 2013 à 15h28

    Villaterne dit

    Georges Kaplan
    Je suis impardonnable pour “I don’t no” à la place du “I don’t know”. Comment ai-je pu écrire ça ?
    Pour les taux je suis d’accord avec vous. J’ai simplement écrit par raccourci!
    Pour la tritirisation je ne suis pas sûr que cel

  • 30 Avril 2013 à 15h18

    Georges_Kaplan dit

    Naif,
    Oh ! Pour ça, n’ayez aucun doute : le gouvernement des États-Unis mettra sur pied une commission d’enquête chargée de déterminer les causes de la crise et la conclusion de cette dernière sera que (i) le gouvernement des États-Unis n’y est pour rien et (ii) il faut donner plus de pouvoir au gouvernement des États-Unis pour éviter que ça ne recommence. 

    • 30 Avril 2013 à 15h43

      thdo dit

      Peut-être parce que c’est effectivement le cas, tout simplement ?

      http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/12/20/fannie-freddie-follies/

      “None of this is meant to defend what F&F did or how they behaved. But there’s no contradiction between the assertion that F&F were bad institutions run by bad people, and the assertion that they played no important role in creating the financial crisis. The widespread belief that they did play such a role is the result of an effective right-wing disinformation campaign, not serious analysis.”

      • 2 Mai 2013 à 10h27

        JeanBart dit

        c’est gonflé !

      • 7 Mai 2013 à 9h44

        Naif dit

        Parce que ce n’est pas Clinton qui a  imposé au banque de prêter à des personnes en situation difficile à qui le moindre manque de liquidité les rendaient insolvable.
        En gros ce que vous dites c’est que cela ne sert à rien qu’une banque vérifie si l’emprunteur peux rembourser de toute façon elle doit le faire et si l’emprunteur ne peux pas rembourser c’est la faute de la banque !
        C’est pas gonfler c’est du n’importe quoi !
        Mais rassurer vous, vous n’êtes pas tout seul ! 

    • 2 Mai 2013 à 13h56

      Naif dit

      Merci de cette réponse, même si c’est un peu tardif. J’aime beaucoup vos articles et je crains que vous ayez malheureusement raison. La victoire d’Obama à montrer que la population américaine avait changée et que les tenants d’une responsabilité individuel sont remplacés par ceux qui recherchent toujours plus d’aide et de solidarité, bien sur venant des autres.
      Peut être que le désastre Obama réveillera les consciences américaines et que ce peuple se ressaisira. parce qu’en France bientôt Il vaudra mieux ne pas être riche pour rester en vie !   

  • 30 Avril 2013 à 15h16

    Georges_Kaplan dit

    L’Ours,
    Absolument. La Mortgage Bankers Association publie ce genre de données et il semble que, pour le moment, la part des mortgages à taux révisables reste relative contenue à 4-5% du total. Sans doute les banques se montrent-elles très prudentes (c’est d’ailleurs ce que leur reproche d’administration Obama).

    Villaterne,
    Il n’est pas question de taux indexés sur le marché immobilier (ça n’existe pas) mais de taux révisables indexés sur des indices des marchés du crédit à court terme (comme l’Euribor 3 mois chez nous) : si les taux remontent (i.e. politique monétaire de la Fed), les emprunteurs verront le taux de leur crédit augmenter aussi. Je proposais une rapide explication ici.
    La titrisation, au contraire, est plutôt une bonne chose : elle permet de transférer le risque du bilan des banques vers les marchés financiers ; c’est-à-dire, comme l’épisode chypriote le démontre, de vous et moi vers des investisseurs professionnels. Par ailleurs, une crise qui peut faire voler en éclat tout le système bancaire est un épiphénomène pour les marchés obligataires.
    (I don’t know ! pas, I don’t no.) 

  • 30 Avril 2013 à 14h13

    Villaterne dit

    Effectivement, comme dit l’Ours, il s’agit de savoir si les taux sont indexés sur les variations du marché immobilier et si il y a un risque de tritirisation.
    Apparemment pour la deuxième question, le gouvernement semble se porter garant, ce qui évitera l’effet domino sur les marchés financiers.
    Mais est-ce que les pauvres y gagnent? I don’t no !

  • 30 Avril 2013 à 14h06

    Malvilar dit

    Alors là c’est bon, je m’inscris au programme de téléréalité “Mars sans retour” ils sont fous à lier !

  • 30 Avril 2013 à 13h56

    L'Ours dit

    Je n’ai pas réussi à trouver, mais il serait intéressant de savoir si les taux proposés sont fixes ou, comme les précédents, variables.
    A taux fixe, ça change tout. 

  • 30 Avril 2013 à 13h51

    Naif dit

    et vous verrez quand ce système se cassera la gueule, et certainement plus vite que le premier puisque les etats unis ne sont plus dans un cycle de croissance comparable au premier, on aura encore des experts pour nous dire que c’est de la faute des banque et des vilains spéculateurs qui n’ont pas fait confiance au gentil prolétaire sans le sous pour payer sa maison. Je suis curieux de voir la réaction des marchés par rapport à ces crise n° 2. Vont ils partir comme en 80 dans une bulle spéculative ou au contraire vont ils être bien plus prudents et ne pas se faire avoir. quoi que dans ce cas ce sera de toute façon le contribuable américain et européen qui paiera la note. Wait and see !