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Cosmopolites de tous pays, unissez-vous

Le sens des mots, ça ne vous rappelle rien ? Moi si

Publié le 14 février 2009 à 13:44 dans Médias

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Bonne nouvelle, les prix baissent. Quand il fallait encore deux phrases au cardinal de Richelieu pour pendre un homme, il ne faut plus aujourd’hui qu’un seul mot pour faire chauffer le gibet. Il aura suffi à Pierre Péan d’écrire que l’actuel ministre français des Affaires étrangères honnit l’indépendance nationale au nom du “cosmopolitisme” pour se tailler illico une réputation d’antisémite notoire.

Sur le livre de Péan, il y aurait beaucoup de choses à redire : il n’est pas assuré que le mélange des genres serve l’argument principal de l’ouvrage ni le but poursuivi par son auteur. L’insignifiante affaire de facturation gabonaise1 a oblitéré les critiques politiques que formulait Péan à l’encontre du locataire du Quai d’Orsay et avorté le débat légitime qu’il se faisait fort d’ouvrir sur les options internationales du docteur K. Comme Elisabeth Lévy le souligne, dans le dernier édito du mensuel Causeur, on ne peut que le regretter.

Reste qu’en cinq sec, Pierre Péan est devenu antisémite. Enfin, l’affaire n’a pas été aussi vite pliée que ça. Il a fallu, dans un premier temps, que Bernard Kouchner déclare devant l’Assemblée nationale : “L’accusation de cosmopolitisme, en ces temps difficiles, ça ne vous rappelle rien ? Moi si.” Puis, pour être bien sûr que tout le monde était raccord avec ses sous-entendus, il s’est livré à une explication de texte dans les colonnes du Nouvel Observateur : “Certains réseaux me détestent. Lesquels ? Certainement les nostalgiques des années 1930 et 1940 et tous les révisionnistes…” Et la presse française de s’engouffrer comme un seul homme dans l’équation kouchnérienne : “cosmopolitisme = antisémitisme”.

Seulement, manque de bol : dans les années 1930 et 1940, ce n’est pas vers les juifs que porte en premier l’accusation de cosmopolitisme, mais indistinctement vers les jacobins, les communistes et les francs-maçons, quand ce n’est pas vers l’Eglise, les élites et l’aristocratie européennes. Tout le monde il est beau, tout le monde il est cosmopolite. Et encore ce n’est pas si simple, puisqu’on voit une partie de la gauche française condamner dans ces années 1930 le “cosmopolitisme” des Brigadistes internationaux, ces hurluberlus qui vont combattre en Espagne et critiquent la non-ingérence de Blum, président du Conseil, juif et pas cosmopolite pour deux sous. Chez Maurras, Drieu la Rochelle, Céline aussi bien que chez Barrès, le cosmopolitisme désigne surtout la philosophie des Lumières, à laquelle ils opposent le nationalisme. Passé le Rhin, chez Carl Schmitt, le cosmopolitisme n’est pas non plus associé prioritairement aux juifs, mais à la mollesse toute kantienne que la république de Weimar met à défendre les intérêts allemands contre le reste du monde… Quant à Hitler, il confesse, au début de Mein Kampf, qu’influencé par les idées de son père il a été lui-même cosmopolite, avant de se reprendre. Pour le malheur du monde.

Il faudra, en réalité, attendre l’après-guerre pour que le terme cosmopolitisme ait réellement des relents antisémites. Cela se passe en Union soviétique. Accusé de poursuivre sur la même voie que le Bund, le Comité juif antifasciste est dans la ligne de mire de Staline. Le Kremlin reproche à cette organisation d’entretenir des connections avec Washington. Son président est assassiné en 1948 et la purge culmine en 1952 avec le “complot des blouses blanches”. L’affaire ne trouvera réellement son terme qu’avec la mort de Staline. Si Moscou choisit d’employer le terme “cosmopolite sans racine”, c’est justement qu’il n’est pas connoté de cet antisémitisme qui, depuis la deuxième guerre mondiale, est honni en Union soviétique. Staline n’est pas antisémite, juste anticosmopolite et antisioniste à l’occasion. Ça ne vous rappelle rien ? Moi si.

Mais, que je sache, ce n’est pas la politique antisémite de Staline que le bon docteur Kouchner avait en tête lorsqu’il marquait Péan du sceau de l’infamie. Mais le nazisme. Le problème est que ça ne marche pas : dans les années 1930, le mot cosmopolitisme n’avait pas plus de connotations antisémites qu’aujourd’hui. Il désignait alors l’idée de Kant suivant laquelle la théorie politique ne se limite plus à une théorie de l’Etat ou du peuple, mais se prend à embrasser l’humanité tout entière. Bref, au-delà, des intérêts nationaux existerait une idée de la politique mondiale, qui, favorisant la paix et le libre commerce, annoncerait l’avènement de la démocratie planétaire. Ça ne vous rappelle rien ? Moi si : les convictions qu’ardemment porte le docteur K. depuis quarante ans quand ses épaules ne sont pas occupées à ployer sous un sac de riz. De la médecine humanitaire à ses positions au Kosovo, en passant par la défense du droit d’ingérence, c’est le cosmopolitisme qu’il s’acharne à défendre et à illustrer. Ses positions sur la guerre en Irak ou sur le retour de la France dans l’Otan ont certes atténué les idéaux kantiens de sa jeunesse : l’âge venant, Bernard Kouchner est devenu ce qu’il convient d’appeler un cosmopolite anglo-saxon2. Et alors ? Il y a des gens très bien qui sont affectés par cette pathologie. On en trouve même, paraît-il, à l’Elysée.

Il arrive au fond aujourd’hui à Pierre Péan ce qui est arrivé il y a quelque temps à Eric Zemmour : exécuté pour un mot. Un mot de trop ? Non. Un mot que l’on assigne à résidence dans son sens le plus catastrophique, qu’il l’ait ou pas occupé historiquement3. C’est Nietzsche qui avait systématisé, dans sa démarche généalogique, le recours à l’étymologie. Les mots pourtant échappent au déterminisme de leur naissance, comme ils échappent aussi à celui de leur histoire. Nous avons franchi un cap, nous en sommes arrivés à une génétique du malheur. Il n’est plus un mot que vous puissiez employer qui n’ait révélé un jour ou l’autre sa part maléfique. Aujourd’hui, on vous surdétermine le mot “race” ou le mot “cosmopolite”. Demain, on n’oubliera pas de se souvenir que les nazis appelaient leur mère “maman”. Prononcés dans la bouche de tout petits enfants, ça ne vous rappelle rien ? Moi si. La connotation rend sourd et condamne la langue à ne plus être qu’un catalogue abject de termes effroyables. Hölderlin avait bien raison de nous prévenir : “Le libre usage du propre est la chose la plus difficile.”

  1. Insignifiante pour qui n’a jamais entendu au cours des décennies passées le docteur K. jouer les pères La Vertu du monde politique.
  2. Celui qui considère que le nec plus ultra est de lire Cosmopolitan assis dans l’aéroport de New York.
  3. L’on se moque éperdument qu’Alain Rey note dans Le Dictionnaire historique de la langue française que les connotations péjoratives du terme acquises à la fin du XIXe siècle “tendent à disparaître”. On se moque aussi que le Dictionnaire de l’Académie française (8e édition) ne prête au terme aucun sens négatif : “Celui qui se considère comme s’il était le citoyen du monde et non d’un État particulier. Il se dit aussi de celui qui parcourt tous les pays sans jamais avoir de demeure fixe, ou qui se prête aisément aux usages, aux mœurs des pays où il se trouve. Il est aussi adjectif des deux genres et, dans cet emploi, il s’applique aussi aux choses. Quartier cosmopolite. Mœurs cosmopolites. Esprit cosmopolite.”
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  • 15 February 2009 à 0h40

    GPS dit

    Je ne doute pas que vous ayez raison, François Miclo. L’équivalence entre juif et cosmopolite n’existait pas avant Staline. C’est lui qui l’a posée : sa lutte contre le cosmopolitisme était en pratique une campagne antisémite, que tout le monde a identifiée comme telle. Souvenons-nous par exemple du désarroi, à l’époque, des militants juifs du Parti communiste français. Les témoignages abondent.
    Mais une fois cette synonymie établie (par Staline), les références historiques contraires ne valent plus. Quand on dit aujourd’hui cosmopolite, on dit aussi, grâce à Staline, plus ou moins juif. Surtout pour qui, comme Kouchner, a vécu le « complot des blouses blanches » sinon directement, du moins comme mémoire politique récente dans sa jeunesse.
    Péan, je ne sais pas.
    Mais je sais, et vous aussi, qu’on ne revient pas au « sens initial » des mots quand ce sens s’est perdu ou a été recouvert. « Formidable » ne fait plus peur à personne, et les cosmopolites sont devenus des « agents sionistes ». L’étymologie ni les références historiques, aussi fondées soient-elles, n’y peuvent plus rien.
    C’est en cela que votre papier tombe un peu à côté.
    D’autant plus que la passion anti-américaine de Pierre Péan ne peut que flirter, à un moment ou à un autre, avec l’antisémitisme. Le lien entre l’une et l’autre est pratiquement mécanique.
    Cependant (et je me retrouve là en accord avec vous), la judaïté de Kouchner n’est sans doute pas le carburant de la vindicte de Péan. Dans le pire des cas, c’est une sorte de bonus, pas plus. C’est l’ensemble, que Péan déteste en Kouchner, et détesterait tout autant si Kouchner pouvait afficher trente-deux ou soixante-quatre quartiers de francitude catholique romaine.
    C’est pourquoi, bien que je la comprenne, je trouve comme vous la réaction de Kouchner parfaitement inadéquate et inopportune. Nous sommes bien d’accord : il aurait mieux fait de fermer sa gueule, et d’éviter cet argument-là.

  • 15 February 2009 à 0h33

    François Miclo dit

    Raymond, sur votre deuxième citation, Drumont dans La France juive file la métaphore du “Juif errant”. Ce dernier n’est pas accusé d’être cosmopolite, mais apatride…. Ce qui n’est pas la même chose. D’autre part, il ne faut pas perdre de vue que le cosmopolitisme compte des représentants chez les héritiers des Lumières aussi bien que chez leurs contempteurs. C’est une catégorie qui traverse la Révolution et la Contre-Révolution : il est le mot de ceux qui pensent que doit exister une “politique mondiale”, comme ceux qui croient en l’existence d’une aristocratie mondiale.

    Sur la “Grande Prostituée Cosmopolite”, c’est autre chose que de l’antisémitisme : c’est la reprise de la critique adressée à Napoléon III et à Hausmann d’avoir transformé Paris en nouvelle Babylone (c’est-à-dire l’anti-Jérusalem)… C’est le thème du Paris Rastaquouère, qui se prend pour la capitale du monde et attire de riches étrangers. On retrouve le thème chez Offenbach dans La Vie Parisienne, quand arrive au dernier acte le Brésilien, et ce “cosmopolitisme” particulier (qui vise la cosmopolis, au sens de ville mondiale) sert d’arrière plan à de nombreux romans de l’époque. Ce n’est pas de l’antisémitisme et c’est une xénophobie d’un type très particulier : elle ne vise que les riches… Si vous voulez, c’est de la même trempe que lorsque dans les années 1780 on appelait la Reine de France l’Autrichienne ou plus près de nous quand on lit l’Italienne à propos de la première Dame de France : ça ne vous rappelle rien ? Moi si.

  • 14 February 2009 à 23h20

    Hirondelle88 dit

    Oui, nous devrions tous devenir des cosmopolitruc, là, ainsi le mot finirait par ne plus rien dire du tout. C’est une arme de destruction perverse et efficace que de banaliser un mot ! De même “antisémite” à toutes les sauces va finir par faire perdre au mot toute sa force jusqu’à devenir une banale expression insultante comme “pauvre con”, en plus distingué. Mauvais point pour Kouchner … votre recadrage est excellent et d’une actualité qui vous dépasse même ! Ces derniers jours, j’ai vu dans un forum un internaute se faire reprocher le nombre 88 à la fin de son pseudo, sous prétexte que 88 aurait pris récemment la signification de Hei Hittler ( HH ) !!!

  • 14 February 2009 à 23h07

    Raymond2 dit

    Monsieur Miclo dit:
    “Il faudra, en réalité, attendre l’après-guerre pour que le terme cosmopolitisme ait réellement des relents antisémites”
    Pourtant n’est-ce pas Drumont qui appelait Paris “La grande prostituée cosmopolite”?
    et le même Drumont qui disait:
    dans “La France juive”:
    “« Si le cerveau de nos concitoyens fonctionnait de la façon régulière et normale dont fonctionnait le cerveau de leurs pères, ils seraient vite convaincus que le Juif n’a absolument aucun motif d’être patriote »?
    J’ai l’impression que les mots “cosmopolitisme” et “cosmopolite” ont fait florès pendant l’affaire Dreyfus également.

  • 14 February 2009 à 20h06

    Kajyc dit

    Vous avez peut-être bien raison sur l’origine et le sens de cosmopolitisme François Miclo mais votre tentative de défendre Péan par ce biais ne mène pas à grand chose. Il m’arrive d’employer “petit con” (je ne devrais pas c’est sûr) aussi bien sur un mode affectueux que lorsque je suis dans une colère noire.
    Le contexte de l’emploi d’un mot est très important et BHL qui se définit comme cosmopolite ou Péan qui jette le mot à la figure de K, ce n’est pas tout à fait la même chose.
    Et encore une fois, cette histoire d’antisémitisme est relativement secondaire avec cet ouvrage, bien que la presse, et vous avec, en ayez fait une affaire d’Etat.

  • 14 February 2009 à 19h25

    Devlin dit

    Cosmopolitisme financier ? ? ?

    C’est par ce terme que furent définis les acteurs de la haute finance à la fin du 19 et débuts du 20 siècle… Jp Morgan Vanderbilt, Rockefeller et bien d’autre…

    Cela s’est ensuite perpétué……

  • 14 February 2009 à 19h07

    robespierre dit

    “L’insignifiante affaire de facturation gabonaise…..”

    Justement, chez les cosmopolites, toute règle est insignifiante.

    Ceci dit, cher François, votre billet est de très bonne …. facture !

  • 14 February 2009 à 19h00

    Gwendan dit

    Merci pour cet article François Miclo,pour toutes personnes ayant un peu de culture politique,il est clair que le “cosmopolitisme” comme son nom l’indique est une attaque politique et non sur les origine.Quand Zemmour attaque le cosmopolitisme de BHL ce n’est evidemment pas à ses origines qu’il fait référence mais à son discours politique (et pour cause Zemmour et BHL partagent les mêmes origines).
    Ce qui est dommage dans tout ça, c’est que l’aspect le plus intéréssant du livre de Péan ,et c’est même le point central de cet ouvrage, est en train de passer à la trappe: la façon dont Péan décortique l’idéologie et la vision de Kouchner ,jusque dans ses excés (le coté “va t’en guerre”) et ses contradictions. Je crois que c’est cette analyse, qui fait souvent mouche, qui dérange vraiment Kouchner et finalement son accusation d’antisemitisme comme je l’ai déja dit,n’est qu’un écran de fumée,et le pire c’est que ça a reussi.

  • 14 February 2009 à 18h50

    Odilon dit

    “La connotation rend sourd”

    Ça ne vous rappelle rien? Moi si. Votre article a donc des relents nauséabonds, François. Je me sens très coupable de le trouver excellent. Et ça, c’est impardonnable!

  • 14 February 2009 à 18h19

    Three piglets dit

    ‘D’autre partt on ne peut nier que le cosmopolitisme était l’accusation principale portée contre les juifs’

    Ce n’est pas une accusation, c’est une revendication :

    « Je suis un cosmopolite résolu. J’aime le métissage et je déteste le nationalisme. Je ne vibre pas à “la Marseillaise”. J’espère que le cadre national sera un jour dépassé »

    Bernard-Henri Lévy dans une interview au Nouvel Observateur du 4 octobre 2007

    “Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, “franchouillard” ou cocardier, nous est étranger, voire odieux.”

    Pierre Bergé, Georges-Marc Benamou et Bernard-Henri Lévy, dans l’édito du premier numéro de Globe (1985).

    On aura compris que le cosmopolitisme ne s’applique pas à tous …

  • 14 February 2009 à 17h45

    Moon dit

    Puisqu’il est question d’Askolovtch, celui-ci a replacé la polémique dans le contexte de la querelle “gaullistes/droits de l’hommiste”, lavant du soupçon d’antisémitisme Péan…

    Pour avoir parcouru le livre, et suivi à distance les polémiques précédentes, la thèse la plus dérangeante et discutable de Péan est celle-ci : le droit de l’hommisme ne serait que le masque emprunté par les américano-sionistes pour faire avancer leurs intérêts…C’est ce qu’à avancer le sous-préphet Guigue pour disqualifier Urgence Darfour…

    Quand on sait que notre actuel Ambassadeur aux droits de l’homme est un ex-lobbiste pro-israélien notoire, la question n’est pas totalement fantasmatique…

    Pour entend, le fait d’escamoter toute critique de la Raison d’Etat derrière le rideau de fumée du “parti de l’étranger” me semble extrêmement douteux…
    Sur la question du Rwanda notamment, il est permis de parler de néo-antiDreyfusisme.

  • 14 February 2009 à 17h33

    Pirée dit

    “Ce monsieur”. Maurras, en effet, en fut un, et même un grand monsieur. Je ne suis pas, pour autant, maurrassien, sauf si l’on y voit une maladie honteuse héréditaire.
    André Cocatre-Zilgien, dont je fus étudiant, parlait à son propos de fièvre obsidionale. Il craignait que la France ne perdît son identité. D’où son rejet du cosmopolitisme intellectuel de son temps. “Jésus, Bouddha, Tolstoï”, comme disait Guy Dumur.
    Faut-il le préciser? Le Martégal avait deux ans à Sedan, vingt-six lorsque ‘éclata “l’affaire”. Dans l’imaginaire des patriotes, le juif devint le cheval de Troie du soldat prussien. L’oeil fixé sur la ligne bleue des Vosges, ils défendirent l’armée française, la patrie française, tout ce qu’on pouvait définir comme français. Jusqu’au champ d’honneur…
    Maurras mourut convaincu que Dreyfus était coupable. Il avait besoin d’y croire. Nul n’est parfait (exemple : je suis pauvre). Maurras fut un monsieur quand même.

  • 14 February 2009 à 17h00

    L’Ours dit

    Peu importe la signification du terme ‘cosmoplite” autrefois! Refusant de lire le livre de Péan car je déteste qu’on s’en prenne à l’honneur d’un homme avec des “on dit”, je ne m’intéresse qu’à l’argument d’anti-sémitisme sous-entendu par Kourchner.
    A le lire souvent, j’ai suffisamment confiance en l’honnêté intelectuelle et dans le jugement de Miclo qui affirme que ce travers n’est pas dans le livre de Péan. En conséquence, j’estime que la défense de Kourchner est contre productive, pernicieuse, et pour tout dire: LA-MEN-TABLE!!!

  • 14 February 2009 à 16h45

    ramon mercader dit

    numéro 7 ,tout de même
    “facturation gabonnaise”
    ça me fait penser aux réceptions africaines de giscard ,toutes ces foules,rassemblées,en rang,pour souhaiter la bienvenue à l’ex-colonisateur ,dispensateur de visas et d’aides diverses,et les enfants des écoles ,scandant “viveu l’amitié fwancogabonaise”
    un pur régal .

  • 14 February 2009 à 16h19

    François Miclo dit

    Claude, on va finir par se comprendre : le cosmopolitisme était l’insulte proférée contre tout ce qui de près ou de loin était républicain, c’est-à-dire contre ceux qui se revendiquaient de la Révolution française et de la pédagogie de la IIIe République, qui enseignait cette dialectique cosmopolitique : “L’amour du petit pays amène à l’amour de la patrie, qui conduit lui-même à l’amour du genre humain…”
    Dénoncer le cosmopolitisme ne fait pas de vous nécessairement un parfait antisémite. Au pire, s’il faut qu’un terme soit enfermé dans une acception donnée et particulière, elle fait de vous un nationaliste…

  • 14 February 2009 à 16h09

    noop dit

    La gauche par le biais de ses “intellectuels” et ses “journalistes” souvent partisans mais surtout parfois intolérants est tentée d’entretenir un pouvoir dissuasif de diabolisation. C’est bien pratique pour essayer de dominer et orienter le débat.

    Un journaliste de gauche peut ainsi se permettre de parler d’une manière qu’il interdira tout simplement à un autre de droite.
    Un exemple ?
    “Ségolène Royale n’aurait pas défait à l’intérieur du PS deux représentants des élites mondialisées venues d’ailleurs, Fabius et Strauss-Kahn, et ne se préparerait pas, on verra bien, à défaire un troisième représentant de ses français qui sont un peu différents des autres, Nicolas Sarkozy, il n’y aurait pas cette ambiguité. Ce qui est très curieux dans cette campagne électorale, c’est qu’il y a un renversement, la gauche la patrie des apatrides, des homosexuels, de la déviance etc. est représentée aujourd’hui par quelqu’un qui a de la terre de la vrai France à ses souliers, qui s’en vante, qui s’en réclame…”
    ???
    Claude Askolovitch chez Ardisson.
    http://www.dailymotion.com/user/noop/video/x1r2gz_sarko-letranger-royal-la-francaise_politics

    Pour le reste je rejoins Claude b.
    Le terme “cosmopolite” a été je crois utilisé par les antisémites à la fin du XIXe. Drumont ? Peut-être. Début XXe. Maurras et d’autres certainement. Mais effectivement ils n’en ont pas déposé l’usage exclusif.
    Ca c’est la gauche qui le fait pour eux. C’est pratique et plus efficace qu’un procès qu’ils auraient perdu. Il ne reste à Péan qu’à se planquer. Il se déplacera maintenant avec sa pancarte.
    Notre histoire ne peut pas servir ainsi indéfiniment à procéder à des amalgames afin de restreindre la liberté d’expression.

  • 14 February 2009 à 16h03

    Ludovic Lefebvre dit

    Ce n’est pas la première fois que la technique est utilisée dans ces dernières décennies. Je suis juif ou simplement quarteron et toute critique à mon encontre est de l’antisémitisme d’avant guerre avec promesse de camp à la clef. Kouchner ne fut pas le seul, il y eut les mêmes propos prononcés par Fourest et évidemment Miller à l’émission Cactus, puis sur direct huit par Levaï, Benichou etc. C’est la défense purement et simplement devant toute critique des proeuropéistes et autres internationalistes. Vous aimez votre nation et la nation est le national socialisme donc vous êtes nazis… très court et totalement erronné, mais efficace sur une population rongée de culpabilité et devenue particulièrement inculte suite aux simplifications et réductions faites à l’Histoire.
    J’ignore le contenu du livre et même si je donnerais plutôt raison à Péan par principe, je préfère le lire avant d’émettre un avis. Par contre, il serait temps que les nouveaux philosophes cessent de bouffer sur le dos des cadavres de la Shoa et leurs orphelins, c’est au dela de toute indignité.
    Péan, antisémite, je n’en sais rien, je ne le connais pas en dehors de son travail, mais antisémite parce que contre l’antifrance, c’est un procédé ignoble du camp du Bien, mais nous avons l’habitude.
    Mort aux juifs par des milliers d’individus que les cosmopolites nous ont imposés, par contre, ça passe très bien, ce n’est pas antisémite et sujet à indignation.
    Il y a comme une incohérence profonde chez les épées des indignocrates droitdel’hommistes.

  • 14 February 2009 à 15h59

    claude b. dit

    mr Miclo, svp, ne mettez pas mr Morin dans cette affaire… Mais relisez entièrement le texte de Maurras…
    D’autre partt on ne peut nier que le cosmopolitisme était l’accusation principale portée contre les juifs, les francs maçons, les communistes, et ce, en France, des années 30 jusqu’en 45…

  • 14 February 2009 à 15h48

    François Miclo dit

    Mon analyse ne nie pas que Maurras dénonce le cosmopolitisme. Mais le cosmopolitisme n’est pas, même dans la phrase que vous citez, l’apanage exclusif des juifs. Et les francs-maçons, on en fait quoi ?
    Dans le lexique maurrassien, le terme s’oppose au nationalisme.

    D’autre part, lisez la huitième partie de Par-delà le bien et le mal de Nietzsche : il rejette le nationalisme, l’égalitarisme et la démocratie pour défendre une Europe gouvernée par une “aristocratie cosmopolite”… On retrouve les mêmes idées chez Gobineau et de Maistre : tout un pan de la Contre-Révolution défend l’idée du cosmopolitisme.

    C’est dire que la question du cosmopolitisme ne relève pas de l’antisémitisme, mais d’une tout autre catégorie… Et il faudra attendre la période stalinienne pour que le mot “cosmopolite” se charge de cette connotation spécifique…

    Par ailleurs, vous me permettrez de suivre jusqu’au bout votre raisonnement (fondé sur le renvoi de l’anti-cosmopolitisme à des périodes sombres de l’histoire) : dans la phrase que vous citez, Maurras dit défendre “l’armée honneur et sauvegarde de la France”. Or, il se trouve que Hervé Morin entend faire aujourd’hui le même job. Cela veut dire quoi ? Qu’il est antisémite ?…

  • 14 February 2009 à 15h29

    claude b. dit

    mr Miclo: votre analyse n’est pas tout à fait juste quant à la connotation anti sémite de la dénonciation du cosmopolistisme.
    En 1928, C. Maurras, dans son ouvrage célèbre “la Nation et le Roi” écrivait:
    “J’ai défendu l’armée, honneur et sauvegarde de la France. J’ai dénoncé le cosmopolistisme juif et franc-maçon, perte et déshonneur du pays.”
    Il y a des tas d’autres textes de ce monsieur où le sujet est évoqué mais il serait trop long de les évoquer ici.
    Pour en revenir au sujet de votre billet, ce qu’a voulu dire mr Kouchner est bien clair: dénoncer un individu comme cosmopolite renvoie à des périodes ou l’antisémitisme était à l’ordre du jour de bien des politiques, de droite ou de gauche.