L’UE, un projet sous férule allemande? | Causeur

L’UE, un projet sous férule allemande?

Entretien croisé avec Coralie Delaume et David Cayla

Auteur

David Desgouilles

David Desgouilles
Blogueur et romancier.

Publié le 13 janvier 2017 / Économie

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Coralie Delaume et David Cayla. Crédit : Margot l'Hermite.

David Desgouilles. Dans le prologue de votre livre La fin de l’Union européenne (Michalon, 2017), vous dévoilez un secret de fabrication. Le titre de l’essai a été décidé à l’achèvement de vos travaux. Ces derniers vous ont donc convaincus que l’agonie de l’Union européenne est proche ?

Coralie Delaume. Non, mais ils nous ont très argement confirmés dans notre hypothèse initiale. Et si cela n’avait pas suffi, ce qui s’est passé en Belgique alors que nous mettions la touche finale, à savoir la révolte du social-démocrate wallon Paul Magnette contre la signature du traité de libre-échange euro-canadien CETA, aurait achevé de nous convaincre que l’Europe était définitivement entrée en phase d’agonie.

Évidemment – et pour tout dire on n’en doutait guère – les Belges ont fini par rentrer dans le rang. Pour autant, on sent que désormais, les départs de flamme peuvent se produire n’importe quand et provenir de n’importe où. Jusqu’au jour où l’un d’entre eux, moins maîtrisable que les autres, fera s’embraser l’ensemble. Sera-ce une sortie inopinée de l’Italie de la zone euro, ainsi que l’ont prévue tout à la fois Joseph Stiglitz et le patron du célèbre institut économique allemand Ifo ? Ou une victoire du PVV ( Parti pour la liberté) aux législatives néerlandaises de mars 2017 ? Difficile à anticiper. Mais l’épisode « Wallonie contre CETA » n’était pas prévisible non plus.

David Cayla. Quoi qu’il en soit, le « combo » crise grecque de 2015 / vote sur le Brexit de 2016, signe vraiment – ça on le savait déjà avant de prendre la plume – la mise en route d’un processus de désagrégation. Celui-ci commence, pour des raisons qu’on développe dans l’ouvrage, par les périphéries. Périphérie Sud pour la Grèce, car même si elle n’a pas quitté la zone euro, le simple fait que cela ait été envisagé – pas par elle-même d’ailleurs mais surtout par les Allemands – a enfoncé un coin dans le mythe de l’irréversibilité de l’euro. Périphérie Ouest pour la Grande-Bretagne, avec une décision de sortir qui change considérablement les perspectives d’avenir. L’Europe n’avait fait jusque là que s’élargir. Pour la première fois, elle se rétracte. C’est un événement décisif, quoique certains aient pu dire pour en minimiser la portée.

Coralie Delaume. Et puis, la Grande-Bretagne reste la plus vieille démocratie du monde. Le fait qu’elle décide d’assumer pleinement sa souveraineté nationale a valeur d’exemple.

 Lisez la suite de cet entretien sur le blog de David Desgouilles.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 17 Janvier 2017 à 9h44

      Broquere dit

      L’UE est l’œuvre de Fonctionnaires faite pour des Fonctionnaires qui s’y régalent sans contrôle.
      Ces gens non élus disent aux peuples ce qu’ils doivent faire!!!
      Ces gens 5 fois trop nombreux poussent les Etats à réduire leur nombre de fonctionnaires -ce qui est indispenseble mais commençont par ceux de l’Europe à la fois surabondants ET inutiles voire nuisibles-.
      RECONQUERONS NOTRE LIBERTE DE DECISION.

    • 17 Janvier 2017 à 9h40

      RED (From Tex) dit

      En terme de démarche, c’est donc clair : on a une hypothèse de départ, et le “travail” sert à la confirmer.

      On peut supposer qu’avec une hypothèse différente, le travail l’aurait confirmé aussi…

      Le point de fond est que ces partisans de la fin de l’Europe (car c’est bien là leur objectif, mettre à bas cette Europe honnie), vont bientôt pouvoir mesurer les résultats de ce processus de destruction, appuyé (accéléré) par Trump et Poutine !

      Les fameux “États-Nations” vont se retrouver seuls, atomisés, et plumés par les 2 “grands” au mieux de leurs intérêts ! (en réalité, ces états-nations vont d’eux-même se mettre sous la protection (dépendance) de l’un ou de l’autre)

      Et l’Europe (non pas la structure mais la “civilisation” de cet ensemble, son histoire) disparaitra. Comme le dit Onfray, “2.000 ans, c’est un bel âge pour mourir” !

      Le destin de ces états, au fond, sera celui des cités grecques de la Ligue de Délos.

    • 16 Janvier 2017 à 17h41

      Roturier dit

      L’UE a péché par trop d’ambition dans le contenant (le périmètre géographique) et pas assez dans le contenu (l’approfondissement des liens, l’harmonisation).
      Autrement dit, elle aurait dû rester pendant plusieurs générations à 6, peut-être à 8 ; attendre au moins un siècle avant de s’élargir à 12 et plusieurs pour aller au-delà.

      Un tel ensemble ne peut se construire que pendant de siècles, inutile de se précipiter. Mais les politiciens sont ce qu’ils sont, les fonctionnaires aussi, sans oublier les bonnes intentions et l’enfer, les détails et le diable et la nature humaine en général.

      La construction ayant été hâtive il est normal qu’elle se défasse par la périphérie, qu’elle retourne au noyau dur, à une ambition plus réaliste. Donnons désormais du temps au temps.

      Le principe de non-précipitation devrait s’appliquer aussi à l’écriture de livres ; mais faut bien manger tous les jours, n’est-ce pas ; pas le temps d’attendre pour mieux saisir la perspective historique, faut bien vendre du papier.
      Titrer « La Fin de l’Union européenne » répond bien à cet impératif ; en parler dans « Causeur » aussi.

      Les chiens aboient…

    • 16 Janvier 2017 à 15h47

      Terminator dit

      Il y a longtemps que je le pense : l’Union Européenne n’est pas encore morte mais elle est entrée en agonie… Méfions-nous de la bête blessée, elle peut encore s’avérer très dangereuse pour les européens !

    • 16 Janvier 2017 à 15h23

      jim42 dit

      Je crains que les Européens sincères ne savent toujours pas les Prémisses de l’Europe Unie (sic!) Elles ont germé bien ailleurs que chez les Coudenhove Kalergi (qui n’ont pas beaucoup de ma confiance et qui a bien “attrapé” des naïfs de l’époque! également…) mais surtout fut une Créature Nazie, essentiellement, qui fut Reprise par le State Department US et ses antennes OSS/CIA…et émissaires européens comme Monet et Cie…
      Les citoyens européens sont les dindons de cette farce dont il sont autorisés à déguster les reliefs du reps financier! En se Croyant libres et bien nourris…so far ! la plaisanterie semble s’être usée et le Réel qui émerge enfin réveille les citoyens aussi dégrisés……https://www.upr.fr/actualite/europe/la-cia-finance-la-construction-europeenne

    • 16 Janvier 2017 à 14h19

      rolberg dit

      Rien sur la responsabilité des élites bourgeoises qui ont imaginé l’union européenne à leur avantage. La décadence, elle vient de là, et la survie de l’Europe viendra par l’élimination sans pardon de ces profiteurs.

    • 16 Janvier 2017 à 14h07

      castor27 dit

      Depuis le début, l’UE est un grosse m…e, sans âme, sans projet cohérent, sans défense, sans politique étrangère, sauf celle dictée par les US à laquelle elle est en permanence à la traîne, il n’y a qu’à voir en Ukraine et en Syrie. L’UE ne sait pas où doivent s’arrêter ses frontières. L’adhésion de la Turquie est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire et ce, même avant le Calife Erdogan. l’UE au travers de sa commission se fout des peuples qui la composent. CdG avait prévu ce fiasco. L’UE a été voulue par les “pères fondateurs” dont on s’aperçoit aujourd’hui qu’ils étaient à la solde des US, pitoyable. Je ne jette pas la pierre à l’Allemagne, elle profite de sa situation et à sa place, je crois que je ferais pareil. Conclusion, quels sont les c..s.

    • 16 Janvier 2017 à 11h28

      persee dit

      Sans oublier la volonté allemande de voir la Turquie entrer dans l’Europe . Je me souviens que la G.B était sur la même ligne ;

    • 15 Janvier 2017 à 7h47

      QUIDAM II dit

      L’Allemagne n’a pas consulté ses partenaires pour déterminer sa politique monétaire liée à sa réunification, ce qui a couté extrêmement cher à la France.
      L’Allemagne n’a pas consulté ses partenaires pour reconnaître l’indépendance de la Croatie, ce qui a précipité la guerre civile yougoslave.
      L’Allemagne n’a pas consulté ses partenaires, ni même les représentants élus des citoyens allemands !, pour accueillir un million d’immigrés sur son sol, ce qui a provoqué une formidable ruée vers l’Europe.
      L’Union Européenne, telle qu’elle est, profite principalement à l’Allemagne qui, par conséquent, n’entend pas changer une seule virgule à ses règles de fonctionnement.
      Pour les pays d’Europe centrale, il est devenu normal de passer par Berlin avant de se rendre à Bruxelles.
      L’expression « couple franco-allemand » n’a que le don d’exaspérer les Allemands.
      Pourquoi mettre un point d’interrogation à l’expression : « L’UE, sous férule allemande » ?

      • 15 Janvier 2017 à 10h36

        Lecteur 92 dit

        Assez d’accord avec vous.
        On peut remercier Madame Merkel, elle a fait à elle seule plus que tous les souverainistes pour démolir l’UE.
        Vous connaissez le dicton : “Sans l’Allemagne, la France fait rire et sans la France, l’Allemagne fait peur”

      • 15 Janvier 2017 à 16h04

        Liamone dit

        Ceux qui ont été et qui le sont surement encore, sous la FERULE ALLEMANDE, mais la férule de l’Allemagne Nazie, sont ceux qui nous ont percé les oreilles avec la déclaration honteuse qui osait affirmer que “l’occupation allemande de la France avait été douce et généreuse à l’égard de notre peuple”. Ils incarnent le parti des héritiers de Pétain. Quand à la grande Europe, projet de paix et de fraternité avec tous nos frères européens, se bâtira contre les sceptiques et les rêveurs.

        • 16 Janvier 2017 à 9h23

          QUIDAM II dit

          Je partage votre espérance mais l’UE qui nous est proposée (et imposée) selon les critères de Copenhague (une Europe totalement dépourvue de critères culturels, géographiques et historiques), ne correspond à rien.
          Strictement à rien, sinon à servir les intérêts des grands groupes mondialisés, et les intérêts allemands.

        • 17 Janvier 2017 à 0h17

          Liamone dit

          C’est à la jeunesse de fracasser les portes de l’Europe que l’on veut détruire. La grande nation européenne doit s’unir devant le laxisme des mœurs, des valeurs et des idéaux prôné par les anglo-saxons. L’union politique et militaire de la grande nation européenne et chrétienne est l’avenir de notre jeunesse.

    • 15 Janvier 2017 à 0h22

      Liamone dit

      Ceux qui ont été et qui le sont surement encore, sous la FERULE ALLEMANDE, mais la férule de l’Allemagne Nazie, sont ceux qui nous ont percé les oreilles avec la déclaration honteuse qui osait affirmer que “l’occupation allemande de la France avait été douce et généreuse à l’égard de notre peuple”. Ils incarnent le parti des héritiers de Pétain. Quand à la grande Europe, projet de paix et de fraternité avec tous nos frères européens, se bâtira contre les sceptiques et les rêveurs.

    • 14 Janvier 2017 à 13h22

      buddy dit

      Les intellos n’ont toujours pas compris que l’UE est de la poudre aux yeux des peuples. Là ou ils voient un souffle historique, il n’y a qu’arrangements de boutiquiers de haut niveau pour plumer les peuples.
      Quand à l’acharnement sur la Grèce, il s’agit de faire un exemple sur un pay détesté par les Allemands, pays qui a été le plus résistant d’Europe.
      Tout le fonctionnement de l’Europe est anti-démocratique. La séquence la plus énorme étant la trahison du vote au référendum Europeen par Sarko.

      • 14 Janvier 2017 à 14h02

        alain delon dit

        Même l’Eurovision ne trouve pas grâce à vos yeux?

        • 14 Janvier 2017 à 14h59

          steed59 dit

          ah oui ce spectacle plus ennuyeux d’un débat au PS où la richesse culturelle de l’Europe s’exprime dans toute sa diversité au travers de chanteuse de variétoche formatée et s’exprimant toutes en anglais ?

        • 14 Janvier 2017 à 15h57

          alain delon dit

          La comparaison se défend, mais qui verriez-vous dans le rôle de la Conchita Wurst du PS?

    • 14 Janvier 2017 à 12h44

      Angel dit

      Esperons de tout Coeur la fin de cette immonde UE

    • 14 Janvier 2017 à 2h44

      Pepe de la Luna dit

      La construction européenne est, depuis le départ, un projet américain pour mettre la main sur le Vieux continent : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/europe-1982-1996-2016

    • 13 Janvier 2017 à 22h28

      A mon humble avis dit

      Le titre doit toujours être choisi lorsque le livre est fini: c’est seulement à ce moment qu’on sait vraiment ce qu’on a écrit…
      Apparemment, le livre ne dit pas si l’UE va heurter un iceberg et couler rapidement, ou si elle va lentement se désagréger.
      Il y aurait une troisième possibilité: la mutation vers une organisation différente. Parce que tout le monde est d’accord pour que nous fassions des choses ensemble; les questions sont: “quoi et comment?”
      Pour l’instant, les politiciens ne réfléchissent pas à ça: leurs seules préoccupations sont de conserver ce qui existe en pensant pouvoir convaincre les peuples qu’il n’y a pas d’autres choix, et que les structures résisteront à tout.
      Un peu comme un commandant qui pousse les machines à fond, persuadé que l’incendie à bord est sous contrôle, que la route est dégagée et que son navire est insubmersible…

      • 14 Janvier 2017 à 10h20

        steed59 dit

        depuis le temps qu’on nous annonce la fin du monde européiste

    • 13 Janvier 2017 à 20h08

      alain delon dit

      Sympa la deuxième monture gratuite chez Afflelou!

    • 13 Janvier 2017 à 19h07

      Sancho Pensum dit

      Oui, mais le lendemain matin, le canard était toujours vivant !…