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Copé a perdu le débat Valls-Le Pen

Le président autoproclamé ne sait pas parler au peuple

Publié le 07 décembre 2012 à 15:15 dans Politique

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valls cope marine le pen

Jean-François Copé devait se faire beaucoup de souci devant son poste hier soir en regardant le débat entre Manuel Valls et Marine Le Pen. Comme s’il n’avait pas d’autres ennuis à court terme avec la semi scission de l’UMP, il pouvait légitimement s’inquiéter pour le long terme en voyant ses deux concurrents générationnels offrir aux Français une opposition frontale, et surtout non factice.

Peu importe  qui de Valls ou de Le Pen a pris l’ascendant sur l’autre hier soir. Le grand vaincu est en de toute façon le président contesté de l’UMP. Comment exister entre ces deux-là, devait-il s’interroger. En effet, Copé, qui est évidemment tout sauf un imbécile, a beau se montrer sûr de lui-même et ne doutant de rien, il rêve d’être président depuis l’adolescence et réfléchit en permanence à sa stratégie pour y parvenir. En l’occurrence, les absents ont toujours tort et les téléspectateurs ont pu comparer cet affrontement avec tous ceux qu’on leur sert entre personnalités du PS et de l’UMP où tout le monde fait semblant de s’affronter sur les sujets essentiels pour la bonne et simple raison que, comme l’avait théorisé feu Philippe Séguin, ce sont des « détaillants se fournissant chez le même grossiste, l’Europe ».

Certes, Marine Le Pen avait choisi d’attaquer principalement le ministre sur le sujet de prédilection historique de son parti, l’immigration. Mais la politique migratoire de notre pays est aussi un produit vendu par le grossiste bruxellois. Et Marine Le Pen a pu rendre fier Florian Philippot, lequel a vu sa fiche sur l’euro récitée d’un trait par sa présidente, de plus en plus à l’aise sur le sujet. À vrai dire, c’est bien là que réside le talon d’Achille de la stratégie Buisson que Jean-François Copé a décidé de faire sienne avec sa campagne sur la droite décomplexée. L’ancien gourou élyséen a beau faire une analyse assez pertinente de l’état d’esprit de l’électeur périurbain et rural, il n’a pas les hommes pour la porter efficacement, ou en tout cas plus efficacement qu’une Marine Le Pen dédiabolisée.

Copé peut bien plastronner sur les thèmes identitaires, ses convictions économiques jurent terriblement avec ce discours. Nicolas Sarkozy, dont l’histoire personnelle rendait aussi peu crédible l’adhésion aux thèmes de la Frontière, avait au moins l’avantage d’avoir à disposition, en plus de Buisson, Henri Guaino pour mettre tout ceci en musique. Grâce à certains épisodes comme la nationalisation temporaire d’Alstom ou le discours de Toulon, il avait pu apparaître volontariste sur les sujets économiques. Copé, en revanche, ne peut taire ses convictions anti-étatistes. Quand il aborde ces sujets, on entend Madame Parisot. Si on ajoute le fait que son soutien politique le plus connu pendant l’élection interne de l’UMP était Jean-Pierre Raffarin, pas facile de se faire passer pour un concurrent efficace de Marine Le Pen sur la question nationale. A la différence de l’ancien premier ministre de Jacques Chirac, Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, qui menaient la motion de la Droite forte, pilier de la stratégie identitaire de Copé, ne sont pas très connus du grand public.

La chute vertigineuse de Jean-François Copé dans les sondages de popularité, où il se place désormais derrière Marine Le Pen, doit effectivement beaucoup à sa bataille de chiffonniers avec François Fillon. Mais structurellement, son positionnement se révèle désastreux, pris en sandwich entre un gouvernement qui vient d’officialiser son orientation sociale-libérale et Marine Le Pen plus cohérente que lui sur l’ensemble des problématiques liées à la mondialisation. C’est pourquoi le choix François Fillon serait davantage profitable à l’UMP car il aurait au moins la carte de l’expérience à faire valoir pour succéder à François Hollande et mener les mêmes politiques que ses prédécesseurs. Conscient de tous ces éléments, dos au mur, Jean-François Copé n’a plus qu’un seul atout, l’appareil UMP. C’est pourquoi, il ne le lâchera pas. Le feuilleton UMP peut donc continuer.

*Photo : Des paroles et des actes/ France 2.

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  • 10 Décembre 2012 à 9h37

    F14Claude dit

    Bon… Le résultat des élections de ce week-end ne valident pas vraiment le propos de l’auteur.

    • 10 Décembre 2012 à 9h44

      F14Claude dit

      Oups… valide

    • 10 Décembre 2012 à 9h54

      eclair dit

      @F14Claude
      FAut regardez l’abstention.
      20 à 30% de plus d’abstentions.

      Ce qui est intéressant c’est qu’on voit un effondrement du PS.
      Egalement un effritement de l’UMP.

      Ceux qui vont voter à ce genre d’élections sont le socle dur  électoral d’un parti.

      On voit le PS qui passe à un socle électoral entre 10 et 15% alors qu’il était estimé àentre 15e et 20%

      Paeil l’UMP avait un socle de 20 à25% il passe à un socle entre 15 et 20% l’effritement est plus léger pour l’UMP.

      Dans le même temps le FN voit son socle progresser très légerement. passant de 5à7,5 % à 7,5% 10% .

      Autre enseignement le FDG à un socle de 2 à 3%

      L’important c’est le socle dur et de voir ces variations. 

      • 10 Décembre 2012 à 19h12

        F14Claude dit

        De là à dire que Copé a perdu le débat…

      • 12 Décembre 2012 à 16h43

        Dim dit

        Avant de tirer des conclusion nationales sur ces législatives partielles, il faut noter que les 3 circonscririons qui ont voté ce weekend sont historiquement ancrées à droite.
        Marine Le Pen expliquait avant le scrutin qu’à Beziers le candidat Fn finirait devant le candidat ump, au final le candidat UMP finit 20 points devant la candidate fn et aucun candidat frontiste ne se maintient au second tour. C’est une lourde défaite pour le front national, sa “dynamique” semble essentiellement médiatique.

        Par ailleurs, dans des circo de droite, notamment celle de Devedjan, le fdg face à des candidats communs PS/EELV/MRC dépasse les 6%.

  • 7 Décembre 2012 à 17h44

    la licorne dit

    “Peu importe qui de Valls ou de Le Pen a pris l’ascendant ”

    Ah bon pourquoi? Parce que Marine a écrasé le super héros sur lequel compte les mystificateurs de l’UMPS pour “dédiaboliser” la gauche sur ses délires immigrationnistes et sansfrontièristes. Si Vals était popualire, c’était justement parce que jusqu’à présent on aurait pu croire ou voulu faire semblant de croire qu’il était de gauche “mai pas complètement fou pour autant” ni “traitre” ni en faveur des pauvres Immigrés à l’encontre des intérêts des Français les plus défavorisés.
    Hier soir Marine lui a ôté son masque et …. plus encore. Il avait l’air tout petit le Manolo.
    Ah bon, oublions ce débat, faut pas en parler, ben voyons !
    L’Immigration serait une “obsession”…. On rêve…..
    Quand on n’a que des “éléments de langage” vide de sens, ne résistant pas à la première analyse, ( quand les autres partis on un discours le FN aurait un “fond de commerce”, s’en prendre à ceux qui vous nuisent serait de “la haine”…. , j’en passe et des plus soporifiques), c’est bien qu’on commence à sentir le vieux battu….

    • 7 Décembre 2012 à 17h56

      David Desgouilles dit

      Chère Licorne

      Vous parlez de qui, là, de moi ou du ministre de l’Intérieur ?
      Parce que je ne vois nulle trace du mot “obsession” dans mon papier.  

    • 8 Décembre 2012 à 8h25

      skyhigh dit

      Tout à fait d’accord avec vous La Licorne! Un débat “jouissif”!

  • 7 Décembre 2012 à 16h41

    Marie dit

    ce n’est pas l’analyse faite sur ce débat par d’autres… je ne juge pas je n’ai pas regardé tant ces deux là me collent des boutons!

    • 7 Décembre 2012 à 19h39

      eclair dit

      @Marie
      C’est à regarder. Là Valls à acter le contraire du programme socialiste pour les présidentielles.

      Avec une telle prestation le PS vas perdre une partie de son électorat.

      Ce qu’il faut retenir ce que ce gouvernement compte supprimer des sous préfectures et des préfectures Ils veulent décentralisé encore plus d’où implictement explosion des impots locaux et en même temps une augmentation de 300 à 1000 euros d’impots supplementaire en moyenne.
      300 en considerant l’ensemble des français  1000  euros là en comptant les classes moyennes payant l’impot.

      Valls a été nul.  

      • 7 Décembre 2012 à 19h49

        Marie dit

        Il parait d’après ce que j’ai lu…

  • 7 Décembre 2012 à 16h01

    Fiorino dit

    Bof vous aussi vous êtes la voix du peuple autroproclamé. Votre candidat avez fait moins de 2%.