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La Retirada, une histoire franco-espagnole

L’exil des républicains espagnols en BD

Publié le 01 avril 2013 à 16:30 dans Culture

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convoi lapiere torrents

Dans le grand concert victimaire qui agite régulièrement la France, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Certaines périodes de notre histoire récente semblent être mystérieusement passées à la trappe. Les manuels ne s’attardent pas tellement sur les 500 000 réfugiés espagnols qui fuirent une Catalogne défigurée par la mitraille fasciste. Cet exil massif vers les Pyrénées-Orientales (Retirada en espagnol) à l’hiver 1938-39, la brèche ouverte entre Cerbère et Bourg-Madame ou encore le camp de concentration d’Argelès-sur-Mer, selon la définition même d’Albert Sarraut, ministre de l’intérieur du gouvernement Daladier, laissent un drôle de goût en bouche.
On a fait peu de cas de cette bande de métèques, anarcho-syndicalistes, rouges, bouffeurs de curé, libertaires en puissance. Déjà bien heureux d’accueillir ces étrangers dans la patrie des droits de l’Homme, quitte à les parquer comme des animaux et à les laisser mourir du typhus. Ceux qui ont fermé les yeux sur la Terreur franquiste sont coupables d’avoir laissé la situation s’aggraver, la guerre d’Espagne fut le préambule funeste au second conflit mondial. Qui évoque aujourd’hui la mémoire de ces républicains espagnols qui eurent le triste privilège d’être parmi les premiers déportés vers les camps de concentration nazis ? Qui se souvient que le grand poète Antonio Machado est mort à Collioure ? Quelques plaques commémoratives par-ci, par-là, guère plus.
Leur histoire n’intéresse personne comme celle des combattants de la Nueve, les fidèles de Dronne et Leclerc qui libérèrent Paris au son de Guadalajara, Ebro, Belchite, Guernica ou Madrid. Et pourtant, il suffit de lire les listes électorales du Languedoc-Roussillon pour comprendre que les enfants et petits-enfants de ces hommes-là peuplent le Midi de la France et bien au-delà. Eduard Torrents et Denis Lapière s’emparent de cette séquence oubliée ou méconnue dans une bande dessinée intitulée Le Convoi (en deux parties).
La première vient de sortir chez Dupuis. Le scénario de Lapière est bien ficelé, malin, à rebondissements, il s’inspire de l’histoire familiale du dessinateur Torrents. On appréciera son trait joliment nostalgique ainsi que les couleurs de Marie Froidebise parfaitement adaptées à l’atmosphère de ces années-là. Le point de départ de cette aventure démarre à Montpellier en 1975. Angelita, une brune piquante à l’accent espagnol s’ennuie dans sa vie, elle est mariée à un professeur de lettres et roule en Dyane. Un coup de fil l’oblige à partir précipitamment pour Barcelone où sa mère vient d’être opérée. Que fait-elle là-bas ? Elle, qui avait pourtant juré de ne jamais remettre les pieds en Espagne tant que Franco ne serait pas mort. Angelita se retrouve donc dans le train avec son beau-père et pour la première fois, elle va lui raconter ces mois passés dans un camp du sud de la France. Elle avait huit ans, sa mère lui répétait que «  les salauds (Mussolini et Franco) s’entraident » et le visage de son père était déjà marqué par une colère rentrée. Cette bande dessinée très bien documentée, s’attache aux faits historiques, sans manichéisme, sans discours larmoyant, elle raconte simplement la douleur de quitter sa terre natale et d’y perdre une partie de son âme. Cet arrachement-là est universel. On a surtout très envie de connaître la suite. La mère d’Angelita a certainement d’autres secrets à nous révéler. Ces fiers espagnols qui ont vécu la Retirada ne demandaient rien. Ils n’étaient pas du genre pleurnichard, à courir derrière une reconnaissance dérisoire, ils avaient gardé le caractère insoumis des hommes qui ont beaucoup cru et qui ont beaucoup perdu. Cette bande dessinée a le mérite de faire revivre leur extraordinaire épopée. Et puis nous avons tous dans le cœur, une belle brune qui vient de Murcia, Granada o Cádiz.

Le Convoi – Première Partie – Eduard Torrents & Denis Lapière – Dupuis

Pour approfondir le sujet :

Février 1939 – La Retirada dans l’objectif de Manuel Moros – Editions mare nostrum

La Nueve 24 août 1944 – Ces républicains espagnols qui ont libéré Paris – Evelyn Mesquida – Cherche-Midi

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  • 2 Avril 2013 à 17h34

    Saul dit

    Le grand père de ma femme a fait la retirada et a séjourné dans le “camp” d’Argelès.
    Pour qu’on se rende compte de ce que c’était : une plage cernée de barbelés avec…rien dedans ! pas de batiments, pas d’abri, les réfugiés vivaient et dormaient à même le sol !
    quelques tentes et baraquements de fortunes furent érigés par la suite, mais en nombre largement insuffisants, les conditions de vie restaient ignobles.
    pas vraiment glorieux….

  • 2 Avril 2013 à 9h24

    kravi dit

    ne pas oublier les trahisons de Staline et la fin des républicains au goulag.

  • 2 Avril 2013 à 7h31

    JMS dit

    Le seul succès de la république espagnole fut le succès de sa propagande, de nos jours encore encore les Français croient que le peuple espagnol,dans son ensemble dût faire face à une coalition de badernes militaires, de mercenaires et de grands propriétaires soulevés contre une démocratie.
    La réalité comme toutes les histoires humaines fut évidemment beaucoup plus complexe.
    Deux ans avant le déclenchement de la guerre civile, un vote démocratique qui mettra le feu aux poudres donne 4 millions de voix au “frente popular” et 3,5 millions de voix au “frente nacional”.
    Dès le début de la guerre civile, ce sont les provinces pauvres, Navarre et Andalousie qui sont franquistes, les provinces riches, pays basque et  Catalogne qui sont républicaines.
    Dès le début de la guerre civile (200 000 morts en deux semaines) on fusille des deux côtés.
    Quant aux aides étrangères elles sont les mêmes de part et d’autre à peu de choses près.
    Simplement on a occulté l’aide militaire soviétique aux républicains parce que les “conseillers militaires” soviétiques ont été ultérieurement liquidés par Staline et que le parti communiste à préféré ne se souvenir que des brigades internationales où il y avait beaucoup de Français.
    Il faut juste disculper Léon Blum de son attitude de non-intervention.
    La France de l’époque c’est 43 millions d’habitants, l’Allemagne de l’époque c’est 70 millions d’habitants.
    Pour faire la guerre il faut les Anglais et les Anglais pensent comme Churchill ..oui, Churchill, le grand Churchill :
    “Les deux choses que je déteste le plus au monde c’est le fascisme et le communisme.
    En Espagne communistes et fascistes s’entre-égorgent…
    Et on voudrait que je les sépare ?”
    Tout est dit.  

    • 2 Avril 2013 à 7h35

      JMS dit

      P.S.
      Inutile de me rappeler la formule de De Gaulle apprenant la politique de non-intervention  :
      “Mauvais ça, un Roi de France aurait fait la guerre” 
      Je la connais. 

      • 7 Avril 2013 à 16h25

        luis artime dit

        “…de nos jours encore les Français croient que le peuple espagnol, dans son ensemble dut faire face à une coalition de badernes militaires, de mercenaires et de grands propriétaires soulevés contre une démocratie.”

        Il est vraiment satisfaisant de trouver de temps en temps des textes comme le précédent. Tant par sa véracité démystificatrice, comme par la rareté de récits dans ce sens, qui ne foisonnent nullement dans les milieux de communication français.

        Les mythes ont la peau dure, et celui de la Guerre d’Espagne en particulier est l’un des plus opiniâtre; dans certains cercles intellectuels espagnols actuels et, surtout, hors des frontières du pays.

        La guerre civile espagnole fut, sans aucun doute, le produit historique de son temps, dans le contexte européen de l’époque ; mais ce fut, avant tout, un épisode essentiellement espagnol.

        Franco était davantage un caudillo typique des conflits internes du XIX siècle espagnol, et de la définitive décadence de l’Empire dans l’Amérique hispano parlante, qu’une espèce de contrefaçon des leaders nazis-fascistes européens des années trente.

        Peut-être, à la rigueur, on pourrait établir une analogie entre la situation de l’Espagne de la fin de la monarchie et les tensions sociales qui ont contribué à sa chute, avec l’ambiance prérévolutionnaire existant dans le continent, après la fin de la Première Guerre Mondiale.

        Mais, dans ce phénomène socio-politique, plus ou moins diffus, qui provoquera, entre autre, l’arrivé du Front Populaire dans la France de pré-guerre, et l’assaut à la République de Weimar de la part des nazis et des communistes, s’épuise toute comparaison.

        La Guerre d’Espagne ne fut nullement un prolégomène de la Seconde Guerre Mondiale. Elle a été un épisode radicalement espagnol.

        Une autre question c’est l’attitude adoptée par les puissances européennes, à propos de l’événement. Attitude qui fait penser fatalement, d’ailleurs, a celle qu’on est en train d’observer actuellement face à ces guerres civiles qui reflètent un hiver islamiste, même si certains s’obstinent de les appeler le printemps arabe.

        La guerre civile espagnole fut en réalité un affrontement entre deux bandes d’impitoyables assassins, qui a produit plus de la moitie de ses victimes enregistrées, dans les représailles respectives d’arrière garde.

        Quelques uns des intellectuels républicains modérés qui avaient contribué d’une façon décisive a l’arrivée de la Seconde République, comme c’est le cas de José Ortega y Gasset, Gregorio Marañon, Salvador de Madariaga y Ramón Pérez de Ayala, ainsi que la femme qui avait réussi à obtenir le droit de vote pour les femmes espagnoles, d’ailleurs contre l’opposition de la gauche républicaine, Clara Campoamor, sont arrivés à la conclusion que, une fois la guerre commencée et quel que soit le vainqueur, c’était certain qu’eux seraient ses premières victimes.

        Il serait illustratif aussi de tenir compte de ce qui est arrivé dés les premier mois du régime républicain. Une centaine d’églises catholiques ont été incendiées, et les fidèles de cette religion persécutes et molestés, par le simple fait de l’être.

        Il serait exagéré d’établir une analogie entre ces faits et ce qui allait arriver aux synagogues et aux juifs, quelques sept années après, en novembre 1938, dans la nuit de cristal ?

        L’arrivée de milliers de volontaires de différentes idéologies et origines, dans les Brigadas Internacionales, qui fait tant penser à la ruée de djihadistes actuelle, répondait au dessein stratégique de Stalin face au conflit.

        Mais l’intervention du tyran soviétique ne s’arrêtait pas là, et mit en marche un essai de prise du pouvoir, en Mai 1937, provocant une guerre dans la guerre à Barcelone, dans le but d’en finir, d’une fois pour toutes, avec le contrôle que les anarchistes exerçaient sur une bonne partie du camp républicain. Cette circonstance nous rappelle à nouveau les conflits internes des libérateurs islamistes.

        D’un autre coté, ses sicaires détachés dans la péninsule s’appliquaient avec enthousiasme a la liquidation des leaders dissidents du marxisme, comme ce fut le cas d’Andrés Nin, chef du POUM trotskyste.

        Le pire de ces simplifications mythiques est qu’elles ne résistent pas à la moindre investigation sérieuse des faits. Ainsi j’entendu de la bouche d’un ancien responsable de la CNT , une lamentation au sujet des conditions d’internement dans le camp d’Argéles concernant les surveillants sénégalais. Il lui semblait spécialement humiliant d’être surveillé par des noirs !

        L’héritage laissé par ces réfugiés a été désastreux. Dans les années soixante dix, une amie française, fille d’un membre de « La Retirada », et qui, étant née en France, n’avait jamais mis les pieds en Espagne, me raconte comme dans mon pays on ne pouvait pas aller en excursion dans la campagne, au risque de se faire arrêter par la Guardia Civil.

        Enfin; ce sont toutes ces choses qui rendent très réconfortante la lecture d’un texte come celui de JMS.

    • 2 Avril 2013 à 8h35

      thdo dit

      “La France de l’époque c’est 43 millions d’habitants, l’Allemagne de l’époque c’est 70 millions d’habitants.”

      Un autre chiffre parfois oublié est celui des pertes humaines.

      La France et la Grande-Bretagne ont toutes les deux eues des morts militaires et civils, dans les deux guerres mondiales.
      Pertes civiles venant de la sous-alimentation, des bombardements ( http://www.1914.org/podcasts/podcast-12-zeppelins-over-britain/ ) ou des atrocités en territoire occupé.

      Le total des pertes britanniques, civiles et militaires, sur les deux guerres mondiales est d’environ 1,4 millions de personnes.
      Ce qui correspond aux seules pertes militaires de la France, pendant la seule première guerre mondiale.

      Pourtant, l’Angleterre (hors Irlande) était plus peuplée que la France, de quelques millions, à cette période.

  • 1 Avril 2013 à 19h28

    cage dit

    Dans la série, « si tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens » On ne peut que se réjouir que l’histoire de l’Europe depuis qq temps, soit visitée, revisitée, ruminée et ramonée, et que l’on puisse la déconstruire et reconstruire, cette histoire, tant qu’elle reste vivante. La guerre d’ Espagne vaut largement le détour, tant d’amertumes, trahisons, sang et des larmes. (re)voir le film le Miroir, du « moine-réalisateur », Andreï Tarkovski… à pleurer ds son évocation de la perte de l’innocence… ds son film, parmi les images d’archives qui concerne la guerre d’Espagne, voir revoir ce couple qui court ss les bombes, un enfant ds les bras, vers un abri, voir cette femme qui « sauve » des ruines, un miroir tout en époussetant sa robe… voir la petite fille qui essaie de faire partir une tache sur sa robe blanche, avant d’être évacuée… voir la petite fille qui se retourne avec sa poupée ds les bras et qui se retourne, se voyant filmée, prend soudain un siècle ss nos yeux… puis le stabat mater de Pergolese… 50% des communistes espagnols évacués en URSS finiront au goulag… trop imprimés par la démocratie occidentale… L’Espagne, Répétition générale de la déflagration générale… L’Espagne de Franco, un temps une « relative et bienveillante » passoire pdt pour l’Amérique du Sud pour les Juifs condamnés à mort… Les grands romantismes révolutionnaires… les grandes causes… les grands bouffeurs de curé(e)s… les grands cimetières sous la lune… 

    • 1 Avril 2013 à 22h35

      Vassili Tchouïkov dit

      Et pour finir, lire Javier Cercas, “les soldats de Salamine” et surtout, surtout “Anatomie d’un instant” sur la tentative de Tejero le 23 février 1981. Le dernier acte de la tragédie commencée le 18 juillet 1936. 
      “La cause que l’on défend vaut moins que l’honneur qu’on met à le faire”. 

      • 2 Avril 2013 à 17h26

        Saul dit

        excellent le livre de Cercas.
        Je conseille aussi fortement “l’art de voler” d’Altarriba, une BD mais je devrais dire “roman illustré” tellement c’est de haute qualité.

  • 1 Avril 2013 à 19h08

    thdo dit

    Dans le livre

    http://www.amazon.fr/Lopinion-fran%C3%A7aise-Vichy-Pierre-Laborie/dp/2020322919/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1364835574&sr=8-1

    Pierre Laborie donne l’exemple d’une panique qui s’est développée en septembre 1936, dans la région de Toulouse.

    Un journal de droite s’était persuadé que des éléments marxiste avaient prévu des attentats contre les notables locaux, semblables aux coups de mains ayant pu être organisé par les Républicains en Espagne, et ayant pour but d’exécuter un certain nombre de notables.

    Initialement, la police considère la rumeur comme peu sérieuse, mais elle est reprise dans la presse locale et nationale. Des officiers de gendarmerie finissent par y mordre :

    ” les réactions d’affolement amènent le préfet à écrire confidentiellement à Vincent Auriol pour lui faire part de son inquiétude (…) la gendarmerie s’en mêle et confirme la persistance de rumeurs alarmantes, mais le ton des rapports indique qu’un glissement est en train de s’opérer dans l’esprit de certains responsables.”

    Salengro, ministre de l’intérieur, “demande aux préfets de saisir les parquets compétents et assure que le gouvernement est déterminé à utiliser tous les moyens nécessaires pour faire respecter l’ordre public.”

  • 1 Avril 2013 à 18h59

    thdo dit

    Il faut quand même se mettre à la place du gouvernement français de l’époque :
    - la montée des périls, impossible à ignorer avec le coup de force de 1936 puis Munich ;
    - des tensions politiques fortes entre la droite et la gauche : émeutes de 1934, occupations d’usines de 1936 débordant le Front Populaire, cagoule…
    - une guerre civile pendant 3 ans à ses frontières, et 500 000 personnes dont une partie inconnue d’extrémistes qui débarque.

    Pour comparaison, le gouvernement britannique :
    http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_the_Jews_in_England#Before_and_during_World_War_II
    “With the declaration of war, 74,000 German, Austrian and Italian citizens in the UK were interned as enemy aliens. After individual consideration by tribunal, the majority, largely made up of Jewish and other refugees, were released within six months.”

    et le gouvernement américain avec ses _citoyens_ japonais…

    Le terme de camp de concentration désigne des réalités différentes selon que l’on parle de ceux des Britanniques en Afrique du Sud pendant la guerre des Boers, ceux des républicains espagnols, ou à l’inverse les camps nazis et soviétiques.

    • 1 Avril 2013 à 19h16

      Vassili Tchouïkov dit

      Le véritable abandon pour les républicains espagnols fut le refus des alliés occidentaux de finir le travail en 1944 en renversant Franco.
      Il y avait des raisons, bonnes et mauvaises. Mais l’amertume fut immense.

      • 1 Avril 2013 à 19h19

        Eugène Lampiste dit

        M’enfin, Vassili, un régime soutenu par l’Eglise ne pouvait être une dictature !!!!

      • 1 Avril 2013 à 20h26

        Sam Dolan dit

        On ne devait rien aux “républicains” espagnols. C’était une guerre civile. Ceux qui voulaient combattre d’un côté ou de l’autre l’avaient fait d’eux-mêmes.