Contre l’islamisme, la guerre culturelle est déclarée | Causeur

Contre l’islamisme, la guerre culturelle est déclarée

Le numéro de septembre de Causeur en vente

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 07 septembre 2016 / Culture Monde Politique Religion

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Ce numéro n’était pas encore en kiosque que sa « une » faisait déjà jaser sur les réseaux sociaux : pour nos détracteurs, montrer une publicité australienne pour le burkini surmontée du logo antifasciste « No pasaran » relèverait au mieux du blasphème, au pire de l’incitation à la guerre civile. Or, si guerre il y a, hors poussées de djihad, celle-ci est essentiellement culturelle et ce n’est pas nous qui l’avons déclarée.

Même si « on n’est pas un traître, un salaud ou un vendu-aux-barbus parce qu’on est hostile à l’interdiction », ayons conscience que « ce n’est pas, ou pas seulement, pour faire parler d’eux que des maires ont décidé d’interdire le burkini, mais pour répondre à la demande sourde de leurs administrés qui, depuis Nice, expriment de diverses manières la même opinion, ou le même sentiment : ça suffit ! Assez de complaisance ! Arrêtons de céder du terrain ! » à l’islamisme, fût-il non violent, explique Elisabeth Lévy. À l’instar de Marcel Gauchet, interrogé dans nos colonnes pour le plus grand bonheur d’Edouard Louis, notre directrice de la rédaction voit un bras de fer s’engager entre la culture française d’une part, portée par des citoyens de toutes obédiences, et la mouvance islamiste qui cherche à gagner du terrain à coups d’accommodements déraisonnables.

Le souci, c’est que nos gentils apôtres du multiculturalisme ne conçoivent pas une seconde pareille épreuve de force, empêtrés dans un irénisme naïf faisant de l’immigration et de culture de l’Autre une chance inouïe. Une telle complaisance ne rend pas service aux musulmans patriotes, sincèrement désolé des attentats et des atteintes à l’identité française perpétrés au nom de leur religion, comme l’a vérifié Bertrand Pasquet dans un reportage auprès de la « communauté ». Quelques millions de musulmans Français que Jean-Pierre Chevènement, également interviewé dans ce numéro, a toujours considérés comme des citoyens de plein droit, ultramajoritairement acquis aux valeurs républicaines. Maintenant ses propos sur la nécessaire discrétion des musulmans, le nouveau président de la Fondation des œuvres de l’islam invite tous les Français à accomplir leur « djihad laïque » en se conformant aux lois qui régissent le sacrosaint vivre-ensemble hexagonal depuis plus d’un siècle.

Mais le burkini n’est pas seulement un vêtement, c’est un défi lancé à la France, cible désignée de l’Etat islamique sur le plan guerrier mais également des Frères musulmans sur le font culturel, argue Régis de Castelnau, fervent avocat d’une laïcité de combat. D’ailleurs, même chez les plus dévots, à l’image des jeunes catholiques participant aux Journées mondiales de la jeunesse, la multiplication des revendications victimaires d’un islam violent, auquel on doit l’assassinat du prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray, provoque un sentiment de révolte légitime quelles que soient les homélies lénifiantes du pape François. Charlotte Amadis, notre envoyée spéciale aux JMJ de Cracovie, nous décrit le traumatisme des catholiques de France, las de tendre la joue à leurs bourreaux barbus.

Pourtant, dans les médias mainstream, le petit train-train du « pas d’amalgame » poursuit son bonhomme de chemin, selon Ingrid Riocreux, experte en enfumage médiatique et animatrice du blog Causeur La Voix de nos maîtres, que j’ai eue le plaisir de lire et d’interviewer sur le conseil du toujours avisé Basile de Koch (qu’il en soit remercié sur plusieurs générations… lisez « le moi de Basile », Jalons vous le rendra !).

Après une brève incursion en mer Noire, où les deux anciens frères ennemis Poutine et Erdogan scellent leur rapprochement, sous l’œil expert de Luc Rosenzweig, notre numéro vous fera rencontrer nos amis les bêtes. Pour Elisabeth Lévy, aimer les animaux n’empêche nullement de manger de la viande, n’en déplaise aux végans. « On peut aimer les animaux et les manger. Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas vivre avec eux, les nourrir, les soigner, les protéger et in fine les tuer si on ne les aime pas. », plaide notre chère guide suprême, rejointe par Fabrice Hadjadj et l’éleveuse-chercheuse Jocelyne Porcher dans sa critique de l’antispécisme. Si l’on en croit le philosophe Francis Wolff, interrogé dans ce numéro, cette idéologie découle d’une conception puérile de l’animal, confondu avec la personne humaine, en déconnexion totale avec la Nature et l’histoire des hommes. Attention, je vois certains visages pâlir comme un plat de quinoa : amis végétariens, ne zappez pas, Paulina Dalmayer vous représente avec brio. « La production de viande à l’échelle industrielle conduit à la chosification des bêtes et à la déshumanisation des humains », conclut notre plume de choc. Jugement que ne démentiront pas la plupart des contributeurs au dossier « Restons humains, mangeons de la viande », choqués par les vidéos de mauvais traitements dans les abattoirs.

De la ferme à la culture des nourritures de l’âme, il n’y a qu’un pas de côté. Et comme nous ne faisons jamais rien comme nos concurrents, Jérôme Leroy vous a concoté un florilège des classiques à (re)lire, Balzac au premier chef. Hors actualité, Thomas Moralles pilote les voitures d’écrivains, dont la légendaire Jaguar de Sagan cependant qu’Elisabeth Lévy et votre serviteur arpentent le pays de Pasolini. Dans sa ville de Pordenone, au nord-est de l’Italie, le romancier transalpin Alberto Garlini nous a accueillis avec une gentillesse extrême, revenant sur son chef Les noirs et les rouges (Gallimard, 2014, traduction de Vincent Raynaud) et l’histoire tumultueuse de la botte. Pour terminer sur une note rigolote, le comédien Maurice Risch, jeune homme de soixante-treize printemps, retrace son immense carrière, promenant sa bouille de nanars (Mon curé chez les Thaïlandaises, Le Führer en folie) en films d’auteur (Truffaut, Blier, Pascal Thomas…).  Moteur !

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    • 9 Septembre 2016 à 11h44

      jph dit

      Oui, Madame, notre culture (plus de deux mille ans) est ‘une chance inouïe’.
      Oeuvrons pour en convaincre le ministère de l’Education Nationale…

      • 11 Septembre 2016 à 12h41

        beornottobe dit

        y croyez-vous encore ?????????? (à mon avis c’est “peine perdue”)
        (bien que la plupart des “immigrés” veulent “cracher dessus” ! (et je suis poli)

    • 9 Septembre 2016 à 7h41

      Mazagan dit

      Je le dis d’emblée, je ne suis pas végétarien et j’aime la viande… hélas ! Je pense aussi que tant que des êtres humains mourront de faim sur la planète, il est inconcevable de prôner qu’ils arrêtent, avec nous, de manger de la viande. Cependant, n’y a-t-il pas dans notre manière d’agir envers les animaux, les considérant comme bons à manger, faisant le choix arbitraire de quel animal est bon à manger ou ne l’est pas (l’homme est un animal, l’exclure du menu est tout à fait culturel), nous positionnant comme leurs prédateurs, la plupart du temps négligeant sa souffrance, une sorte de ver qui pourrit fondamentalement non seulement notre relation avec l’animal et la nature mais aussi notre relation avec nous-mêmes ? Peut-on imaginer que nous cesserons de ne considérer l’autre être humain que comme un être dont on peut se servir pour son profit (au sens large comme au sens socio-économique du terme), dont on peut être le prédateur d’une certaine façon, tant que nous serons les prédateurs de nos cousins à quatre pattes ? Je ne le crois pas. Je pense qu’un jour, ou du moins j’espère qu’il en sera ainsi un jour, l’humanité sera confrontée à la nécessité de supprimer sa prédation afin d’aller jusqu’au bout de sa remise en question de ce qui fait de l’homme un loup pour l’homme.

    • 8 Septembre 2016 à 23h01

      Philvar dit

      Pour en revenir aux symboles culturels, je crois me souvenir d’une chanson ancienne, un peu décriée de nos jours, qui aurait comme refrain : ” Aux armes citoyens, formez…. qu’un sang impur arrose nos sillons ” Je sais, je sais, c’est suranné ; mais peut-être pourrions-nous la remettre à la mode ?

    • 8 Septembre 2016 à 19h24

      beornottobe dit

      la Majorité des Médias (acquit à qui vous savez) continue à faire son travail de “Bourrage de crânes”…….

    • 8 Septembre 2016 à 19h21

      beornottobe dit

      qui veut la fin, veut les moyens…….
      rétablir Le fondamentalisme européens et surtout FRANCAIS (d’URGENCE!) (ce qui veut tout dire…..même si la plupart n’ose pas encore l’avouer )

      • 8 Septembre 2016 à 19h38

        beornottobe dit

        même moi
        (mai il faut ajouter que je ne me fais AUCUNE illusion!)
        quand nous avons à faire à l’ancienne formule politique…..n’est-ce pas !……