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Complètement frappées

Violences psychologiques conjugales ? J’achète !

Publié le 27 novembre 2009 à 06h00 101 réactionsImprimer

couple

Il y a deux manières, pour le vieux macho ronchon que je crois être, de réagir à la nouvelle cause enfourchée par les féministes radicales, la lutte pour la reconnaissance d’un “délit de violences psychologiques au sein du couple”. La première est d’entonner le chant des lamentations pour déplorer que le résultat de la suractivité du lobby féministe aboutisse encore une fois à une intrusion de plus en plus grande de l’Etat au sein de la sphère privée. Pour constater, avec Alain Finkielkraut, que l’essentiel pour un groupe humain est aujourd’hui d’accéder au statut de victime collective à laquelle la société doit protection et réparation. Et enfin pour se dire que l’on n’est pas mécontent, lorsque l’on a l’essentiel de sa vie derrière soi, d’avoir pu vivre son rapport à l’autre sexe sans avoir constamment l’ombre du gendarme et du juge sur le mur de la chambre à coucher.

Il est certes difficile de revendiquer, au nom du charbonnier maître chez soi, le droit de tabasser sa compagne. Les poursuites engagées contre les maris ou concubins violents sont légitimes car elles s’appliquent à un être humain qui porte atteinte à l’intégrité physique de l’un de ses semblables, avec la circonstance aggravante, la plupart du temps, que la femme est physiquement incapable de résister à la force masculine brutale.

La deuxième attitude consiste à regarder la chose de plus près pour y découvrir des perspectives insoupçonnées, mais intéressantes ayant échappé à la vigilance des vigilantes. Ce délit de “violences psychologiques au sein du couple” été défini d’une proposition de loi présentée mercredi 24 novembre par un groupe de députés siégeant au sein de la mission parlementaire contre les violences faites aux femmes. Leur texte stipule que le fait de “soumettre un conjoint à des agissements ou à des paroles répétés ayant pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité ou d’entraîner une altération de sa santé physique ou mentale est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende”.

Pour la députée de Paris (Parti de gauche) et membre de la mission parlementaire contre les violences faites aux femmes Martine Billard, il s’agit bel et bien d’une petite révolution, car on prend enfin en compte le fait que “des paroles très humiliantes répétées quotidiennement à une femme peuvent totalement la détruire”
Cette fois-ci on ne rigole plus ! Les paroles verbales peuvent vous conduire au trou plus sûrement qu’un délit d’initié quand on est PDG d’EADS.

Mais si l’on regarde bien ce projet de loi que François Fillon, courageux mais pas téméraire devant les meufs en colère, a promis de soumettre aux assemblées en 2010, il se pourrait bien que les furies légiférantes se soient tirées une balle dans le pied. Autant il est facile d’attribuer très majoritairement aux hommes des actes de violences physique dans le couple (encore que les cas de maris battus soient moins rares qu’on ne l’imagine, selon quelques magistrats de ma connaissance), autant on pourra constater que les dames ne sont pas les moins enclines à vous pourrir la vie par leurs jérémiades incessantes, leurs minables chantages, leurs coups tordus pour vous débiner dans votre environnement etc…Toutes actions qui, si elle sont menées avec constance et régularité, peuvent aboutir a des conséquences fâcheuses sur votre santé physique et mentale, comme il est indiqué dans le projet de loi.

L’imagination des “emmerdantes, emmerdeuses, ou emmerderesses”, selon la classification du genre féminin établie par Sacha Guitry, pour vous faire tourner en bourrique jusqu’à ce qu’elles obtiennent satisfaction semble sans limite. En tout cas, jusque-là, rien ne permettait de mettre un terme aux agissements d’une compagne qui estime que le meilleur moment pour passer l’aspirateur dans le salon coïncide avec la diffusion du match entre le XV de France et les All Blacks. Voilà qui est réparé !

La loi Billard, si elle est votée et baptisée du nom de cette députée qui s’en fait si éloquemment la championne, pourrait bien être à plusieurs bandes…

L'auteur

Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig est journaliste.

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