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Compétitivité chérie, chère compétitivité

Le gouvernement n’a pas retenu toutes les bonnes idées du rapport Gallois

Publié le 18 décembre 2012 à 13:30 dans Économie

Mots-clés : , , ,

rapport gallois hollande competitivite

Le débat public français le veut ainsi. Le rapport Gallois sur la compétitivité française, élaboré à la demande du gouvernement, n’a pas occasionné la confrontation d’idées qui eût permis de lui donner un impact véritable. Il a, en revanche, ouvert une fenêtre de tir médiatique instantanément utilisée par les ministres de François Hollande pour annoncer leur propre plan de soutien à l’économie.

Ce rapport ouvrait cependant des perspectives d’action plus larges que celles du dispositif gouvernemental. Il réclamait ainsi de mettre à l’essai l’exploitation du gaz de schiste, de ne pas amputer sans raison majeure la capacité nucléaire civile ; il posait la question de la parité de l’euro, monnaie la plus surévaluée au monde après le yen. Ces questions attendront de meilleurs jours.

Pour le reste, ses préconisations étaient attendues. Louis Gallois a mesuré les handicaps français durant ses longues années d’activité à la tête de grandes entreprises, comme EADS, qui sont aussi des donneurs d’ordres à des centaines d’entreprises petites et moyennes. Il sait que la France, moins atteinte que beaucoup d’autres par la violente crise occidentale de 2008 et 2009, est cependant exposée à de graves mécomptes par l’érosion de sa compétitivité. L’économie nationale se trouve sans doute à la croisée des chemins, et dans la pire situation qui soit puisqu’elle doit s’adapter et se renforcer tout en subissant les effets débilitants de la crise de ses voisins de l’Europe du Sud. Toute la difficulté de l’énoncé français tient en deux propositions : premièrement, il lui faut dégager les moyens d’une compétitivité accrue de ses entreprises, les industrielles surtout ; deuxièmement, elle ne peut déprimer brutalement sa demande intérieure, comme ses voisins du Sud, sans basculer dans une récession plus violente encore. Elle doit donc recevoir et interpréter la leçon d’efficacité de l’Allemagne et accepter la leçon de l’échec des politiques de rigueur aveugles pratiquées en Espagne ou en Italie. Presque une gageure.

[...]

*Photo : DGTresor.

  1. Le solde extérieur subit aussi l’effet négatif d’une consommation qui est restée, en France, constamment supérieure à la consommation allemande, avec des croissances respectives de 21% et de 3 % entre 2000 et 2009.
  2. Un bon exemple est fourni par le crédit d’impôt en faveur de la recherche.
  3. Ainsi pour les mesures Borotra prises en 1994 pour soutenir le textile, l’habillement et le cuir.
  4. Elles ont été menées ou rassemblées par le cabinet d’études Xerfi.
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  • 19 Décembre 2012 à 14h39

    Analyxe dit

    M. Gréau, je pense que vous touchez du doigt le fond du problème sans le dénoncer explicitement comme tel pour autant. 

    Vous dites vous même que la mesure la plus sensée est directement interdite par les traités européens. Vous dites vous-même que c’est de la comparaison à l’Allemagne que nous souffrons. Vous dites vous-mêmes que se transformer en îlot d’industrie high-tech n’est pas une solution, ce qui est pourtant précisément la stratégie allemande.

    A quoi nous sert encore l’Union Européenne ? Peut-on seulement poser la question ? N’est-elle pas celle qui force la France à détruire tout ce qui fait sa spécificité colbertienne au profit d’un ultra-libéralisme à l’anglo-saxonne qui ne correspond en rien à ses attentes et ses prédispositions ? N’est-elle pas celle qui a exposé éhontément l’industrie française à la concurrence déloyale internationale sans qu’elle n’y puisse rien faire ?

    M. Gréau, intervenants, je vous le demande, pourquoi restons-nous dans cette Union que tout le monde se plaît pourtant à faire mine de décrier ? 

  • 18 Décembre 2012 à 19h57

    saintex dit

    Si j’ai bien compris, il y a plusieurs causes dont celles-ci.
    L’Europe ne nous apportes plus un débouché de type, marché interne. En revanche, elle nous empêche de gérer les mesures de soutien à notre économie de la façon que nous souhaitons.
    J’ajoute que l’armée européenne ne nous protège pas mais que nous avons un très gros budget militaire, que beaucoup pensent que la monnaie européenne est surévaluée dans son application à la France, que l’Europe de respecte pas le trilinguisme minimal légal qu’elle s’est fixée, dissolvant ainsi les restes de notre rayonnement culturel… bah, c’est tout pour l’instant.
    Y’a quelque chose qui cloche là-dedans (B. Vian)

  • 18 Décembre 2012 à 17h39

    ylx dit

    Après la théorie, passons à la pratique M. Gréau …
    Je me trouvais il y a exactement 20 ans au siège d’une petite pme californienne quasi-inconue, Qualcomm, le jour de son introduction en Bourse, au Nasdaq. 20 après sa capitalisation boursière dépasse celle de Intel !!!!
    Ses créateurs étaient deux professeurs d’Université, spécialistes reconnus des télécommunications dont l’un avait déposé un brevet exploité dans la technologie satellitaire. Dans la foulée, les deux créateurs ont inventé , conçu et mis en service un système de suivi de flottes de camions par satellite, une merveille de technologie (et de rentabilité pour les transporteurs routiers ) qui assurait à Qualcomm chaque année de très confortables royalties. Lesquelles leur ont permis de financer les recherches pour mettre au point une nouvelle norme de communication téléphonique pour les mobiles, le Cdma, concurrente du Gsm européen, ( plus efficace, évidemment car arrivée bien après) dont ils ont vendu la licence partout dans le monde sauf en Europe Grâce à celà ils ont pénétré le secteur du téléphone portable, et de là, ils ont investi la technologie du smartphone dont ils sont devenus les leaders incontournables. Ce qui m’avait stupéfié, c’était de voir que chaque semaine, le mercredi après-midi, des professeurs et chercheurs universitaires du plus haut niveau venaient exposer leurs travaux aux ingénieurs de Qualcomm qui le souhaitaient, en short et debout, dans une petite pièce qui contenait en ces moments-là une énorme concentration de QI. En 30 ans ils ont dépassé Intel .( dans le même temps la capitalisation boursière de Apple a dépassé celle de Esso).
    L’exemple de Qualcomm est plus emblématique que celui de Apple: des universitaires de haut niveau qui cherchent et qui trouvent (=brevets) , qui n’ont aucun complexe à créer une société, qui trouvent les fonds pour se développer…et ensuite des ingénieurs de haut niveau pour venir y travailler …ainsi que des commerciaux de (très) haut vol pour réussir à vendre ces nouveaux produits. On oublie vite dans ces aventures exceptionnelles le rôle des commerciaux. Il n’y aurait pas eu d’Airbus sans son premier Directeur commercial, qui a réussi contre vents et marées à vendre un avion jamais vendu ni exploité, construit par une co-entreprise franco-allemande inconnue.
    (Notons au passage que les innovations qui émergent aux Usa ne naissent jamais dans les grands groupes, trop lourds, trop hiérarchisés, trop “paperassiers”.mais dans le tandem université- financiers développeurs. Sans recherche ni “business angels” , pas d’innovation.

      • 19 Décembre 2012 à 9h58

        ylx dit

        Merci pour votre lien qui apporte de l’eau à mon moulin.
        1 – Les sociétés citées sont toutes centenaires, créées il ya plus d’un siècle par des entrepreneurs innovants comme MM Michelin et Renault.
        2 – Ce sont toutes des multinationales dont l’activité en France ne représente que quelques pour cent de leur CA.
        3 – Leurs laboratoires sont dispeesés dans le monde. Alcatel-Lucent est la fusion de notre Alcatel national et de ATT célèbre pour ses Bell Labs.
        4 – Aucune de ces sociétés, sauf L’Oréal, ne fournit des biesn de consommation courants.
        5 – La décision gaullienne de constitution d’une arme atomique autonome (seul petit pays au monde dans ce cas) et d’une puissante production électrique d’origine atomique (seul petit pays au monde dans ce cas) a en effet nécessité un énorme investissement dans la recherche. Comment pourrait-il en être autrement ?
        6 – Notons également que les grandes entreprises françaises, leader mondiales, sont en général les héritières d’entreprises nées dans des secteurs où, au début du XIXéme la France était leader : automobile et aviation, sauf erreur 6 entreprises sur 13 de la liste sont dans ce cas.
        La France, comme dans de nombreux autres domaines vit dans l’ombre de son passé glorieux.

        nb : le débat sur la compétitivité des entreprises ne s’applique évidemment pas à des entreprises multinationales dont les effectifs et la clientèle sont réparties partout dans le monde. Ce qui n’est pas le cas pour nos constructeurs automobiles qui souffrent beaucoup. Et je ne pense pas que ces entreprises aient besoin de Mme Parizot pour venir quémander chez M. Ayrault des allègements fiscaux.

  • 18 Décembre 2012 à 16h27

    L'Ours dit

    Largement d’accord avec les points soulevés par ylx!

    J’ajoute mon antienne, à laquelle je commence à croire être le seul que cela préoccupe:
    à taille égale d’entreprise, quand va-t-on arrêter de faire payer le poids des charges aux patrons employeurs, et donc fournisseurs de consommateurs (les salariés, les retraités, les chômeurs, etc.), alors que les patrons non employeurs non seulement ne payent pas de charges, mais profitent des consommateurs fournis par les autres sans en fournir eux-même?
    Pour moi, tant que cette aberration que je dénonce depuis trente ans perdurera, non seulement les caisses sociales seront vides et de plus en plus déficitaires,  mais c’est l’Economie nationale dans son ensemble qui déclinera (j’emploie le futur par habitude alors que je pourrais maintenant le dire au présent).
     

    • 18 Décembre 2012 à 19h50

      saintex dit

      Je confirme, tu radotes !!!
      Meuh non, Maître l’Ours, je plaisantais.

  • 18 Décembre 2012 à 15h22

    ylx dit

    M. Greau, vous n’êtes sans doute ni un imbécile, ni un déclinologue, ni un jiurnaliste prolixe…mais vous êtes un perroquet. J’ai entendu mot pour mot votre argumentaire dans la bouche de notre Premier Ministre en déplacement à Nantes récemment..et j’ai failli m’en étrangler. Vu par un apparatchik qui ne sait ni de près ni de loin comment fonctionne une entreprise , c’est simple : le manque de compétitivité de l’industrie français n’est pas dû au coût horaire (bras d’honneur en direction du Medef) mais au fait que l’industrie française ne vend pas assez de produits de haute gamme, qui se vendent plus cher, et donc qui permettent de meilleurs profits, et donc qui peuvent mieux payer les salariés. Oui-Oui au pays de l’industrie !! Et de la même manière que dans votre dernier papier sur Causeur vous en preniez à ces salauds de banquiers privés, cette fois-ci ce sont ces salauds de patrons de l’industrie qui sont votre cible. Ben voyons, ils se laissent “bêtement” soutirer des hausses de salaires injustifiées, ils ne savent pas moderniser leur outil de travail, etc Vous vous permettez de venir leur faire la leçon comme l’exprime votre conclusion : “Avec cet espoir : que nos entreprises, qu’il faut aider sans doute, sans retard, sachent investir dans les outils qui déterminent l’efficacité aujourd’hui. ”
    Autrement dit “que les patrons se remuent le cul au lieu de réclamer sans cesse des aides de l’Etat pour faire baisser les coûts”.
    Votre beau discours (comme celui du Medef et des socialistes) n’oublie qu’une chose c’est le rôle de l’infrastructure nationale sur lequel repose notre économie en général et notre industrie en particulier. Je vous laisse le soin de me déclarer déclinologue, mais ce sont toutes nos infrastructures qui s’effondrent : Education nationale sinistrée, Enseignement technique effondré, Université délabrée, Recherche misérable, Formation professionnelle scandaleusement coûteuse et inefficace, Pme matraquées d’impôts, de paperasserie, de réglementations, Code du travail inadapté, Profits des entreprises confisqués, Dirigeants conspués ou stigmatisés Secteur public tentaculaire et envahissant (dois-je vous faire remarquer que les ressources de la Nation qui sont stérilisées dans le secteur public ne sont plus disponibles pour la moderniatation de l’outil de production industriel) , Syndicats politisés incapables de mener des “négociations” de productivité, etc, etc
    Un petit détail pour teminer, vous citez à juste titre la qualité de nos Ingénieurs mais vous savez sans doute que la danse du scalp a déjà commencé visant “aligner” les Grandes écoles d’Ingénieur et de Commerce.
    Le coût du travail , dites-vous, n’est pas le problème de l’industrie de la France …mais alors c’est la France qui est le problème !

    Que ces entreprises se

    • 18 Décembre 2012 à 17h25

      luculus69 dit

      le jour ou Gallois a sorti cette énormité”le coût du travail n’est pas le problème industriel de la France” ,j’ai compris que nous étions devant une arnaques d’Enarques repus des ors de la République venant roter leur “écrasée de pomme de terre aux truffes” sous notre nez, la Gonffle rose inepte con-cubins de la pouffe de match..ravie de nous enfumer par un pseudo grand patron qui est surtout un haut fonctionaire n’ayant jamais risqué une seule de ses tune dans une entreprise privée..Ahhh les cons!!

      • 18 Décembre 2012 à 17h43

        ylx dit

        Qui a commencé sa carrière comme Chef de cabinet d’un ministre socialiste quelconque …on devine déjà son intérêt pour l’Industrie. Comme Schweitzer, ancien Chef de cabinet de Fabius nommé patron de Renault !!!! Et j’ai connu un ancien chef de cabinet de Chirac, devenu chômeur après l’élection de Giscard qui a coulé depuis 3 grandes sociétés françaises.