La compagnie des ombres | Causeur

La compagnie des ombres

Michel de Jaeghere nous invite à réfléchir sur les grandes figures du passé

Publié le 30 octobre 2016 / Culture Histoire

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Louis XVI Marie-Antoinette Saint Denis

Monuments funéraires à la mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette par Edme Gaulle et Pierre Petitot, basilique Saint-Denis. Photo: Eric Pouhier, Wikipedia

Le livre est une succession de chapitres ponctués de petites morales, comme un chemin de croix en 69 stations, mais avec des hauts et des bas ; un cheminement humain aux côtés du bien et du mal, jusqu’à la dernière ligne où Michel de Jaeghere, à propos du mystérieux XXe siècle, n’évoque rien moins que l’implication, en personne, du « Prince de ce monde ». C’est rare, dans un livre d’histoire. Il est vrai que l’auteur nous invite à cultiver la « compagnie des ombres », c’est-à-dire celle de nos morts, qui ont eu avant nous l’expérience du règne de ce prince et peuvent nous aider à lutter contre lui.

Michel de Jaeghere croit en la vertu de l’exemple, ce qu’il appelle une « histoire méditative ». Son premier sujet de méditation, c’est le déclin des civilisations. La fin de l’empire romain, que l’on a cessé d’enseigner au profit d’idées confuses comme la « crise » ou la « transition ». Ou le déclin de l’Europe : « le triomphe de la société marchande » dont l’Europe est une « enseigne franchisée ».

Le détail particulier, voilà le début de l’identité ; deuxième aspect exemplaire de l’histoire, selon Jaeghere. L’identité n’est pas une aliénation, au contraire, disait Jacqueline de Romilly, dont il nous offre un beau « tombeau ». Mais il faut l’entretenir. Ainsi l’ « illusion féconde » de l’âge d’or augustinien a-t-elle permis à Rome de durer cinq siècles, prolongée vers la fin par la nouvelle « unité spirituelle » de l’édit de Milan (313). Encore faut-il que la « logique du nombre et le rapport de force » (les barbares !) ne vienne pas s’en mêler. Toujours est-il que c’est ainsi qu’a été « inventé l’Occident ». L’Occident… Aujourd’hui, déplore Jaeghere, seules les États-Unis se permettent de dire « nous » (ce qui ne les exempte pas de leur bêtise impérialiste, « au mépris de toutes les lois de l’histoire »), tandis que l’antiracisme est devenu en France la culture dominante, née du désintérêt ou de la défiance à l’égard de l’histoire.

Michel de Jaeghere évoque tour à tour le miracle et le paradoxe capétien, loue l’équilibre de Saint Louis. Il s’écrie « Vive Henri IV ! » De cette dynastie à l’oeuvre, on tient « l’émergence d’une souveraineté qui impose le roi comme chef de guerre, maître de toute justice et garant de la paix publique, [faisant] éclore, comme une fleur ultime, l’unité de la France. » Jaeghere, en revanche, n’a pas de mots assez durs contre les Orléans, instigateurs de coteries, de corruption et finalement de crime (Philippe-Égalité, régicide). Sous sa plume, le récit est poignant des tourments de Louis XVI aux années révolutionnaires, douloureusement nouées avec la mort de son fils aîné, le dauphin, le 4 juin 1789 à l’âge de sept ans, d’une tuberculose osseuse. Modeste roi, un peu savant, irrésolu, mais courageux dans l’épreuve. « Il n’a pas réussi à s’imposer comme souverain, il a fait de sa mort un acte liturgique. » Et après lui ? Napoléon, ce « mystère ». « De son aventure date le commencement de la fin de nos ambitions de grande puissance. » Quant au (stupide?) XIXe siècle, il semble n’avoir jamais existé. Seulement quelques pages de 1814 à 1914, et encore pour des chapitres sur la Russie et sur l’Afrique. Du reste, on observe aussi l’absence de Louis XIII, sinon par une allusion à son fameux relais de chasse en briques rouges, recouvert par le château de Versailles. Rien non plus sur Richelieu. Pour ma part, je sens comme une lacune l’absence de la plongée vertigineuse du Capitaine Fracasse : Théophile Gautier, en 1863, évoquant le règne de Louis XIII, lui-même renouvelant la chevalerie médiévale (sans parler de l’adaptation cinématographique de 1961).

Examinons ce qui, hors de France, vaut la peine d’être su. Michel de Jaeghere, tout occupé à rendre à l’histoire son caractère sacré, dédie deux chapitres à Benoît XVI. D’autre part, il fait preuve d’une indulgence singulière à l’égard des Borgia, que l’on peut attribuer à son admiration pour l’art de la Renaissance. Il pousse le sophisme un peu loin en affirmant qu’Alexandre VI, prince de son époque, n’a fait, pour survivre que « pousser l’amoralisme plus loin que ses concurrents ». C’est oublier que cette époque, le pape aux moeurs décriées l’a faite autant qu’il l’a subie.

Hors de France, il y a aussi l’empire. Jaeghere en parle peu, si n’est une allusion au retournement des alliances, et encore à propos de Marie-Antoinette, manoeuvrée par l’ambassadeur d’Autriche. Pauvre reine, à laquelle la tragédie a « donné d’être elle-même. » Quant à l’empire ? Pour qu’il soit de nouveau évoqué, il faut attendre la Grande guerre, dont auraient procédé « communisme, fascisme, nazisme, guerre mondiale, déclin de l’Europe, décolonisation, résurgence du nationalisme arabe et centre européen. » Pas sûr qu’un lecteur « centre européen » apprécierait. Et l’on ne saura pas si parmi les causes de la Grande guerre figure ce nationalisme ou, au contraire, l’impérialisme – voire l’industrie. Quoi qu’il en soit, la guerre a « liquidé les empires » et « détruit les aristocraties ». Certes l’artillerie s’est substituée à la chevalerie. Mais l’aristocratie s’était déjà partiellement vendue aux marchands de canon. Il faudrait lui opposer la vraie noblesse.

Privilège et sacrifice

À ce propos, d’ailleurs, Michel de Jaeghere s’amuse en citant la phrase de Louis XIV : « Je puis en un quart d’heure faire vingt ducs et pairs ; il faut des siècles pour faire un Mansart. » Ou en affirmant qu’au temps de César, déjà, les grands seigneurs avaient « identifié l’idée républicaine avec le maintien de leurs privilèges ». Il évoque aussi les « régicides empanachés » de la dictature napoléonienne dont le rôle était d’assurer « la tranquillité des acheteurs de biens nationaux. »

À tout cela, il oppose la galerie de ses héros personnels. Honoré d’Estienne d’Orves, qui sut transmuter la « douceur de vivre » en service de la patrie. Hélie de Saint Marc, qui sut défier, pour l’honneur, les « grandeurs d’établissement » et les « autorités constituées ». Et tous les poilus de 1914 qui ont donné son sens au mot courage. Ou encore Claus von Stauffenberg, auteur de l’attentat de 1944, pas tellement démocrate, mais prêt à sacrifier sa vie « à l’école d’Antigone » pour tuer Hitler, que Jaeghere appelle « l’antéchrist des classes moyennes ».

Voici le XXe siècle. Nazisme, communisme. « Le rouge et le noir ». « Falsification du bien » et « subversion de la morale ». On imagine Michel de Jaeghere qui s’en retourne vers des siècles où la volonté des hommes passait par le crible de la foi et non par celui de l’idéologie. Gesta Dei Per Francos (l’action de Dieu passe par les Francs). Il entre dans la cathédrale Notre-Dame et s’assoit. Et il raconte. Il a vu passer des conciles, des hauts-prélats. Puis le cardinal Ratzinger donner une conférence sur la misère du catéchisme en France. Et enfin le président Medvedev, venu vénérer les reliques de la couronne d’épine, tandis que Barak Obama jetait un « coup d’oeil distrait ».

Michel de Jaeghere, La compagnie des ombres, Les Belles Lettres, 2016, 399 pages, 14,90

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 2 Novembre 2016 à 17h40

      Hannibal-lecteur dit

      Montety, mon cher Tety, de Jaeghere est-il le nouveau Lórant Deutsch à écrire encore la même  histoire pour se faire plaisir. –  pourquoi pas?  -  ou défend-il une thèse, ce faisant? Votre relation de son ouvrage n’en dit rien . Alors pourquoi acheter une nième resuscée du toujours pareil?

    • 30 Octobre 2016 à 14h45

      Pierre Jolibert dit

      En réponse à ce qui est résumé dans les § 2 et 3 de l’article :
      http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Histoire/86/7/RA16_C3_HIGE_CM1_Th1_avant_la_france_vu_JC_619867.pdf
      On constatera qu’il n’est nulle part question de crise ni de transition (mais peut-être le livre se référait-il aux programmes précédents), et qu’au contraire se retrouve dans la liste des repères (à construire, certes, je comprends l’horreur qu’on peut ressentir), la sacrosainte date :
      476 : début de la période médiévale avec la chute de l’Empire romain d’Occident. Les gens devraient être contents, car il est en fait peu probable que le repère soit construit, mais plutôt que la date s’imposera pour pouvoir embellir la leçon, c’est-à-dire en renforcer la cohérence narrative.
      Il est étrange combien l’ensemble des indications données par ce site officiel s’efforcent de ménager, en somme, toutes les tendances historiographiques antagonistes qui ont toujours existé relativement à ce merveilleux millénaire impossible au bout du compte à raconter aussi tranquillement qu’on le voudrait. Mais les antagonismes sont masqués, comme ils le sont d’ailleurs dans les § de l’article ci-dessus, car si l’âge d’or augustéen (et non augustinien) est une illusion, ou du moins si son prolongement l’est (d’un point de vue augustinien, oui, pour le coup), à quoi rime de parler de déclin de cette illusion, et de fin, d’effondrement ou de chute lorsque la moitié ouest de cette illusion se retrouve démultipliée en facettes barbares germaniques par autorisation impériale (car l’empire romain d’Orient, lui, ce n’est pas du poulet) illusoire ou pas ?

      • 30 Octobre 2016 à 15h10

        Schlemihl dit

        L’ empire romain d’ occident n’a subi aucun dommage important en 476 , la plupart des gens ne se sont aperçus de rien parce que pour eux il ne se passait rien .

        Ce que je voudrais savoir c’ est ce qui va arriver à l’ Europe , les gens qui y vivent , leurs croyances , leurs moeurs , leur vie , à notre époque . Et surtout je m’ intéresse à un pays entre l’ océan les Alpes le Rhin et la Méditerranée ( non je ne pense pas à l’ Estonie , qui a sujet d’ être inquiète d’ailleurs ) . 

        • 30 Octobre 2016 à 19h44

          Pierre Jolibert dit

          L’empire romain (j’enlève occident) n’a subi aucun dommage important en 476. C’est l’une des tendances historiographiques dont je parlais et c’est celle qui me va le plus.
          Pour ce qui est de votre préoccupation principale, je n’en ai aucune idée.
          Mais je suis convaincu que les débats masqués par les programmes scolaires (parce qu’il n’y a en fait presque aucun consensus), et qui se rejouent régulièrement (comme entre Boulainvilliers et Dubos, car c’est là le vrai noeud de ce qui les oppose : les Francs : conquérants ou installés ?) proviennent d’opinions déjà émises sur le moment. Par conséquent, sur ce qui nous arrive aussi, sur la façon dont ça aura été nommé, et qu’importe les très provisoires et successifs vainqueurs du combat de dénomination, on débattra encore dans deux mille ans si l’humanité survit.

        • 1 Novembre 2016 à 18h32

          steed59 dit

          les empires d’occident et d’orient ne sont que deux Etats d’un même empire : l’empire romain. Dès lors que l’un deux “disparait”, l’autre reprend la légitimité sur ce territoire. Donc il ne s’est rien passé en 476, si ce n’est l’unité retrouvé de l’Empire. Faut pas oublier que la division politique de l’empire ne remettait en cause son unité civilisationnel. Mais bon il est vrai que les historiens du 19ème siècle étaient trop obnubilés par le modèle d’Etat-nation et en plus détestait le très mal-nommé empire byzantin

        • 1 Novembre 2016 à 18h49

          Pierre Jolibert dit

          steed59, vous parlez d’or.

      • 2 Novembre 2016 à 8h00

        QUIDAM II dit

        Pierre Jolibert, voudriez-vous éclairer ma lanterne ? Quelle différence faites-vous entre “augustéen” et “augustinien” ?
         Est-il certain que “la division politique de l’empire ne remettait en cause son unité civilisationnel” ? L’empire romain d’Occident n’était-il pas latin, tandis que celui d’Orient est devenu hellénisant ? Cela ne fait-il pas une grande différence ?

        • 2 Novembre 2016 à 9h41

          Pierre Jolibert dit

          Bonjour Quidam II je vous réponds plus au long dès que je peux, en tout cas sur mon opinion (par rapport à votre § 2), certitude très relative.
          Pour augustéen et augustinien, c’est comme ça en tout cas que je comprends la phrase de l’article qui sans ça est assez bizarre : l’âge d’or d’Auguste/augustéen a fait durer Rome 5 siècles de + ; augustinien est plutôt utilisé pour ce qui concerne Saint-Augustin, mais ça tombe bien puisque ça approche le terme des 5 siècles en question et ça renvoie tout à fait à toutes les autres questions, débats, opinions, etc.
          Au fait, nous avons tous émis sur ce fil des opinions générales ou ponctuelles ou pinaillé sur des détails, au risque d’être désobligeants et d’oublier l’évidence : merci à M. de Montety d’avoir attiré notre attention sur cet ouvrage qui a l’air passionnant et ouvre, donc, sur des sujets d’empoignades fondamentaux sans fin.

        • 2 Novembre 2016 à 15h42

          QUIDAM II dit

          Bonjour Pierre Jolibert. Merci pour votre explication. Sans doute m’a-t-il été impossible de lier spontanément une notion « d’âge d’or » (même illusoire) à l’empereur Auguste et à son héritage qui, dans mon esprit, sont instinctivement associés à la sinistre dynastie Julio-Claudienne.
          Curieusement, le terme « augustéen » ne figure pas dans le lexique du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (du CNRS).

        • 2 Novembre 2016 à 23h00

          Pierre Jolibert dit

          En fait, il nous faudrait le détail de l’argumentation de ce livre-là :
          http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100107850
          j’ai peut-être eu tort d’aller chercher le programme de CM1 pour prouver qu’on continuait à enseigner la fin de l’empire romain. L’auteur pensait peut-être surtout à l’enseignement universitaire.
          En effet, visiblement dans le livre précédent M. de Jaeghere se place sur une durée moyenne : pas de fin spectaculaire romancée, mais le déclin un peu plus lent, économique, politique, et surtout surtout les invasions germaniques de peuplement et de prise de pouvoir en interne. C’est très bon, ça relance le débat à l’échelle qui convient.
          C’est sûr qu’il est plus courant de parler de crise(s) du IIIème siècle que de déclin, mais je ne trouve pas que ce soit spécialement plus confus.
          Mais vous posez du coup des questions à partir de la déviation à laquelle j’ai forcé le sujet. Si, si, la différence entre la partie hellénisante et la partie latinisante est très importante. Mais on peut piquer à Paul Veyne l’idée d’appeler l’empire dès le début gréco-romain : la différence entre les deux côtés existe dès le début, car les Grecs conquis et snobs gardent leur particularité qu’ils voient en supériorité, tout en étant loyaux envers un pouvoir qui a d’ailleurs la main lourde, qu’ils voient de moins en moins comme romain mais plutôt comme au-dessus de tous les peuples (d’ailleurs suivant les périodes, les empereurs viennent de partout, Rome et le Sénat perdent de plus en plus l’initiative au profit de l’armée, forcément diverse) ; quand le centre de gravité se déplace définitivement vers chez eux, sans doute tout simplement parce que l’orient est plus peuplé et plus riche, c’est peut-être vécu comme tout naturel, bon mais enfin très violent aussi à l’échelle des événements ponctuels (guerres de succession, ou entre différentes légions et provinces).
          Cela dit, Paul Veyne ne démord pas des dates-ruptures, s’opposerait à steed et moi.

    • 30 Octobre 2016 à 13h07

      IMHO dit

      ” Je puis en un quart d’heure faire vingt ducs et pairs ; il faut des siècles pour faire un Mansart ”
      Cette phrase, fourguée à Louis XIV est certainement inventée:
      il n’y a eu que quinze créations de pairs (érections) -on se tient ! on ne rit pas !- de 1661-1723 .
      Et Mansart était pour Louis qu’un habile artiste, rien de plus .

      • 30 Octobre 2016 à 13h51

        Pierre Jolibert dit

        Elle est mentionnée ici, sans source, mais elle me paraît vraisemblable : elle est l’une des étapes de la remarquable ascension sociale de Hardouin-Mansart, c’est une histoire de tête couverte ou découverte qui le met à égalité avec ceux qui auraient le droit d’avoir la tête couverte.
        Pour le point de vue adverse, voir les drôlissimes pages de Saint-Simon, chapitre LXI/année 1708, où se tressent 3 thèmes de son idéologie aristocratique : étonnement devant ces ascensions rapides (car il faut bel et bien moins d’un siècle pour faire Hardouin-Mansart) ; mépris pour les chantiers publics dispendieux de Louis XIV ; description de la façon dont le monarque qui se croit absolu est manipulé par les satellites qu’il a promus.

        • 31 Octobre 2016 à 4h11

          IMHO dit

          Voici la source, page 115

          https://books.google.fr/books?id=QDxCAAAAYAAJ&hl=fr&pg=RA1-
          PA110#v=onepage&q&f=false

          Je me permets de continuer à douter : c’est un livre à la gloire du Roi-Soleil .
          Et surtout ce qui me choque, c’est le dédain irrespectueux pour les Ducs et Pairs que montre le Roi dans cette phrase, alors que tous ceux qui l’ont connu ont été d’accord sur sa parfaite et constante politesse ; c’était un chef d’Etat qui ne faisait pas de petites blagues sur ses sujets .

        • 31 Octobre 2016 à 4h13

          IMHO dit

          J’ia trouvé ce que deuus dans cette page : si vous cliquez sur les liens en bleu dans chaque PDF, vou arrivez aux pages ad hoc du livre . Très bien fait

          https://books.google.fr/books?id=QDxCAAAAYAAJ&hl=fr&pg=RA1-PA110#v=onepage&q&f=false

        • 31 Octobre 2016 à 12h49

          Pierre Jolibert dit

          Merci du lien,
          je reconnais que la petite phrase était ou aurait été bien malhabile ;
          elle est cependant un reflet assez net de l’esprit dans lequel sont tournées les lettres d’anoblissement de 1683 que l’on trouve sur le même lien :
          tant parce que l’inclination et l’habitude dans les beaux-arts est une vertu héréditaire et de famille, son père s’étant acquis une expérience singulière dans la peinture, qu’en considération de ce que le dit Jules Mansart, etc. heureusement qu’il y a la suite pour balancer ces considérations sur la reproduction (sur plusieurs siècles ?) par celles qui portent sur le mérite et les réalisations individuelles, sinon y aurait débat !

    • 30 Octobre 2016 à 12h27

      thd o dit

      Hélie de Saint Marc, qui sut défier, pour l’honneur, les « grandeurs d’établissement » et les « autorités constituées ».

      Hélie de Saint Marc me semble surtout être un putschiste bas du front qui militait pour qu’il y a ait en 1962 10 millions de musulmans citoyens français, donc en 2016 40 millions de musulmans citoyens français.

      La simple observation de notre quotidien avec 6 millions de musulmans citoyens français suffit assez pour savoir qu’il était complétement con.

      • 31 Octobre 2016 à 0h22

        Schlemihl dit

        Helie de Saint Marc a pu faire des erreurs , c’est possible , c’est très possible . Mais pendant la guerre ses activités l’ ont fait envoyer à Buchenwald . On pouvait espérer en revenir . Mais lui a été expédié dans un camp satellite d’ ou on ne revenait pas . Il a survécu par une chance extraordinaire .

        Personne n’ est obligé d’ être de son avis . Mais il faut parler de lui plus poliment . 

        • 31 Octobre 2016 à 5h20

          thd o dit

          Je parle de lui comme je le veux, et le passage en camp de concentration n’est une garantie de rien et ne vaut pas traitement de faveur.

          Et de toute façon, c’est au putsch que l’article fait référence.

      • 1 Novembre 2016 à 18h17

        Pierre Jolibert dit

        Cher thdo,
        vous avez laissé en dernier sur le fil des anticapitalistes du Quattrocento un commentaire plein d’interrogations, de doutes et de recherches, parmi quoi ceci :
        “En tout cas, j’aurais tendance à regretter qu’on ait décolonisé le monde arabe, et laissé la main aux fanatiques islamistes sur une ressource cruciale et sur son prix. N’est-ce pas une conséquence de l’opération de Suez ?”
        c’est pas faux, enfin c’est très possible, enfin de toute façon je ne le dis que pour vous confirmer lecture de ce commentaire vôtre mais ce n’est pas sans lien

    • 30 Octobre 2016 à 11h17

      Habemousse dit

      « … nous invite à réfléchir… »

       C’est tout vu : passer de la couronne au casque intégral, quelle normalité ! C’est certain, le progrès va croissant. 

    • 30 Octobre 2016 à 10h13

      IMHO dit

      La France.
      Des origines à la guerre de cent ans (1941)
      Ferdinand Lot.

      Extrait :

      La même absence de tact psychologique et d’esprit politique lui fit rendre des arbitrages qui ne furent pas toujours couronnés de succès.
      Pris comme arbitre entre Henri III et les barons d’Angleterre révoltés, Louis donna entièrement raison au premier, dont il admirait la bigoterie, par le « dit d’Amiens » (1246).
      Il ralluma ainsi une épouvantable guerre civile.
      Décidément pour assurer la paix la sainteté ne suffit pas.
      Ferme, énergique, Louis IX était loin d’être un sot, comme son bisaïeul Louis VII, mais la noblesse même de sa nature l’exposait à être victime des manœuvres de son entourage.

    • 30 Octobre 2016 à 8h10

      IMHO dit

      Amen ! Et à part ça, qu’est-ce que vous prendrez ?

      • 30 Octobre 2016 à 8h30

        Renaud42 dit

        Comme apéro, comme régime politique?
        Plus je vous lis plus je vous vois comme nostalgique des temps chrétiens Imho.
        Cela dit, la foi comme crible cela ne marche pas, d’où la tentation d’un crible idéologique.