Communisme : bilan globalement logique | Causeur

Communisme : bilan globalement logique

On ne tue pas 100 millions d’humains par erreur

Auteur

Guillaume Nicoulaud

Guillaume Nicoulaud
est un blogueur et économiste français

Publié le 02 août 2013 / Économie Politique

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communisme marx lenine

C’est un sujet récurrent : à chaque fois que quelqu’un évoque les « 100 millions de morts du communisme », on assiste à une levée de drapeaux rouges qui ne contestent pas seulement ce chiffrage macabre mais, plus fondamentalement, le fait même que le communisme soit en cause. Le communisme, nous disent des Gérard Filoche ou des Jérôme Leroy, n’a jamais existé : comment pourrait-il être responsable de ce dont on l’accuse ?
Et bien ils ont raison.
Le communisme, au sens marxiste – et donc canonique – du terme, c’est une société où les classes sociales ont été abolies, une société débarrassée de la propriété privée des moyens de production mais aussi une société sans État. Le communisme, c’est une forme d’anarchisme et vous conviendrez avec moi que des régimes comme celui de l’ex-URSS, de la Chine maoïste ou de l’actuelle Corée du nord ne cadrent pas du tout avec cette définition.
Pour bien comprendre, il faut en revenir aux canons de l’historicisme et de la théorie économique marxiste1. Le système de domination capitaliste, qui fait suite à la société antique et au système féodal, est appelé à s’effondrer de lui-même, sous le poids de ses propres contradictions, et à céder le pas à la société communiste.
Pour faire court, le raisonnement de Marx est le suivant : la valeur de toute chose découlant du travail nécessaire à la produire2, il suit que, pour réaliser des profits (plus-values), les capitalistes spolient les prolétaires en les obligeant à réaliser un surtravail. D’où l’idée de l’exploitation des masses prolétariennes. Pour maintenir leurs profits, c’est-à-dire prévenir une hausse des salaires, les capitalistes sont contraints d’accroître constamment leur stock de capital constant (i.e. les machines) ce qui, toujours en vertu de la théorie de la valeur-travail, entraîne une baisse la valeur de la production et donc, la fameuse baisse tendancielle du taux de profit et donc, l’effondrement inévitable du système3.
À la fin de l’histoire, tout le capital est concentré dans quelques mains tandis que l’immense majorité ne survit qu’avec le minimum vital : la révolution est donc une conséquence logique et inévitable du capitalisme. Toute la question est alors de savoir comment organiser la transition vers le communisme : abattre l’État bourgeois, c’est une chose ; provoquer l’avènement de l’Homme nouveau, débarrassé des réflexes capitalistes et bourgeois, c’en est une autre. Pour Marx et ses successeurs, il faut donc créer une phase transitoire, une dictature du prolétariat : un système dans lequel un État central fort organise la collectivisation des moyens de production et traque sans relâche les forces réactionnaires. Cette phase transitoire, en un mot, c’est le socialisme.
Le socialisme, dans l’esprit des communistes, c’est donc la phase inférieure du projet, une étape intermédiaire entre la révolution violente proprement dite et l’avènement du communisme ; une étape qui durera juste le temps nécessaire à « l’avant-garde des opprimés » pour « mater les oppresseurs » (Lénine). Au bout de quelques temps, 20 ou 30 ans selon Boukharine, les dernières traces du régime capitaliste auront disparu et cet État prolétarien, devenu obsolète et inutile, disparaîtra de lui-même. Ce sera alors la fin de l’histoire et l’avènement du communisme proprement dit. C’était l’idée.
Seulement voilà, cette dernière phase de dépérissement de l’État prolétarien n’a jamais eu lieu. Toutes les tentatives d’avènement du communisme se sont invariablement soldées par la sanctuarisation d’un État totalitaire où « l’avant-garde des opprimés » s’est muée en avant-garde des oppresseurs. Les Staline, les Mao, les Pol Pot et les autres n’étaient, manifestement, pas particulièrement pressés d’abandonner leurs prérogatives.
C’est en ce sens que nos communistes modernes ont raison : le communisme, à l’exception, peut-être, de quelques tribus isolées au fin fond de l’Amazonie, n’a jamais existé. Quel que soit le chiffrage que nous retenons pour évaluer l’ampleur des horreurs commises par les régimes totalitaires qui s’en sont réclamés, c’est le socialisme qui est coupable et pas le communisme4.
« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » écrivait Pascal. Malgré l’accumulation de preuves contraires, malgré les horreurs totalitaires du XXe siècle, nos communistes modernes continuent obstinément à professer leur foi inébranlable en cette vision messianique d’un socialisme vertueux. Après avoir encensé Staline et soutenu Mao sans réserve, les voilà qui dénoncent le stalinisme et le maoïsme comme autant de trahisons contre-révolutionnaires. Les échecs de toutes ces tentatives d’avènement du communisme, nous jurent-ils, sont le fait de quelques sociaux-traîtres : jusqu’ici ils n’ont pas eu de chance mais cette fois-ci, c’est sûr, ce sera la bonne.
Nous ne balaierons pas, chers lecteurs, cet argument d’un revers de main. Si le pouvoir corrompt, nous rappelle Montesquieu, le pouvoir absolu corrompt absolument et il y a sans doute une part de vrai dans la ligne de défense communiste. Sans doute, en effet, Staline a-t-il trahi les idéaux de sa jeunesse et il semble pour le moins raisonnable de penser que les dynasties des Kim nord-coréens n’ont jamais eu d’autre intention que de s’arroger le pouvoir absolu. À l’image d’O’Brien et du Parti Intérieur de George Orwell5, il est tout à fait possible – sinon probable – que les nomenklaturas aient finalement trouvé leurs situations bien confortables et qu’un consensus plus ou moins explicite les ait convaincues que le socialisme avait des avantages que le communisme n’aurait sans doute pas.
Mais ce que nos doux rêveurs évacuent bien vite, c’est l’échec factuel de ces phases de transition. Partout et toujours, la socialisation des moyens de production et la planification ont été des échecs retentissants qui n’ont dû leur longévité qu’à l’existence à leurs portes d’un monde capitaliste. Au-delà de la résistance au régime et des purges et autres déportations qui l’ont accompagné, le fait est qu’en l’absence de marchés, toutes ces tentatives de dépassement du modèle capitaliste ont été profondément dysfonctionnelles, causes de mécontentement et de frustration quand elles ne provoquaient tout simplement pas la mort des sujets de l’expérience.
Le fait est qu’à aucun moment, aucun de ces régimes transitoires n’aurait pu permettre à l’État de dépérir. Même avec la meilleure volonté du monde, il était impossible de se passer de l’appareil coercitif : il était la clé de voûte de tout l’édifice ; sans lui, sans la peur et sans la répression, les usines et les kolkhozes se seraient vidées instantanément. Quand, sept décennies après la révolution de 1917, Mikhaïl Gorbatchev lance sa perestroïka ce n’est pas tant l’absence de libertés politiques que le peuple soviétique reproche au système : c’est sa faillite économique, la faillite de la collectivisation. Soixante-dix ans plus tard, l’homme nouveau n’existait nulle part ailleurs que dans les phantasmes de quelques intellectuels.
Ne pas être communiste à vingt ans, dit-on, c’est n’avoir pas de cœur mais l’être encore à quarante ans, c’est n’avoir pas de tête. Ce n’est pas un hasard si quelques-uns des plus grands penseurs du libéralisme – Karl Popper, Jacques Marseille ou Thomas Sowell pour ne citer qu’eux – ont été, durant leur jeunesse, de fervents communistes : ils rêvaient, eux aussi, d’un monde meilleur, d’un monde de justice, de paix et de prospérité mais les années venant et les faits s’accumulant, ils ont compris que ce monde ne pouvait exister qu’avec les hommes ; les hommes tels qu’ils sont.
Alors non, ami communiste – puisque tu as sans doute compris que c’est à toi que ce message s’adresse – tu n’as pas le sang de 100 millions d’âmes sur les mains. Tu as rêvé d’un monde meilleur, tu as cru que le socialisme t’y mènerait et le socialisme, mille fois, t’as trahi. Était-ce prévisible ? Pour nous, libéraux, oui et sans aucun doute. Mais, après tout, peu importe : la question qui se pose à toi, maintenant que des faits aussi intangibles que les conséquences du Grand Bond en Avant, la terreur Khmer et le goulag s’imposent à toi, est de savoir si tu persisteras dans cette voie.
Penses-y à deux fois plutôt qu’une : es-tu vraiment prêt, sur la seule base de quelques théories vieilles de plus d’un siècle et mille fois contredites par les faits, à apporter ton soutien à une nouvelle expérience socialiste ? L’État omnipotent et donc le socialisme – qu’il soit de droite ou de gauche – n’est-il pas ton ennemi tout autant que le nôtre ? Ne vois-tu pas qu’entre ce monde que tu appelles de tes vœux et celui dont nous rêvons, il n’y a, finalement, presque rien ? Peux-tu réellement nier les fantastiques progrès réalisés par notre humanité depuis 300 ans et l’échec – que tu constates tous les jours – des prétentions collectivistes de ceux qui nous gouvernent ?
Penses-y et que ta conscience guide ta main.

*Photo : DR.

  1. N’en déplaise à Karl, par « marxiste », j’entends ici « selon Marx ».
  2. Théorie de la valeur-travail héritée des classiques anglais (Smith, Ricardo…) – c’est la pierre angulaire et le talon d’Achille de l’édifice marxiste.
  3. Ce raisonnement étant contredit par les faits, les théoriciens postmarxistes ont expliqué la survie du capitalisme par toute une série de stratégies des capitalistes destinées à pérenniser le système – typiquement l’impérialisme.
  4. Toutes les tentatives d’instauration du communisme ont pris la forme d’un régime socialiste. En revanche, il est faux de dire que tous les régimes socialistes visaient à l’avènement du communisme.
  5. 1984.

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    • 7 Août 2013 à 9h13

      Georges_Kaplan dit

      Vassili Tchouïkov,
      Que s’est-il passé ?
      L’État socialiste était avant tout une expérience économique. Il s’agissait de remplacer le capitalisme et le marché par la propriété collective des moyens de production et la planification.
      De par leur nature même de tels systèmes ne fonctionnent que s’ils sont coercitifs. En schématisant, on peut dire que là où le capitalisme est aiguillonné avec des carottes, le socialisme ne fonctionne qu’à coup de bâton.
      Par ailleurs, l’expérience collectiviste, malgré les efforts et les moyens du planificateur, fût un échec total. Dans la vie quotidienne des soviétiques, cela se traduit par des pénuries et des produits de qualité plus que douteuse. Bref, le système génère de la contestation ; contestation qui, pour « sauver la révolution », génère de la répression.
      Sur ce dernier point, il faut bien comprendre que, dans l’esprit des dirigeants (soviétiques, chinois, khmers…), la fin justifie les moyens. « Tout ce qui se passe est horrible, disait Saint-Just, mais nécessaire. » Ainsi, face aux échecs de la planification, il est hors de question de la remettre en question : elle doit fonctionner, coûte que coûte. D’où, plus de bâtons. 

      • 15 Août 2013 à 0h34

        mada dit

        Ceci me rappelle quelques mots du poème “Spain, 1937″ de W. H. Auden:
        To-day the deliberate increase in the chances of death,
        The conscious acceptance of guilt in the necessary murder
        Mais naturellement
        To-morrow the rediscovery of romantic love.
        Voilà, M. Kaplan, l’Etat socialiste, c’est aussi le passage du “meurtre nécessaire” à la découverte de l’amour romantique (qui donc avait existé bizarrement avant). Dans ce cas, vous pourriez l’accepter, non, cet Etat socialiste bienveillant et romantique? Soyez pas vache…

    • 6 Août 2013 à 22h11

      mada dit

      Les lendemains chantent toujours faux. Les surlendemains ne le découvrent parfois que parce qu’on avait égorgé les choristes.

      • 7 Août 2013 à 18h17

        Marie dit

        Dans la série “le communisme, quelle belle idée”.
        La grande famine de 1932-34, déclenchée par la loi des épis. Une confiscation des produits de la terre par le pouvoir soviétique pour soi-disant nourrir les villes et surtout pour tuer toute forme de réseaux de solidarité villageoises concurrentes au parti communiste et au système de collectivisation des kolkhozes mis en place en 1928.
        La dernière famine connue en Europe, sur les terres les plus riches de ce continent…

        • 8 Août 2013 à 23h55

          mada dit

          La fin justifie la faim. La fin justifie tout. La preuve: après des millions de morts, l’Ukraine a changé d’attitude. C’était donc efficace et c’est ça qui compte. Exemple à suivre. Après tout; c’est pour le bonheur de tous. Nous avons connu la banalité du mal. Apprécions finalement à sa juste valeur l’extravagance du bien.

        • 9 Août 2013 à 8h00

          eclair dit

          @marie
          dernière famine c’est en allemagne après guerre quelques millions de morts 

    • 6 Août 2013 à 12h42

      livia dit

      L’intervention au combien importante de Mada, me fais penser à une anecdote.

      Dans les années 1970, j’avisdes amis dont la famille avait quitté la Russie juste après la révolution de 1917.
      Je n’oublierai jamais la terreur de leur babouchka, quand elle voyait défilé sous ses fenetres à Paris toutes ces manifs et ces drapeaux rouges , militants du communisme à instauré France.

      France le refuge , le pays des droits de l’homme, elle est morte depuis, et son cauchemar de voir , se réaliser à Paris, en France l’horreur de ce qu’elle avait fui, ne c’est heureusement pas réalisé totalement.

    • 6 Août 2013 à 12h18

      livia dit

      Aregundis

      Voilà ce que j ‘aimerai lire plus souvent, hélas avec ce qui nous tient lieu de médias…

    • 6 Août 2013 à 11h21

      Georges_Kaplan dit

      aregundis,
      « Comment des gens, instruits bardés de diplômes, ayant accès à toutes les sources d’information disponibles (puisque vivant en terre de liberté), sans contrainte d’aucune sorte, et en pleine connaissance de cause, ont-il pu militer, écrire et dégoiser tout leur saoul en faveur d’un régime qui ensanglanta les trois-quarts de la planète ? »
      L’hypothèse communiste post-marxiste est de nature religieuse. Elle a cessé d’être une théorie après Marx. Depuis, elle échappe, dans l’esprit de ses dévots, à toute forme de validation ou de réfutation : « sa théorisation, pour reprendre un commentaire publié ici-même, évolue dialectiquement avec le processus historique lui-même. » Bref, quoiqu’il arrive, le communisme c’est le bien. Staline, dès lors que ses crimes ne pouvaient plus être niés, est devenu un anticommuniste et un capitaliste de droite (dixit Gérard Filoche). 

      • 6 Août 2013 à 11h53

        nadia comaneci dit

        Les communistes sont absolument certains d’œuvrer pour un monde plus juste, plus solidaire et plus humain. Avec une grande sincérité. Toutes les expériences dites communistes qui ont foiré ne peuvent donc pas être réellement communistes. Cela rend le débat difficile parce qu’ils le placent sur un terrain quasiment moral, ce qui fait du communisme la plus religieuse des idéologies laïques.

        • 6 Août 2013 à 14h57

          elise dit

          oui, chère Nadia, le débat est difficile quand le postulat de départ est: comment des gens instruits et intelligents dont le cerveau fonctionne normalement, peuvent-ils être communistes?
          plutôt que communisme, je préfère dire l’idée communiste; elle reste belle malgré ses avatars désastreux; c’est, tu as raison, une exigence morale et surtout une espérance; une “croyance” si tu veux, en l’homme et en ses possibilités; je ne te parle pas de la solidarité et de l’exigence de justice…des valeurs partagées avec beaucoup d’autres qui ne sont pas communistes ou de gauche….personne n’est parfait -))))

        • 6 Août 2013 à 16h06

          nadia comaneci dit

          Elise -;)
          Ce postulat de départ n’enrichit évidemment pas le débat et il doit être plus que fatigant d’être regardé sans cesse comme une sorte d’anomalie naturelle et le complice involontaire de monstruosités.
          C’est Michéa je crois qui s’étonnait du pessimisme défaitiste de la “droite” qui assimile peu ou prou l’homme à une crapule égoïste et brutale.
          Je suis sûre qu’on peut éduquer l’homme, le cultiver, le policer, mais le changer… j’en doute.
          Mais entre loi de la jungle et angélisme, il doit y avoir un juste milieu…

        • 6 Août 2013 à 16h21

          elise dit

          pas d’angélisme Nadia, ni d’illusions sur “les lendemains qui chantent” mais faire ce qu’on croit juste pour améliorer;
          quant à l’antienne sur les crimes de Staline etc…lassant, oui-)

        • 6 Août 2013 à 19h01

          nadia comaneci dit

          On est tout à fait d’accord (comme très souvent).

        • 7 Août 2013 à 7h53

          eclair dit

          @elise faire ce qu’on croit juste et sur quels critères?

           

        • 7 Août 2013 à 7h53

          eclair dit

          @elise faire ce qu’on croit juste et sur quels critères?

           

        • 7 Août 2013 à 12h37

          elise dit

          @éclair
          les miens; j’ai essayé d’expliquer à Nadia ce que je pense de: “être de gauche”; sans doute très mal et en ce qui concerne le communisme J. Leroy ferait ça bien mieux que moi; je ne suis pas marxologue et même pas communiste encartée; la lecture de Marx m’a toujours ennuyée; je préfère nettement “Que faire” de Lénine; je dis “l’idée communiste” et j’aurais dû ajouter que l’important c’est ce que l’on fait concrètement de de cette idée, comment on la met en actes;
          mes critères ce sont ceux de ma conscience et de ma morale (les “degauche” ont aussi une conscience et une morale); faire ce que l’on croit juste. Et ne me répondez pas: comme Staline et Pol-Pot qui pensaient “juste” de massacrer à tour de bras! Lassant!
          Pour les analyses et les exégèses savantes reportez-vous aux précédents commentaires.

      • 6 Août 2013 à 14h23

        Jacques dit

        « Marx met la théologie sens dessus-dessous, en ne disant rien d’autre que ceci: l’âge d’or, le communisme, celui de la réparation des déchirements consécutifs à la chute, est devant nous. En 1844 il l’affirme encore en pur idéaliste (d’où le vide de sa formule, trop générale et trop rhéteuse), quand à partir de 1848 il l’avancera en auto-prétendu matérialiste, en réalité théologien politique, le vide conceptuel de 1844 s’étant rempli d’un contenu concret: le concret-particulier du prolétariat destiné à donner, progressivement, par remplissage révolutionnaire, un contenu à la généralité vide trop conceptuelle, le prolétariat finissant à terme, ce qui est l’âge d’or, par remplir entièrement la forme de l’humanité, cette coïncidence concrète entre le prolétariat et l’humanité portant le nom de socialisme, ou communisme; ce remplissage du vide homme par le concret prolétariat étant, chez Marx, la phase ultime du progrès. Le progressisme est une religion politique. »
         R.REDEKER in « Le progrès ou l’opium de l’histoire »

      • 6 Août 2013 à 14h25

        Georges_Kaplan dit

        nadia,
        Je sais bien. Je n’en doute pas un instant. Sincèrement.
        Mais voilà, comme disait Sir Winston, “however beautiful the strategy, you should occasionally look at the results”.

      • 6 Août 2013 à 19h15

        zigomar dit

        @ Georges Kaplan

        Merci de me citer, mais il est plus correct (et conforme au “droit de propriété”) de mentionner le nom de ceux qu’on cite.
        Malheureusement, vous m’avez mal compris. Je crois que vous ne savez pas exactement ce qu’est une “Idée”, il n’y a pas cet article dans votre boîte à outils iontellectuels. 

      • 6 Août 2013 à 19h42

        lisa dit

        Georges_Kaplan,
        Vous avez ra 

      • 6 Août 2013 à 19h43

        lisa dit

        Georges_Kaplan,
        En effet chassez le religieux, il revient au galop. 

      • 7 Août 2013 à 12h17

        aregundis dit

        Mouai… Filoche mis à part, on aura tout dit et tout osé à propos du communisme. Même l’idée d’une métaphysique. Le marxisme n’était-il pas de nature messianique annonçant l’aube des temps nouveaux ? Dans la Grande parade* Revel ironise sur le titre d’un article d’une veuve éplorée du communisme, une certaine Danielle Sallenave : « Fin du communisme : l’hiver des âmes ». Il commente : « Ces âmes dignes de compassion ne sont pas, bien entendu, les « âmes mortes » que le communisme a expédié par dizaines de millions, ce sont les âmes meurtries des gauches occidentales qui, depuis le confort de nos démocraties, regardaient de loin avec intérêt, altruisme et générosité la besogne des bourreaux”.
        J’ajoute pour ma modeste part que parler des « âmes » à propos du matérialisme athée, il fallait l’oser.

        Certes, on peut faire assaut d’érudition sur le sujet de la même façon qu’un guide est intarissable à propos des cathédrales gothiques que ne fréquentent plus guère que les touristes. Le discours sur le matérialisme historique n’a encore de sens que pour quelques personnes que le sujet intéresse encore. De même qu’on lit ici des avis qui se veulent « compréhensifs ». O Sancta simplicita… En effet, si Robespierre fit raccourcir ses contemporains au nom de la Vertu, c’était pour le bien du peuple que Dzerjinski et ses tchékistes traquaient les ennemis du peuple et serviront de modèles aux nazis. La criminalité communiste justifiée par les intentions. Justifiée, précisons-le, par la gauche non-communiste. Les communistes, eux, savaient fort bien à quoi s’en tenir. Jean Lacouture n’était pas communiste (juste ce qu’il fallait) qui s’extasiait sur « cette audacieuse transfusion de peuple » quand les Khmers rouges vidaient Phnom Penh de ses habitants, hôpitaux compris. Il s’agissait, selon l’Angkar (l’organe central des KR) de construire « l’Homme nouveau ». Il y aura toujours des gens pour justifier l’injustifiable, pour « revisiter » l’Histoire et la rendre conforme aux ukases du politiquement correct. Or, si l’idéologie communisme n’est plus une réalité politique en Occident, la malfaisance d’une certaine gauche n’a pas renoncé pour autant à son projet de subversion. Elle opère désormais avec d’autres moyens, d’autres slogans, en mobilisant à son profit l’appareil d’Etat quand l’occasion se présente. Ainsi de l’union pédérastique où l’on ne s’attendait guère à trouver soutien des moralistes de la place Fabien. Voyons camarade, les travailleurs n’ont que faire des mœurs d’une bourgeoisie dépravée !

        Mais c’était avant. Aujourd’hui gauchards, cocos et gauchistes, trotscards et indignés de tous poils feignent de soutenir le « mariage pour tous » – qui a toujours existé, soit dit en passant, sauf qu’on y avait omis le petit monde de la jaquette. Ce qui me rappelle cette plaisante allusion socratique du grand-maître d’une obédience maçonnique particulièrement progressiste à un quidam qui s’étonnait de l’absence des femmes chez les frères trois-points. « Mais cher Monsieur, chez nous la parité a toujours existé sauf qu’on a oublié de l’étendre aux femmes ! ». Ah, Frères, gémissons, gémissons, mais espérons…
        Je gémis aussi en me gondolant mais il tombe sous le sens que cet égalitarisme grotesque a sa justification politique dont le pays perçoit vaguement les enjeux sans en soupçonner les finalités. Disons-le clairement ; pour tout contestataire de l’ordre établi ce viol délibéré de la norme anthropologique va dans le sens souhaité de la désagrégation de l’ordre bourgeois déjà théorisée par les grands ancêtres (Fourier, Babeuf, Blanqui, Bakounine…et Marx, évidemment), puis revisitée par les mandarins cossus(et subventionnés) de la contre-culture (Foucault Derrida, Althusser, Deleuze, Guattari…) et, plus récemment, chez les viragos américaines du gender feminism (Judith Butler, Alison Jagger…« Les marxistes ont échoué en voulant se concentrer sur des solutions d’ordre économique, sans s’attaquer à la famille, la véritable cause des classes. », qu’elles disent…
        En somme, tout ce qui peut contribuer à saper plus sûrement et plus durablement qu’une révolution les fondements de l’ordre culturel capitaliste, libéral, bourgeois, patriarcal, est bon à prendre : invertis sexuels certes (qui n’en demandent pas tant) mais aussi et surtout banlieues, malfaisance, analphabétisme, immigration parasitaire, islam, imams, prisons qui refusent du monde… Et Taubira en prime.
        On l’aura compris, tout fait ventre. Tout est exploitable. Et quand on dispose d’une ministre haut placée et prête à l’emploi on ne fait pas la fine bouche. Tel est le nouveau visage protéiforme de cette contestation qui tente d’ébranler la colossale masse inertielle de la société. Lénine n’eût jamais imaginé que le terrifiant pouvoir des soviets serait un jour celui des idiots utiles et de leurs cirent-bottes.
        *J.F. Revel. La Grande parade. Essai sur la survie de l’utopie socialiste. Plon, 2000.

    • 6 Août 2013 à 0h03

      aregundis dit

      Qu’est-ce que « l’Homme nouveau » dans la mythologie collectiviste ? Un « élément » politiquement asexué comme la fourmi dans la fourmilière. Une abstraction. Je ne sais plus qui l’avait défini comme « le quotient d’une multitude divisée par la multitude ».
      Le communisme, disait Revel, est un rêve merveilleux qui se transforme en cauchemar sitôt qu’il trouve à s’appliquer quelque part. Il faut récuser ici ce terme d’utopie. Car pour les millions de ses victimes la terreur rouge n’avait rien d’utopique. Comme il faut contester le « stalinisme » qui permet a contrario de justifier l’idée d’un communisme de pure essence qui aurait été trahi. Il n’y a pas eu un mais des milliers, des centaines de milliers de Staline. Le communisme ne peut exister sans ses hordes de geôliers, de mouchards, de tortionnaires, de bureaucrates serviles.

      Ce qui dépassait pour lui toute compréhension, outre de s’imposer aux masses par la propagande, est que « l’idée » communiste séduisit et séduit encore des gens qui, par leur formation et leur culture, furent pourtant les plus aptes à en dénoncer l’imposture. Je parle ici des intellectuels. Tout se passait et se passe encore comme si l’instruction, le savoir, le talent même, prédisposaient à embrasser les pires tyrannies pourvu qu’elles se parassent du label de gauche. Et la liste est longue ! Les « camarades » et leurs comparses gauchistes, bien sûr, mais aussi et surtout des hommes et des femmes ‘normaux’ non encartés qui se piquent de « progressisme ». Car enfin, qu’est-ce qui a bien pu pousser les élites ou ce qui en tient lieu, presse, littérature, arts – et avec eux la quasi-totalité du monde universitaire, à se faire les porte-encens des pires salopards jamais enfantés par l’espèce humaine ? Et par exemple, qu’est-ce qui a pu pousser Bernard-Henri Lévy à se faire l’avocat passionné du terroriste Battisti, sinon la nostalgie inavouable de son engagement maoïste de jadis ?
      Ainsi, de la terreur jacobine jusqu’aux divers soulèvements communards qui ont ensanglanté le XIXe siècle ; de Lénine aux spartakistes allemands ; de Staline et de Mao à Pol Pot ; d’Hô Chi Minh à Castro ; des Brigades internationales à l’ETA ; d’Allende à ce gros imbécile de Chavez; de Mengistu à Sékou Touré et autres Caligula des marigots ; des pauvres tarés d’Action directe aux nihilistes d’ultragauche ; des FARC aux séparatistes tamouls, c’est le même sentimentalisme niais du Temps des Cerises qui nourrit encore la mythologie des vieux briscards de la lutte finale et des jeunes cons de l’écologie politique. Ces millions de morts, ces dévastations planétaires n’ont eu finalement qu’un noble objet : lutter contre le capitalisme pour instaurer l’égalitarisme socialiste. Ce qui fit dire à Jean Daniel (après la parution du Livre noir du communisme, 1993), ex gourou égotiste et insubmersible du Nouvel Obs, cette incroyable sottise dont seuls des intellos sont capables : « on devient fasciste par haine ; on devient communiste par amour ». Il n’est pas venu à cet esprit supérieur l’idée que pour les victimes le résultat fut le même. La gauche pensante continue, imperturbable, à patauger dans ce manichéisme, comme elle besoin aussi d’un « fascisme » (purement imaginaire de nos jours) pour se dédouaner des crimes dont les « compagnons de route » furent si longtemps les complices. Que réclamaient donc les jeunes crétins qui braillaient « Hô-Hô-Hô-Hô chi Minh – Che-Che-Che-Guevara » dans les ruelles du Quartier Latin dans le moment où les B52 de l’US Air Force déversaient là-bas leurs chapelets de bombes? Une dictature. Ces jeunes gens (parfaits modèles d’une reproduction sociale à la Bourdieu) voulaient simplement tâter de la trique communiste pour changer de la démocratie qui les nourrissait trop bien. Aujourd’hui le Viêtnam est capitaliste.
      De faible instruction et d’intelligence limitée, il m’a pourtant suffit à la sortie de la guerre – vers l’âge de 16 ou 17 ans – de lire le Zéro et l’Infini d’Arthur Koestler pour me faire une idée précise et définitive de ce qu’était le communisme. C’est donc là, la question : comment des gens, instruits bardés de diplômes, ayant accès à toutes les sources d’information disponibles (puisque vivant en terre de liberté), sans contrainte d’aucune sorte, et en pleine connaissance de cause, ont-il pu militer, écrire et dégoiser tout leur saoul en faveur d’un régime qui ensanglanta les trois-quarts de la planète ?
      Sachant cette singulière prédisposition d’esprit qui pousse nos intellos à se faire le tapis-brosse des pires tyrans faut-il alors s’étonner de voir aujourd’hui leurs épigones, au prétexte de tolérance, de solidarité, d’antisionisme ou que sais-je encore (l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions) se mettre la remorque de gens – d’ici ou venus d’ailleurs – pour qui la démocratie présente l’avantage de fournir elle-même tous les moyens pratiques de sa disparition.

      • 6 Août 2013 à 0h13

        borgoloff dit

        Tout est dit et bien dit.

      • 6 Août 2013 à 0h50

        elise dit

        @aregundis
        “de faible instruction et d’intelligence limitée”, allons, allons, ne faites pas le modeste! en tassant bien dans la marmite toutes sortes d’ingrédients très disparates, vous arrivez à faire une bouillie bien consistante; bien sûr faut pas avoir l’odorat trop sensible, ça tient au corps mais question fumet c’est pas trop subtil; enfin à la guerre comme à la guerre! Mission accomplie!

      • 6 Août 2013 à 11h07

        beneficedudoute dit

        Splendide !

      • 6 Août 2013 à 11h26

        Vassili Tchouïkov dit

        Bonnes questions.
        Vous en posez (bien), beaucoup, mais vous ne fournissez de réponse à aucune.
        Et puis, il faut faire attention à ne pas avoir une vision borgne de l’Histoire. L’accouchement du capitalisme et l’arrivée au pouvoir de la bourgeoisie, ne furent pas, eux non plus des dîners de gala.
          Mais, la principale qu’il faut retenir (de question) , je vais la reformuler de la façon suivante : « Comment, des millions d’hommes ont pu se mettre en mouvement, en croyant à une espérance qui s’est transformée à chaque fois en impasse mortifère? »
        Et j’ajouterai : « comment, les plus vaillants, et parfois les plus intelligents (les intellectuels) d’entre eux  ont pu se transformer aussi facilement en bourreaux?»
         Que le « socialisme réalisé » soit un mauvais système, l’Histoire a tranché. Le verdict est rendu.
         Mais je n’ai encore jamais trouvé de réponse satisfaisante est complète à la question : « mais que s’est-il passé ? ».
         Alors, au travail.
         Petite observation, BHL n’a jamais été maoïste ! Trou du cul, toujours, mais jamais maoïste.  

        • 6 Août 2013 à 21h41

          mada dit

          @Vassili:
          Eh bien, “l’accouchement du capitalisme et l’arrivée au pouvoir de la bourgeoisie” furent un dîner – c’est très bien de respecter l’accent circonflexe, tu fais des progrès, félicitations – de gala par rapport au l’accouchement et l’arrivée au pouvoir des communistes. Tu devrais pourtant le savoir, toi qui n’es pas crétin ni ignorant pour un sou. Autre chose: “les plus vaillants” et “les plus intelligents” ne se sont pas transformés en bourreaux. Ils ont été les victimes de pleutres et de crétins-qui-croyaient-découvrir-la-marche-du-monde. Alors, surtout pas “au travail”. Relaxe-toi plutôt. Mais attention: otium cum dignitate!

      • 6 Août 2013 à 19h41

        lisa dit

        Yaooo ! vous restez j’espère ?

    • 5 Août 2013 à 21h25

      mada dit

      Le communisme n’est que la forme suprême, la pire connue, du fascisme. (J’ai vécu 28 ans dans un pays communiste. C’est pour ça que je n’étais pas communiste à vingt ans. Jeune, d’accord, mais pas con à ce point-là. Et encore j’ai eu de la chance: c’était le meilleur de tous les pays communistes, le plus vivable.) Citez-moi un seul pays communiste qui soit démocratique…

      • 5 Août 2013 à 21h29

        Parseval dit

        La France !
        Il y a pas mal de gens dans les pays de l’est qui regrettent le communisme.

        • 5 Août 2013 à 21h39

          mada dit

          Eh bien, allez leur parler.

        • 6 Août 2013 à 11h23

          Georges_Kaplan dit

          Sans doute les anciens membres du Parti ;)

      • 5 Août 2013 à 21h34

        eclair dit

        @mada
        Citez moi un seul pays démocratique plutôt.
         

        • 5 Août 2013 à 21h55

          mada dit

          Tous les pays où une alternance politique, suite à des élections, est possible. Ce n’est peut-être pas idéal, mais c’est déjà ça. Nous en rêvions. Sauf la Pologne, dans tous les pays communistes, il n’y avait qu’un parti politique autorisé, légal. Devinez lequel. En Pologne il y avait 3 partis, mais les communistes avaient le rôle de “guide”. Normal. Les autres, c’était pour le décor, ils n’avaient rien à dire. Et on ne pouvait pas fonder un quatrième parti. La loi de la jungle, c’est quand même la loi.

        • 6 Août 2013 à 9h07

          eclair dit

          @mada
          Cela n’est pas ça la démocratie cela n’est qu’une utopie.

        • 6 Août 2013 à 21h08

          mada dit

          @eclair
          Eh bien, renseignez-moi. Je n’en sais pas autant que vous…

      • 5 Août 2013 à 21h37

        mada dit

        J’ajouterais: si, le communisme a existé – et existe encore dans certaines contrées. Et c’est le seul possible. Sinon, pourquoi le même schéma partout, dans des dizaines de pays communistes (excepté le degré de l’horreur)? Tiens, je vais rigoler: mais le vrai nazisme, ce n’est pas non plus ce qu’on a connu, c’est en vérité un système très humaniste, ce con d’Hitler l’a complètement dévoyé.

    • 5 Août 2013 à 15h37

      lecoeur dit

      Marx n’a pas décrit un processus historique, il a écrit un programme politique.

      La baisse tendancielle du taux de profit est son objectif, non une fatalité. Il l’appelle de ses voeux, plus qu’il ne la constate.

      Dans le but, en effet, de détruire la civilisation de l’homme ancien et la remplacer la civilisation nouvelle, de l’homme communiste.

      Que faire aujourd’hui pour provoquer cette baisse du taux de profit et détruire notre société productive, vu que Marx n’avait pas pris en compte les progrès de la productivité ?

      Le plan B de nos politiques consiste en l’accroissement des charges financières, directement ou indirectement, via la progression continue, depuis au moins la deuxième guerre mondiale, des prélèvements obligatoires et de la dette publique.

      En effet, tout projet d’investissement, créateur d’emplois, s’apprécie en fonction de ses coûts initiaux et pérennes. En alourdissant les coûts financiers, des charges sur les salaires à l’ISF des dirigeants, en passant par la TVA et l’IR, on réduit le nombre de projets viables.

      Conséquence, tous les 10 ans on constate une baisse de 1 point du taux de croissance du PIB.

      Contrairement à ce qu’écrit l’auteur, le programme de Marx est donc mis en oeuvre, aujourd’hui en 2013, quasiment sur la planète entière.

    • 5 Août 2013 à 14h54

      appamée dit

      Bonjour

      Se tromper une fois est une erreur .
      Recommencer est une faute .
      Tous les communistes actuels sont en faute , et sont des aveugles de l’Histoire .
      Ils ne peuvent que finir dans les poubelles de l’histoire .

      Appamée

    • 5 Août 2013 à 14h11

      Letel dit

      > Et bien ils ont raison.

      Le français, bon sang ! Il n’y a pas de ‘Et bien’, ça n’existe pas, c’est Eh bien. Eh bien ils ont raison. Toute cette génération est passée au ‘et bien’, qui ne veut strictement rien dire et est une faute détestable.
      Sinon, d’accord sur le fond bien sûr. Le communisme est l’étape finale, une utopie, qui n’a jamais été réalisée, c’est le socialisme réel qui a tué (la collectivisation des moyens de production et la planification centrale, préconisées toutes les deux dès les écrits de Marx). En remettant tous les pouvoirs aux mains de l’Etat, les pouvoirs économiques, alors qu’il a déjà les pouvoirs politiques, on supprime la fragile séparation de ces pouvoirs qui existe dans le capitalisme (entreprises privées, régulation décentralisée par le marché), et on tombe fatalement dans la dictature. Et en plus la pénurie, parce que le système centralisé et collectivisé ne marche pas. La pénurie entraîne les privilèges pour une caste, et on revient à une espèce de société féodale, avec des inégalités monstrueuses, un type d’Ancien Régime.

      • 5 Août 2013 à 14h16

        Letel dit

        Je précise que l’utopie du communisme (‘A chacun selon ses besoins’), comme les autres utopies, ne peut être réalisée. Seul le socialisme réel, qui contient des changements concrets (collectivisation et planification), peut l’être et l’a été. Avec les résultats qu’on a vus : famines, dictatures, massacres. Espérer déboucher sur une société idéale, le communisme, à partir de là est du délire. Espérer la réaliser sans passer par cette étape mortifère l’est également.

      • 5 Août 2013 à 15h23

        zelectron dit

        Le marxisme porte en lui les germes de la mort.