Pauvres communards… | Causeur

Pauvres communards…

Quand le PS veut se refaire la cerise

Auteur

Tsolag Paloyan
Etudiant

Publié le 13 janvier 2017 / Histoire

Mots-clés : , , , , ,

Thiers Emile Zola la Commune Alain Minc Gauche

Adolphe Thiers

À l’initiative du groupe socialiste, l’Assemblée nationale a voté le 29 novembre une proposition de loi proclamant la réhabilitation de toutes les victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. Après cinq années passées à « nous débarrasser définitivement du socialisme » selon le mot enjoué d’Alain Minc, le parti socialiste a jugé opportun de sortir de ses tiroirs l’héritage de la Commune, avec l’espoir de convaincre ses électeurs dépités. Pour rappel, le principal ennemi de la Commune n’était autre qu’Adolphe Thiers, le « chef avoué du centre gauche » et « l’un des enfants de 1789 », comme l’encensait Zola dans les colonnes de La Cloche, l’un des quotidiens de la gauche républicaine.

Yves Montand – Le temps des cerises par farflungbaton

Dans Le Messager de l’Europe (octobre 1877), l’auteur des Rougon-Macquart écrivait encore à propos de l’« adorable » Monsieur Thiers, que « personne ne l’aurait suivi s’il s’était dirigé vers la droite, alors que l’instinct de la foule l’entraînait vers la gauche ». Le « génie français incarné » fut pourtant à l’origine de la répression terrible des communards qui fit 10 000 à 20 000 morts. Certes, Thiers ne mena pas lui-même ces basses œuvres meurtrières. Celles-ci furent confiées à un certain Gaston de Galliffet, le « bourreau de la Commune », qui sera par la suite ministre de la Guerre dans le gouvernement de « Défense républicaine » de Waldeck-Rousseau, constitué à la suite de l’affaire Dreyfus, le 22 juin 1899. Mais rien de tout cela n’empêche le parti socialiste de se réapproprier l’histoire de la Commune, en la gauchisant allègrement.

Née de l’alliance entre le socialisme ouvrier et la gauche républicaine, la gauche moderne s’est constituée sur le dos des communards.

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    publié dans le Magazine Causeur n° 101 - Janvier 2017

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    • 15 Janvier 2017 à 21h47

      GHMD dit

      La “gauche moderne” (un oxymore !), c’est Sartre et Beauvoir. Cela n’a plus rien à voir avec le mouvement ouvrier né au XIXe siècle.

    • 14 Janvier 2017 à 13h01

      Habemousse dit

      Il est bon de lire, cent quarante cinq ans après, ce qu’en disent des gens comme Flaubert, Maxime Ducamp ou même Georges Sand, trop intelligente pour épouser une seule cause, les premiers émois passés.

    • 14 Janvier 2017 à 12h12

      netrick dit

      I / Rossel, Courbet, …n’étaient pas des socialistes à proprement parler !
      II / Thiers avait effectivement été un des révolutionnaires de 1848 !
      III / Les Fédérés ont aussi leurs fusillades de l’Archevêque de Paris et des
      Dominicains d’Arcueil !
      IV / Le mausolée de Thiers et au sud du Père-Lachaise, le mur des Fusillés au
      nord-est ! La tombe de Victor Noir entre les deux !
      V / Gallifet avait déclaré : Des ennemis, je n’en ai pas, je les ai tous fait fusiller ! Il avait tort, et ils se sont bien manifesté pendant son ministère.

    • 13 Janvier 2017 à 17h04

      Schlemihl dit

      Détail peu connu , les Communards survivants ont fini habituellement à l’ extrême droite . Le socialisme peut être préhitlérien .

      L’ horrible bourgeois Monsieur Thiers a probablement servi les intérêts de la nation . Mon Dieu que mes propos sont inélégants !

      Parlons de choses plus plaisantes . quoi de neuf au Vénézuéla ? et comment se porte le grand Kim Jong Un , alias Porcelet III ?

    • 13 Janvier 2017 à 15h53

      persee dit

       Les révolutionnaires , ça massacre et ça se fait massacrer ! Ben au moins , ils savaient s’amuser . Nous on nous vend  du  ”festif ” à longueur d’ondes et qu’est ce qu’on s’emmerde . Dis papa , quand est- ce qu’on meurt ? 

    • 13 Janvier 2017 à 14h39

      gerard jourdain dit

      il n’y a plus qu’en France qu’on peu encore parler du jésus soviétique.

    • 13 Janvier 2017 à 14h14

      steed59 dit

      j’ignore de quel bord politique est M. Paloyan, mais l’histoire de la Commune a surtout été récupérée par le PCF jusqu’à présent, avec force d’hommages en tout genre au mur des fusillés. Donc pas sûr que le parti de la Place du Colonel-Fabien apprécie cette récupération.
      L’auteur aurait pu rappeler aussi que c’est la même gauche qui vénère les révolutionnaires de 1848, tout en oubliant que ces même révolutionnaires massacrèrent les ouvriers 4 mois plus tard sur le pavé parisien

      • 13 Janvier 2017 à 19h47

        Schlemihl dit

        Steed , je vous surprend la main encore sanglante . Avouez ! ou vous lisez des livres ou vous n’ êtes pas inscrit au PS . Ou vous avez les deux tares à la fois .

        Deux ouvrages épatants sur l’ année 1848 : les souvenirs de Tocqueville , qui y était , et l’ Education sentimentale de Flaubert , avec la réunion du Club de l’ Intelligence: Citoyens , je propose de donner une plus grande extension à la Tête de veau !