Jusqu’à présent, nous n’avions vu agir que des tueurs individuels. Quand nous apprenions que des individus de chez nous allaient mener une guerre sainte, c’était ailleurs.

En ce mois de juillet 2014, pour la première fois, des agressions islamistes ont eu lieu en groupes organisés. Les synagogues et les Juifs ne resteront pas longtemps les seules cibles de l’islamisme radical en France. La preuve est déjà sous les yeux du monde : les chrétiens de Mossoul, en Irak, sont menacés de mort s’ils ne se soumettent pas à l’Islam le plus primitif.

Notre problème est le soutien latent de la part de leur milieu dont ces ennemis de l’intérieur bénéficient. Aussi réduit que soit leur pourcentage dans la population d’origine arabo-musulmane, on sait que ces terroristes s’y sentent comme des poissons dans l’eau.

La mère du soldat français assassiné par Mohamed Merah en a fait l’expérience, en parlant avec les jeunes des cités, et personne n’a pu la contredire et la rassurer.

La société française est à un carrefour. Ou elle s’accoutume à ces violences anti-juives, et laisse monter un climat de guerre sainte menée contre elle, sur son sol, par la frange la plus agressive d’une partie de sa population, ou elle répond sans inhibition pour se défendre, par la répression et en faisant ce qu’elle peut pour intégrer sa composante d’origine arabe et musulmane  aux principes et aux valeurs démocratiques de son pays d’accueil.

Le choix doit lui être proposé sans bœuf sur la langue.

La terreur islamiste est un problème mondial, et elle peut prendre pied dans les États démocratiques d’Europe à forte composante musulmane.

Le défi est d’y répondre avec la même force et la même détermination qu’envers une agression extérieure.

C’est un défi nouveau : ni les fascistes des années trente, ni les terroristes d’extrême gauche des années 70 ne provenaient d’une partie aussi nombreuse de la population. La répression sans faiblesse de l’État contre les Brigades rouges en Italie, contre la Fraction armée rouge en Allemagne fédérale, ou contre les autonomes en France, ne prenait pas à rebrousse-poil une part importante des peuples concernés.

Si les musulmans démocrates s’engagent, enfin, dans cette guerre contre leurs rejetons terroristes, tout le monde s’en sortira gagnant. Il y va de l’avenir de la France, et de l’avenir des musulmans de France.

Les responsables politiques devront être jugés sur leur détermination.

Dès maintenant, on peut au moins dire : « Chapeau à Hollande, et chapeau VaIls ».

 

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André Sénik, professeur agrégé de philosophie.
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