Comment j’ai fini par regretter Guillaume Durand

Faible avec les forts, fort avec les faibles : ainsi va Daniel Picouly

Publié le 27 septembre 2008 à 16:44 dans Médias

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Parmi les multiples nouveautés de la rentrée télévisuelle – dont la plupart, apparemment, ne passeront pas l’hiver – le service public a l’air particulièrement fier de sa nouvelle émission-littéraire-grand-public, starring Daniel Picouly dans le rôle de Bernard Pivot.

Ça au moins, ça devrait durer ; en tout cas, l’animateur fait tout pour. Voici trois mois encore, Daniel était confiné dans une case improbable sur France 5 avec “Café Picouly”. Le voici désormais sur France 2 avec un concept flambant neuf : “Café littéraire” ! Un titre qui a au moins le mérite de stabilobosser au passage la synonymie entre les mots “Picouly” et “littérature” – même si, à titre personnel, j’aurais encore préféré “Café picoulittéraire”.

Pour que nul n’en ignore, rappelons que notre animateur est aussi, et d’abord, un écrivain – et parmi les plus glands. Auteur de polars à pâlir la nuit, puis de best-sellers à éviter même en plein jour, il a même mérité pour un de ses opus (Le champ de personne) le Grand Prix des lectrices de Elle – comme avant lui Bernard Werber et Paulo Coelho, pour vous donner une idée.

Hormis ce bâton de maréchal-ferrant, qui comme de juste écrit avec ses sabots, qu’est-ce qui lui vaut donc cette promotion ? La saison passée, son émission me servait assez régulièrement de Donormyl. N’écoutant que mon courage, j’ai voulu voir quand même, pour vous et le cas échéant à votre place, comment la chenille s’était transformée en papillon.

Commençons par les bonnes nouvelles : cette fois-ci, je ne me suis assoupi que vers la fin – et sans doute bien plus tard que la plupart de mes co-téléspectateurs.

Certes, la forme y est pour beaucoup. Difficile de trouver le sommeil quand vos yeux et vos oreilles sont sollicités en permanence par un brouhaha criard – si l’on ose dire.

Générique “ultra-moderne”, tout en accéléré – tellement innovant qu’on se croirait dans “Paris-Dernière” il y a 13 ans. Décor violemment kitsch aux dominantes rouge sang, dont on devine qu’il est là pour souligner la dimension néo-post-moderne de l’entreprise. Ambiance radicalement bidon, dans ce faux café où de faux clients sont censés, à 1,50 m de Picouly, discuter à bâtons rompus sans se douter un instant qu’il y a des caméras partout !

Problème : ces figurants-là n’ont visiblement pas grand-chose à se dire, à part de temps en temps à autre : “Fais gaffe, regarde pas la caméra !” Et à force, ça finit par se voir. Idéalement, il ne manque à ce tableau qu’un homard géant en plastique suspendu par la queue… Mais le mieux est l’ennemi du bien.

Et puis il y a le fond – incarné avec talent par Picouly. Tellement heureux d’être là, le mec, qu’il ne peut s’empêcher de hurler ses questions les plus intimes, ni de mimer à la Buster Keaton ses empathies calculées. Bref, dans ce Théâtre des deux-cents-ânes tout le monde joue – sauf Picouly qui, en tant que chef, s’arroge le droit de surjouer.

Avec Elie Wiesel, son invité d’honneur, Picouly en fait un poil trop dans la révérence. Ne nous annonce-t-il pas, dès le sommaire, une “rencontre tout simplement exceptionnelle” (sic) avec un homme “impressionnant, attentif et émouvant” ? Avec une telle intro, le ton est donné : durant son interview, jamais Daniel ne dépassera le niveau d’insolence d’un lancinant “Comment faites-vous pour être aussi formidable ?”

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  • 28 September 2008 à 21h29

    Pascal dit

    Cette méthode de la prise entre le marteau et l’enclume,comme la mésaventure qui est arrivée à Jean Bothorel,Pollack la pratiquait avec un grand art,quand il animait “Droit de réponse”.

    Dans un même ordre idée,Thierry Ardisson illustre très bien cet art de l’attaque sans risque du plus faible et de la révérence devant le fort.

    C’est chose plus facile de se payer la tête d’un crétin presque sans défense comme Patrick Fiori ,par exemple,que de tenir tête à une brute telle que Joey Star,où la complaisance de l’animateur dissimule mal la crainte physique qu’il lui inspire.

  • 28 September 2008 à 21h21

    Eureka dit

    Les implants capillaires et autres teintures de Guillaume Durand devenaient trop coûteux.
    Tout comme Poivre.
    Il rejoint donc les seniors du dimanche après-midi.

  • 28 September 2008 à 14h58

    Adam Pollo dit

    En même temps, quand on écrit un pamphlet qui s’intitule “Chers imposteurs”, à charge contre quelques individus (quels qu’ils soient), il faut s’attendre à un retour de flamme quelconque! Que Bothorel soit “estomaqué” par les réactions que son livre engendre est quand même étonnant.

    Je n’ai pas lu ce livre, mais me suis demandé s’il se comptait lui-même parmi les imposteurs qu’il dénonce… Car il ne fait que s’attaquer aux “intellectuels” français médiatiques, comme s’il n’y en avait pas d’autre. Pourquoi n’écrit-il pas plutôt sur Jacques Derrida, par exemple?

    Bothorel fait dans le facile, il est lui aussi à deux doigts de l’imposture. Indépendamment de ce qui se passe à la télévision.

  • 28 September 2008 à 12h53

    Aristote dit

    Franchement je ne regrette pas l’émission de Guillaume Durand du vendredi soir. Elle était verbeuse.

  • 28 September 2008 à 12h02

    Ornoto.be dit

    On se dit toujours qu’on atteint le fond, et bien non, il y a encore pire. Et ce n’est pas fini.Ailleurs, chez F.O.G, la plate complaisance de Bernard Debré et François Bayrou pour la Catherine Angot dispensait une purée émétique. Exit Monique Younès qui avait du chien, de l’impertinence, de l’élégance, du piment, de l’esprit. Toujours pire je vous dis. Ah oui, F.O.G recommanda quelques livres et résuma brillamment ses arguments par le mot asséné d’EXCELLANT !
    Compris ?

  • 28 September 2008 à 11h32

    berla dit

    rien ne pourra jamais me faire regretter guillaume durand, même un demeuré comme picouly
    france télé, c’est quand même une belle merde

  • 28 September 2008 à 4h10

    Jeanne Masse Les Pieds dit

    Chacun son truc! Moi je regrette the good old time of ma Tuberculose. AU moins dans les sanatoriums, on s’fendait la poire! N’est ce pas Bacille?

  • 28 September 2008 à 2h30

    BOUIK dit

    Il ne pouvaity avoir, à cette place, et comme bronzé, qu’un Picouly, envoyé du courant dominant de la bien pensance.

  • 27 September 2008 à 21h18

    Ludovic Lefebvre dit

    Oui, on en arrive à regretter Guillaume Durand. C’est triste.

  • 27 September 2008 à 20h51

    Ludovic Lefebvre dit

    Même regard, on cherche un peu l’émission littéraire et M Piccouli ne joue que sur le capital sympathie. J’ai eu une avant-première au salon du livre de Metz cette année que présidait le présentateur, il se trouve qu’il avait une discussion à bâton rompu- sans hélas pour le spectacle se le casser sur la tête- avec Michel Drucker sur cette émission qui était à venir à l’époque. J’ai compris que ce serait foireux par les informations volées dans cette conversation. Comment un homme ayant fait une promotion enthousiaste au dernier livre de son amie Pascale Clark lors d’une conférence dansce même salon aurait-il pu
    faire une émission litéraire digne de ce nom ?

    Pourquoi Drucker a-t-il eu si peur de moi à ce moment là ? Je lui ai pourtant souri, il ne savait pas que je connaissais les horreurs perpétrées par son père, ne savait rien de moi, en fait. Il avait le visage anxieux pourtant de la petite possédée lorsque le père Damien Carras arrive pour lui prodiguer l’exorcisme dans le film éponyme.

  • 27 September 2008 à 17h12

    AKFAK dit

    Hautement d’accord avec votre billet. Par contre, il faut savoir distinguer l’opportunisme du suivisme…,
    Pour faire vite : Je pense que l’opportunisme peut rester moral; contrairement au suivisme… cf Histoire…
    Daniel Picouly, un suiviste, vomitif et décevant.