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Pas de réchauffement climatique ?

On pourrait peut-être, au moins, en discuter

Publié le 04 janvier 2013 à 17:30 dans Société

Mots-clés : ,

climat pollution industrie

« Qu’il n’y a pas de réchauffement climatique » pourrait être le titre d’une des antiennes les plus chères aux néo-réacs. Toute personne s’inquiétant de la montée des eaux, de la disparition des glaciers, des gros bouts de banquise qui se font la malle, des pics de pollution, des tempêtes tropicales toujours plus fréquentes, toujours plus violentes, de la perspective prochaine de guerres de l’eau, est traitée de « réchauffiste ».
Les réchauffistes, par une mystérieuse alchimie idéologique, sont très vite assimilés aux partisans du mariage pour tous, de la régularisation des sans-papiers, de l’appropriation collective des moyens de productions, du goulag, voire aux antisémites complotistes comme le laisserait entendre le titre de la dernière brève de l’ami Marc.

Que les plus grandes nations du monde aient jugé bon de se réunir pour parler de ce problème ne change semble-t-il rien à la donne. Des dizaines, que dis-je des centaines de dirigeants sont tous des imbéciles manipulés par des incompétents malintentionnés du GIEC. Et les scientifiques qui s’opposent à cette thèse du réchauffement sont bien évidemment des dissidents persécutés par la bien-pensance, et les pays qui claquent la porte d’une conférence internationale pour des raisons tactiques de géopolitique régionale, sont des avant-gardes éclairées qui ont compris avant tous ces écolos bêtas que forcément tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et que notre mode de développement hérité de la révolution industrielle ne pose pas le moindre problème.

Toujours plus de centrales nucléaires dont on sait que les déchets sont de plus en plus encombrants, toujours plus d’utilisation des énergies fossiles même si elles sont polluantes, même si elles s’épuisent….
De toute façon, s’il n’y a plus de pétrole, il y aura du gaz de schiste. Et ceux qui s’opposent à cette énergie dont on estime qu’elle durera moins d’un siècle sont d’affreux rétrogrades. Une subtile campagne de presse nous explique déjà, après le rapport Gallois, que les USA, par exemple, qui ne sont pas signataires de Kyoto car eux sont intelligents, vont bientôt être indépendants du pétrole saoudien grâce à ce fameux gaz de schiste. Alors pourquoi pas nous, hein, on vous le demande ? C’est très polluant ? Et alors ? La réponse est simple, laissons faire le marché ! Son génie intrinsèque, sa mystérieuse main invisible, ses belles harmonies spontanées, sa grandeur prométhéenne nous permettront de trouver des méthodes nouvelles pour l’exploiter. Et quand il n’y aura plus de gaz de schiste ? Eh bien, on trouvera autre chose. Comme dans ce roman de Romain Gary, Charge d’âmes, où l’écrivain imagine en 1977, en plein choc pétrolier, que l’âme des morts devient un extraordinaire carburant de substitution. Mais de grâce, encore une fois, laissons faire, laissons passer !

Bon, si on arrêtait de se mentir ? Les adversaires de la thèse du réchauffement climatique sont avant tout ceux, idéologiquement, qui ont intérêt à ce que perdure le capitalisme et le mode de production qu’il suppose. Une exploitation infinie d’une planète finie et un court-termisme à la fois terrifiant et stupéfiant. Terrifiant par l’égoïsme prédateur qu’il sous-entend et stupéfiant car ce sont les mêmes qui culpabilisent le moindre assuré social en lui parlant de la dette qu’il va laisser à ses enfants qui veulent ignorer absolument l’environnement qu’ils vont lui laisser, à ce môme.

Et ce, en continuant à se comporter avec la nature aujourd’hui comme ils le faisaient hier : en la traitant comme une force hostile qu’il s’agit de dominer pour assurer la survie de l’humanité et non comme l’organisme exténué qu’elle est. Je ne sais pas si le réchauffement climatique est réel ou pas, s’il est dû à l’activité humaine ou pas. Néanmoins, j’ai le droit d’être troublé quand les services secrets des USA, ce pays archétype de l’optimisme marchand, publient un rapport il y a quelque jours sur le monde en 2030 en indiquant qu’il faudra prendre un compte « les sécheresses consécutives au réchauffement climatique ». Réchauffement climatique, qui évidemment, n’existe pas…

Alors, comme cela arrive souvent, c’est chez Marx, qui a vanté la force révolutionnaire du premier capitalisme mais qui sait aussi penser la contradiction, que les limites de ce rapport de l’homme à la nature sont pensées avec une précision prophétique : « L’homme vit de la nature signifie : la nature est son corps avec lequel il doit maintenir un processus constant pour ne pas mourir. Dire que la vie physique et intellectuelle de l’homme est indissolublement liée à la nature ne signifie pas autre chose sinon que la nature est indissolublement liée avec elle-même, car l’homme est une partie de la nature.»

Une partie de la nature, donc. Pas son propriétaire, et encore moins son bourreau avide.

*Photo : drurydrama (Len Radin).

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52

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  • 18 Mars 2014 à 13h29

    cage dit

    « L’homme vit de la nature signifie : la nature est son corps avec lequel il doit maintenir un processus constant pour ne pas mour… etc:
    c’est  KMarx pris en flagrant délit de pompage brut de Spinoza.
     

  • 18 Mars 2014 à 13h25

    cage dit

    Il n’y a pas de réchauffements climatiques imputables en tant que tels à l’homme.
    Il y a des changements climatiques, constatés mais non modélisables, avec une sous-déterminations de toute théorie par les faits. 
    3 volcans islandais en éruptions font plus en 6 mois que l’activité humaine aussi polluante soit-elle.
    Il ne faut pas arrêter de se faire peur, mais avec les bonnes raisons.

  • 18 Mars 2014 à 13h17

    F14Claude dit

    Personne ne nie le réchauffement climatique, il se constate (depuis la fin du XVIIIème siècle), un autre a d’ailleurs eu lieu entre les Xème et XIVème (optimum médiéval).
    Ce que contestent les météorologues sérieux est l’influence de l’homme sur ces variations. Et sa capacité a les modifier.
    Mais c’est vrai que depuis lundi je trouve qu’il fait moins chaud…

    • 18 Mars 2014 à 13h31

      cage dit

      Personne ne nie le réchauffement climatique:
      ben si, qd même…

      • 18 Mars 2014 à 13h40

        F14Claude dit

        Pas moi.
        D’ailleurs le glaçon qui flottait dans mon Martini vient de disparaître.

      • 18 Mars 2014 à 19h24

        cage dit

        Disparu!!
        ah que nenni!!
        Il s’est simplement transformé!!!!
        Moi, le Martini, j’adore, mais mon estomac ne suit pas.
         

  • 15 Janvier 2013 à 14h02

    steed59 dit

    JL qui vend le nouveauc concept d’écosocialisme du camarade mélenchon, c’est beau la discipline de pari

  • 8 Janvier 2013 à 13h27

    JeanBart dit

    “first they ignore you, then they laugh at you, then they fight you, then you win”
    JL confirme, avec talent, que nous en sommes à l’étape 3.
    Le mélange de naturalisme, de malthusianisme et d’anticapitalisme est touchant, on croirait entendre un rasta du campement de Notre Dame des Landes.

    Plus sérieusement, il y a effectivement de gros problèmes écologiques : gestion de l’eau et accès à l’eau potable, pollution des sols, pollution de l’air, pollution et acidification des océans.
    Dans la plupart des pays, la connivence des régimes avec les milieux d’affaires ne permettent pas une gestion de bon sens. Prenons un exemple : la France.
    L’Etat favorise la consommation de diesel par rapport à l’essence alors que c’est bien plus polluant (ozone) et dangereux pour la santé (y’a-t-il un francilien de moins de 15ans qui ne soit pas asthmatique ?).
    Réaction du gouvernement : on met en place des incitations à acheter des voitures diesel avec des seuils d’émission générant des effets de bord délirants (voir les derniers éditos de la presse auto).
    Les OGM sont peut-être une solution contre les pollutions des sols ; on se dépêche d’empêcher toute recherche. Je passe les exemples, trop nombreux et attristants pour un commentaire léger.
    La monomanie du réchauffement climatique anthropique à très brève échéance nous aveugle sur les problèmes que nous pourrions – et devons – traiter tout de suite.

    Enfin, je voudrais rappeler que l’âge de pierre n’a pas pris fin par manque de pierre. Il est probable que nous trouvions des énergies alternatives plus économiques que le pétrole avant que sa dernière goutte ne soit consommée. Car si nous vivons dans un monde fini, l’intelligence humaine n’a pas de limite. C’est ce qui nous a permis de passer des cavernes à de coquets pavillons de banlieue. Je laisse à chacun le soin de savoir ce qui est le plus poétique, mais d’après les choix de mes contemporains, il semble que le pavillon soit plus confortable.

  • 7 Janvier 2013 à 17h45

    Ratuma dit

    Un canyon sous l’Antarctique favoriserait la fonte des glaces …
    Un canyon de près de 1.500 m de profondeur accroîtrait le phénomène de la fonte des glaces dans l’Antarctique occidental, rapportent des chercheurs britanniques …
    sciencesetavenir.nouvelobs.com/nature-environnement/…

    connaissez-vous le climatologue français Marcel LEROUX ?

    Bien entendu, cela ne permet pas de polluer la terre, de continuer avec les centrales nucléaires, les éoliennesl, les panneaux solaires le gaz de schiste, les biocarburants, etc ………

    Et dire que les solutions existent depuis longtemps (avant la dernière guerre)- je suis tellement navrée, que je ne veux même pas développer ici, cela ne sert à rien , je l’ai déjà tant fait , ceux qui ont trouvé doivent se retourner dans leurs tombes

  • 7 Janvier 2013 à 15h22

    MONCHERETBEAUPAYS dit

    Oui, un vrai débat est indispensable, si l’ont veut éviter qu’un totalitarisme chasse l’autre…car les totalitaires qui vantaient le capitalisme prédateur et délirant…ou les paradis communistes …remenber !…ont reniflé une nouvelle cause qui va leur permettre une fois de plus d’exprimer leur haine …il pourrait bien y avoir un jour des gens à massacrer par là…et toujours pour le bien de l’humanité…comme le dirait POL POT….et tant et tant d’autres amis du genre humain…de “droite” ou de “gôche”…

  • 7 Janvier 2013 à 12h35

    Etoile Vesper dit

    Il est proprement stupéfiant de constater en lisant les commentaires qui précèdent à quel point les réactions sont épidermiques quand il s’agit de réchauffement climatique. Et qu’on en soit encore à entendre des arguments tels que : “il vaut mieux s’adapter aux changements climatiques que de les contrer” ou encore “il va falloir ressortir son éventail” est vraiment désolant. N’importe quel mécanicien pour automobiles vous dira qu’il n’y a rien de plus facile que de bricoler un moteur moitié eau/moitié essence réduisant d’au moins 70 % les émissions polluantes. Vous trouverez sur internet des vidéos indiquant comment faire. Et puis, faut-il vous rappeler à quoi roulaient les premières bagnoles ? Quant au réchauffement climatique : non, on ne pourra pas en maîtriser les conséquences ! Et les problèmes liés à la pollution ne s’arrêtent pas là ! la circulation des bateaux et des avions acidifient dangereusement les océans avec pour conséquence une destruction progressive de la vie sous-marine. L’homme est absolument incapable de réparer les dommages qu’il cause, et c’est peut-être parce que vous tous le sentez confusément que vous protestez si fort.Bref, c’est Jérôme Leroy qui a raison. Je souhaiterais pourtant qu’il ait tort… 

  • 6 Janvier 2013 à 19h42

    Grunchard dit

    Le gaz de schiste serait un ami du climat.
    “Depuis 2006, les Etats-Unis, le plus grand pollueur de la planète avec la Chine, ont réduit d’environ 8% leurs émissions de dioxyde de carbone. [...]  cette réduction représente à peu près «deux fois l’effet total du Protocole de Kyoto dans le reste du monde». A quoi faut-il attribuer cet apparent miracle? A une technique, le fracking, la fracturation hydraulique de roches souterraines (gaz de schiste) …
    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1bd95f3a-d1df-11e1-9867-0187a9f83426/Le_gaz_de_schiste_serait_un_ami_du_climat#.UOnEhOSsnlc 

  • 6 Janvier 2013 à 19h12

    Grunchard dit

    “les électeurs Européens risquent à un moment donné de ne plus supporter d’être les seuls à être soumis à des restrictions et à passer à la caisse. Il est en effet choquant de voir qu’un État comme le Qatar hôte de la Conférence et par ailleurs riche et grand organisateur de manifestations sportives y compris en Europe et qui a un taux d’émissions de CO2 de 31 tonnes par habitant ne soit soumis à aucune obligation. Par contre la France qui en émet six fois moins est soumise aux objectifs contraignants de l’Union européenne. Tout ceci ne signifie rien de bon pour l’avenir de ces grandes négociations internationales et pour des politiques restrictives nécessaires, mais à un niveau beaucoup plus global, pour contenir le changement climatique”
    “alors que les émissions ont diminué de 12% dans l’Europe des 27 depuis 1990, elles ont augmenté de 51% durant la même époque dans le monde (malgré le déclin européen), la plus grande partie de cet accroissement étant dû à l’Asie. Clairement, le bon exemple européen n’a pas été suivi d’autant plus que le déplacement d’activités manufacturières vers l’Asie a été accompagné d’une utilisation de plus en plus massive de combustibles fossiles notamment de charbon dont le prix demeure très bas par rapport à d’autres sources d’énergie notamment les renouvelables.”
    http://www.telos-eu.com/fr/environnement/changement-climatique/climat-leurope-dindon-de-la-farce.html