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Vivement le « mariage pour tout » !

Pourquoi arrêter le Progrès ?

Publié le 01 janvier 2013 à 9:00 dans Société

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civitas mariage gay

En matière de morale, deux principes philosophiques structurent notre vision du monde. Platon a résumé ces deux principes par les figures d’Hermogène et de Cratyle dans le dialogue platonicien qui porte le nom de ce dernier.

Dans un de ses maître-ouvrages1, Renaud Camus signale à juste titre que le premier incarne la gauche, et le second la droite ; l’un le progrès, l’autre le conservatisme. Nôtre monde est sans doute du côté d’Hermogène, et le « mariage pour tous » que Hollande revendique comme un progrès l’exemple type d’une notion acceptée comme une convention sociale, qui se trouve à la merci d’un changement de définition sous l’effet d’un consensus nouveau. Car quoi de commun entre le mariage catholique, qui constitue le raccommodage de la plaie liée au péché originel ainsi que le rachat de la misère humaine par l’immortalité de substitution que lui offre la procréation, et le « mariage » pour tous ? Rien sinon les sept mêmes lettres qui dans un cas disent « cataplasme » et dans l’autre profèrent « droit » et « égalité »…

Cependant, du strict point de vue d’Hermogène, on peut se demander pourquoi s’arrêter subitement au « tous » ? Loin de nous l’idée de vociférer avec les intégristes de tout poil et d’assimiler ce « mariage pour tous » à d’éventuelles perversions criminelles, comme l’inceste et la pédophilie.

D’abord parce qu’à vicieux, vicieux et demi et qu’il nous semble apercevoir autant de vices chez les Femen que de vertus absentes chez les séides de Civitas qui les coursent, trouvant peut-être quelque plaisir infâme à poursuivre des femmes nues…  Mais le « mariage pour tous » est encore par trop réactionnaire ! Marier un père et sa fille, ou un père et son fils, c’est encore unir deux êtres humains, c’est toujours limiter, donc exclure.

Or, à l’orée des progrès de la cybernétique et du clonage, quand des poupées gonflables remplacent esthétiquement la femme de base, le « mariage pour tous » apparaît déjà comme un concept daté. Ne réservons pas le monopole des droits à l’humain, sous prétexte de ce vieux préjugé chrétien qui nous intime que lui seul aurait une âme, et étendons donc la justice aux inanimés. Aussi nous espérons que lors de la prochaine campagne présidentielle, François Hollande trouvera l’audace nécessaire pour inscrire à son programme un mariage plus égalitaire et plus révolutionnaire que le mariage pour tous : le « mariage pour tout ».

J’aurai ainsi le loisir d’épouser mon ordinateur avec lequel je passe beaucoup de temps sans oser m’avouer ce que je ressens pour lui pendant que le joyeux président de Civitas pourra s’unir à une tente…

*Photo : judyboo.

  1. Renaud Camus, Du sens, P.O.L. éditions.
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  • 7 Janvier 2013 à 12h26

    lorelei58 dit

    Très drôle et très vrai. Pourquoi se limiter ? L’absurde n’est bon que lorsqu’il est total. 

  • 7 Janvier 2013 à 11h38

    agatha dit

    @ Pierre,
    J’ai lu Nous autres Français avant les Grands cimetières, ce qui n’est pas très logique. Et pour ce second livre, je commence l

    • 7 Janvier 2013 à 11h47

      agatha dit

      …je commence la 3ème partie, ce qui fait que je ne connais pas encore les épisodes dont vous parlez.
      Mais faire lire ça à des 1ères, c’était très ambitieux ! A mon avis, il faut aborder Bernanos au bon moment dans sa vie, il faut avoir envie de comprendre l’époque. En faire une lecture imposée, ça me paraît difficile . La péroraison de l’incroyant de service, c’est particulièrment controuvé.
      “le gouvernement s’apprête à réfléchir” : je vous laisse la responsabilité de la formulation ! Je vais regarder ce que dit Ribbe.

  • 6 Janvier 2013 à 17h28

    agatha dit

    Pierre Jolibert, ce que vous venez de prendre la peine d’écrire est intéressant, très savant, long et complexe à mort.
    Mais je crois savoir qu’on élève les enfants avec des idées simples, en confortant la stabilité du monde autour d’eux, en préservant leurs définitions, en les protégeant des caprices des adultes. Pensez : il y a même des enfants qui croient au père Noël !
    J’ai peut-être tout faux.

    • 6 Janvier 2013 à 17h35

      agatha dit

      Au fait, j’oubliais de vous remercier : à cause de vous, plutôt grâce à vous, j’ai commencé la lecture de Bernanos : Les grands cimetières sous la lune et Nous autres Français.
      Rappelez-vous : vous l’avez longuement cité sur Causeur. J’ai eu envie d’aller y voir de plus près. Je ne suis pas déçue, mais je ne peux pas faire comme d’habitude : lire à toute vitesse et ne pas consulter les notes. Les explications sont indispensables !

    • 6 Janvier 2013 à 18h36

      Pierre Jolibert dit

      Belle Agatha, vous avez tout juste (et rassurez Cratyle : avant de rejoindre Marseille la métropole, vous avez vécu à Agde, non ?).
      Et je veux que les enfants croient au Père Noël, et qu’ils croient aux rois mages, et que les rois mages leur soient peints comme venant de toute la Terre. Ce n’est que bien plus tard qu’il faut leur apprendre, et encore, vraiment s’ils y tiennent, que les rois mages sont Mages, et que les relations entre les Mèdes et les Perses sont parfois sanglantes. Figurez-vous que je n’ai pas supporté d’entendre, en 4ème, que les atomes se divisaient, en électrons et en je ne sais quoi, on m’avait fait grandir trop tôt.
      Pour Bernanos je vous en prie, et c’est moi qui vous remercie, s’il est lu, en effet, quelle joie. Quand j’en aurai le courage, je me mettrai aux romans. Si votre exploration se poursuit jusqu’à “Le Chemin de la Croix-des-âmes”, recueil d’articles écrits pendant la guerre, vous pourrez y vérifier l’original exact de la phrase que Philippe Cohen, dans une colonne voisine, trouve formidable : « Ceux qui parlent ainsi se font traiter d’antisémites. Ce mot me fait de plus en plus horreur, Hitler l’a déshonoré à jamais. Tous les mots, d’ailleurs, qui commencent par “anti” sont malfaisants et stupides. » (suit un développement sur le mot anticlérical) Si l’on tient compte de ce que j’ai fait baragouiner en dessous à nos deux Athéniens, vous conviendrez que la nuance peut être vue comme importante.
      Enfin, je suis plus qu’heureux de vous avoir invitée à lire Bernanos ; je pensais à lui, évidemment, en lisant à l’instant l’article sur Boutang… Les comparaisons point par point sont intéressantes, surtout entre des comètes toutes sorties en tout sens d’AF. Vous voyez, j’ai furieusement besoin de croire en des choses simples et stables, et à m’assurer que j’ai choisi la bonne comète.
      Un secret pour finir : ce n’est pas la guerre d’Espagne qui a précipité l’engagement de Bernanos contre les fascismes (pour aller vite) : c’est la guerre d’Éthiopie. Voilà pourquoi entre autres il est indispensable de peindre un roi mage en noir pour les enfants. 

      • 6 Janvier 2013 à 19h03

        agatha dit

        Oui, c’est vrai, la guerre d’Ethiopie marque une prise de conscience pour Bernanos, on s’en rend compte en lisant les Grands cimetières.
        Ce que je ne comprends pas très bien : comment il concilie ses positions contre la “croisade” franquiste et le fait que son fils Yves ait fait partie de la Phalange.
        “Le chemin de la Croix-des-âmes”, c’est noté.

      • 6 Janvier 2013 à 19h38

        Pierre Jolibert dit

        Ah bé si je me souviens bien, de deux façons, la conciliation.
        Une façon un peu courte : faire de la Phalange des purs qui ont d’ailleurs été éliminés très vite ou recyclés par les affreux méchants dans leur propre camp. (dans ce cas, l’appareil de notes vient expliquer que oui bon ça tient pas la route très longtemps, mais il faut excuser Bernanos, la pensée en train de se faire, etc.)
        Une façon plus féconde : admirable passage (mais vous en êtes où, des Grands cimetières ? je ne voudrais pas tuer le plaisir) sur la scène où la fils phalangiste revient en larmes après avoir assisté à une exécution : immédiatement précédée (vois-je en vérifiant, heureusement le signet était pile là) d’un texte terrible sur les deux tendances de l’enfance, dont l’une peut être exploitée par le fascisme ; c’est de là que vont sortir Les Enfants humiliés.
        immédiatement suivie, justement, de l’évocation de la guerre d’Éthiopie, avec citation d’un souvenir de guerre d’un fils aviateur de Mussolini, qui obsèdera Bernanos jusqu’à la fin, car il en reparle assez souvent.
        Mon Dieu, une fois j’ai voulu faire lire tout ça à des élèves de première que j’aimais particulièrement, ça a pas mal raté, je crois : les discours attribués entre guillemets à la voix de l’Intello “réaliste” (au sens de Bernanos), c’était pas facile pour eux de voir immédiatement que c’est un discours imaginé pour être dénoncé par l’auteur. Vous imaginez les malentendus possibles.

      • 6 Janvier 2013 à 21h40

        Pierre Jolibert dit

        Pendant ce temps, M. Claude Ribbe se débat avec les noms “race” et “racisme”, voulant rappeler au président Hollande une promesse de campagne : http://www.claude-ribbe.com/. Le moment est-il bien choisi, au moment où une partie du gouvernement s’apprête à réfléchir à d’autres noms, et entre autres à ce qui sépare la “pédagogie” de la “propagande” (position de départ : la pédagogie, c’est nous, la propagande, c’est les autres) ? 
        Quand j’ai fait le cours de première dont je parle au-dessus, je ne connaissais pas encore les méthodes de Mr Garrisson, l’instituteur de South Park, personnage à qui je ressemble énormément. Dommage, ça m’aurait été utile, la marionnette.

  • 6 Janvier 2013 à 16h34

    Pierre Jolibert dit

    _ Que si on la croit… que si… Ces millénaires de séjour dans les limbes t’ont passablement déniaisé. Tu es donc prêt à jouer sur l’écart entre deux discours, et à déclarer vainqueur celui qui est le moins vrai des deux, s’il t’est manifeste que celui-là est plus efficace que l’autre, et mieux apte à créer une réalité… sociale, plus solide ? Ne croirait-on pas voir là la belle et droite fausseté selon notre maître Platon, celle qui consiste à enseigner les gardiens de la cité bonne avec le mythe d’autochtonie qui recouvre et leur masque leur vraie origine ?
    _ Tes sarcasmes glissent sur moi. Je suis déniaisé si tu veux, mais toujours aussi ferme dans mes engagements. En regagnant mon cercle, je vais tenter de passer par la surface de la terre, en France, empruntant la forme d’une vapeur qui insuffle le courage dans les poitrines des paresseux et leur donne l’envie d’aller manifester le 13 janvier. Car c’est bien de ça aussi qu’il est question, n’est-ce pas ?
    _ Ah, ah, tu as bien raison, fais de la sorte, tandis que moi je vais me rasseoir ici, voir tout ça de très loin, mais d’un regard aiguisé, et m’émerveiller de ce que la juste contemplation des choses telles qu’elles sont puisse avoir des effets aussi différents sur des esprits qui l’ont pourtant en commun. Nous savons à présent tous deux ce que parler veut dire, et n’agissons pas pour autant de même. Et pour ce qui est des rites, nous savons avec Bourdieu que « tout rite tend à consacrer et légitimer, c’est-à-dire à faire méconnaître en tant qu’arbitraire et reconnaître en tant que légitime, naturelle, une limite arbitraire ; ou, ce qui revient au même, à opérer solennellement, c’est-à-dire de manière licite et extra-ordinaire, une transgression des limites constitutives de l’ordre social et de l’ordre mental qu’il s’agit de sauvegarder à tout prix — comme la division entre les sexes s’agissant des rituels de mariage. En marquant solennellement le passage d’une ligne qui instaure une division fondamentale de l’ordre social, le rite attire aussi l’attention de l’observateur vers le passage (d’où l’expression rite de passage), alors que l’important est la ligne. » Mais nous ne les défendrons pas, ces rites, de la même façon.
    _ Assurément. Tandis que je vais aller protester contre la dénaturation du nom mariage, tu demeureras ici à te moquer de ceux qui s’en remettent à ce nom comme à un dieu guérisseur qui les fasse passer du bon côté de la ligne, alors même qu’ils vouent un culte à d’autres dieux, d’autres noms, qui contredisent ce dieu-là, et lui vouent une haine aussi tenace que celle qui lie Héra et Aphrodite. Nous sommes donc nous-mêmes tous deux du même côté, mais ne pensons pas, ni ne faisons la même chose. Comment faut-il alors nous nommer ? Que dois-je rapporter aux Français ? Qu’ils ont raison de te dire de gauche ?
    _ Non. Veille plutôt à ce qu’ils nous foutent la paix, ainsi qu’à Platon. 

    • 6 Janvier 2013 à 16h41

      Marie dit

      “Le voici: ce nom d’ἄνθρωπος signifie que, tandis que les autres animaux ne savent ni observer, ni étudier, ni contempler ce qu’ils voient, l’homme a cet avantage que tout. en voyant ὅπωπε, il observe et contemple, ἀναθρεῖ, ce qu’il voit. C’est donc avec raison qu’on a tiré le nom d’homme de cette faculté qui. lui appartient exclusivement entre tous les animaux, de 48 savoir contempler ce qu’il voit, ἀναθρῶν ἃ ὅπωπε.” la théorie du genre peut elle se retrouver dans ce propos ? j’en doute

      • 6 Janvier 2013 à 16h56

        Pierre Jolibert dit

        On finit toujours par s’y retrouver quand on le veut bien, chère Marie, quitte à tirer sur la corde ou par les cheveux. Merci pour cet éclairage.
        J’ai malheureusement renoncé à insérer là-dedans la question pourtant centrale que souleviez plus bas, si j’ai bien compris : droite veut-elle vraiment dire conservation, et gauche veut-elle vraiment dire progrès. Mais nos deux Athéniens ne pouvaient quand même pas tout de suite, comme ça, se mêler à la mêlée française en se demandant si la gauche est plutôt conservatrice, à vouloir conserver les acquis sociaux / les privilèges de la classe moyenne (rayer la mention inutile), et si la droite n’est pas plutôt progressiste, à vouloir aller de l’avant dans la compétititititivité et le progrès technique / la soumission aux marchés pollueurs (id.).
        De même je n’ai pas réussi à transposer la belle image de l’Ours, de la montée en voiture.
        Bonne épiphanie à toutes, tous, et tout. 

      • 6 Janvier 2013 à 17h03

        Marie dit

        la conscience , la morale ont elles un bord?

        Bonne Epiphanie à vous

  • 6 Janvier 2013 à 16h31

    Pierre Jolibert dit

    _ C’est sans doute le plus sage, et c’est ce qui a dû tant fâcher, contre la biologiste, sur sa gauche, les tenants d’un nom autre pour désigner la chose. Les gens dont je parle là tiennent en effet à voir ce quatrième niveau comme radicalement autre, et veulent donc un autre nom que sexe.
    _ Et il s’agirait du mot genre ?
    _ C’est toi qui l’as dit. Ils veulent ce nom, c’est-à-dire qu’ils veulent accoutumer tout le monde à l’utiliser, comme monnaie commune des échanges portant sur le sujet. Ils veulent triompher sur le marché.
    _ Et toi, qu’en penses-tu ?
    _ Moi, tu penses bien que j’ai entièrement rallié la conception de mon maître Platon, qui a conclu notre dialogue sur cet avertissement, qu’ « il n’est pas d’un homme sage de s’en remettre aveuglément, soi et son âme, aux soins des noms, de leur accorder une foi entière, ainsi qu’à leurs auteurs, d’affirmer que ceux-ci possèdent seuls la science parfaite », attitude d’insoumission à l’égard des noms qui est fondée sur ce constat qu’il a formulé dans sa Lettre VII, adressée à la famille de Dion de Syracuse : [343-b] « le nom de ces figures n’est nullement invariable, et rien n’empêche de nommer droit ce que nous appelons sphérique, et sphérique ce que nous appelons droit, et ce changement une fois fait en sens contraire de l’usage actuel, le nom nouveau ne serait pas moins fixe que le premier ». Tu remarqueras que le constat correspond entièrement à ce que Socrate et toi me reprochiez de croire auparavant. C’est que Platon pense que ce qu’il faut chercher à bien saisir en dernier lieu, c’est la chose, et « quand l’âme cherche à connaître l’être et non les qualités, nos quatre éléments [nom, définition, image, opinion vraie] ne lui offrent en théorie et en réalité que ce qu’elle ne cherche point, c’est-à-dire ce qui, tombant aisément sous les contradictions des sens, des mots et des images, ne remplit l’esprit de tout homme que de doutes et d’obscurités ». Et j’enrage de voir que ceux qui rejettent le nouveau nom dont nous parlons, le nom de genre, le font en croyant défendre une nature qu’ils croient solide, alors qu’ils défendent pour de bon, sans vouloir la voir, une convention bien plus fixe que ce flux de devenir permanent dans l’instabilité, qui faisait les délices de ton maître Héraclite. Certes, il n’y a aucune raison réelle de nommer ceci genre plutôt que classe, type, style, ou autres mots de ce genre, mais je penche quand même pour un nom différent de celui de sexe, qui manifeste l’étape finale de la convention. Les gens qui refusent cela sont dans la vie sociale entière aussi intraitables que ne le sont les juges des Jeux olympiques quand ceux-ci effectuent la répartition des athlètes, mais ils refusent d’être pris par là même pour des juges qui jugent, seulement pour des êtres de bon sens ne faisant que dresser le relevé des dessins de la nature, interpréter correctement sa musique, une nature qu’ils ne voient certainement pas comme répartie entre trois plans pas forcément superposables, ou sur trois cordes éventuellement discordantes, pour ce qui est du sexe, mais au contraire, visible sur un seul plan, audible par une seule corde : celui ou celle qui leur convient le mieux au moment où ils parlent ! Ils s’arrogent le droit d’être la mesure de toute chose, mais ne veulent surtout pas qu’il soit dit qu’il en est ainsi. Ils se prennent pour toi, Cratyle, et c’est l’homme selon Protagoras qui agit à travers eux. En vérité c’est Protagoras qui est de droite, si la droite consiste à sauver les apparences des noms en espérant pouvoir plier les choses à leur mesure, et si je suis vraiment de gauche, j’ai bien fait de le renier.
    _ En somme tu prétends respecter les choses telles qu’elles sont, et pense que l’homme ne devrait être que la mesure de tout nom eu égard aux choses. Mais tu sais bien que les choses elles-mêmes ne nous disent rien immédiatement, et tu ne quitteras Protagoras que pour te jeter dans le fleuve d’Héraclite que tu méprisais tantôt. Je maintiens que l’ultime décision du classement des athlètes n’a de sens et de portée, qu’elle ne sera digne d’être suivie, que si on la croit justement fondée en réalité naturelle, et pas seulement déterminée par la fin particulière des jeux à organiser. Par conséquent, le sexe doit s’appeler sexe quoi qu’il arrive. 

    • 6 Janvier 2013 à 18h17

      Marie dit

      Cher Pierre
      J’avais raté ce commentaire! Quel travail d’orfèvre!

  • 6 Janvier 2013 à 16h27

    Pierre Jolibert dit

    _ Et c’est pourquoi je perds toujours, de toute façon…
    _ Oui, parce que tu es immanquablement renvoyé à l’idée entière, que tu n’assumes pas, alors que la droite ne peut selon moi espérer gagner une fois que si elle prend les devants, si elle joue en l’avouant le jeu de la convention, de la nature assumée des noms comme convention. Je vais prendre pour toi l’exemple d’un nom qui fait l’objet en France d’une lutte sans merci. Tu devineras bien vite lequel.
    _ Je t’écoute.
    _ J’ai entendu récemment dans un numéro de l’émission “La suite dans les Idées” — la première fois je croyais que c’était une cellule platonicienne de Radio France, tu vois au passage combien je suis attentivement les affaires de la France… j’ai entendu, disais-je, une savante américaine, Anne Fausto-Sterling.
    _ Quel nom ! de la bonne monnaie !
    _ Je ne te le fais pas dire. Elle décrivait les controverses auxquelles elle était mêlée, n’ayant plu ni à ce qu’on pourrait appeler la droite, ni à une partie de ce qu’on pourrait appeler la gauche. Biologiste, comme ils disent, elle se fonde sur ce qu’elle sait des corps et de la matière vivante. M’ont beaucoup intéressé les exemples qu’elle emprunte à l’histoire récente des Jeux Olympiques…
    _ Peuh ! ce nom… pour cette foire… rien à voir avec ce qui faisait la splendeur de notre culte.
    _ Ah, te voilà redevenu héraclitéen, si du moins l’on peut parler ainsi et accoler ces deux mots. Mais laisse-moi poursuivre. Tu sais donc que les femmes participent à ces Jeux, mais les deux sexes restent séparés par rapport aux épreuves. Il n’a pas toujours été facile, cependant, pour les juges qui organisent et arbitrent les jeux, de voir avec certitude, à propos de certains joueurs, s’ils étaient hommes ou femmes.
    _ Et comment ça, par Zeus ?
    _ Cette biologiste expliquait que l’identité du sexe des corps pouvait se lire sur trois plans différents : il y a le sexe chromosomal (des informations internes à chaque cellule, décidées dès la conception d’un humain, et même dès celle des deux gamètes vouées à se rencontrer), qui est d’ailleurs susceptible de possibilités qui ne se résument pas à deux, le sexe génital ou physiologique, le seul sur lequel toi et moi nous fiions de notre vivant, et le sexe hormonal. Or, ces trois niveaux ne concordent pas toujours, et c’est surtout le niveau hormonal, étant donné les liens qu’il entretient avec les os et la force musculaire, qui intéresse des juges devant décider de l’attribution de tel individu à tel groupe d’athlètes. On pouvait donc se retrouver avec des humains que le bon sens ou l’opinion droite guidée par la vue aurait classé parmi les femmes, mais que des expériences très fines sur les humeurs coulant à l’intérieur de leur corps classaient parmi les hommes. J’oublie quel fut le résultat dans les cas cités, mais en tout état de cause je constate que les juges ont été obligés de sacrifier un des niveaux biologiques pour favoriser l’autre. Il s’agit là d’une action qui a donné lieu à une convention fixe, et l’athlète ainsi classé, homme ou femme, est resté classé, avant tout selon une convention, liée à une fin particulière qui est la bonne organisation d’épreuves sportives.
    _ Tu as bien tort de te sentir conforté par cet exemple. La convention porte là sur la chose, et pas sur le nom. Les noms homme et femme restent intacts et continuent à désigner ce qu’ils désignent jusque dans les courbures respectives de leurs signes.
    _ Aussi la question qui m’intéresse précisément est-elle encore à venir. Cette convention qui porte sur la chose, puisque tu reconnais que c’en est une, doit-on l’appeler d’un autre nom que le sexe naturel ? Ou bien est-ce aussi le sexe, voire le vrai sexe ? Ou un quatrième niveau de sexe qui n’a pas de différence spéciale par rapport aux trois premiers que je t’ai décrits ?
    _ Il me semble qu’un humoriste français aurait répondu qu’il fallait parler de sexe, puisqu’il avait coutume à ce sujet d’en distinguer trois : les femmes, les hommes, et les nageuses est-allemandes.
    _ Certes, mais ce faisant, cet humoriste ruinait le travail des juges, qui s’efforçaient de maintenir des jeux organisés en deux sexes seulement. Restons sur leur position à eux, et réponds en conscience à ma question.
    _ Je crois qu’il s’agit d’une chose qui doit être nommée sexe, et dont je tiens d’ailleurs à réduire au possible la part de convention, puisqu’elle est tout de même fondée sur un des niveaux de ce que dit le corps lui-même, et donc en nature. 

  • 6 Janvier 2013 à 16h23

    Pierre Jolibert dit

    _ À la bonne heure.
    _ Je vois bien d’ailleurs que tu n’as pas changé, toi, pour le coup. Ce n’est pas pour rien en effet, que tu as été remisé avec les tièdes en dehors de tous les cercles bien classés des Enfers : tu n’as jamais choisi, jamais su choisir, toujours ménageant tous les possibles. Les lecteurs auraient bien dû le voir dans notre dialogue. Quand Socrate te demande ce que tu penses de la définition de Protagoras, et que tu la refuses, alors que cet “homme mesure de toutes choses” allait comme un gant à ta conception des noms comme fixés par la seule coutume…
    _ J’anticipais sur les balancements de Socrate entre nos deux opinions ; il fallait que je lui concède ce point pour qu’il me prenne sous son aile et ne s’en prenne que mieux à tes partis pris indéracinables.
    _ Oui, au fond, tu as raison, ces Français ont raison, tu t’arranges toujours pour que le dernier mot te soit favorable, tu es bien de gauche, dans le sens du vent, je me demande même si ce Badios, Baudis…
    _ Badiou.
    _ Oui, merci, si ce Badiou n’a pas raison de voir dans notre Platon un communiste éternel, faisant donc partie de la gauche.
    _ Demande-le aux ombres des anciens esclaves de ta délicieuse maison de campagne, si tu as l’occasion d’en croiser dans ton cercle habituel. Au fait, Platon, qu’en dit-il ?
    _ Lui ? Il est inaccessible. Voilà une éternité qu’il n’a daigné répondre à une question d’aucune ancienne connaissance. Il demeure immobile, sur une position élevée par-dessus les limbes, d’où il a le droit de contempler à loisir les courses de tous les astres de l’empyrée.
    _ Cela nous laisse libres d’avoir des entretiens brisés comme on le veut, et non pas orientés selon ses vues à lui. Je vais te montrer que je suis plus déterminé que tu ne veux le croire. J’ai décidé de mieux vivre mon nom, grâce à ces Français dont tu viens me parler. Connais-tu Bourdieu ?
    _ Par Dieu, autant que Badiou.
    _ Il expose dans une langue simple de quoi mieux habiller ma conception des noms et donner sens au mien comme si mon nom était naturel, selon ta propre conception. As-tu lu son traité de “Ce que parler veut dire” ? Il contient un chapitre sur les rites d’institution riche de bien des choses qui seraient utiles aux Français d’aujourd’hui, qui débattent de ces rites. Mais avant d’y venir je m’explique sur ce que le traité m’a apporté en général. Je dois dire que sa conception de la langue est on ne peut plus fidèle à la définition qu’en propose Platon, “praxis peri ta pragmata”. Bourdieu fait tout pour rappeler aux Français que parler est une action. Et il dit même que nos discours, nos énoncés, sont en permanence échangés sur un marché, sur lequel ils sont cotés ; mieux vaut d’ailleurs le laisser parler lui à ce sujet : « l’échange linguistique est aussi un échange économique, qui s’établit dans un certain rapport de forces symbolique entre un producteur, pourvu d’un certain capital linguistique, et un consommateur (ou un marché), et qui est propre à procurer un certain profit matériel ou symbolique. Autrement dit, les discours ne sont pas seulement (ou seulement par exception) des signes destinés à être compris, déchiffrés ; ce sont aussi des signes de richesse destinés à être évalués, appréciés, et des signes d’autorité, destinés à être crus et obéis. » Pense donc bien que je mérite, moi relayant cette idée, d’être appelé Hermogène, quand c’est Hermès tout entier qui préside au langage !
    _ Et tu prétends dire ça pour me faire plaisir ?
    _ Pas seulement, c’est sûr, c’est aussi pour prouver que la conception de Bourdieu est juste, et pour asseoir mon pouvoir, sur toi, et sur les quelques ombres timides qui tendent l’oreille en cet instant, près de nous, comme sur ces mouches et ces frelons que tu vois ici nous harceler, tous tant que nous sommes, parce qu’on les a placés là en croyant que cela nous punirait et nous ferait nous repentir de notre mollesse passée. Asseoir son pouvoir, oui, c’est une vertu que Bourdieu attribuerait tout autant à ta propre conception des noms justes : celle-ci permet justement de conserver les pouvoirs acquis, en figeant la convention passée en naturel intangible et en autorité à respecter. C’est pourquoi tu incarnes la droite aux yeux d’un Français, et pas pour ton soutien passé à l’oligarchie des Trente ou des Quatre-cents, ce dont il n’a que faire.
    _ Et c’est pourquoi je perds toujours, de toute façon… 

  • 6 Janvier 2013 à 16h17

    Pierre Jolibert dit

    _ Que viens-tu faire ici, Cratyle ?
    _ On m’a laissé sortir de mon cercle, Hermogène, pour que je puisse te rendre visite.
    _ Eh bien, quel courage il te faut, pour parcourir cette plaine… tout doit y être gris et sale pour des yeux comme les tiens. Me rendre visite… qu’est-ce que me voir ou m’entretenir peut avoir de désirable pour toi, esprit si net, si tranché ? Qu’est-ce que ce lieu morne où tout est pâle et pris dans un brouillard affadissant peut nourrir en toi comme appétit ? Tu as dû marcher longtemps sur ce sol meuble avant de me trouver. Prends le temps de souffler, je vais me mettre debout, pour t’écouter quand tu seras prêt.
    _ On parle de nous sur terre. Ne me dis pas que tu l’ignores. Ce n’est pas tout récent, mais c’est devenu important, voire gênant, au point qu’on m’a laissé te consulter à ce sujet. Il se dit de nous des choses bizarres, en France. Tu sais ce qu’est la France ? Je veux dire ce que ça recouvre au premier chef ? Pas de considérations sur les noms de pays et leur vrai sens, pas maintenant ! Bon, des Français s’essayent à nous invoquer pour nommer chacune des deux parties de leur division intestine. J’aime d’ailleurs qu’ils les appellent gauche et droite, ces parties : ah, si nos compatriotes avaient eu l’idée de nommer ainsi les moitiés de leurs propres déchirement, par cette belle symétrie… Qu’y a-t-il ?
    _ Je vois que tu as renoncé à des principes qui te tenaient jadis à coeur… nommer, vraiment ? Des noms faits comme ça, de chic, par des citoyens ?
    _ Je voulais dire par “avaient eu l’idée” ce que j’ai dit : s’ils s’étaient laissé guider par la simple, juste, naturelle et éternelle idée de symétrie entre gauche et droite pour nommer les parties qui s’affrontaient…
    _… nous-mêmes faisant alors partie de la classe aisée et de ses défenseurs directs, c’est-à-dire de la droite ?
    _ C’est ce qui m’amène : on veut faire croire aux Français d’aujourd’hui que tu étais de gauche et moi de droite, que tu incarnais parfaitement la gauche et moi la droite.
    _ Et tu n’es pas d’accord ? Je ne te parais pas de gauche ?
    _ C’est de la fumisterie ! C’est ne pas tenir compte de ce qui est dit dans le texte qui met en scène notre dialogue. Est-ce que Platon n’écrit pas clairement à la fin que nous partons ensemble pour la campagne ? Est-ce qu’il n’est pas facile de deviner que nous sommes de la même classe, est-ce que des savants n’ont pas croisé le texte avec d’autres sources pour informer le lecteur sur ta parentèle et ses choix politiques ?
    _ Et qui te dit que les lecteurs français n’ont pas préféré s’en tenir à ta plaisanterie si drôle ? “Hermogène” le mal nommé, le mal-aimé d’Hermès parce qu’il n’a jamais un sou devant lui… Je suis parfait pour être de gauche et figurer la gauche : le faux riche qui trahit sa classe et agit pour partager le pouvoir avec tous les hommes libres jusqu’aux plus pauvres. Ah non, c’est bien plus solide et vraisemblable que de me voir de droite. Tu me diras que j’aurais pu m’en rendre compte plus tôt, et être fidèle tout de suite au destin contenu en négatif dans mon nom, au lieu de me cacher chez moi pendant tous les bouleversements qui ont suivi la défaite contre Sparte. C’est bien ça, entre autres, qui m’a valu cette condamnation à errer sur cette large plaine de gravier où ne pousse que la triste asphodèle, et à être mêlé à tous les tièdes de l’histoire, et Dieu sait qu’ils sont nombreux. J’étais déjà bien engourdi, et je le suis encore plus à présent. Je n’ai rien répondu, depuis le début. Tu as eu tort de soupçonner que j’allais te chercher noise sur le nom France, sur les noms droite et gauche, sur ta façon d’aller chercher toutes les ressemblances possibles entre les divisions de notre Athènes et celles que les Français se croient, toi qui n’avais à la bouche que les formules d’Héraclite sur l’eau des fleuves dans laquelle on ne se trempe pas deux fois, ou pas même une fois, sur tout ça je suis bien décidé à ne rien dire. Tu ne dis rien toi-même, à présent, ça te laisse froid ? Ce sont les effets de ce séjour, tu n’es pas encore habitué. Mais encore une fois tu as bien changé… Tu penses donc maintenant qu’il y a un discours faux, que le discours faux existe ?
    _ Oui. Mais ça n’enlève rien à la justesse des noms eux-mêmes. 

  • 5 Janvier 2013 à 12h14

    Marie dit

    M. Jospin fût le premier à exprimer officiellement sa désapprobation vis à vis du mariage homosexuel. En mai 2004, l’ex-premier Ministre tempêtait dans le Journal du Dimanche :

    « On peut réprouver et combattre l’homophobie tout en n’étant pas favorable au mariage homosexuel. [...]
    Le mariage est, dans son principe et comme institution, l’union d’un homme et d’une femme. [...]
    On peut respecter la préférence amoureuse de chacun sans automatiquement institutionnaliser les moeurs ».

    La même année, Jean-Marc Ayrault jouait la carte du principe de précaution

    « L’égalité des droits, qui est un principe fondamental, n’est pas l’uniformité des droits [...]
    On ne redéfinit pas le droit familial, les rapports entre parents et enfants, comme on baisse un taux de TVA. [...]
    Rien n’est pire que de légiférer dans la précipitation et sous l’influence médiatique ».

    Dès le 3 novembre 1998 à l’Assemblée, en plein débat sur le PACS, la garde des Sceaux du gouvernement Jospin faisait clairement part de son hostilité à l’adoption par les couples homosexuels. Mme Guigou déclarait alors :

    o « Une famille, ce n’est pas simplement deux individus qui contractent pour organiser leur vie commune. C’est l’articulation et l’institutionnalisation de la différence des sexes [...].
    o Au regard de l’enfant, couples homosexuels et hétérosexuels sont dans des situations différentes.
    o La non-discrimination n’est pas l’indifférenciation. Le domaine dans lequel la différence entre hommes et femmes est fondatrice, et d’ailleurs constitutive de l’humanité, c’est bien celui de la filiation. [...]
    o Un enfant a droit à un père et une mère, quel que soit le statut juridique du couple de ses parents. [...]
    o Je veux être claire: je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l’enfant
    o Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait-elle une mauvaise solution ? Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielles, ne peut ni ignorer ni abolir la différence entre les sexes. [...]
    o Mon refus de l’adoption pour des couples homosexuels est fondé sur l’intérêt de l’enfant, sur son droit à un milieu familial où il puisse structurer son identité et épanouir sa personnalité. »

    Tout est dit et bien dit…

    • 5 Janvier 2013 à 12h16

      Eugène Lampiste dit

      vous regrettez de ne pas avoir voté Jospin ?

      • 5 Janvier 2013 à 18h22

        Marie dit

        Karl Lagerfeld

        > Couturier et designer

        > [...] je suis violemment contre les mères porteuses, les ventres loués pour que ces messieurs jouent à la poupée. Ça, je déteste. Des enfants sans mère, j’en veux pas!

  • 5 Janvier 2013 à 11h35

    Marie dit

    Mais que disent les parents d’élèves?
    “« En même temps que Monsieur Peillon envoie cette lettre aux recteurs, Madame Najat Vallaud-Belkacem est dans un collège public du Loiret avec les associations de la LGBT pour parler de ce problème. « Il y a deux attitudes », a fustigé Christine Boutin. « D’un côté, on stigmatise l’enseignement privé, de l’autre, la porte-parole du gouvernement va faire la promotion du mariage gay dans un collège public ».

    • 5 Janvier 2013 à 11h44

      Eugène Lampiste dit

      Boutin, Boutin, ce n’est pas cette élue laïque qui brandissait la Bible à l’Assemblée Nationale (lors du débat sur le PACS) ?

      • 5 Janvier 2013 à 11h54

        Eugène Lampiste dit

        encore une folle de la théorie du genre…

      • 5 Janvier 2013 à 13h57

        Marie dit

        Que fait Mr Peillon de la liberté de penser, de la liberté d’expression ? S’il craint que les enfants soient influencés à l’école, comment peut-il tolérer la propagande faite, sous prétexte de lutte contre l’homophobie, par des associations qui viennent avec l’aide de ministres comme Mme Belkacem, plaider pour la ” loi des genres” qui se base sur l’indifférenciation sexuelle à la naissance ?

        Ne pensez pas qu’il s’agit de propos en l’air, le cas s’est posé, récemment, dans un collège du Loiret ! Les enfants ayant l’air de douter, ce ministre a déclaré, froidement, qu’ils n’étaient ”pas assez mûrs pour ne pas avoir été influencés dans leurs familles” …C’était un collège PUBLIC ! Là, on n’a pas à faire avec un débat d’idées, mais, bel et bien avec un défaut d’objectivité et de la neutralité laïque !! C’est autrement plus grave !

      • 5 Janvier 2013 à 14h10

        Eugène Lampiste dit

        neutralité laïque ?

        le rapport avec les religions ? 

    • 5 Janvier 2013 à 11h45

      Eugène Lampiste dit

      comme Monseigneur Gaillot ?

  • 5 Janvier 2013 à 1h06

    Bibi dit

    Mariage à la Patrie; Mariage à la Cause… C’est permis ou Verboten pour réactionnariat?

    J’ai un exemple précis.

  • 4 Janvier 2013 à 19h12

    Guenièvre dit

    Je viens de relire l’article puisque Patrice s’obstine à y trouver une assimilation de l’homosexualité et de l’inceste. J’y lis ceci :

    “Loin de nous l’idée de vociférer avec les intégristes de tout poil et d’assimiler ce « mariage pour tous » à d’éventuelles perversions criminelles, comme l’inceste et la pédophilie.”

    • 5 Janvier 2013 à 0h18

      Patrick dit

      Guenièvre, je crois que vous perdez votre temps. Il y a des gens qui ne comprennent pas, peut-être ne veulent-ils pas comprendre.