Choisir son camp? | Causeur

Choisir son camp?

La Cité de l’architecture explore le campement

Auteur

Paulina Dalmayer

Paulina Dalmayer
est journaliste et travaille dans l'édition.

Publié le 10 juillet 2016 / Culture Société

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Jungle de Calais, ZAD, squats: en France, l’habitat précaire, parfois subi mais souvent choisi, est en pleine expansion. Une exposition à la Cité de l’architecture tente de décrypter ce phénomène.

Calais, le 1er mars 2016 (Photo : SIPA.AP21864982_000022)

Ce qui est opportunément déroutant dans l’exposition « Habiter le campement » qui se tient à la Cité de l’architecture & du patrimoine à Paris, c’est qu’elle montre à quel point le mode de vie mobile ainsi que les formes d’habitats qui lui sont propres (tentes, roulottes, caravanes, yourtes) désignent à la fois l’archétype et le prototype d’une installation urbaine. Nous avons cru le nomadisme définitivement dépassé et relativement négligeable en termes de populations concernées. Grossière erreur. Avec 230 millions de migrants internationaux officiellement recensés dans le monde, sans oublier 1,4 milliard de touristes en 2014 – chiffre en progression de 41 % les dix dernières années –, auxquels il faudrait ajouter un autre petit milliard d’individus désignés comme travailleurs nomades, l’expression anglo-saxonne « home, sweet home », censée évoquer la douceur du foyer domestique, paraît presque incongrue. Et pourtant. Qu’ils soient nomades, voyageurs, infortunés, exilés, conquérants ou contestataires, suivant la taxinomie proposée par les organisateurs de l’exposition, ils étonnent par leurs capacités d’adaptation, d’innovation, d’organisation et, au final, de domestication des espaces les plus inhospitaliers.

[...]

« Habiter le campement », Cité de l’architecture & du patrimoine, 1 place du Trocadéro, 75016 Paris. Jusqu’au 29 août. Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 11h à 19h. Nocturne le jeudi jusqu’à 21h.

  • causeur.#36.couv

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    publié dans le Magazine Causeur n° 95 - juin 2016

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    • 11 Juillet 2016 à 14h49

      persee dit

      Al le regard distancié de l’artiste intellectuel qui pour ne pas déplorer la misère la glorifie . La débine est sympa , la dèche est pittoresque . Pour moi qui ne suis fasciné ni par la richesse , ni par la misère, ce genre de considérations idéologiques ( dont le but louable est de redonner de la dignité à des personnes en difficulté) est finalement nuisible.

      • 11 Juillet 2016 à 15h47

        i-diogene dit

        Miséreux, indignes..?

        Pas forcément.. Surtout si on considères les travailleurs expatriés volontaires..

        En fait, je pense que pour s’ expatrier, il faut un minimum de courage et d’ ambitions..

        Pour un qui part à l’ aventure, mille restent au chômage dans leur pays natal, se satisfaisant des aumônes de l’ Etat..

        .. Alors, la dignité, elle est où, en fin de comptes..!^^

    • 10 Juillet 2016 à 16h19

      Garmin dit

      Que Dieu nous préserve des journalistes “boboïsants” Comment peut on écrire de telles âneries (pour rester poli) sans éclater de rire. Je doute que les calaisiens (et les migrants) apprécient cette glorification de l’habitat précaire et de la “jungle” de Calais en tant que “nomadisme contemporain” à préserver.

      • 10 Juillet 2016 à 17h10

        i-diogene dit

        Le nomadisme prend toutes les formes, s’ adapte, innove et s’organise…

        Une forme contemporaine de chasseurs-cueilleurs..

        Je trouve cette approche digne d’ intérêt..

        • 11 Juillet 2016 à 16h09

          i-diogene dit

          Décidément, certains font une fixette sur les immigrés de Calais..!^^

          Les traders parisiens qui bossent à la Bourse de Londres sont aussi des itinérants…

          .. Et entre ces deux extrémités, il y a du monde..!