Chronique de 2030

Le jour où l’euro faillit disparaître

Publié le 12 juin 2010 à 6:00 dans Économie

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Pièce d'1 deutsche mark en or, frappée en 2001.

Pièce d'1 deutsche mark en or, frappée en 2001.

Depuis le matin, télévisions et radios du pays diffusaient en boucle la 3e Symphonie de Brahms. Les commerces avaient laissé leurs stores baissés. Dans les parcs, les enfants ne se livraient à aucun jeu. Le regard aussi vide que leur verre, les piliers de bar s’éternisaient à leur table sans éprouver la moindre soif. On avait cessé d’enterrer les morts : à quoi bon, puisque ce monde était, peut-être, voué au néant ? Devant les cimetières, de longues files de corbillards mélancoliques attendaient. La mort était devenue maîtresse d’Allemagne.

Puis, sur les coups de 13 heures, on rangea Brahms, on sortit les enfants, la bière coula à flots dans les gorges dénouées et les parents des morts se mirent à danser sur les tombes. Angela Merkel avait parlé. Elle fut solennelle et aussi enjouée que peut l’être une fille de pasteur lorsqu’elle se brûle. C’est que l’heure était grave. L’Allemagne avait manqué perdre sa monnaie. L’affaire est encore assez présente dans les esprits pour que je me dispense de rappeler ce qui s’était produit en Europe au tout début de l’année 2011.

Le fait est que, lorsqu’Angela Merkel déclara que l’euro était sauvé, cela fut, à l’époque, un très grand soulagement. Certes, la France, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Italie, la Finlande, la Belgique et quelques autres quittaient la zone euro. L’essentiel demeurait : l’Allemagne préservait sa monnaie unique, la Banque centrale européenne restait à Francfort et Jean-Claude Trichet, au prix de quelques cours intensifs au Goethe Institut, parlait allemand comme personne.

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  • 12 June 2010 à 12h25

    Loulou dit

    Ah non, pas l’Auvergne ! On ne touche pas à l’Auvergne !
    Par contre on vous fait un prix pour la Seine Saint denis, un peu de rigueur germanique serait salutaire.

  • 12 June 2010 à 10h30

    vingtras dit

    Ouais, j’ai déjà lu sur l’imprimé (de plus en plus épatant, l’imprimé… “CAUSEUR, L’EPATANT”) Je regrette pas d’être abonné.
    Et je voulais vous dire, Mâme Trudy que j’imprime déjà de fausses coupures de “Franc carbone” (si vous en voulez, forcément en billets de 10 000, sinon déjà 100 000, vu DSK qui arrive, faut vous inscrire car il y a de la demande)…
    Quand je fais circuler CAUSEUR, il y a un autre papier qui arrive en tête, c’est celui de Bennasar (pardon Bennasar… j’ai toujours tendance à doubler l’S et pas le N, comme pour l’historien) sur les vieux… Pour avoir vécu ce qu’il rapporte, j’ai envie de lui dire “Frère, as-tu ce qu’il faut pour l’arrivée au bout du bi du banc, quand se profile le Grand Manitou… Si tu as, j’achète”.