Taubira, un bulldozer chez Ruquier | Causeur

Taubira, un bulldozer chez Ruquier

Auteur

Roland Jaccard

Roland Jaccard
Psychologue, écrivain, journaliste, critique littéraire, essayiste et éditeur suisse.

Publié le 08 février 2016 / Brèves

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Juste après sa démission du gouvernement, Madame Taubira ne pouvait pas rater son rendez-vous avec son fan club Ruquier-Salamé-Moix, tous trois pétris d’admiration et de respect pour cette « icône de la gauche », ce qui aurait pu devenir pesant si elle n’avait pas aussitôt pris le parti de l’insolence en se moquant de la vacuité des questions de Ruquier et en appelant Yann Moix « Monsieur Moi » et Léa Salamé, Salomé. Mais quand on est porté par une telle ferveur, on ne s’en offusque pas. Et Madame Taubira aurait pu sortir triomphante de « On n’est pas couché ».

Sauf qu’elle a fini par lasser tout le monde par un son irrépressible désir d’occuper le terrain et de ne jamais laisser à ses interlocuteurs la possibilité de déceler la moindre faille dans son armure. Sans doute a-t-elle lu le petit livre du philosophe Schopenhauer : L’Art d’avoir toujours raison. Et elle l’a mis en pratique avec brio, mais en oubliant que l’élégance suprême consiste parfois à donner raison à ceux qui tentent, maladroitement certes, de vous mettre en difficulté. Une humilité, même feinte, attire plus la sympathie qu’un orgueil démesuré. Comme Madame Taubira n’en finissait pas de dresser un bilan somptueux de ses quatre années comme garde des sceaux, j’ai fini par éprouver une infinie compassion pour François Hollande, Manuel Valls et tant d’autres qui devaient s’étrangler en subissant son flot de paroles et n’avoir plus qu’une envie : la faire taire. Ou filer à l’anglaise.

Cioran disait que ce qui vous tenait à cœur, on ne pouvait que le murmurer à l’oreille d’agonisants. J’ignore ce que murmure Christiane Taubira à la jeunesse, mais sa manière de revenir de manière pompeuse sur les symboles de la République et sur les principes relève plus du mauvais théâtre que de la conviction intime. Ce qu’on perçoit dans son discours, c’est qu’elle et elle seule veut être un symbole de la gauche, alors qu’elle n’en est juste que le bulldozer. Quand ce n’est pas le bouledogue.

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    • 10 Février 2016 à 11h11

      matleg dit

      Au trio sus-mentionné vous pouvez ajouter la productrice de l’émission Catherine Barma qui vient de déclamer sur Europe 1 toute son admiration pour Mme Taubira et “son” mariage pour tous. Au passage elle nous a indiqué que c’est Mme Taubira elle-même qui s’est invité dans une émission notoirement peu suivie par les jeunes pour parler d’un livre soi-disant adressé à la jeunesse. Ou comment prendre les gens pour des cons. Moix avait d’ailleurs relevé cette imposture avec d’autres arguments.

    • 9 Février 2016 à 9h54

      carioca1500 dit

      monsieur jacquard,
      étant moi même heureux propriétaire d’un bouledogue, je trouve tout à fait insultant pour cette adorable bête que vous puissiez la comparer à ce parangon de haine et de suffisance 

    • 8 Février 2016 à 18h50

      C. Canse dit

      Encore de l’ironie, s’il vous plaît, Monsieur Jaccard.

    • 8 Février 2016 à 18h29

      lagudoc dit

      Bouledogue c’est bien,ou alors roquet.C’est pas Chirac qui avait traité Fabius de roquet.Mais attention le roquet”peut faire une blessure mortelle,il suffit qu’il ait la rage”

    • 8 Février 2016 à 16h04

      Wil dit

      Ca,On peut reconnaitre à Taubira un fort talent de dialecticienne,au sens péjoratif du terme.
      “Mettons dans la même classe les dialecticiens et les sophistes, gens qui font plus de bruit que tous les chaudrons de Dodone, et dont le moins babillard pourrait tenir tête aux vingt plus bavardes commères qu’on puisse trouver sous le ciel.”Érasme.
      En son for intérieur elle doit bien se marrer Taubira à traiter tous ses idolâtres médiatiques comme de la merde et les voir en redemander à chaque fois.
      Au fond elle ne fait que savourer une revanche qu’elle a rêvé de prendre sur ce système médiatico-politique qui l’a traité comme une pestiféré pour avoir fait perdre Jospin en 2002 et qui en vient même maintenant à dire que ça n’était pas sa faute.
      Qu’est ce qu’elle prendrait dans la face si elle n’avait pas eu “la chance” d’être au bon endroit au bon moment comme la bonne arriviste libérale qu’elle est pour le MPT!
      Ce sont ces moments là qui renforcent l’idée que comme en ce qui concerne l’islamophilie et les matamores comme Valls,cette médiacratie terranoviste à une mentalité de dhimmi souffrant d’un profond syndrome de Stockholm si ce n’est de masochisme pur et simple et chronique.
      Ces gens se prennent pour le nombril du monde et se laissent traiter comme des paillassons par le premier dialecticien de foire venu.
      Tout ça est assez comique.

    • 8 Février 2016 à 13h15

      floréal50 dit

      L’intelligence et la séduction médiatique peuvent admirablement servir des oeuvres de déconstruction.  Le bulldozer Taubira a terrassé Ruquier et ses comiques, mais racolé tous les perdus de la gauche…

      • 8 Février 2016 à 13h50

        Fioretto dit

        Ce n’est pas la première fois elle avait déjà neutralisé Zemmour.

    • 8 Février 2016 à 12h30

      Fioretto dit

      Je n’ai pas la même vision. Moix a été méprisant du début et il a sorti la remarque qui tue, un erreur historique qui tue. Léa Salamé a à juste titre dit qu’elle a eu bcp de courage à dire que les attentats terroristes ont quelque chose à avoir avec l’islam alors que même hollande dit que cela n’a rien à voir avec l’islam. On peut s’interroger sur ce que Mme Taubira ressent réellement envers la France n’empêche elle pas islamophile comme la plupart de la gauche de la gauche et ça il faut lui reconnaître.