Chrétien, trop chrétien
Publié le 14 février 2012 à 16:00 dans Brèves
Mots-clés : christianisme, civilisation, Claude Guéant
« Nous tendons toujours aux choses défendues et convoitons ce qui nous est interdit », écrivait le païen Ovide. Si nous avions médité cette phrase comme il convient, bien des clichés sur le christianisme se seraient dissipés dans l’air. Nous aurions évité de nous livrer à des interprétations salonardes sur la religion préférée du pape, ou de répéter cette idée nietzschéenne – merveilleuse sous la plume de Nietzsche, mais effroyable dans la bouche de ses disciples – suivant laquelle le christianisme aurait porté atteinte au désir. Disons plutôt que Jésus-Christ nous a permis de renouveler notre stock d’interdits. Le christianisme nous a délivrés de cette croix : savoir ce qu’il ne faut pas désirer. Nous avons donc écouté les prêtres, et nous nous sommes mis à convoiter les choses en cachette, conformément à la loi universelle du désir.
On dira qu’une telle civilisation s’est illustrée par une série de méfaits historiques. Il est certain que la religion chrétienne ne nous a pas rendus moins bêtes et moins violents que tous les autres. Sur le plan général, qui est celui de l’amélioration de l’espèce humaine, la chose est sans espoir. Du moins avons-nous développé de mauvais sentiments en nous-mêmes, ce qui nous a permis d’écrire de bons livres.
Aussi est-il désolant d’entendre l’ancien locataire de la place Beauvau évoquer le christianisme en termes de valeurs. Cette bondieuserie me heurte. Elle semble accréditer la thèse que notre civilisation est supérieure en raison desdites valeurs, ce qui prouve que certains chrétiens ne comprennent rien à leur propre religion. C’est évidemment ennuyeux, surtout lorsque l’on prétend prendre sa défense. Le bigot entend éclairer l’avenir à coups de valeurs et de convictions morales. Le vrai chrétien n’a pas cette certitude. Comme Pascal, comme l’immense Kierkegaard, il sait que la certitude est une vaste plaisanterie. Le prêchi-prêcha christianisant de droite paraît conforme à notre civilisation chrétienne, elle n’en est que la face malhonnête et lugubre. La bondieuserie se trompe sur le bon usage des interdits, mais Dieu, qui est un grand pervers doublé d’un grand artiste, reconnaîtra les siens.
-
L'auteur
David Di Nota est écrivain
-
Plus









La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés
21Nos offres
1 an : 55 € ............................................ >
1 an : 34,90 € ....................................... >
Dio Gêne dit
Waou le christianisme, c’est trop super extra génial, surtout quand c’est porté par des Christine Boutin….
Patrick dit
Diogêne, vous n’avez pas trop froid dans votre tonneau ?
Dio Gêne dit
Qu’est ce dont avoir chaud en son corps alors que tant on froid au coeur? Personnellement je me contenterais du contraire….
saintex dit
La bonne réponse était, ôte-toi de mon soleil Alexandre
Dio Gêne dit
Tu t’es pris pour Alexandre?
saintex dit
Faut pas le prendre mal. C’est la réponse que Diogène a fait à Alexandre.
Dio Gêne dit
Je ne pense pas non, cette réponse fut donnée pour la question:”Demande-moi ce que tu veux, je te le donnerai” et je ne le prends pas mal du tout, rassurez vous.
fabien dit
Je plussoie : le christianisme n’est pas un simple empilement de valeurs.
laborie dit
“Du moins avons-nous développé de mauvais sentiments en nous-mêmes, ce qui nous a permis d’écrire de bons livres….
Monsieur Ouine ou Sous le soleil de Satan avec Bernanos par exemple.
LEPIEUX dit
Je doute donc je suis ou je suis donc je doute? Assez de repentir, de doutes, de flagellations , ayons un certain nombre de certitudes sur les valeurs de notre pays, son histoire, sa religion (plus guère partagée, certes) sur sa grandeur. En somme défendons la France fille ainée de l’Église, héritière des valeurs de la révolution: liberté, égalité, fraternité mais aussi de celles de la royauté : Clovis, Saint Louis, (Jeanne D’arc), Louis XIV, Napoléon, De Gaulle, de notre culture Villon, Bossuet, Pascal, Baudelaire, Flaubert, Proust, Claudel, Bernanos, Bloy, Péguy, Bresson……Ne discréditons pas les certitudes des autres tant qu’elles ne s’imposent pas en pensée unique ou en bien-pensance omniprésente.
L'Ours dit
Vous avez le droit de penser ça, même si je suis plus qu’en grande partie en désaccord, mais je ne vois pas en quoi votre argumentation a démontré quelque chose.
rackam dit
Di Nota a des doutes, il les travestit en certitudes. Ainsi, par une inversion reptilienne peut-il discréditer les certitudes des autres en les présentant comme douteuses. Le serpent se mord l’appendice caudal, mais ses dents sont molles. Même pas mal.
saintex dit
Non Rackam, les travestis ne sont des serpents pleins de certitudes. Vous êtes toujours aussi méchant.
rackam dit
Les travestis sont des serpents teints.
saintex dit
Que Maistre François vous tienne en sa sainte garde.
Patrick dit
@ DDN,
Dieu, un grand pervers ? Dites donc cela à des musulmans. En le disant aux chrétiens, vous ne prenez aucun risque !
saintex dit
Les sanglots longs…da violon… y pipeau… Di Nota…langueur monotone et tout le tremblement.
Bof, rebôf et 10 de rien… je ne regrette rien.
Marie dit
J’adore quand on vient cracher sur les chrétiens c’est sans risque!
kacyj dit
L’équilibre, Marie, l’équilibre.
Delaume s’occupe du CRIF, Di Nota des Chrétiens et EL délivre la bonne parole. Comme cela, nous voilà protégés contre la sempiternelle accusation de stigmatisation
D.F. dit
Êtes-vous bien certain que « la certitude soit une vaste plaisanterie » ?
fabien dit
Vu le ton de l’article, je pense que l’auteur oppose l’engagement radical et difficile de sa vie que représente la foi aux rassurantes béquilles des “certitudes”.