Choses vues en Ossétie du Sud

Exclusif : le vrai reportage de BHL en Géorgie.

Publié le 20 août 2008 à 18:06 dans Monde

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1 J’arrive à Moscou, aéroport de Cheremetievo. L’été russe est beau. Je fais les 60 kilomètres jusqu’au Kremlin dans une Zil affrétée par le président Medvedev. Comment ce chef d’Etat assiégé par l’Amérique, l’Otan, les terroristes islamistes de Tchétchénie et du Daghestan, et maintenant l’agression géorgienne de ce Saakachvili couvert du sang encore fumant des Ossètes et des Abkhazes, peut-il avoir le temps et la délicatesse de penser à ce détail ?
Il fait nuit quand j’arrive dans le bureau du président de la Russie. L’homme a l’air tendu, mais souriant. De beaux cernes indiquent les nuits sans sommeil. “Je vous remercie d’être venu. Je ne suis pas sûr que le monde nous comprenne. Je compte sur vous. Il faut leur dire.”
J’ai la gorge serrée. Maxime Gremetz, qui m’accompagne, retire ses lunettes. Il pleure franchement.
Soudain une porte dorée s’ouvre. C’est Poutine, le Premier ministre, qui vient nous souhaiter la bienvenue. Son regard est triste. Je me lève pour lui serrer la main. Il préfère une accolade. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’accolade d’un héros. Je sens l’étreinte musclée, je pense à ses années de luttes au KGB contre les agressions yankees, puis à la tête de l’Etat russe, contre les oligarques mafieux, les fous furieux islamistes de Grozny… Et maintenant le génocide perpétré par les Géorgiens appuyés par l’Otan, la CIA, les technocrates bruxellois et l’OMC. Un génocide contre un peuple courageux et fier, un peuple de bergers héroïques : les Ossètes.
– Allez les voir, me dit Poutine. Allez voir cette horreur. Témoignez.
Maxime, maintenant, sanglote carrément.

2. Vladikavkaz. Ossétie du Nord. Ce qui frappe, dans la capitale d’Ossétie du Nord, QG des forces russes de la paix, c’est la détermination de ces jeunes soldats virils venus de toutes les républiques du pays. Ils chantent joyeusement, fraternellement. On joue aux cartes et on fume autour des chars. Derrière la détente, certains regards ne mentent pas : les combats ont été durs contre les hordes sauvages de Saakachvili le fantoche. Depuis cette nuit du 8 août quand la fureur homicide de Tbilissi s’est déployée, ces soldats ont peu dormi.
“Je suis fier d’eux, me déclare le major Polikarpov. Vous savez, mon grand père est mort en arrêtant les nazis à Stalingrad. Je ne pensais pas devoir remettre ça un jour.”
Il me tend un papirosse, ces cigarettes au bout cartonné, que fume l’armée sov…, euh russe. Polikarpov a les yeux fixés sur la crête de la montagne caucasienne. De l’autre côté, c’est l’enfer. Il n’a pas besoin de me le dire. Je le vois dans ses yeux clairs de soldat de tous les combats antitotalitaires.
Maxime Gremetz tousse un peu. Il ne fumait plus, mais là l’émotion est trop forte et il a accepté le don, simple et essentiel, du major Polikarpov.

3. Tskhinvali, capitale de la courageuse Ossétie du Sud. C’est une ville en ruines comme j’en ai déjà tant vu. Bagdad, quand la garde républicaine de Saddam se battait maison par maison contre les forces du Mal yankee, Belgrade sous les bombes de l’Otan quand ce pauvre Slobodan m’adjurait de dire la vérité, là-bas, en Occident, Jenine après le rezzou sioniste de Sharon, Villiers-le-bel lors de la reprise en main par les CRS sarkozistes.
Les hélicoptères de combat, siglés de l’étoile rouge, filent dans le ciel bleu. Ils rassurent une population traumatisée depuis ces nuits tragiques, quand le déluge de feu géorgien s’est abattu.
Une vieille dame s’approche de Maxime. Son visage est ridé mais beau. Elle nous dit quelque chose. Mes rudiments d’Ossète me permettent de saisir l’essentiel. Il y avait des “conseillers” américains dans les combats. Ils ont encouragé les massacreurs géorgiens à s’acharner sur l’hôpital de la ville.
L’hôpital de la ville, témoignage du martyre ossète.
Des blessés dans les caves, partout. L’un d’eux me saisit la main. Il me parle mais mon ossète du sud, cette fois, n’est pas suffisant. Une doctoresse russe bénévole, au visage épuisé mais étrangement rayonnant, me raconte. “C’est un berger. Il est descendu des montagnes dès l’arrivée des Géorgiens. Avec quelques camarades, ils ont repoussé les blindés de la clique fasciste de Tbilissi avec leurs fusils de chasse. Ils ont gagné des heures précieuses pour permettre aux sov, euh aux Russes d’arriver et de renverser in extremis la situation.”
La doctoresse me traduit toujours.
Son profil est le profil même de la liberté, de la lutte contre l’impérialisme marchand. C’est le même que celui des doctoresses cubaines dans les barrios de Caracas où elles aident Chavez avec une abnégation qui fait honneur au genre humain.
Nous l’invitons à prendre un verre dans un des derniers cafés de Tskhinvali.

4. Gori. Gori humiliée, Gori dévastée, mais Gori libérée. La statue de Staline, l’enfant de la cité, est miraculeusement intacte, malgré la brutalité des combats. Le colonel Andropov me fait écouter, dans son QG, les communications entre unités géorgiennes à quelques kilomètres de là. De temps à autre, au milieu des interférences, on entend la voix grasse, la voix pleine de cholestérol, des “amis américains”. La voix de l’horreur.
Maxime frémit, tout comme moi.
On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas.

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  • 1 September 2008 à 16h36

    Bernard da Costa dit

    Enfin le reportage de BHL sur l’Ossétie du Sud. Je l’attendais désespéré, errant de site internet en quotidien du soir quand, miraculeusement, j’ai découvert Causeur. Après m’avoir bouleversé et frappé de la vérité comme Saül sur le chemin de Damas dans son magnifique “Choses vues de Géorgie”, BHL, avec son “Choses vues d’Ossétie du Sud, complète notre information et assure le salut de notre jugement, nous pauvres individus qui ne sommes pas dans le secret des dieux et ne pouvons, car privés d’ailes, voler d’évènement en évènement. Une question cependant à notre éminentissime néo-philosophe : pourquoi ce pseudonyme de Jérôme Leroy ? Est-ce là la séquelle d’une fâcheuse habitude guébiste de n’avancer que sous le couvert d’alias déroutants ? Qu-il se rassure, on le lui pardonne vite !!!

  • 30 August 2008 à 14h55

    Blueberry dit

    Je n’avais pas vu cet article. Et j’ai l’impression que Jérôme Leroy ressemble beaucoup au colonel Alfredo Smith-Garcia.

  • 29 August 2008 à 21h07

    Turlafon dit

    “BHL n’est pas de confession juive. Il est simplement con.”

    Pierre Dac a dit : “Quand un français est con, on dit “C’est un sale con”. Quand un juif est con, on dit “C’est un sale juif”. Je revendique pour les juifs le droit d’être cons.”

    Remercions BHL de porter haut cette noble revendication !

  • 26 August 2008 à 1h04

    Nina dit

    @ David Desgouilles ! Si, c’est un homonyme du footballeur qui était avant à Sochaux.
    Très bon sportif et adorable mec !

    Pour les autres : changez rien…De BHL au thème récurrent sur les Juifs…Obsession quand tu nous tiens !

  • 25 August 2008 à 14h41

    Moi Mad dit

    BHL n’est pas de confession juive. Il est simplement con.

  • 25 August 2008 à 8h21

    L’OURS dit

    Alice,
    je ne pense pas vous avoir attaquée de quelque façon que ce soit!
    Vous pourvez me contredire sans problème et je répondrai avec plaisir à vos remarques en les considérant!
    Aussi je vous demande de bien vouloir arrêter d’ironiser à mes dépens, ce serait plus courtois!

  • 24 August 2008 à 20h47

    Alice dit

    Ah mais, L’Ours pose sa grosse patte un peu partout dans ce site ! Il grogne ici et là, il donne des avis de bistrotier sur l’armée française, il éructe contre les uns et les autres… Qui protège les Ours ? Qui a voulu les réintroduire en France ? Calamité !

  • 24 August 2008 à 4h09

    Ludovic-Lefebvre dit

    Stev,
    Bien sûr, les juifs ont obligation de rester apatrides, ils n’auraient pas le droit à une terre parce qu’elle a été retrouvée en période droit de l’hommiste.
    Comment pensez-vous que notre pays fut fondé ainsi que tous les autres ?

    Vous soutenez de façon haineuse les pires liberticides au nom de la liberté, on se demande encore laquelle, c’est si commode de choisir ses gentils sur un glissement sémantique, une image d’Epinal totalement erronée.
    Israël sera là demain, ne vous déplaise.

    La principale erreur de BHl_ et il en fit beaucoup_ fut d’être l’un de ceux qui favorisa ce genre d’idéologie, voici ce que sa notion de grand métissage donne et sa triste conséquence sur Israël comme sur notre pays.
    Il n’est pas question d’ apartheid dans ce cas, si Israël ouvre ses frontières, elle meure, car ses voisins veulent l’anéantir ce qui est loin de la configuration de l’Afrique du Sud en d’autres temps.
    Si c’est le Hamas qui est fun pour vous, alors c’est désespéré. Mais vous devriez pour votre apport personnel cottoyer quelques affreux “sionistes”, vous découvririez qu’ils ne sont guère différents de nous quand ils le sont et effectivement sympathiques pour une bonne partie.

  • 23 August 2008 à 23h49

    rocardo dit

    Exclusif:Jérôme Leroy est le fils de Roland Leroy.

  • 23 August 2008 à 22h21

    robespierre dit

    @Hmeir

    arrêtes de dire des bétises : BHL est bien trop
    stupide pour être juif.

  • 23 August 2008 à 20h12

    Hmeir dit

    A la direction

    Vous pouvez nous vider cet homme de cromagnon de Stev, véritable antisémite pathologique, dont la maladie psychiatrique incurable consiste à calomnier les juifs comme BHL sans même parler du thème dont il est question, à savoir la guerre en Géorgie. A ce crétin de Stev, nous sommes sionistes, vivons en Israel et nous t’emmerdons.

  • 23 August 2008 à 19h53

    L’OURS dit

    Stev,
    quand on balance des lieux communs BCBG sans les appuyer par le moindre argument, on ferait mieux de fermer sa g.
    Mais pour argumenter, il ne faut pas être ignorant!
    Tenez je peux aussi:
    Pas glop le nazisme, vilain pas beau le racisme, pas gentil l’assassinat, et puis au milieu, comme si de rien n’était, je mets: horrible l’anti-antisionisme!
    Vous voyez, sans argumenter, je vous ai mis au rang des barbares!

  • 23 August 2008 à 15h15

    Zinoviev dit

    Cette parodie est excellente, mais le problème c’est la guerre en Géorgie pas BHL qui n’est qu’un pantin sans envergure.

  • 23 August 2008 à 14h41

    Stev dit

    Il n’y a pas de “sionistes sympathiques”. Il n’y a pas d’”apartheid cool”, de “colonialisme fun”, d’”occupation rigolote”. Faut arrêter de défendre l’indéfendable.

  • 23 August 2008 à 14h27

    Ludovic-Lefebvre dit

    Bernard-Henri Lévy est sujet à critique dans bien des domaines, des positions et ce n’est pas parce que c’est facile qu’il faille s’en priver. Cependant, les reproches suggérés, mais non émis dans l’article de Bakchich par rapport au fait qu’il ait de l’argent, se déplace en limousine, jet privé, dorme dans les cinq étoiles m’agacent, car ce n’est pas précisé avec insistance par inadvertance. Cet homme a le droit d’avoir hérité, d’avoir gagné de l’argent, de jouir d’une certaine forme de confort, tant mieux pour lui et il ne me déplairait pas d’avoir un tel usufruit.
    Son témoignage n’aurait pas été meilleur ou pire selon le point de vue s’il avait été fait en 4L dans les auberges de jeunesse. L’homme n’en aurait été que plus ridicule, moins crédible encore et plus critiqué s’il avait joué en plus un personnage de Dickens.

    Enfin je ne vois pas en quoi une position israélienne ou américaine comme il est mentionné dans un post ci-dessous soit un élément discréditant à son actif. Il y a un tas de “sionistes”, d’américanophiles tout à fait honnêtes et sympathiques.

  • 23 August 2008 à 13h48

    Alice dit

    Mais, au fait, y-est-il allé, en Georgie, Bernard-Henri L., ou n’y-est-il pas allé ? Peut-être l’avait-il seulement en tête, ce pays ? À la manière de Ray Charles : «Georgia on my mind»… Bernard-Henri, une chanson ! Bernard-Henri, une chanson !

  • 22 August 2008 à 22h09

    ancien philosophe dit

    Un peu trop syntétique.

  • 22 August 2008 à 20h41

    Stéphane dit

    Le mystère, c’est comment un type pareil, cet agent d’influence américano-sioniste, peut-il être encore appelé “philosophe” et avoir droit à des tribunes dans la presse française avec la qualité d’observateur indépendant et objectif ?

  • 22 August 2008 à 17h10

    Ludovic-Lefebvre dit

    J’ai lu le même article, mais fut moins prompt que ce cher Robespierre à le transmettre.
    Nous le savions déjà depuis vingt ans et cela ne l’empêchera pas de récidiver au prochain “reportage”.

    Si les causes que défend BHL sont nobles, justes. Alors quel besoin a t-il de pervertir systématiquement la réalité ? Il suffirait de la restituer.

    Il veut entraîner l’U-E dans une guerre contre la Russie qu’elle n’a pas les moyens de gagner, pourquoi ?

  • 22 August 2008 à 15h09

    robespierre dit