Pour une libre critique de Céline | Causeur

Pour une libre critique de Céline

La réponse de Pierre-André Taguieff à Causeur

Auteur

Pierre-André Taguieff
est philosophe, politiste et historien des idées.

Publié le 23 avril 2017 / Culture

Mots-clés : , ,

celine taguieff antisemitisme duraffour

Louis-Ferdinand Céline. Wikipedia. Agence de presse Meurisse — Bibliothèque nationale de France

Auteur d’un essai sur l’antisémitisme de Céline, Pierre-André Taguieff a voulu répondre à l’article de Jérôme Leroy paru dans le dernier numéro de Causeur.

La rédaction

Les Français tiennent à leurs contes de fée nationaux, surtout quand ils prennent une couleur littéraire – exception culturelle oblige –, et l’éclosion supposée de « l’écrivain de génie » nommé Céline en est un. Devant ce lieu de mémoire, on est tenu d’admirer sans s’interroger, de contempler sans questionner. Il n’est pas question de toucher à l’intouchable. Même les bobards du « génie littéraire » sont sacrés. Oser les mettre en question, c’est blasphémer à la française, c’est-à-dire faire preuve de « haine de la littérature », comme le répètent en chœur les critiques psittacistes de notre livre, Céline, la race, le Juif.

Céline, une mythologie

Les célinophiles inconditionnels de toutes obédiences se sont évertués à propager des « vies de Céline » légendaires, récits apologétiques recyclant nombre de ses mensonges et de ses mythes personnels (par exemple, ses prétendues origines bretonnes et flamandes), et légitimant ses postures trompeuses, celles notamment du « persécuté », du « bouc émissaire ». « Le persécuté c’est moi », écrit  Céline à Lucette Destouches le 13 août 1946. Délire de persécution, mais aussi posture du persécuté prise sans vergogne par un délateur dont nous analysons les sinistres activités sous l’Occupation. C’est le cœur de la légende célinienne, une légende victimaire. Sur la base de ses mensonges et de ses délires, Céline a été angélisé, victimisé, héroïsé.

Le cas Céline a été ainsi mythologisé. L’écrivain s’est transformé en idole. Le culte qui lui est rendu a ses grands prêtres, son clergé, ses rites, ses chapelles et ses célébrations solennelles, ses prières en guise de commentaires. La communauté de fidèles ainsi instituée a ses textes sacrés, ses apologistes professionnels et ses inquisiteurs, lesquels procèdent à l’excommunication des infidèles. Ce culte a même ses mystères, dont le principal est bien connu : le mystère de la transsusbtantiation du pur génie en salaud intégral (et la transmutation inverse). Depuis 1961, l’amoncellement des biographies complaisantes et romancées de Céline a suscité une vulgate célinophile qui a ses mandarins, ses profiteurs et ses colleurs d’affiches. Cette célinophilie est devenue une composante du littérairement correct. Le malheur est que les thèmes de ce récit enchanteur et trompeur ont été intériorisés par nombre de lecteurs aussi naïfs qu’admiratifs de Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit. Ces lecteurs admiratifs du romancier forment une communauté de croyants. Le catéchisme céliniste semble les satisfaire, au point de les transformer subrepticement en adeptes. Ce qui les choque, c’est précisément la critique de leur cher catéchisme, celui qu’entretiennent les prêcheurs professionnels du culte, qui en vivent. Nous sommes en présence d’une  entreprise d’endoctrinement qui a réussi.

Illusions perdues

Dans Céline, la race, le Juif, dont l’un des objectifs est de contribuer à la démythologisation du phénomène Céline, plus d’un demi-siècle après la mort de l’écrivain, nous nous sommes risqués à suivre le sage conseil de Voltaire : « On doit des égards aux vivants ; on ne doit aux morts que la vérité. » Nous n’imaginions pas que le dévoilement, aussi partiel soit-il, de la simple vérité sur l’écrivain, le pamphlétaire antijuif et le propagandiste pronazi serait perçue et dénoncée comme une action scandaleuse. Nous avions sous-estimé la force de l’admiration aveugle et la violence de l’indignation moralisante. Sous-estimé aussi les intérêts éditoriaux et journalistiques liés à la préservation de la légende littéraire. Ces intérêts suffisent à expliquer pourquoi tant d’articles médiocres, rédigés à la hâte par des journalistes n’ayant pas lu notre livre, se ressemblent étrangement : fabriqués avec un petit nombre de clichés, d’impasses calculées et d’accusations infondées, leur seul objectif est de dissuader le lecteur d’ouvrir notre ouvrage, histoire de protéger la communauté des fidèles des « mauvaises » influences extérieures. Les pontifes du célinisme savent que leur statut symbolique tient au phénomène de « polarisation de groupe », par lequel les fidèles restent entre eux, partagent leur goût des images installées et renforcent leur adhésion aux dogmes célinistes. L’admiration est une chose, et elle ne se discute pas. Le manque de probité intellectuelle en est une autre. C’est là qu’est le vrai scandale. Occasion de rappeler que les règlements de comptes sont le déshonneur de la critique littéraire.

En nous efforçant de dissiper les mensonges pieux et les illusions réconfortantes sur l’idole Céline, c’est-à-dire de remplacer une légende littéraire par une série de faits vérifiés sur l’homme et l’écrivain, nous ne nous proposons nullement  d’« effacer Céline » ni de le « résumer à son seul antisémitisme ». Il ne s’agit pas pour nous de « brûler » le moindre écrit de Céline, parce que leur auteur serait un « salaud ». Ni de criminaliser les lecteurs de Céline, en en faisant des « salauds » par contamination !  Rien dans notre livre ne permet de nous attribuer une telle vision. Les céliniens ordinaires, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui, qui prennent plaisir à lire Céline, sont à nos yeux fort respectables. Certains universitaires pourraient en faire l’objet d’une étude sociologique. Mais on ne trouve rien de tel dans notre livre, dont ce n’est pas le propos. Quant aux pamphlets antijuifs de Céline, il reste à en faire une véritable édition critique, fondée sur une connaissance approfondie des sources ainsi que sur une intelligence des objectifs et des stratégies du propagandiste doublé d’un plagiaire pressé. Ce travail critique a été exemplairement commencé par Alice Kaplan en 1987 sur Bagatelles pour un massacre. Nous l’avons poursuivi dans notre livre, en tenant compte de nouveaux documents, en particulier de la correspondance. Notre examen critique porte en outre sur la légende de l’écrivain maudit et « génial » que Céline forge en exil au Danemark ainsi que sur les activités des célinistes militants et des célinolâtres de profession, ceux qui s’efforcent, depuis les années 1960, de blanchir et de transfigurer Céline en s’inspirant de son auto-mythologisation.

Loin de nous cependant l’idée selon laquelle les écrits sur Céline seraient tous du genre hagiographique et témoigneraient tous d’une complaisance frivole à l’égard de l’écrivain engagé, voire d’une complicité idéologique avec lui. Il y a des exceptions notables, dûment relevées dans notre livre. Il en va ainsi des travaux de Jean-Pierre Dauphin, Marie-Christine Bellosta, Annie Montaux, André Derval, Philippe Roussin, Marie Hartmann, Gaël Richard, Jérôme Meizoz, Odile Roynette, etc., dont nous saluons autant l’honnêteté intellectuelle que la compétence dans le domaine.

Céline choque Je suis partout!

Il s’agissait pour nous à la fois, dans notre livre, d’établir les faits et de poser le problème plus général, sur ce cas exemplaire, de la responsabilité morale et politique de l’écrivain. Car, dans la légende célinienne, le culte du « style » pur a permis d’imposer l’image de l’écrivain « de génie », irresponsable et intouchable, magnifiquement « infréquentable », admirablement « réfractaire ». Cette esthétisation va de pair avec une dépolitisation de la trajectoire de Céline, qui fut, en dépit de ses dénégations d’après-guerre, un écrivain engagé, mû par des idées et des passions politiques. « Je suis raciste et hitlérien, vous ne l’ignorez pas », écrit-il à Robert Brasillach en juin 1939. Et il ajoute : « Je hais le Juif, les Juifs, la juiverie, absolument, fondamentalement, instinctivement, de toutes les façons. Une haine parfaite. » Cette lettre, Brasillach refusera de la publier dans Je suis partout, comme d’autres par la suite. Céline, par son pro-hitlérisme inconditionnel et son extrémisme antijuif, a réussi à choquer la direction de l’hebdomadaire fasciste.

Il faut souligner à cet égard l’exceptionnalité célinienne. Dans l’espace de l’antisémitisme de plume des années 1930, on rencontre des extrémistes marginaux (Henry Coston, Henri-Robert Petit, Louis Darquier, Jean Boissel, Jean Drault, etc.), antijuifs professionnels stipendiés, et des « modérés » jugés fréquentables, journalistes ou écrivains, illustrant l’« antisémitisme de salon ». Céline est le seul écrivain antisémite à illustrer la catégorie de l’extrémiste non marginal, le seul écrivain célèbre à s’être engagé totalement et explicitement dans la propagande antijuive et raciste d’obédience pro-nazie.

Notre livre, qui s’attaque aux idées reçues ou imposées sur Céline et son itinéraire, a suscité une polémique à laquelle nous nous attendions. Ce qui nous surprend, et nous consterne, c’est d’abord que nos contradicteurs nous prêtent des thèses qui nous sont étrangères, ensuite qu’ils prétendent parfois que les thèses que nous avançons, et qui les choquent, ne seraient pas fondées sur des preuves. Étrange argument, qu’affectionnent des critiques qui n’ont jamais travaillé sur archives et dont la culture célinienne se limite à la lecture de quelques publications de célinistes pieux ou militants. On comprend dans ces conditions qu’ils ne veuillent rien savoir de ce qui dérange leurs certitudes.

Un as de la délation

Par exemple, le double fait que Céline a pratiqué la délation sous l’Occupation  (ses dénonciations sont passées en revue dans notre livre) et a joué le rôle d’un « agent du SD » (service de renseignements de la police allemande), selon l’expression utilisée par la direction générale des Renseignements généraux sur la base des auditions de  Helmut Knochen, chef de la police allemande en France. Céline est identifié comme « agent du SD » dans  une liste de 45 noms d’« agents de l’ennemi », qu’on trouve dans les archives récemment ouvertes. On peut le considérer comme un « agent » par conviction idéologique, disons un collaborateur volontaire des services de police allemands, prêt à apporter ses informations, son avis et ses conseils sur les mesures à prendre, notamment sur la « solution » de la « question juive ». Les auditions et interrogatoires de Knochen,  entendu par la DST puis par les Renseignements généraux entre novembre 1946 et janvier 1947, viennent corroborer les déclarations, jusque-là isolées, de Hans Grimm, Hauptscharführer SS à Rennes. Ce  responsable SS avait déclaré devant le tribunal de Leipzig que Céline avait pu obtenir un laisser-passer pour la zone côtière interdite grâce à une recommandation de Knochen  et qu’il effectuait des missions pour le SD à Saint-Malo. Knochen cite  « parmi  les Français désireux de collaborer volontairement avec les services allemands : Montandon, Darquier de Pellepoix,  Puységur,  Céline,  Lesdain », ardents hitlériens et antisémites fanatiques.

Le désir de ne pas savoir qui motive nos critiques les a empêchés de lire sérieusement notre livre, où lesdites preuves sont présentées, contextualisées, analysées. Mais il est vrai que notre livre frôle les 1200 pages ! Quand, chez des gens pressés, la paresse intellectuelle rencontre la mauvaise foi, le choix n’est plus qu’entre le silence qui tue et l’exécution sommaire. Faute de pouvoir imposer le silence, ils ont opté pour l’anathème. Ultime tentative de restaurer leur autorité défaillante et négation magique du crépuscule de leur idole.

Si la figure qui se dégage de notre étude est celle d’un personnage haïssable ou méprisable, ou encore celle d’un écrivain aux postures trompeuses, nous n’y pouvons rien. Et surtout, pour nous qui vivons depuis notre enfance dans un univers culturel où la littérature tient la plus grande place, cela n’a rien à voir avec une quelconque « haine de la littérature ». De la même manière, le fait d’avoir publié une longue étude intitulée Wagner contre les Juifs n’implique nullement que je serais mû par une secrète « haine de la musique ». De tels arguments sont pitoyables. Faut-il ajouter, puisque le célinocentrisme est à l’ordre du jour, que la littérature du XXe siècle ne se réduit pas aux romans de Céline ?  Et, pour souligner une autre évidence, que la littérature ne se réduit pas au genre « roman » ? Mais c’est là une tout autre histoire.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 25 Avril 2017 à 17h33

      Hannibal-lecteur dit

      Bon équilibre entre Taguieff et Leroy. Mais …beaucoup de bruit pour …rien.
      Le racisme est une énorme connerie, qui attribue à la race, celle qui fait les blancs ou les rouges ou les jaunes etc. la vertu d’imprégner aussi les mentalités qui ne sont le résultat que de la culture. La race concerne les corps, et c’est tout.
      Donc Céline est un con, énorme.
      Faut-il haïr les cons ? Évidemment pas, y aurait trop de haine à disperser, y en aurait plus assez pour les cas graves. A-t-on le droit d’être con ? Évidemment.
      Alors mélanger la connerie raciste de Céline et son génie littéraire ( auquel on est libre de croire ou non, en plus ) c’est tout simplement une stupidité. C’est faire du bruit pour rien.

      • 25 Avril 2017 à 23h07

        Pierre Jolibert dit

        Mais est-ce que ce n’est pas ce que demanderait Céline lui-même, de bien vouloir faire cet alliage ?
        Encore une fois, comment comprendre les phrases citées par Leroy : « J’aurais pu donner dans la science, la biologie où je suis un peu orfèvre. J’aurais pu céder à la tentation d’avoir magistralement raison. Je n’ai pas voulu. J’ai tenu à déconner un peu pour demeurer sur le plan populaire. »
        j’aurais pu donner dans la science / j’aurais pu céder à la tentation d’avoir magistralement raison = j’aurais pu faire du Zola (cf les passages cités hier de la préface au 1er vol. des Rougon-Maquart) ; et c’est sûrement sincère : tentation au sens fort ; et d’ailleurs il y a double orgueil : je pourrais très bien faire comme ça si je voulais mais je fais encore mieux (= ce que je fais est d’autant mieux pouvant faire autrement) avec aveu au passage que la science est affaire, comme tout, d’orfèvrerie
        j’ai tenu à déconner un peu –> ce qui va s’écrire est délibérément outrancièrement populairement con, plutôt que magistralement et pontifiquement con ;
        si je comprends bien d’ailleurs, dans le texte lui-même des Bagatelles, les diatribes haineuses s’articulent directement sur le thème du génie ou plus largement de la valeur : les pamphlets s’articulent aux romans parce que le 1er porte sur les romans, sur le Ferdinand des romans et les jugements exprimés sur les romans comme dans les pièces de théâtre genre Critique de l’école des femmes.
        De toute façon, donc, il faut juger le tout ensemble. Et ce d’autant que les pamphlets prétendent eux-mêmes juger les juges des romans. Et le mieux est encore peut-être d’user en premier lieu du critère favori de Céline : le lourd et le léger. Ensuite des critères plus courants dans les écrits racistes de l’entre-deux-guerres et peut-être avant : le factice et l’authentique. En tout cas, dire con ne suffira pas, puisque le mot est tout prêt à être recyclé dans la machine à texte.

        • 25 Avril 2017 à 23h36

          Lector dit

          “de bien vouloir faire cet alliage” oui et non, ça dépend à quelle date : à la fin certainement pas, confère l’interdiction de publication des “pamphlets” qu’il a lui même expressément recommandé et que tient sa femme jusqu’à présent. Par contre la première édition de Bagatelles était comprise comme celle d’un roman (écrit en première de couv’ dit-on).
          Le fait est que les écrits d’après guerre (ou en tout cas depuis Guignol’s band) ont bénéficié d’un changement opéré à l’écrit dans les pamphlets.

        • 26 Avril 2017 à 15h08

          Hannibal-lecteur dit

          Ce que demande Céline lui-même ? Alors c’est bien une stupidité, il ne demande celà que pour introduire une possiblité d’excuse… De la même façon malhonnête que quand il prétend pouvoir mettre la science en avant pour justification alors que l’effet sera contraire.
          Non, Céline, là, il à tortillé autant qu’il a pu et c’est loupé.
          Donc juger tout ensemble ou pas est autre chose et …loisible à chacun  de faire comme il l’entend, et loisible à moi de trouver ce dilemme stupide …

        • 26 Avril 2017 à 15h17

          Pierre Jolibert dit

          Hannibal
          Par juger le tout ensemble ou le mélange je voulais dire sortir du dilemme ou alors je n’entends pas ce que vous appelez le dilemme.

          Lector, dans ce que je disais je m’intéressais évidemment à l’intention du début, et pas au souci nouveau de l’après-guerre.
          (même si ce que j’ai lu de l’après-guerre me fait dire que le thème de la confrontation à tous les autres écrivains, ça continue / pour moi c’est ça le plus important et qui fédère tout, c’est-à-dire pour le dire que le racisme est comme capté, adopté et adapté à l’ambition de faire advenir un monde où lui Céline serait considéré comme le premier génie)

        • 26 Avril 2017 à 15h25

          Hannibal-lecteur dit

          Pierre, dilemme, celui de juger le paquet ou séparément.

        • 26 Avril 2017 à 15h49

          Pierre Jolibert dit

          D’accord, et il vous est en effet loisible de, etc.

      • 25 Avril 2017 à 23h14

        Pierre Jolibert dit

        Au besoin aussi, tout simplement le faux et le vrai.
        Passages très impressionnants dans l’hommage à Zola cité l’autre jour dans l’uchronie de Leroy (qui a choisi le seul extrait vraiment utile pour un ministre aujourd’hui, d’ailleurs, ou bien ?)
        La position de l’homme au milieu de son fatras de lois, de coutumes, de désirs, d’instincts noués, refoulés est devenue si périlleuse, si artificielle, si arbitraire, si tragique et si grotesque en même temps, que jamais la littérature ne fut si facile à concevoir qu’à présent, mais aussi plus difficile à supporter. Nous sommes environnés de pays entiers d’abrutis anphylactiques ; le moindre choc les précipite dans les convulsions meurtrières à n’en plus finir.
        Nous voici parvenus au bout de vingt siècles de haute civilisation et, cependant, aucun régime ne résisterait à deux mois de vérité. Je veux dire la société marxiste aussi bien que nos sociétés bourgeoises et fascistes.
        L’homme ne peut persister, en effet, dans aucune de ces formes sociales, entièrement brutales, toutes masochistes, sans la violence d’un mensonge permanent et de plus en plus massif, répété, frénétique, « totalitaire » comme on l’intitule. Privées de cette contrainte, elles s’écrouleraient dans la pire anarchie, nos sociétés. Hitler n’est pas le dernier mot, nous verrons plus épileptique encore, ici, peut-être.

        Je trouve l’ensemble du discours difficile et je ne comprends pas.

        • 25 Avril 2017 à 23h25

          Lector dit

          Pierre, vous avez pourtant la réponse dans le résumé.

        • 26 Avril 2017 à 15h10

          Pierre Jolibert dit

          La réponse à quoi exactement, Lector ?
          et le résumé ne m’aide pas beaucoup, qui parle de “la foi dans la vertu, c’est-à-dire dans le langage”, ah bon ? que Céline n’aurait plus (ah bon ? je veux dire la foi dans le langage).

        • 26 Avril 2017 à 15h18

          Hannibal-lecteur dit

          Pierre, vous ne comprenez pas pour une raison simple : ces assertions sont ridicules. La pire ? : ” aucun régime ne rėsisterait à deux mois de vérité ” . Double imbécillité : 1/ quelle vérité?  2/ comment imposer une vérité à un régime? La vérité c’est celle du régime, on n’en change qu’en changeant le régime.
          Bref, la seule vérité, celle qui se prétend telle pour la seule raison qu’elle est la seule existante, preuve suffisante, c’est justement celle des lois des désirs etc.   …quel est l’imbécile auteur de ce texte?

        • 26 Avril 2017 à 16h07

          Pierre Jolibert dit

          Je ne vois pas du tout ce qu’il (Céline) peut bien avoir en tête exactement par “vérité”.
          Ce qui m’impressionne d’abord c’est qu’il a l’air de tenir à égale distance tous les types de sociétés du moment. Et que toute la suite, chez lui, a l’air du coup de partir d’un choix complètement conscient et délibéré à partir de ce que je comprends comme un autre point de bascule dans ce texte : la réalité, on ne la supporte plus, qu’on nous laisse encore profiter du rêve en attendant que celui-ci soit lui-même entièrement soumis à la tyrannie/technique (? je ne sais pas). Le délire raciste fait-il partie de ce refuge annoncé dans le rêve ?
          Je ne sais pas si tout ça est présent d’une façon ou d’une autre dans l’étude de Duraffour & Taguieff ou chez uns de ceux qu’ils citent qui s’intéressent beaucoup aux sources et au contexte, mais j’imagine que ça pousse à un rapprochement avec les surréalistes (j’enfonce sûrement une porte ouverte) et leurs proches parents, M. Aymé, etc.

        • 26 Avril 2017 à 22h54

          Lector dit

          Pierre, la réponse à votre interrogation (Cf. “discours difficile et je ne comprends pas”). Tout est dans : “la réalité est devenue impossible à écrire” et pourtant il l’a fait, d’une écriture improbable, empathique avec l’Horreur ou l’Enfer.

    • 24 Avril 2017 à 18h51

      Ganzo dit

      Savonarolle, le retour ?

    • 24 Avril 2017 à 17h08

      Liamone dit

      Pétain est bien rentré de Sigmaringen avec Céline et toute la cohorte des collabos déglingués. Ils reviennent avec le FN. De Gaulle est bien mort avec les valeurs et les idéaux de la Libération et de la Résistance, mais le peuple français est bien là et il n’a pas la mémoire courte.

    • 24 Avril 2017 à 15h52

      jim42 dit

      Bravo Mr Taguioeff. En effet, vous dites:”Quand, chez des gens pressés, la paresse intellectuelle rencontre la mauvaise foi”,…
      J’ajouterais : Quand l’Hystérie (structure mentale-attitudes pasycho-affectives spé”cifiques) rencontre la Critique de la Littérature …on peut se faire une idée deu niveau psychique des Fans de Knobelspiess à Heidegger… piégés par leurs erreurs affectives davantage que leur Intellect littéraire compétent.
      On ne voit pas ce qui mérite tant d’admiration pour le caractère vulgaire, “populaire” en littérature, mais “pervers” chez les gens “distingués” (qui en usent sans doute dans leurs “évats”??? et le caractère “délicieusement Abscons chez les supposés Philosophes, caractères déficients et dangereux qui sont est du même ordre de la “Séduction par la Canaille” qui eu ses beaux jours à la Belle Epoque…(ces carctètres pathologiqsues légers qui ne nécésssitent jamais l’”hôspitalisation sont humains et de toutes les époques…Ainsi “raisonnaient les “gens de Sdom et Gomora!!! Relisez les vieux textes…!
      J’aile la poésie la littérature et le théâtre que j’ai pratiqué comme acteur également, mais l’Hystérie dominant l’essentiel du “Milieu” m’a vite excédé…Je dois a

    • 24 Avril 2017 à 15h25

      Negrito dit

      ça a débuté comme ça.Moi, j’avais rien dit.Rien…..Cette petite phrase vaut mieux que les 1200 pages de ce lourd pensum…

    • 24 Avril 2017 à 15h16

      Negrito dit

      1200 pages pour tout ce pauvre résultat…Que d’arbres abattus pour rien…On sait tous que Céline n’aime pas les juifs..on était en 1940..d’autres moeurs…
      J’avais 16 ans en 1950..un copain m’a prêté un livre de ce Céline dont je ne connaissais pas le nom..Bagatelle pour un massacre..un choc pour moi..je me suis dis à l’époque qu’il était impossible d’écrire après Céline….

    • 24 Avril 2017 à 12h59

      caffer dit

      Peut-être suis-je un peu trop simple d’esprit, mais je sais que certains romans de Céline sont extraordinaires et que sa langue est une révolution.
      Je sais aussi que l’homme, certes à une époque très clivante, a par ailleurs écrit et fait des horreurs.
      Jugé en 1945 comme Brasillach, il aurait été également exécuté. 
      Quel est l’intérêt aujourd’hui de refaire son procès? 
      Nombre d’écrivains et d’artistes se sont fourvoyés dans la politique.
      Chez Céline, c’est l’expression d’une volonté farouche de ne pas être comme les autres, comme le commun des mortels, qui l’a conduit à ses fautes en tant qu’homme.
      Mais en qualité d’écrivain, on ne peut pas lui dénier son extrême sensibilité et son attachement à l’Homme. 

      • 24 Avril 2017 à 13h13

        AGF dit

        Quelle indulgence! Certes il était attaché non pas à l’Homme mais à un homme sélectionné.
        Aujourd’hui on le compterait peut-être dans le camp du bien où l’on a un amour de l’Homme très “sélectif”.

      • 24 Avril 2017 à 16h14

        Pierre Jolibert dit

        Pour résumer encore plus en gros, il ne s’agit pas de refaire le procès d’après-guerre, mais de prendre le tout et de faire un jugement global, ce qui peut se faire d’ailleurs avec n’importe qui.

    • 24 Avril 2017 à 11h15

      GLOCK dit

      Il veut quoi le contempteur ? Vomir ? c est quoi sa posture ? la mise à l index? de quoi il se mêle Taguieff? de mon pauvre bonheur ? Je ne mets rien au dessus de Céline parce que quand je l ai découvert grâce à mon père j avais 14 ans et que ma vie entière est dans sa tonalité . Grâce à lui je sais ce que c’est que le talent, la grâce, la puissance , la fragilité , la noirceur, l obscurité et la danse. Vous croyez qu un ou deux universatilitaires élevés en batterie, gonflés aux hormones publiques et aux congelés payés arriveront à écorner le diable ? Qu ils aillent se faire confire dans leur jus de jalousie ou qu ils remettent le livre sur l étagère du haut celle où ils ont difficilement accès .

      • 24 Avril 2017 à 12h00

        AGF dit

        Encore un qui n’a pas lu le livre de Taguieff..

      • 24 Avril 2017 à 16h54

        Platon dit

           Très bien votre réaction aux pleurnicheries de ce M.Taguieff dont j’ignorais encore à ce jour la triste existence .Ce serait pécher que de se laisser aller sans retenue au plaisir de la langue  de Céline qui parle cru pour parler bien. Qu’est-ce que ça peut lui foutre  aujourd’hui la crapulerie d’un tel homme   et s’en prendre ainsi à son génie principal auquel nous devons tant de bonheur ?!? A quoi bande-t-il ?
           Bien que par ailleurs très appliqué moi-même à lire le Marquis de Sade , je n’ignore pas qu’on a trouvé des restes de cadavres dans son jardin . Est-ce que ça devrait m ‘ empêcher de jouir des jolis fantômes qu’il a si bien formés à mon usage intime ? Je ne fais de mal à personne .Et à  la lecture des scènes particulières  de Sade , au souvenir de Sulpice , de Fierval , de Victor et de Coeur de fer , je ne renie rien de mon plaisir . Est-ce que je dois me faire aveugle pour m ‘ empêcher de pécher  de lire et d’exister ? 

        • 24 Avril 2017 à 17h00

          Platon dit

           C’est à M. Glock que je m ‘adresse , cela va sans dire .

      • 25 Avril 2017 à 16h46

        Hannibal-lecteur dit

        Votre réaction et celle de Platon, conforme, sont carrément à côté de la plaque: vous vous laissez emporter par votre amour incoercible de Céline à quoi personne ne trouve à redire et …surtout pas Taguieff lui-même. 
        Alors dites-nous plutôt en quoi Céline est-il bon à vous sėduire et ne faites pas de reproches inutiles à celui qui critique, arguments à l’appui, non pas Céline l’auteur mais ceux qui se démènent pour camoufler son anti-sémitisme ce qui est particulièrement stupide. 
        Si il y a bien des interrogations à essayer de clarifier, celle de cet anti-sémitisme en est un bel exemple.
        Alors interrogez vous: ne vous gêne-t-il pas un peu vous-même pour vous tromper à ce point comme vous faites sur l’objectif de Taguieff? 

    • 23 Avril 2017 à 21h54

      hector gramont dit

      L’amour français pour le “renégat” vrai, faux ou supposé , la petite frappe, la crapule ou le mandrin-bonnot-mesrine, le bandit au grand coeur à la lame de rasoir en action fait partie d’une tradition étrange et unique qui transcende les clivages politiques. D’autant lara à mocky on se doit de vomir la norme, le bourgeois, le propriétaire, le paysan . On adore le révolutionnaire déchiré, le coupeur de jarret…. Je pense aux pamphlétaires enflammés, au brave père Duchesne… Je pense aussi à certains écrits d’Artaud sans oublier Sade bien sûr et puis Genet . On aime la canaille qui donne le frisson de l’encanaillement. Au XIX è le monde entier venait rechercher ce frisson là à Paris dans ses faubourgs, ses bas fonds et ses maisons d’abattage. La langue de Céline que j’ai admiré à mon adolescence a aujourd’hui un goût amer parce que je sais aujourd’hui de quoi elle est construite de l’intérieur.
      Le bon peuple et ses bas instincts, jalousie , ressentiments et esprit de vengeance.
      Tous ces ressorts bas et vils qui font la chair sous jacente d’une part non négligeable de la littérature universelle. Je crois que le travail de Taguieff et Dufour est salutaire parce qu’il ne faut rien laisser passer de la crapulerie du personnage et de son extrémisme coupable et inextinguible. Pour la postérité.

      • 25 Avril 2017 à 16h51

        Hannibal-lecteur dit

        HG vous faites partie de ceux qui quittent un jour l’adolescence et deviennent matures. Il semble d’après de nombreux posts que certains amoureux de Céline ont tellement été impressionnés par lui, adolescents, que – sur ce sujet, au moins – ils en soient restés à ce stade de leur évolution.

    • 23 Avril 2017 à 19h00

      laborie dit

      Il est vrai que les “productions” de Marc Levy ou de la mère Angot ne donneront pas lieu à controverse de 1200 pages…

    • 23 Avril 2017 à 18h25

      Normanh dit

      Taguieff, en bon commissaire politique, revient a la charge contre Celine, au nom du politiquement correct, melant confusement l’ ecrivain et son engagement politique…S’il avait ete le procureur,il lui aurait reserve le meme sort que celui de Robert Brasillach, le poete, fusille a la Liberation…Pourtant, tous les intellectuels de gauche,au courant des crimes monstrueux de Staline, les Sartre,Aragon,Breton,Eluard, n’ ont cesse d’ encenser le” Petit Pere des Peuples”,sans provoquer la moindre reaction de la part de ceux qui ont toujours pactise avec le marxisme…Et puis evoquer l’ engagement politique de Celine permet de faire diversion a un moment ou l’ on parle beaucoup de la complaisance de nos intellectuels mediatiques envers l’ Islam…Taguieff contre Celine, c’ est Lilliput contre Gulliver…Cela ne dissuadera personne de lire ou relire son oeuvre litteraire…

      • 24 Avril 2017 à 9h01

        AGF dit

        Pauvre type.
        Où avez vous lu que Taguieff a envie de dissuader qui que ce soit de lire Céline? Bien au contraire.Lisez d’abord Taguieff et relisez (je suis trop gentil:lisez) Céline avec un minimum d’esprit critique.Ce qui m’étonnerait de la part d’un esprit “push-pull”. Aragon ,Sartre, etc. n’ont pas échappé à la critique et des plus violentes venant des déçus du communisme. Sartre s’est même ridiculisé en “résistant” au nazisme longtemps après la fin de la guerre ce qui fut dénoncé même par ses groupies . Au moins quand le danger était en France Aragon ,Eluard, Vercors etc. mirent-ils leur vie en danger. Ce ne fut pas le cas de ces “glaires ambulants”, ces “merdes accrochées” au cul des nazis, ces “pustules purulentes sur le pied puant du paysan le plus crasseux” que furent Brasillach, Drieu,Céline, Giraudoux et il eut été normal que Céline fût passé par les armes.

        • 24 Avril 2017 à 10h01

          Normanh dit

          Le pauvre type, c’ est vous- meme!Vos grossieretes ne salissent que votre prose, haineuse envers ceux qui ne pensent pas comme vous….Robespierre, votre idole,liquidait le moindre deviationisme, de meme que Staline…S’ en prendre aux intellectuels est le propre des esprits faibles et des regimes totalitaires :la haine est mauvaise conseillere…Allez donc vivre en Coree du nord, un poste de commissaire politique vous sera propose, vu vos antecedents.

        • 24 Avril 2017 à 10h15

          Pierre Jolibert dit

          AGF,
          puisque vous arrivez à faire des distinctions dans un camp (Sartre et les autres), vous pourriez peut-être aussi vous fendre d’une mise à l’écart de Giraudoux pour qu’il évite le peloton, non ?

        • 24 Avril 2017 à 12h03

          AGF dit

          Et ces érudits qui ne savent même pas reconnaître une citation…

        • 24 Avril 2017 à 13h48

          Pierre Jolibert dit

          De qui ?
          Et aussi d’où à où ? (et y en a-t-il plusieurs ?)

        • 24 Avril 2017 à 16h20

          Pierre Jolibert dit

          Donc vous parlez de vos expressions entre guillemets ? et c’est de Céline ? c’est indifférent à la présence de Giraudoux dans le listage dont les guillemets partiels vous laissent la responsabilité,
          mais peut-être Céline lui en voulait spécialement ? d’avoir été antisémite mais pas nazi ?
          Faites-moi d’ailleurs profiter de vos précisions : je me souviens qu’Aragon et Triolet reviennent régulièrement sous la plume de Céline dans les textes d’après-guerre. Il change les lettres ou les syllabes, et j’avais trouvé ça drôle, mais j’ai oublié.

    • 23 Avril 2017 à 18h19

      Ganzo dit

      C’est le monde à l’envers ! Jusqu’à présent c’est bien dire apprécier le talent de Céline qui vous fait soupconner illico d’être fasciste et non pas le contraire. La parfaite connaissance du comportement et des propos antisémites de Céline n’empêche pas ses admirateurs de se délecter en le lisant….non vraiment quel blabla !!!

      • 23 Avril 2017 à 18h23

        Lector dit

        “C’est le monde à l’envers !” Exactement.

    • 23 Avril 2017 à 18h07

      eclair dit

      est ce que ces romans sont bien écrit?

      Est ce que tout est à mettre à la poubelle?

      Vous ne feriez pas les autodafés à l’envers pour le coup?

    • 23 Avril 2017 à 17h29

      brindamour dit

      Le titre est “Pour une libre critique de Céline”. C’est la bonne distance.
      Qu’est-ce que c’est ces jappements contre Taguieff.
      Céline est un écrivain qui a écrit un ou deux chef-d’oeuvres et par ailleurs antisémite, raciste et pro hitlérien, délateur. Voilà c’est tout, vous pouvez retourner à votre lecture du Voyage.

      • 23 Avril 2017 à 17h36

        Martini Henry dit

        on n’a pas attendu Taguieff pour le savoir.

      • 23 Avril 2017 à 17h45

        Lector dit

        “jappements” rhohoho ; je me souviens, par exemple, de Jean-Pierre Martin qui au Cercle de minuit voulait déjà en ce temps là “redonner la parole aux anti-céliniens” (et encore il parlait bien de ceux qui l’avaient lu pas des cuistres qui veulent faire bonne figure à mauvais compte) et qui quelques 25 ans plus tard dans “le procès Céline” parle avec délectation d’une “entrée fracassante dans la littérature” en citant les premières lignes du Voyage. Alors vous savez, les petites querelles tardives de pseudo chapelle littéraire… reste l’oeuvre voilà tout.

      • 23 Avril 2017 à 18h07

        Pierre Jolibert dit

        Ce n’est pas tout à fait tout puisque la démythologisation est censée être poussée jusqu’à troubler ce que serait une admiration naïve des 2 chefs d’oeuvre.
        J. Leroy reproche aux 2 auteurs de refuser d’envisager Céline comme un écrivain antisémite qui demeurerait quand même un écrivain pour ne plus voir en lui qu’un antisémite qui écrit.
        Au fait, pardon, j’ai tout à fait tort d’avoir résumé en dessous l’article de J. Leroy par la polarité bons romans/horreur. L’encart sur le Céline de Muray permet de poser qu’en fait les adversaires de la querelle actuelle sont d’accord pour dire que le pamphlétaire est dans le romancier sans discontinuité. La polarité est décalée à génie/horreur (je crois franchement que ça revient un peu au même, et si je trouve l’article de J. Leroy lui-même très cohérent, je suis très sceptique à la lecture de l’encart sur le livre de Muray, livre que je n’ai pas lu)
        Donc les jappements viennent pour dire si, si, le génie, le génie.
        D’où ma remarque en dessous : pourquoi P.-A. Taguieff ne fait-il pas une critique du génie (comme d’autres une critique du rythme, que je n’ai pas lue) ?

        • 23 Avril 2017 à 18h22

          Lector dit

          bien vu Pierre.
          Bon, c’est vrai qu’il y a des admirateurs particulièrement inféodés à Céline dont sans doute François Gibault pour exemple, mais faut aussi savoir que Serge Klarsfeld himself a été jury de thèse sur Céline… il parait même que c’est lui qui fit découvrir l’auteur à Henri Godard…
          Ce qui pose problème avec l’antisémitisme virulent de Céline c’est bien sûr l’époque et par exemple la date de réédition de Bagatelles en plus des qqs articles de lui parus dans des journaux nauséabonds (comme le contemporain se plaît à dire -chose relevée par Finkielkraut encore récemment). Car aujourd’hui qui viendrait polémiquer à propos du Marchand de Venise de Shakespeare, si ce n’était un imbécile de conformiste bon teint ?!

        • 23 Avril 2017 à 18h28

          Pierre Jolibert dit

          La date de réédition ? c’est-à-dire ?
          (désolé, je ne sais pas grand-chose là-dessus, c’est très flou)

        • 23 Avril 2017 à 18h49

          Lector dit

          la première parution date d’avant guerre les autres rééditions datent de l’occupation et avec suppléments dont (je n’ai pas pu vérifier) des photos qui viendraient de la Propaganda Staffel. Bref ce que la mythologie célinienne pourrait excuser en 37 (malgré la parution précédente de Mein Kampf en 34 pour l’édition française si je ne m’abuse) elle ne le peut en raison des rééditions sous Vichy. NB Denoël a été assassiné en 45.

        • 23 Avril 2017 à 18h58

          Pierre Jolibert dit

          J’ai sans doute encore tort de dire que la polarité est décalée. Les partisans du génie vont sans doute dire qu’il faut dire que l’horreur est dans le génie et vice-et-versa.
          Mais justement il me semble qu’eux mêmes ne tiennent pas forcément jusqu’au bout le cap de l’amoralisme littéraire (de même que Taguieff ne tient pas jusqu’au bout celui de la démythologisation). Apparemment, Muray écrit : S’il n’y a pas deux Céline, c’est que celui des pamphlets se trouvait à l’intérieur de l’autre, comme une maladie du corps à l’intérieur de l’âme… diable, si ça ce n’est pas le retour par la fenêtre de la morale et des bonnes intentions…
          oh mais c’est le dépouillement, vite

        • 23 Avril 2017 à 19h00

          Pierre Jolibert dit

          @LEctor :
          mais j’ai l’impression qu’un des noeuds de la dispute porte précisément sur la façon dont il convient d’interpréter la parution très tôt de ces textes, et d’interpréter la réaction de tout le monde à ce moment-là : pour les uns : quel génie ! quelle prescience !
          pour les autres : bouh le vilain !
          bon pardon je cours à la mairie

    • 23 Avril 2017 à 16h39

      Lector dit

      hoho c’est cocasse voilà donc Taguieff qui pond son petit “rappel à l’ordre” genre Daniel Lindenberg, 15 plus tard, en dressant lui-même des listes ! Ah oui, pitoyable, c’est le cas de le dire.

      • 23 Avril 2017 à 17h44

        Pierre Jolibert dit

        Je me rends compte en lisant votre réaction et celle de Henry Martini juste en dessous qu’en fait P.-A. Taguieff ne répond pas vraiment à l’article de J. Leroy.
        Il y a bien une réplique à l’idée principale de celui-ci (d’un côté les romans bien, de l’autre l’horreur) mais elle est peu fournie, et il y a un déséquilibre par rapport à tous les détails fournis sur le côté horreur, ce qui n’est pas du tout le sujet de J. Leroy.
        Ce déséquilibre est selon moi lié à un refus implicite d’étendre les raisonnements très intéressants sur l’idolâtrie. Pourtant, depuis le temps qu’on voit se coucher le soleil sur les idoles… ce n’est pas bien dangereux d’aller plus loin, mettons jusqu’au rayon vert.
        Pourquoi ne pas assumer aussi une certaine haine de la musique (après tout c’est le titre d’un texte d’un écrivain vivant) ? s’il y a quelque chose de sot ou de haïssable chez Wagner pourquoi ne serait-ce pas une chose inhérente ou fréquente en musique ?
        Ce jeu appliqué à tout le reste, surtout pour nous qui vivons depuis notre enfance dans un univers culturel où la littérature tient la plus grande place, permettrait de se détacher autrement, plus doucement, de l’emprise des idoles, car ce n’est certainement pas en en brisant une seule qu’on obtient directement l’approbation de ses fidèles.
        Il est d’ailleurs un peu cocasse et malhabile, je trouve, de se réclamer en l’occurrence d’un sage conseil de Voltaire : imaginez que quelqu’un ressorte, ah tiens au fait, le dossier des relations de Voltaire au judaïsme.
        Mais de quelles listes parlez-vous, au fait, Lector ?

        • 23 Avril 2017 à 17h54

          Lector dit

          La liste des “exceptions notables” Pierre, celle des bons gentils qui vont bien à l’époque : “Il en va ainsi des travaux de Jean-Pierre Dauphin, Marie-Christine Bellosta, Annie Montaux, André Derval, Philippe Roussin, Marie Hartmann, Gaël Richard, Jérôme Meizoz, Odile Roynette, etc., dont nous saluons autant l’honnêteté intellectuelle que la compétence dans le domaine.” (dont pas mal d’oubliés). Liste d’illustres inconnus par ailleurs… :)

          Je m’étais fait une réflexion analogue à la vôtre à propos de Voltaire, mais surtout en pensant à Rousseau et les turpitudes -pour dire ainsi- que celui-ci dû subir de celui-là.

        • 23 Avril 2017 à 17h56

          Villaterne dit

          Certes il n’y a pas de liste et Taguieff avait en son temps dénoncé le “Rappel à l’ordre” de Lindenberg, ouvrage commandité par, rappelons-le, le grand “démocrate” Rosanvallon !
          Mais 1200 pages pour ça ? C’est ce que nous ne comprenons pas avec Lector !

        • 23 Avril 2017 à 18h02

          Lector dit

          Taguieff a fait partie de la liste noire de cet apparatchik du Bien qu’est Lindenberg, mais que celui-là donne ici une liste blanche revient au même car c’est dire par défaut une liste noire à laquelle appartiendraient tous les autres non cités… Taguieff, dont j’ai grandement apprécié certains ouvrages méritants et très opportuns à une époque où il faisait partie des qqs rares plumes nécessaires, a dû ici oublier la leçon de Wilhelm Reich et successeurs sur notamment le fascisme de la langue… dommage.

        • 23 Avril 2017 à 18h05

          Lector dit

          bah si Villaterne, liste de noms il y a dans cet article… ben les gars ouvrez vos mirettes :))))))

        • 23 Avril 2017 à 18h13

          Pierre Jolibert dit

          D’accord, Lector, je vois la liste, mais je saisis encore mal l’idée de la réversibilité des listes noires en blanches.
          (tiens, au fait je connais une Odile Roynette pour tout à fait autre chose, je veux dire d’autres sujets d’étude)
          Quant aux 1200 pages c’est sans doute en comptant la liste, je veux dire la bibliographie et l’index. ;)

        • 23 Avril 2017 à 18h33

          Lector dit

          c’est pourtant très simple Pierre, lorsque l’on désigne l’un (les uns) en comparaison d’un autre (d’autres) on ne fait qu’opérer une discrimination. Vous retrouverez par exemple un tel propos dans l’étude du fascisme par Roger Dadoun : (de mémoire, en substance) l’utilisation de comparatifs et de superlatifs -Cf. la copie exemplaire d’un professeur donnée aux autres élèves- exprime une division hiérarchique. Désigner l’un comme plus doué c’est en creux désigner un autre comme l’étant moins, de fait.

        • 23 Avril 2017 à 18h38

          Pierre Jolibert dit

          Bon alors je me demande si vous n’auriez pas mieux fait de dire plus frontalement que Taguieff, en faisant la liste de ses bons élèves, s’évite la peine de dresser celle des mauvais. Eventuellement, du coup, de le taxer d’hypocrisie ou d’excès de délicatesse. Et là j’aurais compris (je suis lent à la comprenette)

    • 23 Avril 2017 à 16h15

      Martini Henry dit

      Mouais… Il me semble plutôt que la vulgate fait de Céline un personnage vraiment peu recommandable mais avec un immense talent littéraire. En dehors d’un cercle de céliniens fanatiques de l’homme ET de l’œuvre, qui sont peu nombreux, il y a beaucoup plus d’amateurs de la littérature de Céline et qui méprisent la veulerie du personnage.
      Faire de Céline l’idole obligée du petit milieu intellectuel me semble une vaste blague. Souvenez-vous du refus par le Ministère de la Culture de célébrer le cinquantenaire de sa mort. Non, Céline n’est pas encore devenu fréquentable.
      Pour le reste, M. Taguieff, les fans n’aiment pas qu’on s’en prenne à leurs idoles. Vous ne faites pas là une découverte bouleversante.
      Il n’est que de voir comment fût reçue la bio de Freud par Onfray, qui suscita une haine et des ripostes bien plus importantes que celles que génère votre livre.

    • 23 Avril 2017 à 15h48

      adadaf dit

      A 20h elle sera élue dés le premier tour et tu ne t’ennuieras plus.