Ceinture !
Dukan pour les Nuls
Publié le 10 novembre 2011 à 9:17 dans ÉconomiePolitique
Mots-clés : François Guizot, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Philippe Séguin

Ça doit être un effet de mode : tout le monde veut ressembler à François Hollande. Pas être l’heureux vainqueur de la primaire socialiste, ni rompre avec Eva Joly parce qu’elle est antinucléaire et lui fusionnel. On veut se faire hollandais pour perdre du poids. Il a tout perdu et personne ne lui avait rien demandé. Même sa compagne Valérie Trierweiler déclare cette semaine dans Elle (oui, je suis allé chez le coiffeur) : « Je l’aimais, même avec ses kilos. »
Ses kilos, il n’est pas impatient de les reprendre. Nul ne sait si sa taille de sylphide est un argument électoral de poids, mais comme sa masse grasse se trouve être inversement proportionnelle aux intentions de vote qui s’expriment en sa faveur, François Hollande préfère attendre le 6 mai 2012 pour se faire une bonne bouffe.
Il n’est visiblement pas le seul à croire en cette corrélation un peu mystérieuse entre la sveltesse et la politique. François Fillon semble s’en être lui-même convaincu : il vient de mettre la France à la diète.
Sur la picole et la bouffe, la TVA est portée à 7 %. Cela signifie que les bistrots qui n’avaient pas baissé leur prix au moment où la TVA sur la restauration était descendue à 5 % vont illico répercuter la hausse sur leurs tarifs : faudrait pas être en retard deux fois.
Mais la diète décrétée par l’hôte de Matignon suffira-t-elle à la France à retrouver sa taille de guêpe ? Pas sûr ! Dégraisser le mammouth, comme dirait l’autre, est une chose, mais c’est tout le troupeau qui se trimballe un gros cul.
Nous vivons quand même dans un pays où les grandes de lois de décentralisation ne se sont pas traduites par une réduction significative des personnels au niveau de l’État. On embauchait dans les collectivités locales, sans débaucher dans les administrations centrales… C’est le cas pour l’Éducation nationale. C’est le cas pour bien d’autres ministères dont l’administration pourrait fonctionner, selon certains rapports, à 60 % de leur effectif…
Sitôt qu’il était devenu premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin s’était dit effaré par l’ampleur de la gabegie de nos dépenses publiques et l’impérieuse nécessité de réduire les déficits si l’on voulait garder encore un semblant d’État… Certes, il ne s’agissait pas pour lui d’y aller à l’aveugle et d’appliquer bêtement des règles arbitraires, comme celle du « non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux »… N’empêche que, malgré les critiques qu’il adressait aux rgppistes1 un brin psychorigides, Séguin avait changé du tout au tout en tournant au coin de la rue Cambon.
Il avait été de ceux qui avaient porté le fer contre les hérauts de la réduction des déficits publics, les dégraisseurs de mammouths et les pères-la-rigueur. Rétablir les finances de l’État : ça se ferait soi-même et tout le monde avait suffisamment été échaudé par les vaines tentatives d’Alain Juppé en 1995 pour ne pas s’y faire reprendre. L’important était ailleurs : il fallait répondre à l’injonction d’Eudoxe de Cnide : « Il faut sauver les apparences. » Les apparences, c’étaient avant tout celles de l’État-Providence. Entendez par là pas tant l’État qui protège les plus faibles contre les effets de la dérégulation et compense les inégalités, mais l’État dont on ne sait pas très bien comment il tient encore debout sinon par les effets miraculeux de la Providence divine.
« Dieu y pourvoira » ne peut constituer une politique solide. On vient d’en faire l’essai ces dernières décennies.
Certes, quelques doutes parfois nous avaient bien saisi. Le même Philippe Séguin les avait éprouvés, en 1987, lorsque voulant remettre d’équerre les comptes de la Sécurité sociale, il avait confié aux hauts fonctionnaires de son ministère la charge d’établir le déremboursement de certains médicaments… Ils jouèrent à trompe-couillon et, pour des raisons qui tenaient à leur attachement à la rue de Solférino plutôt qu’à celle de Grenelle, ils ne déremboursèrent pas les bons. C’est pourtant dans le même arrondissement. État impartial ? Mon cul !
On moquait ceux qui réclamaient une vigilance accrue sur la dette et les déficits. On riait même beaucoup quand Helmut Kohl décrétait, l’autre côté du Rhin, un plan d’austérité.
Or, ce n’est pas mettre en cause l’Etat-Providence que d’être rigoureux sur l’usage des deniers publics et l’utilité de la dépense : c’est, au contraire, garantir la pérennité de cet État sans lequel l’esprit républicain ne serait rien.
Oui, l’État doit perdre, à l’évidence, de la graisse. Mais l’imparable, pourtant, est là : se mettre au régime, ma bonne dame, ne suffit pas pour retrouver sa forme. Encore faut-il se remettre au sport.
Il faut dégraisser le mammouth et l’amener faire de l’exercice. Oh, certes ! ce n’est pas bien joli un mammouth qui sautille pour perdre du poids, mais c’est rigolo.
Faire sautiller la France : voilà le programme. Et l’entraîneur pour notre pays, nous connaissons. Il ne s’appelle pas Aimé Jacquet, mais François Guizot. La postérité, toujours malencontreuse, a retenu le nom du président du Conseil de Louis-Philippe pour un mot jamais prononcé : « Enrichissez-vous. » Nul ne se souvient qu’il fut, au XIXe siècle, celui qui releva les défis de la révolution industrielle, amenant le chemin de fer là où il le fallait, créant de l’industrie et des foyers d’innovation incomparables.
Oui, il nous faudrait, pour remettre la France à l’entraînement avant la course, un nouveau François Guizot. J’ai beau chercher dans notre histoire récente, je n’en vois qu’un : le Nicolas Sarkozy de 2007, celui qui croyait en l’industrie française, aux grandes filières, à la relance par la compétitivité. C’est pas gagné…
- La RGPP est la Révision générale des politiques publiques. ↩
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L'auteur
François Miclo est rédacteur en chef de Causeur magazine. Twitter : @fmiclo
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rackam dit
morsang,
alors, il faudra un bon maître nageur auprès du capitaine, pour animer les après-midi récréatifs du radeau de la Méduse…
morsang dit
Et si les francais voulaient justement un vrai “capitaine de pédalo” qui ne s’éloignera pas du rivage (pour compléter la métaphore)
Et on va quand même pas toucher aux “avantages acquis” des congés de maladie (23 Jours en moyenne pour la fonction térritoriale ) pour faire plaisir aux marchés.et puis quioi encore?
En plus ,voila qui nous éloigne de plusieurs “miles” du maléfique yacht de Bolloré
Marie dit
ET voilà Guimauve le Conquérant qui nous joue le Mitterrand en se faisant sa cérémonie du 11/11 pour lui! Pitoyable!
livia dit
Fiorino
Dov’è, al mare ?
Comme on parle bcp de l’Italie et que j’ai bcp de lacunes en la matière, mais que ça m’interesse l’ENNORME dette, qui date au moins de 15/20 ans elle due à quoi au juste ?
Tous proprios ? des prets à l’accession à la propriété ?c’est leur problème majeur ?
Parce que coté “état providence ” à coté de nous… euh, c’est plus : tu te débrouilles avec un travail et sinon avec ta famille ,si tu en as une.
laborie dit
Et madame veut ressembler à ça…
http://madame.lefigaro.fr/sites/default/files/imagecache/image-diaporama-photo/2011/11/ABACA_297128_039.jpg
isa dit
Première fois que je suis d’accord avec Eclair, je le signale donc.
eclair dit
http://www.ladepeche.fr/article/2011/11/11/1213294-l-incroyable-gaffe-de-standard-poor-s-sur-le-triple-a-francais.html
Hier standard & poor a degradé la note de la france.
Ils ont invoqués une erreur.
Ce qui est plus probable. C’est que cela a été un mail automatique qui a été envoyé quand l’écart entre les taux d’interêts allemands et français ont encore augmentés.
Ce qui signifie qu’en réalité la france à un triple A fictif.
Avec la crise qui s’installe en italie. La question est combien de temps avant que cela touche durement la france et fasse éclater l’euro.
Marie dit
Après Dunkan le père la rigueur
“http://www.liberation.fr/politiques/01012370784-hollande-s-est-condamne-a-jouer-le-pere-la-rigueur” je trouve surtout qu’il est incapable de trancher!
Marie dit
Décidement la photo de gauche de Hollande me fiche la trouille …de loin on dirait un ravi de la crèche mais de près ….
Patrick dit
@ Eclair
Bon, je pense qu’il faut garder la région, vous pensez que c’est plutôt le département. OK si vous voulez. Mais il faut choisir entre les deux, tout comme il faut choisir à mon sens entre canton et arrondissement. La France souffre d’avoir trop d’institutions et l’on ne sait pas toujours (et les élus le savent-ils toujours ?) qui a quel rôle. Et quand je dis qu’il faut fusionner les communes, il s’agit des petites communes entre elles (je ne l’avais pas précisé, c’est vrai). Je trouve effectivement aberrant de rattacher une commune de 600 ou 700 habitants à une ville de 400 000. Elle est perdante sur tous les tableaux.
J’ai en mémoire une commune à qui cela est arrivé. Pratiquement tout le monde était contre, mais les pressions, les circonstances et la configuration ont fait que cela s’est fait quand même.
Ou telle autre commune rattachée à une grosse communauté urbaine, alors qu’elle est située à 18 kilomètres ! Certes elle bénéficie des transports urbains (à cadence réduite tout de même), mais elle reste bel et bien à 18 kilomètres !
Et il est vrai que les impôts locaux ont bien augmenté pour ces deux communes par rapport à leur situation précédente.
livia dit
Si vous trouvez dans les stats officielles, dans tous les Pays d”Europe une étude crédible , après 2007 (?) ( mais là c’est c’en doute trop trop demander, sauf pour les experts en informatique p-etre)
Il semblerait que :
Un smicard célibataire ici n’a droit à aucune aide de l’état ni aide au logement, ni, ni rien de rien.
Bizarre non ? et contrairement à ce que disait Saul.dans une précédente contribution, ou alors chez AJ on est plus généreux que dans le reste du Pays (rires).
Des infos légèrement orientées? non, impossible .
J’en connais plusieurs qui avec leurs heures de travail payées au smic, ne se la coule pas douce du tout; meme pas le temps ni l’envie de faire des enfants ce qui leur permettrait d’etre un peu aidés par nous tous.
Tous des mauvais futurs votants (rires)
Marie dit
@l’auteur
“Nul ne se souvient qu’il fut, au XIXe siècle, celui qui releva les défis de la révolution industrielle, amenant le chemin de fer là où il le fallait, créant de l’industrie et des foyers d’innovation incomparables.”si si je n’ai pas oublié mes cours d’histoire de plus Guizot ayant vécu dans le Calvados on en parle encore.
Une autre citation destinée à ceux qui nous parlent de révolution
“L’esprit de révolution, l’esprit d’insurrection est un esprit radicalement contraire à la liberté.»
Patrick dit
Je reprends ce que j’ai dit sur un autre fil, en complétant.
Pour faire des économies :
1. Europe :
- Suppression de la commission de Bruxelles (faisant la loi alors qu’ils ne sont pas élus),
- Division par deux du nombre de députés européens et de leurs revenus,
- Suppression des départements et garder les régions, puis vente des hôtels de départements,
- Installation définitive du Parlement européen à Bruxelles et vente de l’immeuble de Strasbourg (qui a coûté fort cher au demeurant et fait double emploi avec celui de Bruxelles). De toute façon, les gouvernements successifs n’ont jamais soutenu Strasbourg que du bout des lèvres : il ne fallait quand même pas que Strasbourg devienne plus important que Paris ! !
- Présence obligatoire aux sessions sous peine de retenues sur salaires.
2. France :
- Division par deux le nombre de députés,
- Diviser par deux le nombre de sénateurs,
- Les obliger à choisir une seule source de revenus en cas de cumul de mandats,
- Limiter leurs frais de déplacements et tous les autres frais qu’ils sont susceptibles de toucher.
- Présence obligatoire aux sessions sous peine de retenues sur salaires.
- Tous leurs revenus hors frais de déplacements devraient être imposables,
- Suppression des retraites obtenues après seulement quelques mois d’exercice d’un ministère.
- Suppression des départements et ne conserver que les régions, vendre les hôtels de départements devenus inutiles,
- Fusionner les communes de moins de 5000 habitants,
- Supprimer les communautés de communes qui deviendraient inutiles avec des communes suffisamment grandes,
- Supprimer soit les cantons, soit les arrondissements.
Etc.
Je suis sûr que rien qu’avec tout cela, on ferait beaucoup d’économies.
RRF-Peypinois dit
Et je redis ce que j’ai dit en commentaire sur le même autre fil :
on adhère comment à votre parti Patrick ? Même avec une cotisation élevée, j’en suis !
Patrick dit
Je ne pense pas être en mesure de créer un parti. Je ne vois pas beaucoup de monde autour de moi qui approuve mes propos, à commencer déjà par un beau-frère adjoint au maire d’une petite commune.
eclair dit
@patrick
Le choix de conserver les régions au détriment des départements est un mauvais choix.
Fusionner les communes de moins de 5 000 habitants. En géneral ces communes ne sont pas endettées et sont assez bien gerées.Et c’est les grosses communes qui lorgnent pour s’agrandir avec le corolaire d’une hausse des impôts.
Supprimer les cantons ou les arrondissements propos d’une personne visant dans une grande ville.
Patrick dit
Erreur ! j’habite à la campagne. Mais je ne vois vraiment pas pourquoi maintenir ces deux structures alors qu’une suffirait.
Patrick dit
Pour l’endettement, vous n’avez sans doute pas tort. Mais des habitants venant souvent des villes s’installent dans des petites communes avec des prétentions ne pouvant être satisfaites que par des grandes : crèches, cantines d’écoles, transports, piscines et j’en passe. Alors il faut choisir : soit on garde les petites communes telles quelles et on envoie promener tous ces “revendicateurs”, soit on s’adapte.
eclair dit
@patrick
Je suis d’accord pas besoin de deux niveaux. Mais c’est la région qui n’a pas de sens à mon avis. Le problème des régions c’est que c’est pas tout les départements qui profitent équitablement des projets
Je serais d’avis d’envoyer balader ces revendicateurs.
Là ou je suis né, plusieurs communes se sont faient rattacher à la ville voisine.
Résultat elles ont vus leur impôts augmenter pendant que dans la ville projets couteux en tout genre se sont developpés.
Mais dans ces communes rien ou presque.
isa dit
Je crois que l’ami Flamby a promis bien du gras à ses amis.
Madame Grémillet sait-elle si ce sera vraiment Ségo au perchoir s’il est élu?
J’ai quelques amis dans la place qui en tremblent déjà; Ils en parlent même de racheter leurs points de retraite, c’est dire!
RRF-Peypinois dit
Marie-Bécassine au perchoir se serait osé quand même…!
C’est un peu comme si on avait pensé à confier la tête de la NSA à Ben Laden !
Quand on connaît son taux d’absentéïsme à l’Assemblée et le nombre de ses interventions annuelles, c’est se moquer du monde et bien cher payer son soutien à la mimolette pendant la primaire…
eclair dit
@isa
Et oui si le PS l’emporte et qu’elle est deputé elle aura le perchoir.
laborie dit
Pour paraphraser Courteline
”L’administration est un lieu ou les gens qui arrivent en retard croisent dans l’escalier ceux qui partent en avance”
….mais en courant ……c’est mieux…
L'Ours dit
Si comme moi, les Français se mettaient à aimer ceux qui se tapent le sale boulot, l’ingrat mais utile, au lieu de se laisser éblouir par les joueurs de tambour, bruyants mais vides, les Seguin et autres auraient eu plus de succès.
C’est peut-être pour cela que je commence à apprécier Fillon. Il dit et fait ce qui déplaît. Mais les médicaments efficaces sont rarement délicieux et je préfère apprécier mon médecin que d’adorer un gourou.
Mais vous connaissez:
“Dieu rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes”
RRF-Peypinois dit
Tout à fait d’accord L’Ours ! D’ailleurs pour 2012, j’aurais préféré et de loin un Fillon candidat…
C’est aussi pour les raisons que vous évoquez que j’ai du respect pour Juppé qui tenta le courage avant la catastrophe…tout seul…en ’95.
isa dit
Aaaaah Rackam!
rackam dit
Bien, iiiiiiiiiiiisa, vous maîtrisez une voyelle, mettez quelques consonnes; vous verrez, bientôt cela formera des mots.
rackam dit
Dans le relais 4×3000 mètres steeple nage libre, Miclo voit Seguin passant le témoin à Sarko. On a le droit de le lancer de si loin?
skardanelli dit
:))))